En théorie, un implant monofocal calculé pour permettre une vision nette de loin (emmétropisation) ne doit pas permettre de lire de près (30/40 cm). Pour pouvoir lire, un oeil opéré avec un implant permettant de voir net de loin requiert une addition par verre de lunette de +3 Dioptries environ. En ce qui concerne la vision intermédiaire, il est plus difficile de faire une prédiction. A priori, celle-ci n’est pas non plus possible sans une addition, de moindre magnitude (ex: +1,50 D). Certains yeux même emmétropisés peuvent toutefois être plus performants en vision intermédiaire, s’ils bénéficient d’une bonne « profondeur de champ ». Celle-ci dépend de nombreux facteurs comme la présence d’un léger astigmatisme, d’un faible diamètre pupillaire, etc. Par ailleurs, l’existence d’une faible myopie résiduelle (ex: -0,50D), si elle n’est pas forcément très pénalisante de loin, peut également aider à la vision intermédiaire. Enfin, tout dépend de ce que l’on souhaite lire en vision intermédiaire (taille des polices, finesse des détails, etc.).
Dans tous les cas, il parait difficile de promettre à un patient d’être à la fois à l’aise de loin et en vision intermédiaire avec un implant monofocal. Pour optimiser la vision intermédiaire (sans correction), il faut viser une myopie résiduelle proche de -1D ou -1,25D (parfois -0,75D suffisent), ou recourir à des implants multifocaux (trifocaux pour la vision intermédiaire en plus des visions de loin et de près).
Concernant l’intérêt d’une correction laser sur la cornée, elle n’a d’intérêt que s’il persiste un défaut optique pour la vision de loin. Si elle était utilisée pour mieux voir en vision intermédiaire, la légère myopisation induite pénaliserait forcément la vision de loin.
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