L’astigmatisme oculaire est un défaut optique qui est majoritairement induit par la toricité de la surface antérieure de la cornée. Par définition, une cornée torique possède des méridiens de courbure variable. En cas d’astigmatisme régulier, la face antérieure de la cornée peut être assimilée à un tore dont les méridiens principaux (courbure minimale et maximale) sont perpendiculaires. L’astigmatisme myopique simple est un défaut optique que l’on peut caractériser par la présence d’un excès de courbure variable de tous les méridiens cornéens sauf un : le méridien le moins cambré.
Expression de l’astigmatisme myopique simple
Considérons le cas des astigmatismes myopiques simples (purs) : leur correction lunettes est généralement rédigée comme suit : plan (-D x Axe°). Par exemple : plan (-1×0°): à l’origine, cette formulation est liée à des conventions utilisées pour la prescription de verres correcteurs de lunettes. Dans le contexte de la chirurgie réfractive cornéenne, elle doit être interprétée comme « il existe une réduction de une dioptrie au niveau du méridien situé à l’axe 0°, qui est l’axe horizontal). Dans cet exemple, les méridiens sont tous (sauf un, le méridien situé à 0° dans cet exemple) trop cambrés : ils induisent de la myopie, qui est égale à 1 D au niveau du méridien vertical (90°). Cet excès de cambrure varie donc du méridien le plus cambré (90°) vers le méridien le moins cambré à 0° (qui est le seul dont la courbure permet de focaliser la lumière incidente dans le plan rétinien). Rappelons que dans tous les cas, la traduction géométrique du traitement de l’astigmatisme consiste en la réduction ou la suppression de la toricité cornéenne en regard de la zone optique. Le traitement de l’astigmatisme myopique pur consiste à partiellement décambrer la cornée, et dans cet exemple, tous les méridiens sauf un (celui à 0°) devront être décambrés, afin d’avoir la même courbure que le méridien situé à 0°. Le recours aux images de synthèse met en évidence les contraintes spécifiques du traitement de l’astimgatisme myopique simple. -Zone optique Il faut aplatir le méridien le plus cambré en respectant la courbure du méridien le moins cambré (le seul à posséder une courbure permettant de réfracter la lumière incidente d’une source lointaine sur la rétine). Il s’agit du traitement en « cylindre négatif ». Le profil d’ablation réalisé au niveau du méridien le plus cambré est donc un profil d’ablation démyopisant, avec une profondeur d’ablation maximale au centre. Afin de respecter la cambrure du méridien le moins cambré, il est nécessaire de reporter cette profondeur d’ablation le long de celui-ci. Le lenticule correspondant à ce type d’ablation est représenté sur la Figure suivante. Les méridiens non principaux doivent être « décambrés » de façon variable, afin d’annuler les variations méridionales du pouvoir optique du dioptre cornéen torique (qui sont liés à une variation de la courbure apicale entre les méridiens principaux). Il est important de réaliser que le traitement de l’astigmatisme ne se limite pas à la délivrance sélective du laser sur les méridiens principaux : le profil d’ablation varie en fonction du méridien traité. Ceci représente une difficulté particulière, que ne rencontre pas avec les traitements destinés à la correction de la myopie, où le profil d’ablation est le même pour tous les méridiens.

– Zone de transition Elle doit permettre de niveler le sillon périphérique induit par la réalisation du traitement réfractif dont la profondeur est maximale le long du méridien principal le moins cambré (méridien ayant subi une ablation plane). Son diamètre le long de ce méridien devra donc logiquement être supérieur au diamètre le long du méridien cambré. La circonférence de la zone de transition dessinera une ellipse dont le grand diamètre est situé le long du méridien le moins cambré. Ce périmètre ovale doit inciter à réaliser un capot lui même ovale pour les corrections en LASIK, afin de bien intégrer le traitement réfractif au sein du stroma cornéen. Le maximum de photoablation (constante) est donc délivré en regard du méridien le moins cambré, dont la courbure est à préserver ! Cette caractéristique peut être à l’origine de l’effet de couple sphéro-cylindrique observé au décours de traitements comportant un profil d’ablation cylindrique pur. La représentation du lenticule retiré pour la correction de l’astigmatisme myopique pur permet de visualiser ces caractéristiques. Noter l’ablation « plane » le long du méridien le moins cambré.

Exemple vidéo de correction en LASIK d’un astigmatisme myopique simple:
Correction d’un astigmatisme mopique simple : plan (-2.50 x 10°). En raison de la répartition spatiale des spots (plus importante en regard de l’axe plat, à 10°), un capot elliptique dont le grand axe est situé selon l’axe plat est effectué (suite réfractive Wavelight).
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