+ +

La technique LASIK

LASIK: définition

Le LASIK est une technique couramment pratiquée pour corriger la vision des myopes, hypermétropes, astigmates et presbytes grâce au laser.  La définition du  mot LASIK correspond à un acronyme de Laser in Situ Keratomileusis (kératomileusis par laser in situ). Kerato, mileusis et in situ sont des mots d’origine grecque qui signifient respectivement « cornée », « former », « au sein de ». Le kératomileusis est une sculpture de la cornée effectuée en son sein, c’est à dire dans son épaisseur, qui est appelée stroma cornéen. Le LASIK est, avec la PKR, la technique de chirurgie réfractive la plus couramment pratiquée dans le monde. Elle fournit d’excellents résultats visuels et permet aux opérés de ne plus porter de lunettes ou de lentilles de contact. On estime que plus de 30 millions d’interventions de LASIK ont été effectuées dans le monde depuis 1999.

Principe du LASIK

L’opération LASIK est donc un procédé chirurgical purement cornéen, et qui permet la correction d’un large éventail de myopies, d’hypermétropies et d’astigmatismes. Le LASIK est effectué sous anesthésie locale (gouttes anesthésiantes). Il n’y a pas de geste intra-oculaire, ni pose d’implant.

En LASIK, il faut  réaliser un volet (ou capot superficiel) de la cornée, puis le récliner avant de réaliser le remodelage excimer  (la correction laser, appelée « photoablation », est délivrée dans l’épaisseur de la cornée). Le capot est ensuite reposé et recouvre la zone ayant reçu la photoablation. La création du capot est spécifique à la technique du LASIK.

étapes du LASIK

Le LASIK comporte trois étapes principales: la découpe du capot (ou volet) stromal, la photoablation correctrice, puis la repose du capot.

La technique de l’opération LASIK requiert donc l’utilisation du laser excimer. Ce laser est nécessaire pour remodeler la cornée dans son épaisseur, au sein du stroma cornéen, afin de compenser un défaut optique et  corriger la vision des myopes, hypermétropes et astigmates. Le laser excimer est le laser le plus fin pour la chirurgie cornéenne: un impact possède une précision de l’ordre de 0.25 microns (soit 0.00025 mm).

Préalablement à la sculpture au laser excimer, il faut réaliser le tracé du capot au moyen d’un autre type de laser: le laser femtoseconde. Certains chirurgiens, qui ne disposent pas de la technologie femtoseconde, utilisent encore un microkératome à lame mécanique pour créer la lamelle du capot; cet usage tend toutefois à disparaître.

La technique du LASIK est l’aboutissement de divers procédés chirurgicaux qui ont été mis en jeu pour corriger un défaut réfractif par une modification de la géométrie cornéenne, accompagnée d’une découpe lamellaire. Son histoire est relatée ici: histoire du LASIK

Cornée et LASIK

La cornée est un tissu transparent constitué de deux couches principales : le stroma et l’épithélium.  L’épithélium recouvre la surface de la cornée.  La régularité de la couche épithéliale permet au film lacrymal de bien s’étaler à la surface de la cornée. Le stroma constitue environ 90% de l’épaisseur du mur cornéen. Il est constitué de lamelles de collagènes, fabriquée par des cellules appelées kératocytes. Ces lamelles sont organisées pour donner au tissu cornéen sa forme galbée, sa résistance et sa transparence (cette dernière dépend de l’espacement régulier des fibrilles de collagènes). En LASIK, c’est le stroma cornéen qui est exposé au laser excimer : la découpe et le soulèvment d’un capot superficiel (constitué de l’épithélium et d’une couche de stroma superficiel sous jacent) permet de sculpter et refaçonner le stroma cornéen dans sa profondeur.

Temps chirurgicaux principaux du LASIK

Le LASIK s’effectue sous anesthésie locale par collyres anesthésiants. une La technique comporte trois temps principaux :

1) la découpe puis le soulèvement d’un volet cornéen superficiel,

2) la délivrance du faisceau laser excimer sous le volet (cette sculpture du tissu cornéen- appelé tissu stromal -par le laser excimer est appelée « photoablation » ),

3) la repose du volet sur le tissu cornéen remodelé.

LASIK: découpe du volet cornéen

La réalisation du volet (ou capot) cornéen est le temps spécifique du LASIK. Le volet cornéen est  superficiel et globalement circulaire: il comporte une charnière qui le rattache à la cornée. Il comporte la couche épithéliale, et une partie de la couche stromale. Elle permet de réaliser le remodelage de la cornée « in situ » (dans son épaisseur), contrairement à la PhotoKératectomie à visée Réfractive (PKR) et plus généralement les techniques dites « de surface », où le remodelage est réalisé à la surface du stroma cornéen (après pelage épithélial).

LASIK capot soulevé laser

En LASIK, un capot est découpé puis récliné pendant la phase de photoablation, où laser excimer (représenté ici en vert) permet de sculpter le stroma cornéen sous jacent. Le capot est ensuite repositionné, et épouse la forme sculptée. Le profil de la cornée est modifié de manière à corriger le défaut optique initial.

La découpe du capot stromal fut initialement effectuée de façon mécanique (microkératome), puis de manière plus moderne de manière optique (laser femto seconde). Le laser femtoseconde à l’avantage de prodiguer une qualité de découpe plus reproductible, un meilleur contrôle de l’épaisseur programmée, et un meilleur centrage.

comparaison microkératome mécanique et laser femtoseconde

Comparaison entre les coupes réalisées en OCT de cornées opérées de LASIK avec en haut un microkératome mécanique (Hansatome, Bausch and Lomb) et en bas un laser femtoseconde (FS 200, Alcon Wavelight). L’épaisseur du capot programmée était de 160 microns pour le microkératome : noter les variations d’épaisseurs mesurées en différents points de la coupe (entre 150 et 197 microns !). L’épaisseur programmée pour le capot réalisé au laser femtoseconde était de 120 microns; cette épaisseur est obtenue, et est quasi constante quel que soit le point de mesure (100 à 123 microns).

L’imagerie haute résolution offerte par les dernières générations d’instruments OCT permet de mieux visualiser les différentes tuniques cornéennes impliquées dans la réalisation du LASIK:

LASIK profil cornéen OCT haute résolution

Visualisation en coupe du profil cornéen après réalisation d’une procédure LASIK (pour la correction d’un astigmatisme mixte). Le volet (ou capot) de LASIK est constitué de la couche épithéliale et d’une couche de stroma superficiel (le stroma constitue l’essentiel du volume cornéen). Noter le bord « vertical », consécutif à la création du volet par le laser femtoseconde;

Le capot reposé épouse la forme du stroma sous jacent qui a été sculpté par le laser excimer: l’image suivante montre le changement du profil de la cornée, enregistré avec la caméra Scheimplflug du topographe Pentacam, consécutif à la réalisation d’un LASIK pour myopie forte.

LASIK pour myopie forte

Représentation du profil cornéen avant et après LASIK pour myopie forte. En bas, superposition des profils permettant de dégager le changement de profil (aplatissement dans le cas de la correction de la myopie)

Contrairement à la découpe mécanique par microkératome, le tracé au laser femtoseconde  permet de prévisualiser le tracé de la découpe du capot, et de recentrer celui-ci sur la pupille. Un capot mieux centré et d’épaisseur régulière est gage de meilleure intégration du profil d’ablation excimer au sein du tissu cornéen, et d’une meilleure qualité optique finale. Le bord du capot réalisé au laser femtoseconde possède un angle de raccord plus « vertical », ce qui permet d’accroître la stabilité du capot en post opératoire.

La plateforme laser la plus récente intègre au sein d’un même unité thérapeutique le meilleur des technologies laser excimer et femtoseconde pour délivrer des traitements personnalisés (voir : suite réfractive laser Alcon- Wavelight). En région parisienne, elle est disponible en exclusivité à la Fondation Rothschild.

Voici une vidéo représentant l’étape de création du capot au laser femtoseconde, en images de synthèse:

La vidéo suivante est extraite d’une véritable procédure de LASIK 100% laser :

 

La découpe au laser femtoseconde est préférable pour la sécurité et la précision accrue qu’elle offre au patient. De plus, elle est particulièrement intéressante pour certains yeux présentant une cornée particulièrement fine et inclus dans une conformation orbitaire rendant la découpe mécanique plus difficile (paupière étroites, yeux renfoncés, etc.). La correction de l’hypermétropie en LASIK nécessite la réalisation de capots larges et bien centrés sur la pupille.

En cas d’astigmatisme prononcé, il est intéressant d’effectuer un capot de pourtour ovalaire (ou elliptique), élargi en regard des méridiens les moins cambrés de la cornée, car les impacts du laser excimer auront une répartition plus importante et plus large selon ces méridiens (voir : LASIK et astigmatisme , profil d’ablation excimer pour correction de l’astigmatisme) .

capot ovalaire ou elliptique pour la correction en LASIK de l'astigmatisme

Le capot a un tracé elliptique, car son « patron de découpe » a été programmé pour être plus large en regard des méridiens les moins cambrés, où les impacts délivrés par le laser excimer sont plus nombreux et plus distants du centre de la cornée. Le laser excimer est un laser dont la longueur est dans l’ultra violet (193 nm), mais les impacts au niveau du tissu cornéen provoquent une ré emission dans une longueur d’onde plus longue (moins énergétique), visible dans le bleu (chirurgie réalisée grâce à la plateforme laser Alcon Wavelight, qui intègre au sein d’une même unité de programmation le laser femtoseconde et le laser excimer )

 La plupart des centres de pointes et les chirurgiens hyper-spécialisés dans la technique du LASIK  ont abandonné le microkératome pour le laser femtoseconde pour la réalisation du capot de LASIK. Certains centres « low cost » continuent de proposer des LASIK au microkératome mécanique, en raison de l’économie réalisée (l’acquisition et l’utilisation d’un laser femtoseconde représente un coût additionnel).

Quelles que soient les caractéristiques de la cornée, j’effectue 100% des capots de LASIK avec le laser femtoseconde, en raison de la qualité et de la sécurité accrues qu’offre cette technologie.

  En cas de finesse cornéenne particulière ne permettant pas de délivrer la correction nécessaire (voir : épaisseur de cornée et LASIK), ou associée à des anomalies topographiques telles qu’une asymétrie de courbure, ou faisant évoquer la possibilité d’une forme infra clinique débutante de kératocône, le principe de prévention de l’ectasie oriente vers la réalisation d’une technique laser de surface (ex : PKR).

LASIK: délivrance de la correction au laser excimer

La réalisation du capot en LASIK ne modifie pas la courbure de la cornée,  mais permet de délivrer la correction par le laser excimer dans l’épaisseur du tissu cornéen (stroma). Pendant le traitement laser, le capot est récliné mais demeure proche de la cornée grâce à sa charnière (supérieure dans la majorité des cas).

Cette vidéo en images de synthèse montre le temps correspondant à la photoablation au laser excimer, après soulèvement du capot :

Voici la procédure de photoablation excimer en temps réel :

 

En LASIK comme en PKR, la correction du défaut optique est dans tous les cas effectuée par le laser excimer (photoablation du tissu cornéen). Ce temps opératoire conditionne le résultat optique (la précision de la correction du patient dépend du centrage et la quantité de tissu photoablaté par le laser excimer). Le traitement photoablatif peut être conventionnel ou personnalisé (ex : guidé par le front d’onde), optimisé pour le front d’onde (wavefront optimized: conçu pour ne pas induire un taux excessif d’aberrations optiques de haut degré), ou guidé par la topographie cornéenne. En cas d’astigmatisme prononcé, de large diamètre pupillaire, un traitement personnalisé ou « wavefront optimized » est préféré.

Après délivrance de la photoablation, l'interface est nettoyée d'éventuels débris, et le capot est reposé sur le stroma.

Après délivrance de la photoablation, l’interface est nettoyée d’éventuels débris, et le capot est reposé sur le stroma.

Certains modes d’économie tissulaire (« tissue saving« ) sont parfois proposés en option au patient, mais ils ne procurent pas d’avantage réel autre que celui de mettre à niveau le profil d’ablation du laser utilisé (laser Technolas Z100) avec celui des plateformes lasers les plus récentes.  Avec ces autres plateformes lasers (Wavelight, Nidek, Visx, etc.) le choix d’une ablation tissulaire minimum est accomplie par défaut, de manière systématique et sans surcoût.

Un système de détection automatisé et de compensation des mouvements oculaires (eye tracker) permet d’assurer un bon centrage du traitement, même si l’oeil « bouge » (micro saccades) pendant la délivrance du laser (détails sur l’intérêt de l’eye tracker ici). Les eye trackers les plus performants permettent de neutraliser les mouvements de rotation de l’oeil (cyclotorsion) pendant la fixation, en utilisant la cartographie de l’iris du patient pour ajuster les tirs du laser excimer sur la cornée en temps réel !

Il existe une page dédiée à la représentation concrète du point lumineux à fixer pendant l’intervention au laser excimer (voir la vidéo en fin de page).

LASIK : repose du volet

Après la sculpture réfractive au laser excimer, le capot stromal est re positionné. Il adhère rapidement grâce à un gradient de pression osmotique au sein du tissu cornéen, et sa stabilité est ensuite assurée par la cicatrisation épithéliale qui recouvre les bords de la découpe. La préservation de l’épithélium autorise une  récupération plus rapide et l’absence de douleurs (certains filets nerveux sont interrompus par la réalisations du capot, et ceci contribue également à l’analgésie post opératoire, mais aussi à l’induction d’un certain degré de sécheresse oculaire).

Grâce à la sculpture laser excimer, la cornée adopte ainsi une nouvelle courbure: ce changement en modifie le pouvoir optique, de manière à corriger le défaut optique (erreur réfractive) de l’œil. Ce changement est stable dans le temps, une fois les phénomènes de cicatrisation initiale révolus (en général, cette stabilité intervient au bout de 3 mois).

En savoir plus sur le LASIK :Lasik 100% laser :

Vidéo: LASIK 100% laser (France 5) :

 

Avancées technologiques et techniques en LASIK

Les avancées techniques offertes par les plateformes modernes permettre de combiner le meilleur de la technologie comme la reconnaissance irienne avec compensation de la cyclotorsion, la réalisation de volets de LASIK personnalisés, et l’optimisation du centrage sur l’axe visuel, en fonction des positions respectives du vertex cornéen et du centre de la pupille irienne.  Ces possibilités ne sont offertes que par les plateformes laser les plus récentes (ex: suite réfractive Alcon Wavelight). Elles permettent de repousser les indications du LASIK vers de fortes corrections, en astigmatisme ou en hypermétropie, comme le montrent les vidéos suivantes.

 

La vidéo suivante montre une procédure de LASIK bilatérale personnalisée (traitement Wavefront optimized) avec réalisation de capots de contour elliptique pour mieux épouser les caractéristiques du profil d’ablation délivré pour la correction de l’astigmatisme:

 

Cette vidéo montre la réalisation d’une proécédure optimisée de LASIK comportant un centrage personnalisé, des volets customisés, pour la correction d’une myopie associée à une presbytie:

La vidéo suivante concerne la correction personnalisée (prise en compte du diamètre pupillaire, de l’axe visuel, réalisation de capots « sur mesure ») d’une hypermétropie forte en LASIK:

Que voit-on pendant le LASIK?

Cette interrogation est source d’angoisse de la part des candidats au LASIK: verrai-je les instruments, le laser? Pendant la procédure, la vision peut être très voilée pendant certaines phases (ex: réalisation du capot avec le LASER femtoseconde). Il n’y a rien de véritablement effrayant, et la lumière du laser n’est pas véritablement perçue car elle ne pénètre pas dans l’oeil (elle est focalisée dans ou sur la surface de la cornée). Il est cependant une étape où il convient de bien fixer un repère lumineux, pour que le traitement par laser excimer (la photoablation correctrice) soit parfaitement centré selon l’axe visuel. La vidéo suivante vise à montrer en vision « subjective » ce que le patient peut percevoir lors de cette étape de fixation, quand il est allongé sous le laser excimer, après la création du capot par le laser femtoseconde:

 

Peut-on bouger l’oeil pendant le LASIK?

Les lasers modernes sont équipés de systèmes très sophistiqués qui associent une caméra haute fréquence au système de délivrance des tirs laser. L’oeil est filmé en permanence par une caméra, qui enregistre les mouvements et saccades oculaires. Ces saccades sont analysées en temps réel et des informations précises concernant les mouvements de l’oeil et leur direction sont utilisées pour compenser la direction des tirs du laser. Ce système appelé ‘eye tracker » (asservissement des poursuites oculaires) est d’autant plus remarquable ( et crucial pour un bon résultat visuel) que les lasers récents ont une cadence de tir pouvant atteindre 500 Hz (soit 500 tirs par seconde).

La vidéo suivante permet de se faire une idée de cette technologie: elle montre qu’un laser récent peut compenser les mouvements d’une cible et délivrer ses impacts là où ceux-ci doivent l’être:

 

Vision et LASIK

Comment est la vision après l’opération LASIK? Juste après l’opération LASIK, il est possible de percevoir l’effet de la correction, mais la vision est encore « brumeuse » et un peu floue. Cette « brume » se dissipe au cours des premières heures. Il n’y a pas de douleurs, mais une gêne locale est possible, avec dans certains cas quelques difficultés pour ouvrir les yeux, un larmoiement persistant, une sensation de brûlure oculaire. Une fois les suites opératoires précoces passées, la vision en LASIK est comparable à celle obtenue avec des lentilles; il n’y a pas d’effet particulier de « grossissement » ou « rétrécissement » du champ visuel. La vision des couleurs n’est pas modifiées après LASIK. La couleur des yeux n’est pas modifiée par le LASIK, ou les techniques de chirurgie réfractives cornéennes en général. Comme pour toute chirurgie, le LASIK expose à certains effets indésirables ou complications. Dans notre expérience, le risque de survenue de complications sévères est exceptionnel et s’explique dans la grande majorité des cas par une mauvaise indication opératoire (réalisation d’un LASIK chez un patient qui était en fait un mauvais candidat).

 

Sécurité du LASIK

Le LASIK est la technique de chirurgie de confort la plus pratiquée dans le monde. Aux USA, le nombre d’interventions de LASIK effectuées depuis les deux dernières décennies est estimé à 16 millions (30 millions pour le monde entier). Les conclusions d’une longue étude conduite par la FDA et destinée à évaluer la sécurité et l’efficacité du LASIK sont sans équivoque: le LASIK est une technique sûre, et les résultats mesurés trois mois après l’intervention révèlent que 95% des patients opérés bénéficient d’une acuité visuelle d’au moins 10/10e sans correction. D’après cette étude, les phénomènes visuels indésirables en vision nocturnes tendent à être moins prononcés après LASIK qu’avant l’intervention (6% vs 33%), quand les yeux sont équipés en lunettes ou lentilles de contact. Le LASIK est la technique reine de la chirurgie réfractive, car elle combine rapidité de récupération, précision, efficacité, et sécurité, le tout avec un recul de près de 20 ans.

 

Adhérence du capot après LASIK

Après la réalisation du LASIK, le capot adhère rapidement à la cornée. Il faut éviter de toucher et frotter les yeux dans les heures qui suivent la procédure. Des coques protectrices sont données pour la première nuit, et des lunettes teintées avec filtres UV peuvent être portées à l’extérieur au cours des premières semaines. Il n’y a aucun risque de décollement spontané du capot et après 24h, il est possible de se remaquiller.

Dans tous les cas, et quelle que soit la technique de chirurgie cornéenne, il est formellement déconseillé de se frotter les yeux de manière répétée et vigoureuse. Cette recommandation n’est pas liée à l’existence du capot mais à la réduction de l’épaisseur cornéenne qui la rend plus vulnérable aux contraintes mécaniques importantes qu’exercent les frottements.

Retouches après LASIK

Un des avantages du LASIK est de permettre d’effectuer des retouches efficaces et confortables, même tardives, en cas d’évolution de la vision. Ceci peut être utile pour re corriger une myopie dont l’évolution n’aurait pas été stoppée, affiner la correction en cas de myopie ou d’astigmatisme résiduel, ou encore de redonner de la « vision de près » chez les patients devenus presbytes, et opérés de LASIK dans le passé. Si le resoulèvement du capot ne pose pas de problèmes (voir reprise après LASIK), cela ne veut pas dire que le volet de LASIK ne recolle jamais. Simplement, il est possible, chirurgicalement, de le resoulever en employant une technique adaptée. Les retouches après PKR sont plutôt effectuées en PKR. Contrairement au LASIK, la techniques SmiLe ne permet pas de retouches sans changer de technique, et oblige à effectuer une PKR. La possibilité d’effectuer des retouches est un avantage fondamental du LASIK. 

La vidéo suivante correspond au « plus vieux capot » que j’ai eu à resoulever pour corriger une hypermétropie induite par une erreur de calcul de puissance d’implant en chirurgie de la cataracte. Le patient avait bénéficié d’un LASIK 17 ans plus tôt.

 

Que voit-on du côté du chirurgien pendant l’intervention?

L’intervention  en LASIK requiert l’utilisation de deux lasers (femtoseconde et excimer). Ces systèmes sophistiqués permettent de délivrer le rayonnement laser de manière excessivement rapide et précise. La main et l’oeil du chirurgien sont toutefois essentiels pour guider le système de délivrance du laser femtoseconde sur la cornée, soulever le volet stromal découpé, puis aligner de manière optimale l’oeil opéré avec les systèmes de centrage du laser excimer, etc.

Ces étapes chirurgicales sont effectuées sous contrôle visuel, grâce à des microscopes chirurgicaux intégrés aux lasers, ainsi que des caméras de visualisation. La vidéo suivante montre en simultané l’écran de visualisation observé par le chirurgien, et le plan d’observation direct de l’oeil du patient, au cours de la correction bilatérale d’une forte hypermétropie associée à un astigmatisme prononcé. La première partie de la vidéo concerne la programmation de capots de LASIK personnalisés, dont la géométrie ovalaire et la position de la charnière sont conçus pour permettre au laser excimer d’effectuer une sculpture à visée réfractive dans les meilleures conditions. La seconde permet de visualiser en temps réel les étapes de création du capot (oeil gauche puis oeil droit), et de correction réfractive (soulèvement du capot, délivrance de la correction laser, repose du capot).

 

 

 

Plus d’informations sur les suites opératoires après opération LASIK

VOIR vidéos : LASIK 100% laser par étapes

CONSULTER la page consacrée au LASIK pour la correction de la myopie forte

CONSULTER la page consacrée au LASIK et astigmatisme

CONSULTER l’article du Magazie le Parisien (Janvier 2014) consacré au témoignage d’une journaliste opérée par de LASIK:En 2014 j’y vois plus clair- opération myopie au laserArticle chirurgie myopie au laser 2014 le Parisien Dr Damien Gatinel

15 réponses à “La technique LASIK”

  1. Antoine dit :

    Merci pour cette page très complète sur le LASIK. Je voulais savoir si la présence de corps flottant gêne la réalisation ou les résultats de cette intervention.

  2. Dr Damien Gatinel dit :

    Les corps flottants (« mouches volantes », « myodésopsies ») sont souvent associés à la présence d’une myopie. Ils sont liés à la présence d’opacités dans le vitré, qui est un gel qui remplit l’oeil. Le LASIK concerne la cornée (réalisation d’un volet et photoablation intra stromale). Il n’accentue pas la présence de corps flottants, et ceux ci ne contre indiquent pas du tout la correction de la myopie en LASIK.

  3. Berangere dit :

    J’ai été opérée de LASIK en 2008, avec le laser femtoseconde, pour une myopie d’environ 6 D à droite et 7 D à gauche. J’avais 23 ans, et peut être ce n’était pas encore stable, aujourd’hui j’ai une dioptrie à gauche qui est revenue. Est il possible de réopérer en LASIK?

  4. Dr Damien Gatinel dit :

    L’un des avantages du LASIK est de permettre d’effectuer des retouches simples, par la même technique, en resoulevant le capot (il n’est pas besoin de redécouper). Il convient simplement de vérifier que l’épaisseur résiduelle de votre cornée est suffisante pour cela. Une mesure en OCT permettra d’apprécier l’épaisseur du mur postérieur résiduel (partie profonde de la cornée, derrière le capot de LASIK). Le correction de la dioptrie revenue devrait consommer moins de 15 microns de tissu cornéen. Les suites opératoires sont très semblables à celles du LASIK initial.

  5. Marie dit :

    Bonjour,
    je me fais bientôt opérer de la myopie par LASIK et a priori, l’établissement ne possède pas de laser Femtoseconde mais seulement d’un microkératotome.
    Ayant déjà les yeux secs suite à au port de lentilles que j’ai arrêté depuis plusieurs années déjà ; devrais je plutôt choisir un établissement possédant la technique plus moderne pour la réalisation du capot cornéen ?
    Je vous remercie de votre réponse.
    Marie

  6. Dr Damien Gatinel dit :

    Les avantages procurés par le laser femtoseconde ne concernent pas tant la sécheresse oculaire (qui est liée à la création d’un capot et la dénervation qui en découle, pas la manière dont le capot est découpé), que la sécurité et la précision de la découpe.

  7. Abélia dit :

    Je suis reconnaissante de votre expertise et de votre article concernant le lasik. Vous avez réussi à couvrir tous les aspects de ce sujet en plein détails. C’est une décision importante à prendre alors c’est utile que je sois au courant de cette technique de l’opération. C’est très intéressant que le volet cornéen soit découpé et repositionne pendant cette opération. Merci de ce partage !

  8. celine dit :

    Bonjour,
    Bonjour,
    Je souhaiterais me faire opérer de la myopie car je ne supporte plus mes lentilles.
    J’ai 39 ans et ma vue est stabilisée. Mon souci est que mon œil droit est amblyope suite à un strabisme quand j’étais enfant. J’ai entre 1 et 2/10eme sur cet œil droit.
    Mon œil gauche n.a pas une myopie très importante.
    Voici mes corrections OG -2,25 et OD +1,25
    Les examens montrent que je n’ai aucune contre-indication au Lasik, mais je suis angoissée car je n’ai « qu’un œil »….
    Pensez-vous que je pourrais me faire opérer?
    Merci pour votre réponse.

  9. Dr Damien Gatinel dit :

    Une intervention est certainement possible, car si le bilan ne révèle pas de contre indication au LASIK, les risques encourus avec cette technique sont aujourd’hui infimes, en particulier les risques de subir une perte significative de la fonction visuelle. Certains effets indésirables peuvent survenir en post opératoire, mais il est également intéressant de considérer les risques liés au port prolongé de lentilles de contact (risque infectieux en particulier).

  10. Bouchra dit :

    Svp mes deux enfants âgés de 11 ans et 6 ans souffrent de l’hypermétropie. Est-ce qu ils peuvent être opérés?

  11. Dr Damien Gatinel dit :

    La chirurgie réfractive n’est autorisée que pour les adultes (après 18 ans). La correction en lunettes (puis lentilles à l’adolescence), est certainement la meilleure solution de correction à envisager pour l’instant.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *