La presbytie affecte la vision des myopes de plus de 45 ans: myopie et presbytie peuvent faire l’objet d’une opération de chirurgie réfractive.
Presbytie et myopie : liens et différences
Contrairement à une croyance répandue, la myopie ne protège pas de la presbytie: tout myope âgé de plus de 45 ans est presbyte. Cette idée reçue provient probablement du fait que la myopie facilite la vision de près… à condition de ne pas porter ou retirer sa correction de loin. Ainsi, la myopie peut compenser la presbytie, à condition que le presbyte :..
- ne porte pas sa correction de myope
- n’ait donc pas besoin de voir simultanément de loin (auquel cas le port de lunettes ou de lentilles correctrices « démasque » à nouveau la presbytie).
- ait une myopie ni trop faible (inférieure à 2 D) ni trop forte (supérieure à 3.50 D).
Rappelons que le chiffre de myopie (ex : 3 D) correspond à l’inverse de la distance à laquelle l’oeil myope voit net sans effort. Les myopies les plus « utiles » pour compenser la presbytie sont donc comprises entre -2 D (0.5 m= 50 cm) et -3.50 D (0.3 m = 30 cm). Pour une myopie de 3D, cette distance est donc de 1/3=0.33 m soit 35 cm environ. Il existe une petite plage ne netteté autour de ces distances ce qui permet donc au myope de lire sans effort.
Vision du myope presbyte
Pour comprendre et comparer la vision du myope presbyte avec celle d’un emmétrope (patient voyant bien de loin sans effort) presbyte, on peut faire les remarques suivantes:
Un myope de 3D (prescription de lunettes : -3D) voit de loin sans ses lunettes comme un emmétrope qui porte ses verres de +3 D pour la vision de près mais regarde à travers eux au loin. Un myope de 3D est donc un « comme » un emmétrope qui porterait en permanence une correction pour la vision de près de +3 D. Il peut lire sans lunettes, mais voit flou de loin. S’il met ses lunettes ou lentilles pour voir de loin, ce myope presbyte verra alors flou de près sans addition supplémentaire. Le port de verres progressifs chez un myope de – 3D est possible. Dans la portion du verre dédiée à la vision de loin (en haut), la puissance (vergence) est négative (-3D) pour corriger la myopie, afin que le myopie puisse voir net de loin. Dans la partie inférieure du verre, la puissance comporte une addition. Chez un presbyte n’ayant plus du tout d’accommodation, l’addition est de +3 D. La puissance du verre progressif est alors nulle dans la partie inférieure du verre de lunettes (mais la myopie du patient lui permet de lire sans effort d’accommodation). Certains verres de lunettes pour myope presbytes sont d’ailleurs en forme de demi-lune inversée : la portion inférieure du verre est retirée.
Les solutions réfractives du myope presbyte
En pratique, de nombreux myopes consultent en vue d’une chirurgie réfractive de la myopie au moment où ils deviennent presbytes. Ceci peut sembler paradoxal, mais le myope de la quarantaine habitué à une correction en lentilles de contact ne peut facilement retirer et remettre ses lentilles au cours de la journée, pour voir « ponctuellement » de près. Ceci est plus facile en lunettes… Mais le myope habitué à vivre et apparaître sans lunettes n’est pas forcément ravi de remettre celles-ci. Ainsi, pour un myope moyen (entre -2 et -3.50 D) qui ne veut pas porter de lunettes pour la vision de loin, l’arrivée de la presbytie le contraint à faire un choix entre :
- porter se lentilles en correction de loin et ajouter une correction pour la vision de près (verres de lunettes)
-reporter des lunettes de loin, qui peuvent être plus facilement retirées pour lire
- essayer une correction de « monovision », c’est à dire réduire la correction du coté de l’œil non dominant pour bénéficier d’une myopie légère de ce côté, et lire plus facilement. L’oeil « sous corrigé » voit alors plus flou de loin…
- essayer d’adapter des lentilles multifocales (lentilles de presbyte), qui corrigent la myopie et la presbytie. La multifocalité est souvent moins bien tolérée par les myopes, qui ont du mal à s’habituer au léger flou de loin qu’elle impose (en particulier en vision de nuit), et considèrent leur vision de près comme inférieure à celle qu’ils connaissent quand ils retirent toute correction de loin.
Ainsi, il apparait souvent que la correction de la vision de loin simplifie le schéma de correction du myope presbyte. Une monovision peut être testée en lentilles de contact afin de permettre au myope de tester l’effet d’une sous correction d’un oeil.