La rétine est le tissu photosensible où se « forme » l’image « rétinienne ». La macula est dévolue à la vision centrale, et la fovéa, située au sein de celle-ci, est le siège de la vision fine (environ 1 degré). Il existe une correspondance entre les zones rétiniennes périphériques et la vision périphérique (il suffit d’ailleurs d’appuyer délicatement sur le bord de l’oeil pour faire naître une sensation lumineuse, perçue à l’opposé de la zone de pression). L’image rétinienne est inversée; en nasal se projettent les rayons lumineux émis par les sources temporales, etc. L’image est ensuite « redressée » de manière cognitive, au niveau des aires visuelles cérébrales spécialisées.
C’est l’astronome Képler qui fut le premier à montrer que la rétine est le « siège » de la vision, du moins au plan réceptif (en utilisant un dispositif expérimental avec dissection du pôle d’yeux de bovins). Auparavant, le siège de la vision n’était généralement pas attribué à la rétine, mais au cristallin. Par ailleurs, vous avez raison de signaler que l’image rétinienne diffère de l’image perçue « cérébralement ». Il semble par exemple que cette image soit « débarrassée » de certaines aberration optiques (réduction de l’aberration sphérique – phénomène de Stiles Crawford), correction de l’aberration chromatique,… Il suffit au demeurant d’observer certaines planches dites « d’illusion d’optique » pour percevoir que la rétine et le cerveau modulent l’image « optique » focalisée par les structures réfractives de l’oeil (cornée et cristallin). De plus, la surface rétinienne est courbe, ce qui permet la correction au moins partielle des anomalies de courbure de champ.
La qualité de l’image rétinienne périphérique est beaucoup moins étudiée que celle permettant la vision centrale. La qualité optique de l’oeil décroit pour les sources situées à distance de la vision centrale. Ceci est, d’un point de vue sensoriel, sans grande conséquence, car les bâtonnets (qui sont plus nombreux que les cônes en périphérie rétinienne) sont des cellules peu « discriminantes » sur le plan de la résolution de l’image (elles sont en revanche très « sensibles » à la lumière). Pourtant, certaines applications cliniques pourraient en bénéficier, comme l’examen du champ visuel, dont un présupposé est que la dégradation optique périphérique est « moyenne » au sein de la population centrale. Nul doute que si l’on pouvait corriger optiquement l’image rétinienne formée de sources périphériques telles que celles que l’on utilise lors de l’examen, on pourrait avoir une meilleure standardisation des résultats de l’examen et gagner en sensibilité et spécificité.
Dans certaines pathologies comme le glaucome, on observe parfois des faisceaux de fibres rétiniennes « atrophiés » par la maladie: il est intéressant de relier la topographie de ces altérations aux déficits du champ visuel, de manière à se faire une indée de la « somatotopie » rétinienne.