Implants cristalliniens monofocaux, multifocaux, et toriques

 Implants cristalliniens: généralités

L’implant de cristallin ou prothèse de cristallin artificiel est destiné à remplacer le cristallin: il est posé après retrait du cristallin opacifié (opération de la cataracte), dans le sac capsulaire, dans la « chambre postérieure » de l’œil (située en arrière de l’iris). Les matériaux utilisés pour la réalisation de ces implants sont souples,  avec une mémoire de forme permettant leur injection au travers d’une petite incision cornéenne (voir : chirurgie de la cataracte en images). Ils sont exempts de silicone et pour la plupart sont des dérivés du PMMA (polyméthacrylate de méthyle), dont les propriétés de transparence, de légèreté et de longévité ont été à l’origine de sa sélection pour la réalisation des premiers implants de cristallin artificiels. Les implants sont donc constitués de matériaux acryliques hydrophiles ou hydrophobes.

implant cristallin echographie haute frequence

Evolution des implants pseudophakes

Destinés à se substituer au cristallin naturel, les implants dits « pseudophakes » ont bénéficié d’importantes innovations au cours des cinq dernières années. Ces améliorations sont les fruits des progrès accomplis dans l’usinage et la micro technologie des biomatériaux, et d’une approche plus exhaustive des besoins visuels de l’opéré de la cataracte.

L’objectif d’une chirurgie du cristallin ne se limite plus ainsi à rétablir la transparence oculaire, il vise également à optimiser la qualité et/ou les performances optiques de l’œil opéré.

Différentes gammes d’implants sont aujourd’hui proposées, éventuellement équipés de filtres à UV et/ou à lumière bleue, etc… Certains de ces nouveaux implants sont dotés de propriétés particulières vouées à leur procurer une qualité optique comparable à celle d’un cristallin jeune et transparent. La précision de la correction de défauts visuels pré existants à la cataracte comme la myopie, l’hypermétropie, ou l’astigmatisme est aujourd’hui accrue grâce aux progrès de l’échobiométrie (biométrie oculaire)  et ceux des techniques de mesure interférométriques de la longueur axiale « optique ». Ces techniques fournissent une estimation préopératoire de la puissance dioptrique de l’implant à insérer pour obtenir le résultat réfractif visé. La mise à disposition d’implant de faibles et de fortes puissances optiques, ou permettant la correction de l’astigmatisme (implants toriques) permet d’élargir la gamme des amétropie qu’il est possible de corriger au cours de la chirurgie de la cataracte.

En pratique, trois types de stratégies sont principalement proposées en fonction des besoins visuels et pratiques du patient.

– Le souhait de s’affranchir du port de lunettes en vision de loin, quitte à porter une correction pour la vision de près (ou inversement), inscrit le patient dans une stratégie de correction « monofocale ».

– En revanche, le désir de s’affranchir de verres correcteurs à la fois de loin et de près relève de deux approches :

– correction « multifocale »: elle repose sur l’insertion d’implants multifocaux (diffractifs bifocaux, diffractifs trifocaux, ou réfractifs). Les deux yeux reçoivent un implant multifocal.

– correction par « monovision » : elle repose sur l’utilisation d’implants monofocaux ; un oeil reçoit un implant destiné à la correction de loin (généralement l’oeil dominant), l’autre oeil reçoit un implant destiné à la correction de près.

Le choix entre ces différentes stratégies dépend des souhaits exprimés par le patient, ainsi que de son état oculaire (pathologies associées, etc.).

VOIR: Implants toriquesImplants multifocauxImplants monofocaux

7 réponses à “Implants cristalliniens monofocaux, multifocaux, et toriques”

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  3. Dr Damien Gatinel dit :

    La monovision repose sur l’utilisation d’implants monofocaux: l’oeil dominant reçoit un implant monofocaux lui permettant de voir de loin sans correction. L’oeil non dominant reçoit un implant monofocal dont la puissance est calculée pour une vision de près sans correction. La décompensation endothéliale serait moins un soucis potentiel avec des implants monofocaux que multifocaux.

  4. Zminka Marie-Christine dit :

    Certains collyres sont-il contre indiqu’es en cas de port de ces implants?
    Ex=ganfoet (bimatoprost/timolol)
    Merci de me répondre.
    Cordialement

  5. Dr Damien Gatinel dit :

    Non, les traitements pour le glaucome sont autorisés avec les implants multifocaux. .. mais la pose de ceux-ci est plutôt déconseillée en cas de glaucome.

  6. Pérennès Claude dit :

    Je suis victime d’une baisse de luminosité en milieu sous éclairé. Une tache noire, la nuit , vient masquer ce que je regarde. Exemple: si je regarde un ciel étoilé je vois les étoiles périphériques mais pas celles que je regarde.
    Cette tache noire n’a pas de forme stable. La forme a pu rappeler une tête de chien ou une théière. Actuellement elle serait plutôt « patatoïdale ». Chaque année il me semble que la tache est plus dense en été qu’en hiver.
    J’ai fait part de ce problème aux ophtalmologistes consultés pour une actualisation de mes corrections. Je n’ai reçu aucune réponse. Même pas un « je ne sais pas, je vais chercher… »
    Je me permets d’évoquer une hypothèse qui ne repose, bien entendu, sur aucune connaissance particulière médicale:
    serait -il possible que le problème vienne des implants posés pour traiter la cataracte ?
    Hétérogénéité du silicone ou autre composant? Effet miroir entre 2 couches si des lentilles d’indice de réfraction différents ne permettent plus la transition régulière du rayon lumineux?
    Merci de bien vouloir m’indiquer si il s’agit d’une hypothèse méritant d’être explorée ou d’une élucubration sans fondement.

  7. Dr Damien Gatinel dit :

    Pour mieux préciser l’origine de vos symptômes, il conviendrait de préciser si cette tâche est observée sur un œil, ou persiste si les deux yeux sont ouverts. Une perte localisée de la vision dans le champ visuel d’un oeil est désignée sous le terme de « scotome ». Elle peut correspondre à de multiples causes, le plus souvent d’origine rétinienne ou consécutive à une anomalie au niveau des voies visuelles. Un examen du champ visuel est donc indiqué. A priori il n’y a pas de rapport direct avec les implants. Par ailleurs, le fait ne ne pas ou plus distinguer une étoile faible en fixation directe est un phénomène normal. Les photorécepteurs utilisés pour la fixation directe sont les cônes, et ils sont moins sensibles aux faibles intensités (comme celle d’une étoile peu brillante) que les bâtonnets. Il n’y a pas de bâtonnets sur la fovéa (fixation directe), et c’est pour cela que les étoiles les plus faibles sont mieux vues en fixant un point situé à légère distance de l’étoile (la lumière reçue stimule alors des bâtonnets).

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