Reprise et retouche après LASIK
Le LASIK permet facilement d’effectuer des retouches dans ses suites, même tardives, en resoulevant le capot initial. Cette possibilité de réintervention est l’un des avantages majeurs de la technique, à condition que l’épaisseur cornéenne résiduelle soit suffisante.
Points clés : retouche après LASIK •Technique de choix : resoulèvement du capot initial (pas de nouvelle découpe) •Délai possible : capots resoulevables même après 17 ans et plus •Mur résiduel : ≥ 250 µm après retouche (recommandation 280-300 µm) •Délai retouche précoce : ≥ 1 mois (myopie), ≥ 3 mois (hypermétropie) •Indication fréquente : sous-correction myopique ou régression tardive •Contrôle OCT peropératoire : vérification en temps réel du mur résiduel
Pourquoi une retouche est-elle parfois nécessaire ?
Le LASIK permet facilement d’effectuer des « retouches » dans ses suites, même tardives, à condition que la cornée ait une épaisseur suffisante. Le mur résiduel postérieur (la partie située sous le capot) doit avoir une épaisseur suffisante pour permettre la délivrance de la correction laser additionnelle. Après la reprise, cette épaisseur résiduelle doit être d’au moins 250 µm (idéalement 280-300 µm) afin de ne pas amincir la cornée de manière excessive, sous peine de risque de décompensation biomécanique (risque d’ectasie).
Technique de reprise : re-soulèvement du capot
Règle fondamentale
La technique de choix consiste à utiliser le capot découpé initialement. Même si celui-ci adhère suffisamment au tissu cornéen pour résister aux frottements oculaires ou traumatismes légers, il est possible de le resoulever chirurgicalement même plusieurs années après le LASIK initial, en commençant par cliver son bord circulaire.
Le bord du capot est identifié à la lampe à fente, puis sous fort grossissement au microscope opératoire du laser avec éclairage latéral. L’adhérence de la surface profonde du capot au stroma sous-jacent (interface) s’effectue essentiellement par capillarité. L’absence de cicatrice et de réaction fibreuse explique le maintien de la transparence cornéenne, et qu’il est aisé de retrouver puis scinder l’interface initiale.
Le capot stromal est simplement ressoulevé : on se retrouve alors dans une situation de LASIK classique où la correction nécessaire peut être délivrée sur le stroma. Une fois la photoablation complémentaire effectuée sur le stroma postérieur résiduel, le capot est reposé et adhère de nouveau au tissu cornéen sous-jacent en quelques heures.
Ne pas redécouper un nouveau capot
Il est déconseillé de tenter de redécouper au laser femtoseconde (ou mécaniquement) un nouveau capot, même plus fin ou plus épais que le premier. Cela risque de réduire la qualité visuelle : création d’une double interface dans la cornée, risque de microplis en cas de capot fin superficiel secondaire, irrégularités optiques. Il faut toujours commencer par envisager un ressoulèvement du capot initial, qui ne pose pas de problème pour un chirurgien exercé.
Des capots aussi anciens que 17 ans ont pu être ressoulevés sans problème particulier.
Délai de retouche après LASIK
On distingue les retouches « précoces » (au cours de la chirurgie initiale) et les retouches plus tardives (après quelques années).
Les causes les plus fréquentes sont la sous-correction après LASIK pour une myopie forte et la persistance d’un astigmatisme résiduel visuellement gênant.
Il est recommandé d’attendre que la vision soit stable avant de proposer une reprise.
Envisagée si une myopie réapparaît après quelques années. Les myopies fortes (> −6 D) évoluent parfois à nouveau au cours de l’existence, même après stabilisation vers 30-35 ans.
Seul le bord circulaire du capot fait l’objet d’une cicatrisation ; la « redécoupe » manuelle du bord, puis la dissection de l’interface, ne posent généralement pas de problème.
Exemple : vidéo de reprise post-LASIK
Intérêt du monitorage OCT peropératoire : le système de mesure en temps réel (« live OCT ») permet de contrôler l’épaisseur du mur résiduel postérieur et d’éviter un amincissement excessif de la cornée. Ceci est particulièrement précieux lors des reprises et des LASIK pour une myopie forte. Dans cet exemple, la zone optique programmée a été légèrement réduite en peropératoire afin de réduire la profondeur d’ablation.
Précautions avant reprise
Avant d’envisager une retouche, qu’elle soit précoce ou tardive, un bilan complet est indispensable pour s’assurer de la faisabilité et de la sécurité de la réintervention.
PTA (Percentage of Tissue Altered) et retouches
Lors d’une retouche, le PTA cumulé (capot + ablation initiale + ablation complémentaire, rapporté à l’épaisseur initiale) doit rester < 39 %. Le monitorage OCT peropératoire (live OCT) permet de contrôler en temps réel l’épaisseur de tissu retiré, garantissant la sécurité du retraitement. La technique de mesure en temps réel est particulièrement utile lorsque l’épaisseur exacte du capot initial est incertaine (capots réalisés au microkératome).
Vérifiez que l’épaisseur du mur résiduel sera suffisante après la correction complémentaire
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Dernière mise à jour : Janvier 2026 — Chirurgie réfractive — LASIK
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