La PKR : techniques laser de surface
surface
sans découpe de capot
Points clés – données 2024-2025 •Efficacité : 72 à 95,6 % des patients atteignent 20/20 sans correction selon les études récentes •Précision : 92,2 % des yeux dans ± 0,50 D de la cible (PKR transépithéliale StreamLight) •Sécurité : indices de sécurité 1,01 et d’efficacité 0,97-0,98 à long terme •Stabilité : résultats stables jusqu’à 8-10 ans de suivi ; 100 % AVSC > 20/30 •Biomécanique : absence de capot → préservation supérieure de la résistance cornéenne •Indications : cornées fines, irrégulières, patients à risque de traumatisme, myopie faible à modérée
① PKR : définition
La PKR (PhotoKératectomie à visée Réfractive) repose sur la délivrance d’une correction réfractive à la surface du stroma cornéen, après retrait de l’épithélium cornéen superficiel. Elle ne requiert pas de découpe du capot, contrairement au LASIK. Elle est effectuée sous anesthésie locale (gouttes). Les deux yeux sont opérés le même jour.
Il existe deux variantes en fonction de la manière dont l’épithélium est retiré :
Technique « manuelle » L’épithélium est retiré (pelé) au moyen d’une éponge après application d’une solution diluée d’alcool. Technique de référence historique, particulièrement adaptée aux myopies plus fortes (−5 à −6 D) pour limiter la dose totale de laser délivrée.
Technique « tout laser » (transépithéliale) L’épithélium est photoablaté par le laser excimer lui-même (ex : mode StreamLight, Alcon Wavelight). Procédure plus rapide, sans contact, particulièrement adaptée aux petites myopies.
Le choix entre la technique « manuelle » et la technique « tout laser » dépend des préférences du chirurgien et du patient. Les résultats cliniques initiaux ne permettent pas d’attribuer à l’une ou l’autre de ces variantes un bénéfice particulier en termes de résultat visuel. La procédure « transépithéliale » est plus rapide et pourrait particulièrement convenir à la correction des petites myopies. En cas de myopie plus forte (ex. −5 ou −6 D), il pourrait être préférable de réaliser un débridement manuel de l’épithélium pour limiter la dose totale de laser délivrée sur le tissu cornéen.
② Principes et technique chirurgicale
Rappelons que la cornée est constituée de deux tuniques principales : le stroma (tissu constitué de fibrilles de collagène entrelacées et représentant 90 % de l’épaisseur cornéenne) et l’épithélium, situé en surface, qui est un tissu constitué de plusieurs couches de cellules dites « épithéliales ». Cette disposition rappelle celle du derme et de l’épiderme au niveau cutané.
En PKR, l’épithélium est séparé du stroma sous-jacent puis retiré. La correction est délivrée sur le stroma superficiel, immédiatement sous l’épithélium de la cornée. L’épithélium repousse ensuite en quelques jours pour recouvrir la surface de la cornée.
Le principe de la correction réfractive en PKR est similaire à celui du LASIK, les deux procédés utilisant un laser à excimère pour remodeler le profil de la cornée et en modifier le pouvoir optique (le LASIK et la PKR ont en commun le temps opératoire dit de « photoablation » du tissu cornéen stromal).
Différence fondamentale avec le LASIK
La différence principale de la PKR avec le LASIK repose sur l’ablation de l’épithélium et l’absence de découpe de capot. En LASIK, on préserve la couche épithéliale superficielle, qui n’est pas exposée au faisceau du laser : le volet découpé est récliné (ce volet comporte la couche épithéliale et une partie de la couche stromale). Au cours de la PKR, l’épithélium est pelé délicatement après administration de gouttes anesthésiques : la partie superficielle du stroma, appelée couche de Bowman, est alors exposée au laser excimer.

Le faisceau du laser excimer, piloté par un ordinateur couplé au système de délivrance, est ensuite projeté sur la surface cornéenne dénudée pour sculpter le tissu stromal cornéen superficiel.

③ La PKR classique en vidéo
La vidéo suivante montre l’intégralité d’une procédure de PKR (laser de surface) bilatérale, débutée par l’œil gauche. Le traitement est optimisé pour le front d’onde (wavefront optimized) et utilise la reconnaissance irienne pour un alignement et un centrage optimaux. La technique utilisée pour le retrait de l’épithélium est économe et non traumatique (contrairement à la PKR classique, où l’épithélium est frotté, et à l’EpiLASIK — technique aujourd’hui désuète — qui utilise une machine pour séparer l’épithélium de manière non contrôlée). Effectuée de la sorte, la technique de PKR est dénuée de risques peropératoires. L’anesthésie est purement topique (gouttes).
④ La PKR transépithéliale en vidéo
La vidéo suivante permet de visualiser en temps quasi réel la réalisation d’une opération de correction de la myopie en PKR transépithéliale :
PKR transépithéliale en gros plan
Cette vidéo, réalisée en filmant l’œil opéré au plus près (avec un ralenti ×4), concerne une procédure de PKR transépithéliale (mode StreamLight, laser EX500, Alcon Wavelight). La première phase (retrait épithélial) est réalisée grâce à des impacts laser délivrés pour photoablater la couche épithéliale sur une surface d’au moins la taille de la zone optique programmée. L’épaisseur de la couche centrale de l’épithélium est d’environ 50 microns (mesurable grâce à la technologie OCT cornéenne à haute résolution).
⑤ Résultats cliniques de la PKR (2024-2025)
Comparaison des techniques de PKR
| Technique | Retrait épithélial | AVSC 20/20 | Douleur postop | Cicatrisation |
|---|---|---|---|---|
| PKR manuelle | Alcool + éponge | 85-92 % | Modérée | 3-5 jours |
| PKR transépithéliale | Laser excimer | 90-96 % | Légère à modérée | 3-4 jours |
| LASEK | Alcool + repositionnement | 85-90 % | Modérée | 3-5 jours |
⑥ Suites opératoires
Si l’intervention de PKR est indolore pendant sa réalisation, une sensation de gêne ou de brûlure survient dans les heures qui la suivent et dure en général moins de 24 h. La plupart des chirurgiens recouvrent la surface de l’œil avec une lentille de contact spéciale à la fin de l’intervention, ce qui permet, en plus de la prise d’antalgiques, de rendre la douleur postopératoire tout à fait supportable. La lentille de contact est conservée quelques jours avant le retrait.
La PKR induit une phase de cicatrisation un peu plus longue que celle du LASIK, car il faut attendre que l’épithélium repousse à la surface de la cornée remodelée, ce qui prend quelques jours. La pose d’une lentille de contact souple non correctrice sur la cornée, juste après la correction laser, permet d’accélérer la repousse de l’épithélium. La prise d’antalgiques permet d’atténuer les douleurs (dont la durée n’excède généralement pas 24 h).
Gestion de la douleur postopératoire • Lentille de contact pansement (bandage contact lens) • Antalgiques oraux (paracétamol-codéine) • Collyres anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) — usage modéré • Larmes artificielles sans conservateur • Gabapentine orale en cas de douleur réfractaire (études récentes)
⑦ Pourquoi retirer l’épithélium de la cornée en PKR ?
Il est nécessaire d’ôter la couche épithéliale pour accéder à la partie superficielle du stroma cornéen (le stroma est le tissu cornéen principal, qui représente 90 % de l’épaisseur cornéenne, et qui est constitué pour une grande partie de fibrilles de collagène). Si l’on réalisait le traitement photoablatif au laser excimer directement à la surface de la cornée sans enlever l’épithélium, cette couche épithéliale serait certes « rabotée », mais la forme imprimée par le laser sur la couche épithéliale ne serait que transitoire.
L’épithélium est en effet une couche pluricellulaire stratifiée (les cellules sont « empilées les unes au-dessus des autres »), dont la forme peut être modulée par la multiplication des cellules épithéliales superficielles (on parle d’hyperplasie épithéliale pour décrire cette prolifération).
L’essentiel
Si le traitement laser était appliqué directement sur la surface épithéliale de la cornée, la repousse épithéliale en gommerait l’effet en quelques semaines. La correction imprimée dans le stroma est plus pérenne : l’épithélium tend parfois à s’épaissir par rapport au stroma aminci, ce qui peut induire une régression de l’effet réfractif. Cela survient surtout après la correction de l’hypermétropie, un défaut optique pour lequel le LASIK est plus adapté. Les myopies faibles et moyennes sont en revanche tout à fait éligibles à la correction laser de surface.
⑧ La PKR est-elle moins moderne que le LASIK ?
Cette idée reçue est couramment répandue, le LASIK ayant été introduit après la réalisation des premières corrections par PKR (au début des années 90). La PKR et le LASIK reposent sur un principe similaire : le remodelage de la cornée, et bénéficient toutes deux de l’extraordinaire précision du laser excimer. La PKR en version « transépithéliale » a été introduite plus récemment.
Le LASIK n’est pas une « révolution » vis-à-vis de la PKR ; il consiste simplement à délivrer la correction laser (identique quelle que soit la technique) au sein du tissu stromal de la cornée, c’est-à-dire en profondeur. Cela permet une récupération plus rapide, avec une réduction des sensations postopératoires. Toutefois, la technique LASIK n’est pas applicable à tous les patients. Ceux dont les cornées sont fines ou irrégulières, ou présentent des anomalies (cicatrices, etc.) sont de meilleurs candidats à la PKR. C’est au chirurgien de déterminer la ou les meilleures techniques pour corriger le défaut optique du patient. PKR vs LASIK : tableau comparatif
| Critère | PKR | LASIK |
|---|---|---|
| Création de capot | Non | Oui (femtoseconde) |
| Préservation biomécanique | Supérieure | Moindre (section lamellaire) |
| Récupération visuelle | 3-7 jours | 24-48 heures |
| Douleur postopératoire | Modérée (24-48 h) | Minime |
| Risque d’ectasie | Très faible | Plus élevé si cornée fine + frottements |
| Cornées fines | Préférée | Contre-indication relative |
| Sportifs / militaires | Préférée (pas de capot) | Risque de déplacement du capot (rare) |
| Sécheresse à long terme | Moins fréquente | Plus fréquente |
| Haze cornéen | Possible (< 1 % grade 2+) | Très rare |
| Retouche | Nouvelle PKR | Re-soulèvement capot |
Indications préférentielles de la PKR • Cornée fine (épaisseur limite pour le LASIK) • Anomalies topographiques légères (asymétrie, forme fruste de kératocône) • Anomalies topographiques plus prononcées, après arrêt des frottements et stabilité topographique • Professions à risque de traumatisme oculaire direct (certains militaires, forces de l’ordre, sports de contact) • Dystrophie de membrane basale épithéliale, érosions récidivantes, sécheresse oculaire chronique • Retouche après LASIK (si résoulèvement du capot non souhaitable ou possible) ou chirurgie de la cataracte • Myopie faible à modérée (jusqu’à −6 D environ) • Préférence du patient pour une technique sans découpe
Outil en ligne : simulateur d’épaisseur cornéenne
Pour évaluer la faisabilité d’une PKR ou d’un LASIK en fonction de l’épaisseur cornéenne et de la correction souhaitée, consultez le simulateur de variation de l’épaisseur cornéenne après une chirurgie réfractive.
⑨ La PKR peut-elle être associée à un cross-linking (CXL) ?
La PKR est la technique de choix pour l’opération de la myopie légère à moyenne chez les patients dont les cornées sont fines et légèrement irrégulières sur le plan topographique. Parfois, on évoque le diagnostic de « kératocône fruste » ou « kératocône suspect » face à ces atypies topographiques. Certains chirurgiens proposent alors la réalisation d’un cross-linking au décours immédiat de la PKR, dans le but de solidifier la cornée, en postulant que ceci « stabilisera » la forme de la cornée.
Point de vue de l’auteur sur le CXL associé à la PKR
Du point de vue de l’auteur de ce site, le CXL ne sert à rien dans ce contexte (il peut toutefois alourdir la facture du patient…), car les cornées concernées ne sont pas trop « molles », mais simplement victimes de frottements oculaires trop répétés, trop vigoureux, trop fréquents (patients allergiques, patients présentant une fatigue oculaire chronique, mouvements de démaquillage des paupières trop appuyés, etc.).
Par ailleurs, les patients qui dorment sur le ventre ou le côté avec un contact direct de l’orbite sur la literie, ou l’avant-bras, sont ceux chez qui l’on rencontre plus fréquemment ces aspects d’irrégularité topographique, probablement par le biais de frottements plus fréquents le matin au réveil.
Il est important de prendre conscience de ces gestes et manœuvres susceptibles d’altérer le relief cornéen au fil du temps et de modifier sa position de sommeil, le cas échéant. La PKR simple peut alors être effectuée sans qu’il soit besoin d’effectuer une technique complémentaire de type CXL qui n’a par ailleurs jamais fait la preuve de son efficacité clinique (aucun durcissement n’est mesuré in vivo) et qui représente même un stress physicochimique supplémentaire : risque accru d’inflammation postopératoire avec haze en raison notamment de l’exposition au rayonnement UV lors de la procédure de CXL. Le plus important, c’est logiquement de soustraire la cornée aux frottements en postopératoire.
Le visionnage de cette vidéo permet de prendre conscience du traumatisme infligé aux globes oculaires et aux structures environnantes lors des frottements oculaires machinaux :
Vidéo : frottements oculaires et traumatisme cornéen (Facebook)
⑩ Questions fréquentes
⑪ Références
- Gunn DJ, et al. StreamLight Single-Step Transepithelial Photorefractive Keratectomy (PRK) for Myopia and Myopic Astigmatism. J Ophthalmol. 2024;2024:5597457. Full text
- Shams SS, Hassanzadeh S, Zarei-Ghanavati S, et al. Predictive factors for outcomes of photorefractive keratectomy in myopic eyes. Int J Ophthalmol. 2025;18(11):2143-2148. Full text
- 8-to-10-Year Follow-Up Results of Photorefractive Keratectomy and Risk Factors for Myopia Regression. PMC. 2025. PMC
- Pajek S, Koo EH. A Review of Photorefractive Keratectomy. Review of Ophthalmology. September 2024. Full text
- Somani SN, Moshirfar M, Patel BC. Photorefractive Keratectomy. StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2025. PubMed
- Almutairi MN, et al. Meta-analysis: clinical outcomes of LASIK and PRK in hyperopia. BMC Ophthalmol. 2025;25(1):140. PubMed
- Gatinel D, Malet J, Hoang-Xuan T, Azar DT. Analysis of customized corneal ablations: theoretical limitations of increasing negative asphericity. Invest Ophthalmol Vis Sci. 2002;43(4):941-8. PubMed
- Nattis AS, Rosenberg ED, Donnenfeld ED. One-year visual and astigmatic outcomes of keratoconus patients following sequential crosslinking and topography-guided surface ablation: the TOPOLINK study. J Cataract Refract Surg. 2020;46(4):507-516. PubMed
- Moshirfar M, Wang Q, et al. Management of Corneal Haze After Photorefractive Keratectomy. Ophthalmol Ther. 2023;12(6):2841-2862. PubMed
- Hassanzadeh S, Fereydouni F, Bakhtiari E. Visual and refractive outcomes of PRK in hyperopia and hyperopic-astigmatism: systematic review and meta-analysis. Photodiagnosis Photodyn Ther. 2025;53:104604. PubMed
Voir également Le LASIKCorrection de la myopieChoix de la techniqueKératocône et ectasieBilan préopératoireLa presbytie
Dernière mise à jour : Janvier 2026 — Chirurgie réfractive — PKR
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