L’examen de la qualité optique de l’œil et du diamètre de la pupille
VOIR ET ENTENDRE : ABERROMETRIE, QUALITE DE VISION DES FORTS AMETROPES
L’aberromètre est un instrument de mesure qui, appliqué à l’oeil, permet d’en mesurer la qualité optique. L’aberrométrie regroupe les techniques d’analyse optique, qui ont été initialement utilisées dans des disciplines non médicales comme l’Astronomie afin de mieux comprendre et corriger les imperfection optiques des télescopes. La réduction du coût des composants opto-électroniques a permit de développer au cours des 10 dernières années des aberromètres faciles d’utilisation et abordable pour l’étude des propriétés optiques de l’œil.
En ophtalmologie, l’aberromètre permet de détecter et quantifier certains défauts optiques dont l’œil est entaché même quand on le corrige au mieux avec des lunettes ou des lentilles de contact. Non mesurables et quantifiables avant l’apparition de l’aberrométrie en ophtalmologie, ces défauts optiques étaient regroupés sous le vocable d’ »astigmatisme irrégulier ».
Ces défauts optiques sont essentiellement perçus par le patient lors de certaines conditions de vision (vision dans la pénombre = vision mésopique, ou dans l’obscurité). Ils induisent la perception de symptômes visuels comme les halos, les spicules autours des lumières vives, la perception d’« images fantômes » (ex: une ligne de sous-titre de film est perçue comme dédoublée). Ils sont plus fréquemment retrouvés chez les patients dont les surfaces réfractives oculaires (cornée, cristallin) présentent des anomalies de courbure, et augmentent quand la pupille se dilate (ce qui survient quand la luminosité ambiante diminue: la nuit bien sûr, mais également dans une pièce peu éclairée, etc…). Les déformations de la cornée sont une source classique d’aberrations de haut degré : les patients opérés avec d’anciennes techniques de chirurgie réfractive comme la kératotomie radiaire, les patients atteints de kératocône, victimes de traumatisme cornéen, ou ayant bénéficié d’une greffe de cornée sont souvent ceux chez qui l’on retrouve un taux plus élevé d’aberrations optiques de haut degré.
La réalisation d’un traitement laser photoablatif (ex : LASIK myopique) sur une zone optique de taille trop réduite et/ou décentrée peut également être à l’origine d’un taux accru d’aberrations optiques de haut degré. La mesure de la pupille irienne est effectuée avec précision par l’aberromètre, ainsi que le taux des aberrations optiques non corrigibles en lunettes (= les aberrations de haut degré) dès la consultation préopératoire. Quand celles-ci ont un taux supérieur à la normale et/ ou sont responsables d’une gêne importante perçue par le patient, un traitement dit « personnalisé » ou « customisé » peut être proposé. Il est effectué afin de traiter ces aberrations optiques préexistantes en plus de l’erreur de réfraction initiale (myopie, astigmatisme, ect…).
Dans tous les cas, le traitement même non personalisé vise à limiter au maximum l’induction des aberrations de haut degré ; centrage optimal, choix de la zone optique la plus adaptée à la pupille et la profondeur d’ablation du traitement laser, ect…
La réalisation d’une cartographie de l’iris permet d’accéder à la photoablation avec reconnaissance irienne. Cette technologie est particulièrement intéressante pour le traitement des forts astigmatismes. L’empreinte de l’iris est numérisée, puis transmise au laser. Celui-ci utilise la carte de l’iris pour aligner et centrer le traitement lors de l’intervention, pour une précision encore accrue du traitement délivré.
L’examen aberrométrique permet de corréler certains symptômes visuels (comme une vision double en monoculaire) avec une anomalie optique particulière (ex : coma).