La chirurgie par LASIK comporte la réalisation d’un capot, sous lequel est effectuée la correction. Le capot est ensuite repositionné. De nombreux patients se posent des questions en ce qui concerne la stabilité du capot après LASIK : comment ce capot peut il être consolidé ? comment être certain qu’il ne pourra se déplacer?
Il faut considérer deux phases après l’intervention LASIK: la phase précoce (24h ) où les risques de déplacement sont réels si le patient se frotte ou même touche ses paupières, et la phase plus tardive, ou même si le patient se frotte les yeux (ce qui est déconseillé), le risque de déplacement du capot est nul.
Le capot de LASIK correspond à une partie superficielle de la cornée: il est composé de la couche épithéliale (la plus superficielle) et d’une partie de la couche moyenne de la cornée (l’épithélium). Il Le capot n’est pas complet, il existe une charnière qui participe à sa stabilité (et évite que le capot de « parte » si jamais il était déplacé dans la phase postopératoire précoce).
– Premières 24 h après le LASIK : une fois que le capot est remis en place, il est est suffisamment stable et le mouvement des paupières ne suffit pas à le faire bouger. Avec le laser femtoseconde, les bords du capots sont généralement bien « nets », et le sillon, périphérique (dont l’angle est assez vertical), permet de stabiliser le capot qui « s’emboîte » bien dans la cornée sous-jacente (ceci n’est pas le cas avec les découpes de capot au microkératome mécanique, où le bord du capot n’est pas aussi vertical et l’angle du sillon avec la surface cornéenne plus réduit (en effet, la découpe s’effectue de manière tangentielle avec une lame, et non verticale comme avec le laser femtoseconde). Le capot adhère également grâce à un phénomène de capillarité, mais celui-ci n’explique pas complètement la stabilité du capot. Si l’on se frotte les yeux juste après l’intervention, le risque de déplacement du capot est réel, car l’adhérence de ce volet n’est pas encore complète, notamment parce que l’épithélium n’a pas encore cicatrisé « en pont ». C’est d’ailleurs pour cela que juste après le LASIK, même si l’oeil n’est pas vraiment douloureux, le patient ressent souvent une sensation de « gêne », de corps étranger: il perçoit le « ressaut » entre le bord du capot et la partie plus périphérique de la cornée. Cette sensation dure quelque heures, puis s’estompe totalement, une fois que le sillon périphérique est comblé et recouvert d’un épithélium qui constitue alors une couche continue. C’est à ce moment là que la stabilité du capot est pleinement assurée.

Si le capot se déplace (frottement des yeux dans les heures qui suivent le LASIK), le patient ressent une sensation de corps étranger plus intense, qui ne passe pas, et la vision est plus ou moins « brouillée » : elle est très brouillée si le capot est très déplacé, replié, etc. Elle n’est qu’un peu altérée si le capot se « plisse » sous l’effet d’un frottement. J’effectue systématiquement une petite marque à l’encre chirurgicale sur le bord du capot lors de l’intervention, ce qui permet de bien repositionner le capot et vérifier pendant quelques heures après l’intervention (le temps que l’encre ne s’efface) que la capot n’ait pas bougé. Nous remettons aussi en main propre une paire de lunettes avec verres teintés à porter juste après la chirurgie, ainsi que des coques en plastique transparent pour la nuit (à fixer autour de chaque oeil avec du micropore) à tous nos patients opérés de LASIK, pour éviter justement un frottement oculaire intempestif, qui peut être involontaire en cas de sensation de gêne ou de larmoiement. Le contrôle à 30 mn, et à J1 est également effectué pour contrôler le bon positionnement du capot. Avec ces mesure, les déplacements précoces du capot sont exceptionnels.
– Suites opératoires au delà du premier jour : le capot ne peut plus se déplacer, car l’épithélium recouvre l’intégralité de la cornée, et forme un « hauban » qui plaque le capot sur le stroma cornéen plus postérieur (le mur résiduel). Des phénomènes de capillarité participent également à la stabilisation ultérieure du capot. Seul un traumatisme vraiment violent, et dont la direction est particulièrement tangentielle est à même de provoquer un déplacement du capot. Ce genre d’incident est véritablement exceptionnel, fort heureusement. De nombreux sportifs, cascadeurs, militaires ont été opérés de LASIK à travers le monde, sans que cela ne pose de problème particulier.
Pour effectuer un retraitement, il est parfois nécessaire de re- soulever un capot de LASIK. Ceci s’effectue sans problèmes par un chirurgien entraîné: il faut commencer par retrouver le bord circulaire du capot, et le « détacher » (en rompant l’épithélium à cet endroit, le long du sillon). L’interface est ensuite facilement retrouvée et le capot est soulevé pour permettre au laser excimer d’effectuer la correction complémentaire.
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