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Images fantômes vision double

La perception visuelle d’images « fantômes » est une source d’inquiétude et d’inconfort visuel chez les patients qui découvrent parfois de manière inopinée ces symptômes par l’apparition d’un dédoublement d’une ligne de sous titres de cinéma, d’un deuxième croissant de lune décalé dans le ciel nocturne, etc.  Ces symptômes, quand ils sont monoculaires (ils persistent quand on ferme l’autre œil : on parle de diplopie monoculaire) sont quasiment toujours d’origine optique.  Les images fantômes sont ainsi une indication à la réalisation d’un examen aberrométrique, et idéalement topo-aberrométrique (étude aberrométrique de l’œil entier couplée à une étude de la cornée seule par topographie cornéenne). Dans la plupart des cas, une origine cornéenne est en cause; on constate une déformation asymétrique dont la cause est le plus souvent la réalisation de frottements oculaires excessifs.

Symptômes de vision dédoublée, images fantômes.

On peut  qualifier d’image fantômes toute image « parasite » dont le motif perçu par le patient présente une certaine fidélité avec  l’image principale. Le patient réalise qu’il voit double avec un œil: cette perception est maximale dans certaines circonstances, comme le visionnage de films sous titrés: pour se détacher des images du film, les sous titres sont particulièrement lumineux, et leur dédoublement bien visible. L’ambiance sombre des salles de projection provoque une dilatation de la pupille irienne (mydriase) qui concourt également à accroître l’effet d’aberrations à l’origine des parasites visuels.

vision double d'un oeil: sous titres doublés
Exemple de perception d’une ligne de sous titres perçues comme dédoublés vers le bas: on parle alors de « diplopie monoculaire verticale ».

Même s’ils sont parfois associés aux images fantômes, les halos lumineux correspondent à un étalement circulaire concentrique de la lumière autour de la source ; ils ont souvent une origine optique, mais ne correspondent pas exactement à la symptomatologie de l’image fantôme. Les « starbusts »,  anglicisme consacré pour l’aspect particulièrement étoilé ou « spiculé » d’un point source lumineux sont également distincts des images dédoublées , même s’ils sont également liés à une réduction de la qualité optique de l’œil. La célèbre toile de Van Gogh intitulée « Nuit étoilée »’ fournit une représentation artistique de la perception subjective de ces « halos » lumineux. Comme souligné précédemment, les symptômes visuels caractéristiques des images fantômes sont « monoculaires » : quand on ferme un œil, puis l’autre, cette vision dédoublée ou décalée persiste pour au moins l’un des yeux (une vision double peut être observée sur les deux yeux séparément). En revanche, si  l’occlusion d’un œil supprime la vision double, l’origine n’est pas optique mais orthoptique (parallélisme oculaire « défaillant »). Les images fantômes sont essentiellement perçues quand la luminosité ambiante se réduit, et quand l’œil fixe des sources lumineuses particulièrement vives, qui se détachent aisément sur un fond sombre (ex: sous titres, affichages urbains lumineux, néons, LEDs etc.). Autrement dit, plus l’objet observé est contrasté, et plus la sensation d’image(s) fantômes(s) est marquée. La vision double étant liée à l’existence d’un foyer lumineux « parasite »,  ou d’un étalement lumineux directionnel (contrairement au halos où l’étalement lumineux est concentrique).  Il est logique que plus une source lumineuse  soit vive, plus le foyer secondaire reçoit de l’énergie et stimule efficacement les photorécepteurs rétiniens concernés.

image fantome diplopie monculaire vision dédoublée
Représentation schématique de l’étalement lumineux pour un oeil atteint de diplopie monoculaire horizontale. Au lieu de stimuler « un » photorécepteur, la dégradation du stigmatisme provoque une dispersion horizontale de l’énergie lumineuse.

L’observation d’une ligne de sous titres, d’une lampe de feu de signalisation, de lumières de lampadaire au loin, ou du croissant de lune par l’œil concerné permet généralement au patient de caractériser l’intensité et la localisation de la ou les image(s) fantôme(s) (au dessus, en dessous, etc. de l’image principale). La distance et la taille des sources lumineuses (leur diamètre apparent) influent également sur les images fantômes: les images fantômes sont souvent plus prononcées quand la source est éloignée, et occupe un angle visuel restreint.  

Mécanisme optique à l’origine des images fantômes

La cornée et le cristallin permettent de focaliser la lumière émise ou réfléchie par les objets environnants et captée par l’œil. La vision centrale est fovéale :  la lumière captée par la ou les cibles fixées doit être focalisée sur la mosaïque des photorécepteurs rétiniens de la fovéa. Si l’image d’un objet est double, c’est qu’il se produit une répartition particulière de l’énergie lumineuse incidente focalisée sur l’écran rétinien (fovéa). On peut décomposer une scène fixée en un ensemble de points sources élémentaires : ces points sources doivent être imagés de manière aussi « ponctuelle » que possible sur la rétine pour y « recomposer » une image fidèle de la source : cette propriété est dénommée : « stigmatisme ».  Ainsi, un bon stigmatisme (propriété qui permet à un point source d’être imagé de manière quasi ponctuelle dans le plan de recueil de l’image – ici la rétine) est une condition importante pour l’obtention d’une bonne performance en optique visuelle. Dans certaines circonstances,  l’image d’un point source peut donner lieu à une image ponctuelle principale et une image ponctuelle « satellite ». Une partie de l’énergie lumineuse émise par la source et captée par l’oeil est focalisée en un foyer principal, et un foyer secondaire (où il existe une « concentration » suffisante d’énergie lumineuse émise par la source pour donner lieu à un « foyer perçu », par une stimulation efficace des photorécepteurs. Par assimilation à un ensemble de point sources, l’information lumineuse transportée depuis la source observée sera donc scindée en deux foyers. La direction du foyer secondaire donne la direction selon laquelle l’image décalée est perçue. Du fait de l’inversion rétinienne, un décalage anatomiquement noté « vers la droite » du foyer secondaire par un observateur qui survolerait la rétine du patient à l’intérieur de l’œil serait de fait perçu comme un dédoublement « vers la gauche » par le patient. Dans le cas d’images fantômes multiples (polyplopie), il existe non pas un mais plusieurs foyers lumineux secondaires, où l’énergie lumineuse incidente est suffisamment concentrée pour qu’une image « fantôme » apparaissent par juxtaposition de ces foyers.

Exploration aberrométrique

L’exploration aberrométrique permet de confirmer l’origine optique des symptômes et, confrontée à l’examen ophtalmologique, en préciser la cause. NB: Ce simulateur permet d’étudier l’impact des aberrations optiques sur la vision: en cas de vision dédoublée, les aberrations dites « impaires » (exemple coma verticale z(3,-1), trefoil, etc. ) sont impliquées.

Confirmation de l’origine optique : calcul de la PSF et convolution

Calcul de la PSF

Pour étudier le stigmatisme de l’œil, l’aberromètre mesure le front d’onde oculaire puis effectue un calcul de la PSF (Point Spread Function) ou FEP (Fonction d’Etalement du Point). Ce calcul peut être accompli pour l’ensemble des défauts optiques de l’œil (aberrations de bas et haut degré) ou simplement les aberrations de haut degré ; dans ce cas, on simule l’image rétinienne d’un point source vu par un œil corrigé pour le défocus (myopie ou hypermétropie) et l’astigmatisme. L’aspect de la PSF est un élément d’importance ; un aspect dédoublé, où la lumière se concentre en au moins une zone secondaire située près d’un foyer principal permet d’étayer l’origine optique d’une sensation de vision dédoublée ou multiple.  

Convolution

A partir de la PSF, on peut générer une image dite « convoluée » d’une planche de lecture pour mesure de l’acuité visuelle.  L’image ainsi constituée peut être comparée avec la sensation décrite par le patient ; comme pour la PSF, une homologie en termes de direction ou de répartition spatiale des images fantômes (haut, bas, gauche, droite, etc.) permet d’accréditer l’hypothèse optique des perturbations visuelles. Il est souvent instructif de faire dessiner au patient l’image qu’il perçoit d’une source lumineuse ponctuelle éloignée,  ou d’une lettre (optotype) et de la comparer à la PSF calculée par l’aberromètre ou l’image convoluée de l’optotype pour les mêmes conditions de correction ( pour les aberrations de bas et haut degré pour un œil non corrigé, pour les seules aberrations de haut degré si le patient est corrigé en lunettes).

diplopie horizontale, convolution vs dessin vision double
Exemple d’image convoluée (après recueil du front d’onde oculaire et calcul des aberrations optiques de haut degré – OPD SCAN III Nidek) et de dessin à main levée. Le patient avait reçu un implant multifocal réfractif ( M plus Oculentis) et se plaignait depuis d’une vision dédoublée horizontalement (images fantômes).

Même si le parallélisme n’est parfait, la présence de similitudes qualitatives permet en général de corroborer les symptômes du patient à l’aspect que revêt la PSF théorique, ou l’image convoluée. Les différences entre la PSF ou image) calculée et la PSF (ou image) dessinée (perception visuelle « subjective ») tiennent à de nombreux facteurs comme le fait que la PSF est un calcul d’optique physique, qui ignore les mécanismes de transduction, codage et transmission de l’information captée au niveau rétinien vers les aires cérébrales visuelles, et que ce calcul est accompli pour une correction soit totale ou soit nulle des aberrations de bas degré (alors que la correction en lunettes peut être imparfaite). Enfin, l’effet d’opacités diffusantes (fréquentes en cas de cataracte, ou d’inflammation cornéenne post laser) n’est généralement pas bien rendu au niveau du calcul de la PSF. De même, la présence de plis ou micro plis au niveau d’un capot de LASIK est une source potentielle de dédoublement d’image, mais le très haut degré des aberrations optiques générées excède parfois la plage dynamique de l’aberromètre. Le recours à l’aberrométrie double passage (OQAS) est une option intéressante quand on suspecte la présence d’une diffusion optique et/ou la présence d’aberrations de très haut degré.  

Causes et origine des images fantômes.

La cornée et le cristallin sont les principales tuniques optiques de l’œil humain. C’est à leur niveau que peuvent siéger les phénomènes optiques responsable de l’apparition d’images fantômes.

Images fantômes d’origine cornéenne

La topographie cornéenne couplée à l’examen aberrométrique est l’examen de choix quand on explore les pathologies listées ci après. En particulier, il faut privilégier les instruments topographiques dont le logiciel d’analyse permet le calcul spécifique des aberrations cornéennes, ainsi que le calcul de la PSF cornéenne. La présence d’une asymétrie cornéenne prononcée est une cause fréquente d’image fantômes, et qui résiste à la correction en verres de lunettes. Le kératocône, qui est associe déformation et amincissement progressifs de la cornée, est une étiologie (cause) fréquente de vision dédoublée. Le kératocône est une affection cornéenne provoquée par la réalisation de frottements oculaires répétés et intenses (allergie, sécheresse et irritation oculaire, fatigue, etc.). Ces frottements provoquent l’apparition d’une déformation progressive permanente de la cornée; cette déformation est irrégulière et induit une perte de la qualité optique de l’oeil, caractérisée par l’élévation de certaines aberrations optiques comme le coma, le trefoil, etc. La diplopie apparaît ou se majore quand la pupille se dilate. Ainsi, l’exploration d’une sensation d’image fantôme permet souvent de découvrir un kératocône débutant infra clinique. Celle-ci est liée à l’asymétrie et/ou  l’irrégularité cornéenne. Classiquement, l’élévation du taux des aberrations optiques de haut degré de type coma est responsable d’un « étalement » directionnel de la PSF, bien corrélé à la sensation de l’image fantôme.

images fantomes & keratocone aberrométrie
Examen topo aberrométrique chez un patient atteint de kératocone présentant une sensation de diplopie verticale. La PSF est calculée à partir des aberrations de haut degré du front d’onde oculaire total (elle est représentée telle que « perçue » par l’oeil). Carte Optical Quality Display ((c) D Gatinel – Nidek

Tout traumatisme cornéen (cicatrice) induisant une déformation marquée et asymétrique de la cornée au niveau de l’aire pupillaire est également potentiellement inductrice d’une sensation d’image fantôme. L’astigmatisme irrégulier après greffe de cornée (kératoplastie) est potentiellement inducteur d’une sensation de dédoublement simple ou multiple de l’image, malgré la correction d’un astigmatisme régulier souvent marqué. Les déformation du greffon et les tractions imposées par les points de sutures sont responsables d’asymétries prononcées. La kératotomie radiaire, technique aujourd’hui obsolète (supplantée par les techniques laser depuis la fin des années 90) reposait sur la réalisation d’incisions cornéennes profondes en « étoile » autour de la pupille. Les nécessaires imperfections liées à ce geste manuel étaient source d’une importante irrégularité de la surface de la cornée Enfin, les plis de capot en LASIK peuvent être à l’origine de l’apparition d’un dédoublement gênant de l’image. S’il existe en général une bonne corrélation spatiale entre la direction du dédoublement et l’orientation du pli, les mécanismes propres à l’acquisition des données permettant le calcul du front d’onde oculaire par l’aberromètre ne permettent pas toujours de caractériser l’effet optique de ces plis.  

Origine interne (cristallin, implant)

La survenue d’une opacification partielle ou diffuse du cristallin peut être responsable d’une diplopie monoculaire, voire même d’une polyplopie. L’existence de fluctuations locales de l’indice de réfraction du cristallin opacifié peut créer des variations importantes de la puissance réfractive du cristallin; certaines cataractes nucléaires évoluées provoquent parfois la perception d’une « triplopie » ( vision triple). Un implant subluxé et/ou basculé (tilté) est également pourvoyeur d’une diffusion lumineuse latérale (dans le sens de la bascule ou du déplacement de l’implant, à l’inversion rétinienne près du point de vue de la perception subjective).  Le calcul des aberrations optiques internes (extra cornéennes) permet d’accréditer l’origine interne de ces troubles visuels. La disparition des symptômes après chirurgie du cristallin et/ou refixation de l’implant cristallinien permet enfin de confirmer a posteriori l’origine interne de ces symptômes. Les implants multifocaux, en particuliers réfractifs avec répartition asymétrique de la puissance additionnelle de près, peuvent être à l’origine de perception d’images fantômes, quand ils sont insérés dans des yeux dont la qualité optique du dioptre cornéen est altérée. Les implants multifocaux réfractifs induisent la multifocalité grâce à un « cocktail » d’aberrations optiques de haut degré (la profondeur de champ procurée par l’implant est augmentée grâce à la réduction du stigmatisme procurée par ces aberrations). Si la cornée génère un taux additionnel d’aberrations (altérations de la surface cornéenne, kératocône infra clinique méconnu, irrégularité de la courbure cornéenne, cicatrice, astigmatisme non corrigé, etc.), l’addition d’un implant réfractif expose à une réduction importante de la qualité de l’image rétinienne.

L’aberrométrie permet d’objectiver la manière dont un implant réfractif multifocal induit la multifocalité nécessaire à l’induction d’une vision de près non corrigée. Dans le cas de cet implant (Oculentis M plus), deux zones sectorielles inférieures permettent un ajout local de puissance réfractive, pour la vision de près. Ces résultats topo aberrométriques (OPD SCAN III, Nidek) ont été acquis après implantation multifocale chez une patiente opérée de cataracte, se plaignant d’une mauvaise récupération visuelle, avec perception d’images fantômes (dédoublement horizontal). Les variation diopriques de la carte réfractive (carte OPD , pout l’œil entier) sont dictées par les aberrations internes, mais il existe une zone sectorielle supplémentaire d’addition (flèche jaune), possiblement liée à l’existence d’un astigmatisme cornéen direct (flèche rouge). La patiente se plagiant d’un dédoublement horizontal vers sa droite (l’image dessinée par la patiente ainsi que le rendu correspondant à la convolution par la PSF et calculé par l’aberromètre sont représentés plus haut)

La présence de plis prononcés de la capsule du cristallin peut induire un effet de dédoublement ou des trainées lumineuses autour des sources de lumière vive. L’orientation des trainées perçues est similaire à celle des plis, à l’inversion rétinienne près.

plis de capsule lampe à fente
La chirurgie de la cataracte consiste à remplacer le cristallin opacifié par un implant. On conserve toutefois l’enveloppe du cristallin, appelée capsule. L’examen à la lampe à fente (biomicroscope) permet de bien objectiver la présence de plis marqués de la capsule postérieure. Ces plis peuvent être observés en cas de laxité de la zonale du cristallin, ou au cours de l’évolution de la cataracte secondaire.

Un test simple consiste à montrer au patient un motif visuel élémentaire comme un disque source, puis lui demander de dessiner l’orientation et l’aspect des trainées visuelles. Voici ce qu’observe le patient précédent avec son oeil opéré de cataracte mais avec des plis de la capsule postérieure:

L'encadré correspond au dessin à main levée effectué par le patient au cours de l'observation d'un disque lumineux avec l'oeil opéré de cataracte. La nuit, ce patient perçoit des zébrures lumineuses, des traits autours des phares de voiture, réverbères, etc.
L’encadré correspond au dessin à main levée effectué par le patient au cours de l’observation d’un disque lumineux avec l’oeil opéré de cataracte. La nuit, ce patient perçoit des zébrures lumineuses, des traits autours des phares de voiture, réverbères, etc.

Un cas particulier : le rainbow glare

  Le « rainbow glare  » (rainbow = arc en ciel) est une sensation de dédoublement des images lumineuses, avec une gradation en « arc en ciel ». Cette complication survient au décours immédiat du LASIK (avec laser femtoseconde). Une page lui est spécifiquement consacrée.  

240 réponses à « Images fantômes vision double »

  1. Lorraine

    Bonjour, j’ai exactement ces symptômes : une vision légèrement double, surtout des choses claires dans un environnement sombre. Je suis rassurée de voir que je ne suis pas la seule. Vu mon âge (19), si j’ai bien compris c’est donc lié à un léger astigmatisme. Celui ci risque-t-il de s’aggraver avec le temps ?
    De plus, j’ai l’impression que ce symptôme est bien plus présent depuis que j’ai commencé mes études et que je passe toutes mes journées devant l’ordinateur et mes feuilles de cours. Cette vision double peut-elle être augmentée par la fatigue visuelle ?
    Merci d’avance

  2. Dr Damien Gatinel

    Les anomalies conduisant à la perception de vision dédoublée peuvent apparaître avant que les symptômes visuels ne soient perçus par le patient. Les causes sont multiples, comme expliqué. La catraracte débutante peut entraîner une diplopie monovulaire. Dans mon expérience, chez les patients dont l’âge est compris entre 15 et 40 ans, ces symptômes sont plutôt provoqués par une déformation cornéenne modérée, elle-même induite par des frottements oculaires un peu trop prononcés (allergies, démaquillage vigoureux, patients qui dorment sur le ventre, etc.)

  3. Renaux

    Bonjour Monsieur

    Je me reconnais dans ces symptômes, dédoublements images fantômes, halos autour des lumières Etc, toutefois pourriez vous m’expliquer quelque chose : comment et est il possible que ces phénomènes soient apparus sans aucune intervention chirurgicale, sans traumatisme excepté pour le œil droit il y a deux ans, , car le gauche est touché aussi par ces symptômes, et par dessus tout, le tout apparu sur les deux yeux en moins de 4 moi avec des dédoublement supplémentaires en l’espace d’un mois encore, exerce ligne de sous titres qui se dédouble encore plus si j’ouvre encore plus grand les yeux…..
    Comment cela peut-il apparaître en un mois environ .je vous remercie

  4. Dr Damien Gatinel

    Si une image fantôme disparait quand on ferme un oeil, c’est qu’il s’agit d’un problème d’alignement oculaire (ex: strabisme). La diplopie est binoculaire, sa cause peut être également liée à une différenc de taille des images sur la rétine mais cela est peu probable en correction en lentilles.

  5. Nordine

    Après un accident, j’ai été opéré pour suturer une plaie sclérale suivi par une vitrectomie au niveau de mon oeil droit. Mon ophtalmologue m’a déconseillé le placement d’un implant pour remplacer mon cristallin disparu après l’accident , à sa place je met actuellement une lentille de correction souple. Le problème c’est que je vois des images dédoublé quand j’ouvre les deux yeux ensemble. Le dédoublement disparaît quand j’ouvre chaque oeil à part. A cet effet, je m’adresse à vous pour m’orienter. que dois-je faire pour corriger ça. Merci docteur

  6. Claude Viou

    Merci Docteur pour cet avis.

  7. Dr Damien Gatinel

    La perception d’un dédoublement peut effectivement s’observer en cas de cataracte, mais ce n’est pas la seule cause de ce genre d’anomalie visuelle. Le plus souvent, il s’agit d’un astigmatisme cornéen légèrement irrégulier. Votre observation (disparition du dédoublement en regardant au travers d’une mince ouverture) oriente vers la présence d’un astigmatisme irrégulier: il est classique d’observer une amélioration de la qualité visuelle quand on regarde au travers d’une petite pupille en cas de défaut de réfraction optique (les ophtalmologistes utilsent un « trou sténopéique » pour tester la vision de certains patients). En cas de cataracte, la vision peut être également légèrement améliorée par un trou sténopétique, mais ce n’est pas systématique. Heureusement, il existe aujourd’hui des tests objectifs (HD analyser, ou analyse automatisée d’une image OCT du cristallin en coupe, que nous avons développée), qui permettent de trancher entre « cataracte » et « opacification non visuellement parlante » du crsitallin. Vous devriez prendre un autre avis pour trancher.

  8. Claude Viou

    Bonjour Docteur,

    Comme d’autres ici ma vision est trouble, provoquée par la perception d’images décalées.
    A ma dernière visite à l’ophtalmologiste celui ci m’annonçait avec délectation : « c’est la cataracte, elle est mûre, il faut opérer ». Il était très mécontent que je refuse de prendre immédiatement rendez-vous.
    Ce qui m’interpelle c’est que la netteté de ma vision s’améliore grandement si je regarde au travers d’une fente (type lunette de neige inuit) ou d’une grille, par exemple constituée de trous de 2mm espacés de 1mm.
    Alors est ce que le remplacement du cristallin va régler le problème ou l’origine du défaut est-elle à chercher ailleurs ?

  9. Dr Damien Gatinel

    Entre une légère déformation de la cornée et le kératocône avéré il existe tous les stades, et il est probable que votre vision dédoublée s’explique par ce que l’on appelle un astigmatisme irrégulier (on peut le caractériser plus précisément avec un examen aberrométrique).Les gens qui ont des cornées un peu irrégulières ont tendance à se frotter les yeux plus souvent (allergie), ou dormir sur le ventre ou le côté (compression oculaire prolongée nocturne, frottements au réveil, etc.).

  10. Jeremy

    Bonjour,j’ai 21 ans et j’ai remarqué que depuis lorsque je regarde les sous titre au cinéma,ils apparaissent très legerement dédoublé, j’ai remarqué que le problème s’accentue fortement lorsque mes paupières sont basses
    Le phénomène se produit dans les deux yeux , l’effet de dédoublement est très leger
    Je refuse catégoriquement de croire qu’il s’agit d’un keratokone, je n’admettrai jamais ça , c’est une maladie extrêmement rare,je ne veux pas être atteint d’une maladie rare

    Pensez vous qu’il s’agit autre chose que d’un keratokone ? un simple astigmatisme ?

  11. Marguerite

    Bravo Docteur pour avoir mis un nom je crois sur quelque chose que j’ai décrit à mes parents dès mon enfance : les lumières ( lampes, phares, étoiles) font des étoiles avec de longs rayons. la lune triple etc. les lettres qui se marchent dessus ( et je ne vous raconte pas quand les panneaux lumineux sont faites de ponts qui bougent ). Cela a été confondu avec ma myopie, ( lunette de vue de loin à 10 ans : ça c’est vrai j’en ai besoin) ) puis avec un glaucome ( je prends désormais de l’Azopt) , une supposée cataracte ( je pense que j’ai été opérée à tort).
    Aujourd’hui, j’ai en plus un scotome en deux morceaux à l’oeil gauche et vraiment la vision , ce n’est pas génial…
    Mais merci d’avoir réussi à formuler et expliquer ce que nous voyons.
    Je vais retourner voir mon ophtalmo avec votre article !

  12. Benji

    Bonjour,

    En ce moment j’ai les yeux particulièrement fatigués. A peine quelques heures sur ordinateur en plein jour et j’ai besoin de me reposer. Les semaines de travail sont très pénibles et j’ai besoin de m’isoler dans le noir pour avoir moins mal. Hier j’ai eu un mal de tête assez fort et localisé sur la droite avec une sensation de pression et oreille droite qui se bouche. J’ai tout de suite pensé à une migraine.
    J’ai consulté un ophtalmo vendredi (beaucoup de chance d’avoir eu un rendez-vous assez vite).
    Pour elle, la correction de -0.5 sur l’oeil droit était trop forte et elle m’a réduit à -0.25 et a ajouté +0.25 pour me faire du bien car avec le travail je tire sur la vue de prés.
    Elle ne pense pas que j’ai besoin d’examen aberrométrie. Pour elle c’est une fatigue visuelle provoqué par la correction trop forte et le stresse. Elle m’a prescrit un bilan orthoptique.
    Par ailleurs, elle m’a fait un fond d’œil et des photo de la rétine. Il semble que j’ai une légère hémorragie sur l’œil gauche qui nécessiterai d’utiliser un laser pour cicatriser autour de l’hémorragie. Elle m’a confié à un de ces confrères proches de chez moi pour un deuxième avis et pour faire le laser si besoin et m’a assuré que ce n’était pas grave.

    J’ai quelques doutes tout de même. Pensez-vous qu’effectivement qu’une correction trop forte (c’est seulement 0.5 tout de même) et le stresse puisse provoquer une fatigue visuelle et est-ce que cette fatigue puisse provoquer mes symptômes ? (une sensibilité à la lumière, sensibilité au contraste, vision double ou flou). Dois-je soumettre l’examen aberométrie à son confrère ?
    Et concernant l’hémorragie, s’agit-il effectivement de rien de grave ? Le rendez vous avec son confrère est ce jeudi (alors que pour avoir un rendez vous à Reims c’est plusieurs mois).
    Car pour être honnête cela m’a bien stressé. Surtout quand on parle de laser dans les yeux je n’aime vraiment pas ça.
    Le problème c’est que j’ai eu l’impression d’être reçu en coupe vent car il y avait beaucoup de client.

  13. Achour

    Est ce qute l’effet halo peut s’appliquer sur moi sachant que je n’ai jamais subi de chirurgie ?

  14. Achour

    Merci beaucoup docteur, effectiveùment le medecin a suspecté l’astigmatisme interne mais la semaine passé on a fait des tests avec des formes colorées, ce qui nous a amené à déduire que finalement l’astigmatisme est insignifiant de l’ordre de 0.25 et qu’il n’y est pour rien. Selon lui, aucun symptome n’alarme sur une quelconque insuffisance. Je ne sais toujours pas pour j’ai ces images fantomes qui parfois rendent l’objet regardé carrément flou , sous titrage etc, j’aimerais bien savoir s’il y a d’autres causes à part l’astigmatisme qui pourrait engendrer ça, par exemple quand je retire mes lentilles sclérales je trouve des sillons e des marques laissées par celles ci sur mes sclères, est ce que la lentille s’elle est serrée peut provoquer un dédoublement ?
    Merci beaucoup et désolé de vous écrire autant je n’ai pas d’autres choix !

  15. Dr Damien Gatinel

    Les lentilles rigides peuvent apporter une réduction majeure des aberrations optiques des yeux atteints de kératocône, mais en cas de déformation importante de la cornée, un taux résiduel peut persister. Par ailleurs, la face arrière de la cornée est également sujette à une importante déformation, qui génère aussi un taux non négligeable d’aberrations. Vous pourriez suspecter cette origine si les imperfections comme le dédoublement des images ou l’étalement des lumières prend une direction opposée entre correction en lunettes, et en lentilles rigides (en raison de caractéristiques physiques, pour une même déformation, la face arrière de la cornée engendre des aberrations de signe opposé à celle de la face avant).

  16. Achour

    Bonjour Docteur,
    Comme je vous l’ai déjà dit j’ai été diagnostiqué au kératocone, ce qui m’a amené à porter des lentilles sclérales fabriquées par microlens. Bien que mon medecin me dit que les lentilles ont corrigé la déformation et que le soupçon d’astigmatisme s’est évanoui après la dernière consultation que j’ai faite, le débordement flou des images et des lettres reste persisstant en portant mes lentilles. Mon medecin m’ a donné dernièrement des traitements pour la sécheresse et la conjonctivite mais le problème n’est pas résolu. Est ce que vous avez une idée d’ou cela pourrait provenir ?

  17. Dr Damien Gatinel

    Effectivement, il est important de trancher en réalisant une étude objective en topographie cornéenne et aberrométrie. Les aberrations optiques qui provoquent une « vision dédoublée » d’un seul oeil ne sont pas corrigibles en lunettes. L’examen aberrométrique permet de scinder entres aberrations corrigibles en lunettes (myopie, astigmatisme régulier, etc) et aberrations non corrigibles en lunettes (aberrations dites de haut degré). Ces dernières sont principalement à l’origine des sensations de dédoublement qui persistent malgré la correction en lunettes de l’astigmatisme dit « régulier ».

  18. Benji

    Bonjour,

    Enfin il semble que je trouve des réponses à mes problèmes.

    Je semble partager les mêmes soucis qu’Achour. C’est à dire que j’ai cette double vision image fantôme sur chaque oeil (en les cachant chacun leur tour, le double persiste). Et comme Elodie, les symboles sont plus prononcés de nuit ou dans un endroit sombre. Toutefois, il s’agit juste des écritures qui se dédoublent légérement, c’est moins significatif qu’Elodie… Pour l’instant…
    De plus depuis environ 1 an j’ai des « myodésopsies » (un autre maux trouvés grâce au dc Gatinel).
    J’ai consulté il y a 4 mois et l’ophtalmo m’a simplement dit que j’étais légèrement astigmate et que les lunettes régleront tous les problèmes.
    Sauf que 4 mois plus tard, toujours des myodésopsies et toujours ces fameuses images fantômes avec ou sans lunette. Je remarque toutefois que le dédoublement est plus prononcé après exposition aux écrans et donc après fatigue visuelle.
    Docteur, pensez-vous que je devrais consulter à nouveau en demandant plus précisément un examen topographique et un examen aberrométrique ??

  19. Achour

    Pour la vérification du sens de déboulement , est ce que c’est avec port de lentilles et lunettes ensemble ou chcune seule pour la comparaison ??Merci

  20. Achour

    Bonjour Monsieur Damien. Merci d’avoir répondu à mon dernier message. Comme je vous l’ai dit il y a persistance de dédoublement de ma vision meme avec port de lentilles sclérales (microlens misa). Mon medcin m’a recommandé des lunettes avec une correction de 0.50 pour selon lui pallier à ce qu’il appelle astigmatisme interne que les lentilles ne peuvent pas corriger. Mais maintenant meme avec port de lentilles et de ces lunettes en meme temps le dédoublement persiste , les lunettes ne le corrige pas aussi. Donc je ne sais pas quoi comprendre ni comment y remédier, est ce que la géometire de les lentilles sont défaillantes , est ce que le kératocone n’est pas corrigé,etc; Qu’est ce que vous pouvez me suggérez cher Monsieur ? Merci

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