Opérer la myopie chez le presbyte

Myopie et presbytie

La correction de la myopie peut être effectuée chez le myope presbyte  (myope ayant atteint l’âge  de la presbytie, environ 43 ans et plus), et ce contrairement à une idée reçue.

La myopie débute dans l’enfance ou à l’adolescence, et oblige à porter des lunettes ou des lentilles pour corriger le flou en vision de loin. Devenu presbyte, le myope doit porter des lunettes pour la vision de près en plus des lentilles, ou des verres progressifs. Il peut aussi retirer ses lunettes de myope pour lire confortablement sans correction (essentiellement si sa myopie est comprise entre -2D et -4 D environ, une myopie plus faible n’étant pas suffisante pour compenser la presbytie, et une myopie plus forte obligeant à rapprocher le plan de lecture trop près des yeux).

Le myope devenu presbyte ressent alors  une majoration de son « handicap visuel », car il ne peut plus concilier le port d’une correction de loin avec une vision nette de près. Cette situation le conduit souvent à demander un avis pour chirurgie réfractive, afin d’obtenir, via la correction chirurgicale, une indépendance aux lunettes/lentilles pour la vision de loin. La nécessité de recourir à une correction en lunettes ponctuelles pour la vision de près apparait au myope presbyte comme un « moindre mal », lui permettant d’éviter de « jongler » avec plusieurs paires de lunettes, ou de rajouter le port de lunettes de lectures à celui des lentilles. C’est même parfois l’occasion de franchir le pas de l’opération de la myopie à laquelle il pensait depuis longtemps.

Correction de la presbytie chez le myope

Chez le myope presbyte désireux de conserver une certaine indépendance à la correction de près, on peut envisager la réalisation d’une technique de LASIK avec monovision (un oeil est corrigé en totalité pour la vision de loin, l’autre ne l’est que partiellement pour conserver de la vision nette sans correction de près). Cette situation doit idéalement faire l’objet d’une simulation, en adaptant la correction en lentilles de contact par exemple, car certains patients ont des difficultés à vivre avec une différence de correction entre les deux yeux.

D’autres techniques sont envisageables selon le contexte clinique (presby LASIK, implants multifocaux, etc.). Le presby LASIK est cependant plus efficace chez les patients hypermétropes que chez les myopes. Les implants multifocaux sont indiqués chez les patients myopes forts et présentant un début de cataracte (opacification du cristallin).
Plus récemment, nous avons obtenu des résultats intéressants grâce à la technologie KAMRA (Acufocus). Elle consiste à place un petit implant au niveau de l’interface du capot de LASIK. Cette implant permet d’augmenter la profondeur de champ (la distance de netteté) selon le mécanisme bien connu de la réduction du diamètre de la pupille. Grâce à cet implant, qui est inséré dans la cornée de l’oeil non dominant, la vision de près (lecture) peut s’effectuer sans correction, alors que la vision de loin demeure suffisamment précise pour ne pas perturber la vision binoculaire (contrairement à la stricte monovision). Plus d’information sur l’implant cornéen (corneal inlay) KAMRA.

Mis à jour le 14-11-2011