Aberrométrie : cataracte débutante

Un patient présente une sensation de baisse de la vision d’un œil (œil droit), alors que son acuité est de 10/10 sans correction et 12/10 avec une très légère correction d’astigmatisme myopique : plan (-0.25 x 0°). Le patient signale quelques symptômes compatibles avec ceux d’une cataracte débutante (éblouissements, difficultés en contre jour).

A l’examen à la lampe à fente (biomicroscope), on note une discrète opalescence du centre du cristallin (opalescence nucléaire) de l’oeil droit.

opalescence cataracte débutante

Aspect à l’examen à la lampe à fente (biomicroscope) du segment antérieur de l’oeil: noter la discrète opalescence de la partie centrale (noyau) du cristallin (flèche).

Le relevé aberrométrique effectué avec l’OPD SCAN 3 montre qu’il existe une légère élévation de l’irrégularité optique, qui semble d’origine interne, puisque la cornée ne présente pas d’astigmatisme irrégulier (encadré rouge).

aberrometrie cataracte débutante

Relevé aberrométrique OPD SCAN 3 : à gauche, carte OPD (variations de la réfraction dans la pupille), au centre, topographie cornéenne (mode axial), à droite : réfraction liée aux dioptres internes (face postérieure de la cornée, et cristallin). L’encadré rouge montre qu’il existe une élévation du taux d’aberrations oculaires, d’origine interne (puisque le taux d’aberrations cornéennes est quasi nul)

On note que la qualité du stigmatisme (cartes de la PSF : Point Spread Function, encadrés en noir et blanc à côté des cartes en couleurs) est moindre sur le plan des dioptres internes que pour la cornée.

Un agrandissement des ces images le confirme :

Point spread function (PSF) cataracte débutante fovéa cones

La comparaison entre les images PSF (Point Spread Function ; fonction d’étalement du point) pour l’oeil entier (à gauche), la cornée antérieure seule (au centre) et les dioptres internes (à droite). L’aggrandissement de la PSF de l’oeil entier montre que l’étalement de l’image d’un point source (qui, dans un oeil « optiquement parfait », devrait être quasi ponctuelle) ne concerne qu’un nombre limité de photorécepteurs (le treillis jaune représente la mosaique des cones de la fovéa).

Pour mieux les interpréter, on peut superposer la mosaique des  photorécepteurs (cônes) à l’image de l’étalement lumineux (en bas de l’image ci dessus) : on constate que l’extension spatiale de cet étalement lumineux (PSF) est faible, ce qui permet une bonne résolution, mais résulte en un moindre contraste de l’image rétinienne.

L’étude des fluctuations de la puissance réfractive montre une légère « myopisation » centrale : celle-ci est certainement induite par une augmentation de l’indice de réfraction du cristallin (myopie d’indice), qui accompagne souvent l’apparition d’une cataracte.

carte OPD cataracte débutante

Cette carte montre les fluctuations de la réfraction au sein de la pupille pour l’oeil entier : on note une augmentation de celle-ci (myopisation centrale : myopie d’indice dans ce contexte).

Ceci suggère la responsabilité des opacités cristalliniennes débutante dans la genèse de ces troubles: il s’agit d’une « pré cataracte », ou d’un début de cataracte nucléaire. Il n’y a pas d’indication opératoire formelle en raison de la gêne qui est modérée, et la préservation de l’acuité visuelle. Une mesure de la diffusion lumineuse (recueil de l’OSI : « Optical Scatter Index », effectué grâce à l’instrument OQAS) est indiquée: cette technologie permet d’objectiver les effets de la perte de la transparence du cristallin sur la fonction visuelle (voir article sur indicateurs fournis par l’OQAS et cataracte)

 

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