Correction de la presbytie

Presbytie: rappel

La presbytie est définie par la perte de la fonction accommodative de l’oeil: la mise au point pour la lecture ou la vision nette d’objets situés près de l’oeil (ex :40 cm) n’est plus suffisante. Un patient non presbyte bien corrigé de loin accommode pour voir de près : le cristallin « bombe » et l’augmentation de la puissance optique de l’oeil permet de former une image nette sur la rétine d’un objet proche. Ceci est analogue à la fonction d’autofocus des appareils photos, qui font la mise au point en fonction de la distance du plan qui devra être net sur le cliché. Chez le presbyte, l’amplitude de  l’accommodation se réduit progressivement: l’autofocus de l’oeil devient de moins en moins efficace, car le cristallin perd de sa souplesse.

Les principes utilisés pour la correction chirurgicale de la presbytie:

Contrairement à ce que peuvent suggérer diverses campagnes médiatiques ou « publi -reportages » récurrents,  il l n’existe pas de méthode éprouvée qui permette de réparer l’accommodation, et donc d’apporter une correction véritable de la presbytie  (idéalement, il faudrait rendre de la souplesse au cristallin, ce qui n’est pas encore du domaine du possible avec les techniques actuelles). En revanche, diverses méthodes pourront servir à compenser la presbytie :

- la monovision : elle consiste à utiliser le fait que nous possédons deux yeux : l’un peut être dédié à la vision de près, l’autre à la vision de loin (cette différence peut être induite au cours d’une chirurgie cornéenne ou par implant)

-la multifocalité : elle consiste à augmenter la profondeur de champ de l’oeil par l’induction d’un profil multifocal (introduit par un implant ou induit sur la cornée par photoablation – LASIK, ou par des incisions circulaires concentriques – IntraCOR) et/ou asphérique pour que la vision soit nette à plusieurs distances (loin et près)

- la bi ou trifocalité : elle consiste à créer plusieurs foyers utiles pour la vision, au moyen d’implants diffractifs (foyer pour la vision de loin et de près pour les implants bifocaux, foyer pour la vision intermédiaire en plus pour les implants trifocaux)

-l’augmentation de la profondeur de champ par réduction de la pupille d’entrée : ceci peut s’accomplir par insertion d’un implant de type « diaphragme » cornéen sur l’oeil non dominant (implant KAMRA).

-la restitution d’une fonction accommodative partielle : insertion d’un implant accommodatif au cours de la chirurgie de la cataracte. Ces techniques sont prometteuses mais encore en cours d’évaluation.

Mis à jour le 20-11-2011