Astigmatisme cornéen

L’astigmatisme oculaire peut être cornéen et/ou interne (cristallinien). Chez les sujets jeunes, dépourvus de cataracte, l’astigmatisme est majoritairement cornéen. La présence d’un astigmatisme cornéen modéré (proche de 0.50 D) est par ailleurs plus fréquente que l’absence d’astigmatisme cornéen! L’astigmatisme interne d’origine cristallinienne peut s’observer lors d’efforts accommodatifs importants, ou en cas de cataracte (forme nucléaire en particulier).

Si l’astigmatisme cornéen n’est pas compensé en interne, il provoque un astigmatisme oculaire qui pourra être corrigé en lunettes, lentilles ou par chirurgie réfractive au besoin.

Toricité cornéenne

L’astigmatisme cornéen régulier est causé par une déformation régulière de la cornée: cette particularité géométrique est nommée « toricité« . C’est la toricité cornéenne (géométrie) qui génère l’astigmatisme (anomalie optique). Quand la cornée est cornée torique, ses différentes sections cornéennes ne possèdent pas la même courbure.

La cornée torique présente une variation de courbure, du méridien le plus cambré vers le méridien le moins cambré. En cas d’astigmatisme régulier,  ces méridiens sont orthogonaux et la variation de courbure entre ces méridiens est continue et régulière.

Topographie de l’astigmatisme cornéen

La topographie cornéenne spéculaire est une méthode classique pour caractériser l’astigmatisme cornéen. La topographie spéculaire utilise l’analyse du reflet de mires concentriques et circulaires de Placido. La variation de courbure des méridiens cornéens peut être appréciée par la déformation ovalaire des mires de Placido.

toricité cornéenne obtenue par le reflet spéculaire en topographie

Le reflet d’une mire cornéenne sur la face antérieure de la cornée renseigne sur la topographie de la cornée antérieure.

La direction qui relie les grands axes des reflets elliptiques des mires correspond au méridien le moins cambré: celle qui relie les petits axes des reflets elliptiques des mires correspond au méridien le plus cambré.

image placido cornée torique astigmatisme direct

Reflet de mires de Placido obtenu chez une cornée fortement torique. Noter la déformation ovalaire du reflet des mires.

A partir de cette image, il est possible de prédire l’existence d’une variation de courbure entre les méridiens, dont les plus cambrés sont verticaux, et les moins cambrés horizontaux. L’utilisation de l’analyse informatisée de l’image permet de calculer le rayon de courbure en chaque point, selon certaines directions (ex mode axial)/

carte topographique d'un astigmatisme cornéen direct

Carte topographique déduite de l’analyse automatisée de la déformation des mires de Placido : les chiffres correspondent à des rayons de courbure en mm.

La carte topographique obtenue à partir de l’analyse des mires de Placido permet de quantifier les variations de courbure axiale. L’astigmatisme engendré par cette cornée est direct (ou conforme).

Les cartes suivantes correspondent à une cornée fortement torique responsable d’un astigmatisme indirect (ou inverse, ou non conforme).

toricité cornéenne extreme

Relfets de mires de Placido à la surface d’une cornée fortement torique, responsable d’un astigmatisme inverse.

La carte topographique axiale résultante montre une cambrure accentuée en regard des méridiens horizontaux:

carte topographique axiale astigmatisme inverse

Carte topgraphique axiale : astigmatisme cornéen inverse (non conforme). Les chiffres correspondent aux rayons de courbures mesurés selon la direction axiale (en mm)

 

L’aspect en »noeud papillon » de la topographie cornéenne spéculaire (mode axial) s’explique à la fois par la toricité et l’asphéricité de la cornée. L’asphéricité cornéenne physiologique est de type prolate: la cornée s’aplatit vers les bords et ceci entraine un « refroidissement » progressif des couleurs.

toricité asphéricité aspect topographique spéculaire

La toricité produit une variation méridionale de la courbure : si la cornée était purement torique, il y aurait une variation de courbure entre les méridiens, mais n’y aurait pas de variations le long des méridiens. L’asphéricité prolate provoque une réduction progressive de la courbure vers les bords. L’aspect résultant de la conjonction de ces propriétés géométriques est représenté en bas: sablier ou « noeud papillon ». Plus l’asphéricité est prolate; plus le noeud papillon est petit.

 

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