Aller au contenu

Voir la rubrique →

Chirurgie de l’hypermétropie

Résumé pratique. La chirurgie de l’hypermétropie peut faire appel au LASIK ou, selon l’âge et l’état du cristallin, à une chirurgie par implant. L’indication repose sur une réfraction soigneuse, l’étude de l’accommodation, de la cornée, de la pupille et du potentiel visuel.

Auteur et révision. Damien Gatinel, MD, PhD — dernière révision médicale : 19 août 2026.

Publications de référence.

L’hypermétropie ne se résume pas au nombre de dioptries inscrit sur une ordonnance. L’accommodation peut masquer une partie du défaut, et une amblyopie, un strabisme, la presbytie ou une anatomie oculaire particulière peuvent modifier l’objectif de la chirurgie. Le bilan doit donc précéder toute discussion de technique.

Peut-on être opéré de l’hypermétropie ?

Une intervention peut être envisagée chez un adulte dont la réfraction est suffisamment stable et dont l’examen montre qu’une correction chirurgicale peut apporter un bénéfice visuel pertinent. L’objectif est généralement de réduire la dépendance aux lunettes ou aux lentilles, sans garantir qu’elles ne seront plus jamais nécessaires.

  • Réfraction et accommodation : une mesure sous cycloplégie peut être nécessaire pour révéler l’hypermétropie latente.
  • Potentiel visuel : une amblyopie limite l’acuité maximale, même si le défaut optique est corrigé.
  • Équilibre oculomoteur : un antécédent de strabisme ou de diplopie impose une évaluation spécifique.
  • Cornée et pupille : topographie, tomographie, diamètre cornéen, épaisseur, surface oculaire et diamètre pupillaire participent au choix.
  • Âge, presbytie et cristallin : la stratégie doit anticiper la vision de près et rechercher une cataracte débutante.

Le bilan préopératoire

Le bilan compare la réfraction manifeste et cycloplégique, mesure l’acuité visuelle corrigée, analyse la cornée et la pupille, évalue le film lacrymal, le cristallin, la chambre antérieure, la pression intraoculaire et le fond d’œil. Il recherche aussi les facteurs susceptibles d’augmenter le risque de régression ou de limiter la qualité visuelle.

Consulter le détail du bilan préopératoire et comprendre les mécanismes de l’hypermétropie.

Organiser un bilan de chirurgie de l’hypermétropie

Le rendez-vous sert d’abord à déterminer si une intervention est pertinente. Il ne préjuge pas d’une indication chirurgicale ni de la technique qui pourrait être discutée.

  • Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild : consultations en secteur 1.
  • Clinique Noémie de Rothschild : 79 avenue Simon Bolivar, Paris 19e — consultations en secteurs 1 et 2.
  • Rendez-vous privé, secteur 2 : secrétariat de Me Evelyne Barbosa — ebarbosa@for.paris.

Comment le LASIK corrige-t-il l’hypermétropie ?

Le laser excimer réalise une photoablation annulaire dans la région paracentrale afin d’augmenter la cambrure et la puissance optique du centre de la cornée. Contrairement au traitement myopique, la profondeur d’ablation est faible au centre et augmente vers la périphérie. Une large zone de transition est nécessaire pour raccorder progressivement la zone traitée à la cornée périphérique.

Principe de la correction de l’hypermétropie par remodelage cornéen au laser
La photoablation périphérique augmente la cambrure centrale de la cornée et déplace le foyer vers la rétine.

Le centrage du traitement, la taille de la zone optique, le diamètre total du capot et le contrôle de l’asphéricité sont particulièrement importants. Le risque de régression, de défaut résiduel, de halos ou de retouche augmente lorsque la correction est forte ou que l’anatomie laisse peu de marge.

Profil cornéen avant et après un LASIK hypermétropique
Après LASIK hypermétropique, la cornée centrale est plus cambrée et le raccord avec la périphérie doit rester progressif.

Approfondir la technique du LASIK hypermétropique et les profils d’ablation.

Forte hypermétropie : les données récentes

Une étude prospective publiée en 2024 a évalué un protocole de LASIK personnalisé chez 63 patients, soit 117 yeux, présentant une hypermétropie d’au moins +3,00 D. L’équivalent sphérique moyen était de +5,1 D et la valeur maximale de +8,1 D. Le traitement associait une zone optique d’au moins 6,5 mm, un centrage proche du vertex cornéen et une modulation de l’asphéricité.

À douze mois, 88 % des yeux atteignaient une acuité non corrigée de 10/10 ou mieux et deux yeux avaient nécessité une retouche. Ces résultats concernent une cohorte sélectionnée, une plateforme et un protocole précis ; ils ne permettent pas de fixer à eux seuls une limite opératoire universelle ni de prédire le résultat d’un patient particulier.

À retenir. Les corrections de +4 à +6 D peuvent aujourd’hui être discutées dans de meilleures conditions qu’avec les anciens profils d’ablation, à condition de réunir les paramètres anatomiques et techniques nécessaires. Au-delà, l’indication devient plus sélective et l’information sur la régression, la retouche et le port ponctuel de lunettes est essentielle.

Lire l’étude originale dans le Journal of Cataract & Refractive Surgery.

Chirurgie du cristallin et implants

Lorsque le cristallin présente une cataracte ou lorsque son remplacement apporte un bénéfice cohérent avec l’âge et les objectifs visuels, une chirurgie par implant peut être discutée. La puissance de l’implant est calculée par biométrie pour corriger l’hypermétropie et, si nécessaire, l’astigmatisme.

Le remplacement d’un cristallin encore transparent est une intervention intraoculaire irréversible qui supprime l’accommodation résiduelle. Le choix entre implant monofocal, torique, multifocal ou à profondeur de champ étendue dépend de la cornée, de la rétine, du nerf optique, des attentes et de l’acceptation d’éventuels phénomènes photiques. Il ne doit pas être déduit du seul âge ni du seul nombre de dioptries.

Correction de l’hypermétropie par remplacement du cristallin et implant intraoculaire
Un implant intraoculaire peut corriger la puissance optique après remplacement du cristallin, notamment lorsqu’une cataracte est présente.

Les implants phakes positifs, qui conservent le cristallin, sont beaucoup moins fréquemment utilisés pour l’hypermétropie : l’œil hypermétrope est souvent court et sa chambre antérieure plus étroite, ce qui peut limiter l’espace disponible.

Comprendre les implants cristalliniens et la biométrie oculaire.

Comment choisir entre laser et implant ?

Élément du bilanConséquence sur la discussion
Adulte jeune, cristallin transparent, cornée et pupille compatiblesUn LASIK peut être évalué, après mesure complète de la réfraction et du potentiel visuel
Hypermétropie forteLes dimensions cornéennes, la zone optique, le volume ablaté, le centrage et le risque de régression deviennent déterminants
Amblyopie ou strabismeL’intervention ne restaure pas un potentiel visuel absent et ne remplace pas l’évaluation oculomotrice
PresbytieL’objectif de vision de près doit être testé et expliqué avant de corriger la vision de loin
Cataracte ou modification du cristallinUne chirurgie du cristallin peut devenir plus pertinente qu’un remodelage cornéen
Surface oculaire altéréeTraitement préalable et réévaluation avant toute décision

Il peut être raisonnable de ne pas opérer ou de conserver une correction optique. Voir les principes généraux du choix de la technique.

Résultats, limites et risques à connaître

  • Une sous-correction, une surcorrection ou une régression partielle peuvent nécessiter des lunettes, des lentilles ou parfois une retouche.
  • La sécheresse oculaire, les halos, l’éblouissement, une baisse de contraste ou des aberrations optiques peuvent survenir.
  • Le LASIK comporte les risques propres au capot cornéen ainsi que des risques infectieux, inflammatoires et cicatriciels rares mais possibles.
  • La chirurgie ne supprime ni une amblyopie ni tous les risques associés à un strabisme.
  • La presbytie et le cristallin continuent d’évoluer avec l’âge, même après une correction satisfaisante de l’hypermétropie.
  • Une chirurgie intraoculaire expose à des risques différents, notamment infectieux, inflammatoires, pressionnels, rétiniens et liés au calcul de l’implant.

Approfondissements transversaux. Compléter ce dossier par l’histoire des techniques réfractives, les données de satisfaction et de qualité de vie, les attentes et idées reçues et, lorsqu’un traitement cornéen est discuté, la prévention de l’ectasie.

Questions fréquentes

Peut-on opérer une hypermétropie de +6 ou +8 dioptries ?

Cela peut être techniquement possible dans certains cas sélectionnés, mais le nombre de dioptries ne suffit pas. Les dimensions de la cornée, la pupille, la zone de transition, l’accommodation, la qualité visuelle attendue et l’acceptation d’une éventuelle régression doivent être analysées.

La chirurgie corrige-t-elle aussi la presbytie ?

La presbytie doit être intégrée au projet, mais elle ne disparaît pas automatiquement avec la correction de l’hypermétropie. Une monovision, un profil cornéen spécifique ou une stratégie par implant peuvent être discutés après simulation et bilan.

L’hypermétropie peut-elle revenir après un LASIK ?

Une régression est possible, surtout pour les corrections fortes. Elle dépend de la cicatrisation épithéliale, du profil d’ablation et de l’évolution du cristallin. Une retouche n’est envisagée qu’après stabilisation et réévaluation de la sécurité.

L’opération supprime-t-elle définitivement les lunettes ?

Non, ce résultat ne peut pas être garanti. Des lunettes peuvent rester utiles pour certaines distances, la conduite nocturne, la lecture ou après une évolution réfractive liée à l’âge.

La chirurgie de l’hypermétropie est-elle remboursée ?

La chirurgie réfractive destinée à corriger l’hypermétropie n’est habituellement pas prise en charge par l’Assurance Maladie. Certaines complémentaires santé prévoient un forfait. Un devis personnalisé est remis après le bilan.

107 réponses à « Chirurgie de l’hypermétropie »

  1. Nifrael

    Bonjour Dr Gatinel,

    Je me permets de vous écrire, car je vois que vous répondez aux commentaires.
    J’ai été pris en charge pour une hypermétropie de 5D à l’oeil droit et 5,5D pour l’oeil gauche, avec astigmatisme sur l’oeil gauche.
    Intervention faite au LASIK il y a maintenant tout juste deux mois.
    J’ai compris le principe de bombement de la cornée qui induit une myopie. J’ai donc bien remarqué que ma vue de loin s’est dégradée après l’intervention. Je vois parfaitement de près. Aujourd’hui, la vue de loin s’est nettement améliorée, même si mon œil gauche n’a apparemment réagi comme attendu d’après mon chirurgien, car il voit mieux de près que prévu, mais au détriment de la vue de loin. L’oeil droit, néanmoins, compense.
    Par contre, un mois après l’intervention (il y a un mois donc), j’ai noté l’apparition de halos lumineux, de type éclatement d’étoile, autour de toutes sources lumineuses dans un environnement sombre ou à la tombée du jour. J’ai tiré un trait sur la conduite de nuit pour l’instant, car après une vingtaine de minutes de conduite, je fatigue et les aberrations sont de plus en plus forte avec éblouissements, et les panneaux éclairés par mes phares présentent des formes fantômes : comme si le panneau s’étendait de la route jusqu’à plusieurs centimètres au-dessus.
    J’ai eu ma dernière visite de contrôle la semaine dernière. J’en ai parlé à mon chirurgien. Il ne comprend pas et me dit que je risque certainement de garder ça à vie, mais que je m’habituerai. Je trouve l’explication un peu légère, j’ai bien compris qu’il s’agit sûrement d’un facteur d’ouverture de la pupille qui couvre la zone de transition entre la zone traitée et non traitée, mais ce qui m’inquiète c’est que je sais que je ne m’habituerai pas à ça. Car ces « halos » sont relativement importants.
    Lorsque je teste un œil indépendamment de l’autre, les halos sont identiques, par contre, je sens bien que mon œil gauche (qui était en plus astigmate) a du mal a voir net même à 3/4 mètres devant moi. Peut-être met-il plus de temps à cicatriser ?
    Je suis preneur de toute information si possible et je vous remercie d’avance si vous répondez. Ma prochaine visite de contrôle dépend de moi, il m’a dit de revenir dans environ un an. Je n’ai pas de rdv fixé.
    Il ne m’en a pas dit plus. J’ai trouvé ça un peu léger…
    Je vous souhaite un bon après-midi.
    Cordialement.

  2. Dr Damien Gatinel

    Il est difficile de vous donner une réponse précise en l’absence de données quantifiées. Si une hypermétropie résiduelle est la cause de votre gêne visuelle, une intervention de chirurgie réfractive cornéenne pourrait être effectuée (LASIK ou PKR), ceci parait préférable à un remplacement de l’implant.

  3. John Chappuis

    Bonjour Monsieur,
    Après opération de la cataracte des deux yeux, deux mois après j’ai un flou de l’oeil gauche.
    Considéré comme cataracte secondaire j’ai eu du laser pour ouvrir la capsule. Sans effet ce qui a donné par la suite une deuxième séance de laser qui a fait effet 6 jours et après à nouveau le flou est revenu. Avant cette deuxième séance de laser on a diagnostiqué une hypermétropie de l’oeil gauche, ce qui n’a jamais été le cas avant.
    Pouvez vous me donner svpl votre opinion et que puis je attendre. Enlever la lentille pour une autre ou dois je me résoudre à porter des lunettes et pourquoi ça a fonctionné deux mois ?
    Merci infiniment pour votre réponse et cordiales salutations.

  4. Dr Damien Gatinel

    Le plus simple est de réaliser une chirurgie cornéenne (idéalement un resoulèvement du capot du LASIK), pour corriger ce défaut de vue (hypermétropie) qui est plus fréquent pour les patients opérés de cataracte avec un antécédent de chirurgie réfractive de type LASIK. Il est possible de resoulever le volet initialement créé, si la chirurgie initiale s’était bien déroulée. L’un des avantages de la technique LASIK est de permettre des retouches même tardives, dans de bonne conditions.

  5. Bonjour Docteur ,
    J’ai 66 ans et ai été opéré de la myopie en 1999 (-7,25 et -6,25) par Lasik
    j’ai été opéré de la cataracte en 2021 (OK – Bonne vision de loin de l’oeil gauche)
    A la suite de la seconde intervention cataracte en 2023 sur l’OD, j’ai une hypermétropie de +1 avec un astigmatisme de +0,75
    Auriez vous une solution pour éliminer cette hypermétropie ?
    Bien à vous

  6. Arthur Heuz

    Bonjour,

    Étant atteint d’une forte hypermétropie (+ 7,25 OD et + 6,50 OG), j’ai décidé de me faire opéré le 17 novembre dernier. Depuis l’opération, j’avais quelques problèmes notamment la nuit par rapport aux éclairages et aux panneaux routiers, mais je n’étais néanmoins pas inquiet, mon ophtalmologue m’ayant prévenu d’une période d’adaptation. Cependant, depuis le mois de mai, ma vision me gêne énormément même de jour.

    – Dédoublement

    – taches de lumière autour des fenêtres, écrans ou autres sources de lumière

    Aujourd’hui, je ne veux plus conduire de nuit et ne peux plus aller au cinéma. Chaque moment de mes journées m’empêche d’oublier mon problème.

    Mes yeux sont rouges (vaisseaux sanguins très visible) même le matin après une nuit de sommeil convenable, comme si je n’avais pas dormi.

    J’ai l’impression que mon problème est lié à la forte dilatation de mes pupilles, en effet, elles sont toujours très ouvertes. J’ai remarqué que quand je regardais un point lumineux créant un halo autour, faire rétrécir mes pupilles, rétrécirait aussi grandement ce dernier.

    Je suis très inquiet.

    Merci d’avance pour votre aide.

  7. Dr Damien Gatinel

    A priori oui, d’autant plus que pour la correction de l’hypermétropie, la photoablation s’effectue à distance du centre de la cornée, (là ou la cornée est plus épaisse).

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Prendre rendez-vous