L’examen aberrométrique permet de quantifier l’effet optique d’une complication chirurgicale de la chirurgie de la cataracte comme la survenue d’une dislocation de l’implant de cristallin artificiel (implant pseudophake). Une patiente, opérée de cataracte, se plaint d’une gêne sévère en vision nocturne, avec éblouissements, halos, trainées lumineuses, impossibilité de conduire la nuit. L’acuité visuelle est mesurée à 10/10 avec correction d’un léger astigmatisme, mais sans que cette correction réduise les symptômes visuels, qui ne sont atténués le jour; la patiente signale toutefois une vision dédoublée sur le côté. Cette variation corrobore la possibilité qu’un taux élevé d’aberration optiques de haut degré puisse être à l’origine de ces symptômes. L’inspection à la lampe à fente (biomicroscope) révèle la présence d’un décentrement prononcé de l’implant.

La mesure par le topographe aberrromètre OPD SCAN 3 révèle l’augmentation du taux des aberrations de haut degré d’origine interne (implant).

Le relevé du front d’onde accrédite l’origine interne des aberrations de haut degré, provoquées par le décentrement de l’implant intra oculaire. Les cartes qui explorent la qualité optique de l’oeil permettent d’apprécier l’effet de ces aberrations sur la qualité de l’image rétinienne:

L’examen aberrométrique, confronté aux données cliniques, permet d’incriminer le décentrement de l’implant avec les symptômes visuels. Une chirurgie réparatrice destinée à recentrer l’implant vis à vis de la pupille est alors effectuée :

Cette intervention, réalisée sous anesthésie locale, résulte en la disparition des symptômes visuels (dédoublements, halos, etc.). L’examen par aberrométrie confirme l’amélioration de la qualité optique de l’oeil:

Ce cas illustre l’intérêt de l’aberrométrie dans les cas de chirurgie de la cataracte « compliqués » (dans ce cas, l’implant n’a pas été positionné de manière adéquate en raison de la survenue d’une rupture de la capsule cristallinienne pendant l’intervention initiale). Le parallélisme entre les symptômes subjectifs et les éléments objectifs (direction du décentrement et direction de la vision dédoublée, taux d’aberrations optiques de haut degré de type coma) a permis de confirmer la responsabilité du décentrement dans la genèse de la gêne visuelle.
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