Astigmatisme

Définition de l’astigmatisme

L’astigmatisme est un défaut optique qui se caractérise par une variation de la réfraction selon l’axe considéré: la puissance optique de l’oeil varie selon les méridiens. La cornée ne doit pas présenter de défaut de courbure important pour permettre à l’image d’être de bonne qualité. Les méridiens cornéens ont entre eux la même courbure ou presque. Les méridiens sont des lignes virtuelles qui passent par le centre de la cornée (apex en topographie cornéenne) et sont distribuées sur 360° (en topographie terrestre, ces méridiens sont tracés du pôle vers l’équateur). Le méridien horizontal est par convention orienté selon l’axe 0°-180°.

Une lentille optique dépourvue d’astigmatisme (comme celles qui composent un objectif photographique) présente une courbure constante, quelque soit le méridien consiréré (symétrie de révolution). Si cette lentille était légèrement plus courbe selon certains méridiens (comme le dos d’une cuiller, qui est généralement plus courbé dans l’axe perpendiculaire à celui du manche) elle génèrerait de l’astigmatisme.

 Astigmatisme et toricité

L’astigmatisme oculaire est induit le plus souvent par une variation excessive de la courbure cornéenne entre ses méridiens (toricité excessive, perte de la symétrie de révolution). Dans certains cas, un astigmatisme « interne » (induit par le cristallin) peut être présent et/ou associé à de l’astigmatisme cornéen.

Il ne faut pas confondre la « toricité », qui est une caractéristique géométrique, et l’astigmatisme, qui est une aberration optique. U n ballon de football présente une symétrie de révolution, contrairement à un ballon de rugby, dont la courbure varie selon le profil considéré: le ballon de rugby est torique. C’est pour cela qu’on assimile souvent la cornée d’un patient astigmate à un « ballon de rugby », même si contrairement à ce dernier les variation de courbure à l’origine de l’astigmatisme (toricité) sont minimes à l’échelle macroscopique.

L’image ci après représente un œil atteint d’astigmatisme cornéen (à droite). La cornée est plus cambrée au niveau des méridiens verticaux qu’horizontaux (la cornée est torique). Le profil des méridiens de courbure extrême est représenté (rouge : méridien le plus cambré / vert : méridien le plus plat).

Astigmatisme Cornée

En raison de l’absence de symétrie de révolution, les rayons issus d’un point lumineux ne peuvent se focaliser simultanément dans le plan de la rétine après réfraction par les différents méridiens de la cornée. Les conséquences optiques de l’astigmatisme sont relativement complexes (plus d’explications sur l’astigmatisme)

Par souci de simplification, les localisations de focalisation de l’image des barres d’un « T » seront prise comme exemple pour illustrer les conséquences d’un astigmatisme: les barres du T sont représentées sur ce schéma dans le plan où elles seraient vues le plus net. Dans le schéma suivant, l’astigmatisme est « mixte ».

Astigmatisme

Représentation schématique des conséquences d'un astigmatisme. Ce type de schéma présente certaines limites: l'image de la lettre T est plus ou moins nette le long du trajet de la lumière réfractée par la cornée et le cristallin. Les "barres" horizontales et verticales correspondent à l'emplacement des plans où l'image de la barre horitontale et de la barre verticale du T est la moins floue. Dans le cas d'un astigmatisme mixte (représenté ici), la rétine reçoit une image globalement floue (chaque point source de la lettre T est imagé comme un disque dont le contour est proche de ce que l'on appelle le cercle de moindre confusion).

 Formulation de l’astigmatisme oculaire

L’astigmatisme rencontré en ophtalmologie s’exprime en dioptries et en degré d’axe (ex : -3 (-1×0°). Cette formule se lit « Moins trois, moins un à zéro degré » et est celle d’un astigmatisme myopique composé. L’astigmatisme correspond à la mention (-1×0°), alors que la myopie est dans cet exemple de -3D.

-1 D est la magnitude de l’asgtigmatisme, et 0° l’axe selon lequel l’orientation de l’astigmatisme est mesurée. Cette formule -3 (-1×0°) indique que le patient est myope, et que sa myopie varie entre -3D (le long du méridien situé à 0°) et -4D (le long du méridien situé à 90°) – voir explications sur les formulations de l’astigmatisme

La puissance de l’astigmatisme (sa magnitude) est donc exprimée en dioptries et correspond à l’écart de focalisation maximale entre deux rayons issus d’un même point et réfractés par les méridiens de courbure extrême (soit le méridien le moins cambré, et le méridien le plus cambré).

L’axe exprimé en degré correspond à l’angle d’un des deux méridiens (le moins cambré quand la puissance est de signe négatif – cf exemple précédent, le plus cambré quand la puissance est de signe positif).

Conséquences de l’astigmatisme oculaire

Le flou visuel induit par l’astigmatisme concerne aussi bien la vision de loin que celle de près. Ainsi, en cas d’astigmatisme, il n’existe pas de distance ou la vision est nette (a- stigmatisme : le préfixe « a » est privatif, ce qui définit bien l’astigmatisme qui est au sens propre l’absence de stigmatisme quel que soit le plan de recueil de l’image)

En cas d’astigmatisme modéré, la vision est parfois peu perturbée et certaines mimiques comme le plissement forcé des paupières peuvent parfois réduire légèrement l’effet de l’astigmatisme. L’astigmatisme peut s’associer aux autres anomalies de la vision : on parle alors d’astigmatisme myopique ou hypermétropique, ou encore d’astigmatisme mixte, selon les cas.

Principes et moyens de correction de l’astigmatisme

L’astigmatisme est corrigé par l’utilisation de lentilles dites toriques ( lunettes ou verres de contact ) dont les courbures sont différentes entre les méridiens. Cette différence est conçue pour annuler celle de l’œil. Les systèmes destinés à corriger l’astigmatisme reposent sur l’induction d’un astigmatisme « opposé », qui neutralise l’astigmatisme initial !
Plus l’astigmatisme est important, plus la correction par verres de lunette peut s’avérer difficile à tolérer, en raison de distorsions optiques parfois incompatibles avec un confort visuel acceptable.
La déformation de la cornée à l’origine de l’astigmatisme réduit la stabilité de la lentille lors des clignement ce qui entraîne des fluctuations visuelles parfois gênantes.

La chirurgie réfractive utilisant le Laser Excimer régularise la surface cornéenne, afin de corriger l’astigmatisme. La vision sera dès lors améliorée de loin comme de près. Le bilan préopératoire permet de choisir entre techniques de surfaces (PKR) et LASIK. (LASIK et astigmatisme)

Les profils d’ablation pour la correction de l’astigmatisme sont plus complexes que ceux délivrés pour la myopie simple. Il est important de bien aligner le traitement avec l’axe de l’astigmatisme. Les techniques de photoablation personnalisées avec reconnaissance irienne permettent une concordance parfaite entre l’orientation de l’astigmatisme et du traitement laser photoablatif. Pendant la délivrance du traitement photoablatif, une caméra filme l’oeil  et détecte les micromouvements oculaires grâce à la reconnaissance de l’iris, dont la morphologie est propre à chaque individu.

En cas de cataracte et d’astigmatisme cornéen, la pose d’implants toriques doit être envisagée pour permettre au patient opéré de retrouver une vision nette sans correction en post opératoire.

Mis à jour le 04-01-2012