Le biomicroscope (ou lampe à fente) permet d’inspecter la surface oculaire (conjonctive, cornée) mais également les structures internes de l’œil (cristallin, rétine au fond d’œil). C’est l’instrument le plus emblématique et le plus utilisé en consultation d’ophtalmologie.
23 mm Diamètre de l’œil humain
L’œil humain est un organe facilement accessible, mais dont la petite taille rend difficile son étude précise à l’œil nu. Certains détails de la cornée, de l’iris et du cristallin sont de l’ordre de quelques dizaines de microns (millièmes de millimètre). Le biomicroscope permet d’obtenir des grossissements allant de 6× à 40× pour visualiser ces structures microscopiques.
Principe de fonctionnement
La lampe à fente combine deux éléments optiques essentiels : un système d’éclairage produisant un faisceau lumineux fin et réglable, et un microscope binoculaire permettant l’observation stéréoscopique (en relief) des tissus oculaires.
Source lumineuse Faisceau lumineux intense et focalisé, réglable en largeur (fente) et en hauteur
Microscope binoculaire Observation stéréoscopique avec grossissements variables (6× à 40×)
Système de mise au point Joystick permettant un positionnement précis dans les 3 dimensions
Pourquoi « lampe à fente » ?
Le nom provient du diaphragme en forme de fente qui permet de projeter un fin faisceau lumineux sur l’œil. Cette fente lumineuse, en « coupant » les tissus transparents, permet de visualiser leur épaisseur et leur structure en profondeur — un peu comme une coupe optique.

Structures oculaires examinées
Le biomicroscope permet d’examiner l’ensemble des structures de l’œil, du segment antérieur (partie avant) jusqu’au segment postérieur (fond d’œil) avec l’aide de lentilles additionnelles.
Techniques d’éclairage
L’examinateur dispose de plusieurs techniques d’éclairage qu’il adapte en fonction de la structure à examiner et du type d’anomalie recherchée. La maîtrise de ces différentes techniques est essentielle pour un examen complet.
Éclairage direct focal Le faisceau lumineux est focalisé directement sur la zone à examiner. Technique de base pour visualiser les opacités cornéennes, les précipités rétrodescémétiques, les opacités cristalliniennes.
Rétro-illumination La lumière est réfléchie par l’iris ou la rétine pour éclairer, par transparence, les structures antérieures. Idéale pour détecter les opacités cornéennes ou cristalliniennes, ainsi que les vaisseaux iriens.
Éclairage tangentiel (latéral) Le faisceau arrive de côté, rasant la surface. Permet de mettre en évidence les reliefs, les irrégularités de surface, l’épaisseur de la chambre antérieure.
Réflexion spéculaire L’angle d’observation est symétrique à l’angle d’éclairage. Visualise les surfaces réfléchissantes : le film lacrymal, l’endothélium cornéen et la capsule cristallinienne.
Diffusion sclérale La lumière est dirigée sur le limbe et diffuse à travers la cornée. Mets en évidence les opacités cornéennes subtiles, les corps étrangers, les cicatrices.
Examen du fond d’œil à la lampe à fente
Pour visualiser la rétine et le vitré, il est nécessaire d’utiliser une lentille additionnelle de forte vergence (par exemple : 90 dioptries, 78 D ou lentille de Volk). Cette lentille permet de former une image virtuelle inversée de la rétine au plan focal du biomicroscope.
- Lentille 90 D — examen général du pôle postérieur
- Lentille 78 D — meilleure résolution, champ plus étroit
- Lentille 60 D — fort grossissement pour la macula
- Verre à 3 miroirs — examen de la périphérie rétinienne (gonioscopie)
L’examen du fond d’œil à la lampe à fente offre une vision stéréoscopique (en relief) de la rétine, particulièrement utile pour évaluer l’œdème maculaire, l’excavation papillaire dans le glaucome, ou les décollements de rétine.
Intérêt en chirurgie réfractive
En ophtalmologie et plus particulièrement en chirurgie réfractive, l’examen biomicroscopique est effectué afin de dépister d’éventuelles anomalies de la surface oculaire qui pourraient interférer avec le résultat de l’intervention ou en compromettre le résultat.
Éléments recherchés avant chirurgie réfractive Contre-indications potentielles
- Kératocône débutant
- Dystrophies cornéennes
- Opacités cornéennes
- Cataracte significative
- Syndrome sec sévère
Anomalies à traiter au préalable
- Blépharite
- Dysfonctionnement meibomien
- Conjonctivite allergique
- Ptérygion
- Néovascularisation cornéenne
Suivi postopératoire
Après une intervention de chirurgie réfractive, la lampe à fente permet de contrôler :
- Cicatrisation épithéliale
- Position du capot (LASIK)
- Transparence cornéenne
- Interface (absence de débris, plis)
- Signes inflammatoires
- Qualité du film lacrymal
- Absence d’infection
- Centrage du traitement
Pathologies dépistées
L’examen biomicroscopique (lampe à fente) permet d’évoquer le diagnostic de nombreuses affections oculaires. C’est un instrument nécessaire (mais insuffisant) pour l’ophtalmologiste, qui sera souvent complété par d’autres examens (OCT, topographie, angiographie…).
Cornée
- Kératites infectieuses
- Ulcères cornéens
- Dystrophies
- Kératocône
- Corps étrangers
Cristallin
- Cataracte
- Subluxation
- Opacités capsulaires
- Pseudoexfoliation
Uvée / Glaucome
- Uvéites antérieures
- Glaucome à angle fermé
- Rubéose irienne
- Synéchies
Conjonctive
- Conjonctivites
- Ptérygion
- Tumeurs
- Hémorragies
Paupières
- Blépharites
- Chalazions
- Orgelets
- Tumeurs palpébrales
Surface oculaire
- Sécheresse oculaire
- Dysfonctionnement meibomien
- Kératite ponctuée
- Rosacée oculaire
Évolutions technologiques
Les lampes à fente modernes intègrent des fonctionnalités avancées qui enrichissent l’examen clinique traditionnel.
Imagerie intégrée
- Caméras haute résolution
- Photo- et vidéo-documentation
- Archivage numérique
- Comparaison évolutive
Fonctions avancées
- Éclairage LED à spectre ajustable
- Mesure de l’épaisseur cornéenne (pachymétrie optique)
- Gonioscopie assistée
- Interface pour OCT de segment antérieur
Dernière mise à jour : Janvier 2026 — Retour à la section Chirurgie Réfractive
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