Implants multifocaux: introduction
Les implants multifocaux sont proposés afin de rendre aux patients opérés de cataracte une indépendance à la correction en lunettes pour la vision de loin et la vision de près. Ils se distinguent donc des implants dits « monofocaux », qui sont munis d’une optique monofocale et permettent soit de voir de loin, soit de voir de près sans lunettes. On distingue principalement deux types d’implants multifocaux: réfractifs et diffractifs. Ils sont conçus pour être implantés de manière bilatérale dans la plupart des indications courantes.
Implants multifocaux réfractifs et diffractifs
L’insertion d’un implant multifocal peut être proposée aux patients désireux de ne plus porter de lunettes en vision de loin et de près. Les implants multifocaux bénéficient d’un design optique conçu pour séparer la lumière réfractée par l’implant vers deux foyers majoritaires : un pour la vision de loin, l’autre pour la vision de près, et éventuellement un troisième pour la vision intermédiaire. Ils peuvent être de type réfractif ou diffractif.
Les implants multifocaux réfractifs offrent alors une profondeur de champ utile couvrant vision de loin, de près et vision intermédiaire. Ils sont munis d’une optique où les variations de puissance réfractives sont réparties sur des zones distinctes. Ces zones peuvent être concentriques, ou non. L’étude aberrométrique de la multifocalité des implants réfractifs multifocaux est particulièrement instructive.
Les implants multifocaux «diffractifs» sont bifocaux ou trifocaux. Les implants bifocaux génèrent un foyer additionnel de près en plus du foyer de loin, mais pas de véritable foyer pour la vision intermédiaire, que seuls les implants trifocaux procurent. Ils sont conçus comme l’addition à une lentille réfractive monofocale d’un réseau diffractif de type kinoforme. C’est ce réseau qui effectue le partage lumineux.
Les implants diffractifs sont conçus pour exploiter certaines propriétés physiques du spectre lumineux visible : leur particularité vis-à-vis des implants classiques monofocaux, et multifocaux réfractifs réside dans la capacité conférée par une structure diffractive de séparer l’énergie lumineuse en différents foyers distincts. La réalisation d’une optique diffractive est une solution élégante au défi que représente la conception d’une lentille multifocale permettant de réduire la dépendance à la correction optique en lunettes des patients opérés de cataracte.
Implants multifocaux: effets optiques
Il est classique d’énoncer que les implants multifocaux permettant la focalisation simultanée d’au moins deux images sur la rétine (loin et près), et qu’ils imposent au patient d’«extraire » l’image utile selon le contexte. Ainsi, la capacité du sujet à effectuer ce tri-cortical (choix de l’image) serait une des clés du succès de l’implantation des lentilles multifocales. En réalité, cette conception est complètement erronée car le regard ne se porte que sur un objet (distant, ou près) à la fois.
Ainsi, il n’y a pas de « choix de vision » à faire pour chaque oeil opéré, mais la vision de chaque oeil pourra être nette ou moins nette en fonction de la qualité de focalisation obtenue grâce à l’implant. Le partage de la lumière en plusieurs foyers est potentiellement source d’une réduction de la vision des contrastes en vision de loin et peut induire la perception de phénomènes lumineux parasites comme les halos nocturnes autours des lumière vives.
De même, l’exigence réfractive liée à ces implants est grande: le calcul de la puissance de l’implant (pour la vision de loin) doit être effectué de manière très précise. Malgré cela, une erreur de calcul biométrique peut survenir, et pourra alors être corrigée par une chirurgie réfractive cornéenne au besoin (ou un changement d’implant, ce qui est plus invasif dans la plupart des situations).
Il faut informer le patient en préopératoire de ces éventualités.
Indications des implants multifocaux
Si ces implants multifocaux sont a priori déconseillés chez les patients qui effectuent principalement des activités visuellement exigeantes comme la conduite de nuit, les phénomènes visuels qu’ils induisent sont le plus souvent bien tolérés, et ces implants multifocaux représentent une alternative séduisante aux patients avant tout désireux de ne pas porter de lunettes après la chirurgie pour voir de loin et de près (et aussi en intermédiaire avec les implants trifocaux).
Nous obtenons de bons résultats fonctionnels avec les implants multifocaux à condition de respecter certaines règles d’indication comme la correction (préalable ou conjointe à la chirurgie de la cataracte) d’un astigmatisme cornéen, et un calcul biométrique précis. La vision utile de près est comprise entre 30 et 45 cm environ. La vision intermédiaire (implant trifocal) est située entre 65 cm et 80 cm environ.
La lecture sans lunettes est possible mais requiert la plupart du temps un bon éclairage (il est beaucoup plus difficile de lire dans la pénombre).
Récemment, j’ai participé à la réalisation et au dépôt du brevet du premier implant « trifocal« , destiné à accroître la qualité de la vision intermédiaire (60 à 75 cm), qui est souvent le point faible des implants diffractifs bifocaux. Cet implant trifocal, dénommé » Finevision » ® (laboratoires Physiol) a été initialement disponible en exclusivité à la Fondation Rothschild, et a été introduit sur le marché au quatrième trimestre de l’année 2010. Plus d’information ici :
Lien vers les pages consacrées au projet sur le site CEROC : explications sur les principes mis en jeu pour les optiques diffractives.
En savoir plus, documentation (implants multifocaux, notamment diffractif trifocal)
CRS Today, Supplement, Nov 2010, trifocal IOL Physiol Dr Gatinel
CRST, Trifocal, Dr Gatinel Supplément Nov 2010, FR
RO_SPE_physiol_Sept_2010_art_GATINEL
VOIR ET ENTENDRE : QUALITE DE VISION ET IMPLANTS MULTIFOCAUX
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