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Kératocône: histologie

Histologie du kératocône

Les modifications histologiques provoquée par le kératocône concernent toutes les couches tissulaires de la cornée, mais elles sont non spécifiques. La couche épithéliale est souvent amincie au centre de la cornée (voir plus bas), et il existe des ruptures localisées ou des irrégularités de la membrane basale. L’absence de spécificité de ces éléments, qu’un traumatisme régulier chronique comme les frottements pourrait à lui seul causer, invalident a priori la présence d’une dystrophie.

La couche de Bowman est également affectée par la maladie, avec parfois un contact direct du stroma cornéen et de la couche épithéliale. Au niveau de la couche stromale on retrouve une diminution du nombre de lamelles de collagène et une désorganisation spatiale, sans diminution d’épaisseur des lamelles elles-même, La densité des cellules kératocytaires diminue en particulier dans le stroma antérieur en regard de la membrane de Bowman ainsi que dans les 2/3 postérieurs du stroma.

Cet aspect histologique est tout à fait compatible avec ce que produirait un stress mécanique répété comme celui que provoquent les frottements oculaires répétés.

Les nerfs cornéens présentent une augmentation de diamètre avec des kératocytes associés à leur périphérie.

Ces changements sont essentiellement dus à un dysfonctionnement des enzymes qui règlent le maintien et le renouvellement des cellules cornéennes. Ainsi nous trouvons dans le stroma, une augmentation des enzymes qui dégradent le tissu et une diminution des enzymes qui freinent l’apoptose. L’apoptose est la mort des cellules génétiquement programmée. Par conséquent, il en résulte une perte de tissu et un amincissement de la cornée. Des expériences cliniques ont montré que le simple fait de se frotter les yeux induit une élévation de molécules pro-inflammatoires au sein des larmes.

En outre, les cornées atteintes de kératocône présentent une réduction des enzymes rendant inactifs les déchets nuisibles provoqués par les radicaux libres. Cela entraîne une progression de l’apoptose dans le stroma, qui mène à une détérioration du tissu cornéen et à la formation de cicatrices dans la zone de l’ectasie.

Dans les formes les plus avancées, avec amincissement majeur, la membrane de Descemet (à la face postérieure de la cornée) présente des lignes de rupture localisée et des plis sans réelle différence de composition des différents constituants protéiques par rapport à des cornées normales. La couche de cellules endothéliale présente des anomalies de forme et de densité qui pourrait être liées aux ruptures localisées de la membrane de Descemet.

 

Voir également:

No rub, No Cone, the Keratoconus Conjecture

Réfutation de la théorie classique: le syndrome de Marfan 

Kératocône et topographie cornéenne

Formes suspectes de kératocône

Kératocône infraclinique

Consulter des cas documentés avec suivi de kératocône (en anglais)

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