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Images fantômes vision double

La perception visuelle d’images « fantômes » est une source d’inquiétude et d’inconfort visuel chez les patients qui découvrent parfois de manière inopinée ces symptômes par l’apparition d’un dédoublement d’une ligne de sous titres de cinéma, d’un deuxième croissant de lune décalé dans le ciel nocturne, etc.  Ces symptômes, quand ils sont monoculaires (ils persistent quand on ferme l’autre œil : on parle de diplopie monoculaire) sont quasiment toujours d’origine optique.  Les images fantômes sont ainsi une indication à la réalisation d’un examen aberrométrique, et idéalement topo-aberrométrique (étude aberrométrique de l’œil entier couplée à une étude de la cornée seule par topographie cornéenne). Dans la plupart des cas, une origine cornéenne est en cause; on constate une déformation asymétrique dont la cause est le plus souvent la réalisation de frottements oculaires excessifs.

Symptômes de vision dédoublée, images fantômes.

On peut  qualifier d’image fantômes toute image « parasite » dont le motif perçu par le patient présente une certaine fidélité avec  l’image principale. Le patient réalise qu’il voit double avec un œil: cette perception est maximale dans certaines circonstances, comme le visionnage de films sous titrés: pour se détacher des images du film, les sous titres sont particulièrement lumineux, et leur dédoublement bien visible. L’ambiance sombre des salles de projection provoque une dilatation de la pupille irienne (mydriase) qui concourt également à accroître l’effet d’aberrations à l’origine des parasites visuels.

vision double d'un oeil: sous titres doublés
Exemple de perception d’une ligne de sous titres perçues comme dédoublés vers le bas: on parle alors de « diplopie monoculaire verticale ».

Même s’ils sont parfois associés aux images fantômes, les halos lumineux correspondent à un étalement circulaire concentrique de la lumière autour de la source ; ils ont souvent une origine optique, mais ne correspondent pas exactement à la symptomatologie de l’image fantôme. Les « starbusts »,  anglicisme consacré pour l’aspect particulièrement étoilé ou « spiculé » d’un point source lumineux sont également distincts des images dédoublées , même s’ils sont également liés à une réduction de la qualité optique de l’œil. La célèbre toile de Van Gogh intitulée « Nuit étoilée »’ fournit une représentation artistique de la perception subjective de ces « halos » lumineux. Comme souligné précédemment, les symptômes visuels caractéristiques des images fantômes sont « monoculaires » : quand on ferme un œil, puis l’autre, cette vision dédoublée ou décalée persiste pour au moins l’un des yeux (une vision double peut être observée sur les deux yeux séparément). En revanche, si  l’occlusion d’un œil supprime la vision double, l’origine n’est pas optique mais orthoptique (parallélisme oculaire « défaillant »). Les images fantômes sont essentiellement perçues quand la luminosité ambiante se réduit, et quand l’œil fixe des sources lumineuses particulièrement vives, qui se détachent aisément sur un fond sombre (ex: sous titres, affichages urbains lumineux, néons, LEDs etc.). Autrement dit, plus l’objet observé est contrasté, et plus la sensation d’image(s) fantômes(s) est marquée. La vision double étant liée à l’existence d’un foyer lumineux « parasite »,  ou d’un étalement lumineux directionnel (contrairement au halos où l’étalement lumineux est concentrique).  Il est logique que plus une source lumineuse  soit vive, plus le foyer secondaire reçoit de l’énergie et stimule efficacement les photorécepteurs rétiniens concernés.

image fantome diplopie monculaire vision dédoublée
Représentation schématique de l’étalement lumineux pour un oeil atteint de diplopie monoculaire horizontale. Au lieu de stimuler « un » photorécepteur, la dégradation du stigmatisme provoque une dispersion horizontale de l’énergie lumineuse.

L’observation d’une ligne de sous titres, d’une lampe de feu de signalisation, de lumières de lampadaire au loin, ou du croissant de lune par l’œil concerné permet généralement au patient de caractériser l’intensité et la localisation de la ou les image(s) fantôme(s) (au dessus, en dessous, etc. de l’image principale). La distance et la taille des sources lumineuses (leur diamètre apparent) influent également sur les images fantômes: les images fantômes sont souvent plus prononcées quand la source est éloignée, et occupe un angle visuel restreint.  

Mécanisme optique à l’origine des images fantômes

La cornée et le cristallin permettent de focaliser la lumière émise ou réfléchie par les objets environnants et captée par l’œil. La vision centrale est fovéale :  la lumière captée par la ou les cibles fixées doit être focalisée sur la mosaïque des photorécepteurs rétiniens de la fovéa. Si l’image d’un objet est double, c’est qu’il se produit une répartition particulière de l’énergie lumineuse incidente focalisée sur l’écran rétinien (fovéa). On peut décomposer une scène fixée en un ensemble de points sources élémentaires : ces points sources doivent être imagés de manière aussi « ponctuelle » que possible sur la rétine pour y « recomposer » une image fidèle de la source : cette propriété est dénommée : « stigmatisme ».  Ainsi, un bon stigmatisme (propriété qui permet à un point source d’être imagé de manière quasi ponctuelle dans le plan de recueil de l’image – ici la rétine) est une condition importante pour l’obtention d’une bonne performance en optique visuelle. Dans certaines circonstances,  l’image d’un point source peut donner lieu à une image ponctuelle principale et une image ponctuelle « satellite ». Une partie de l’énergie lumineuse émise par la source et captée par l’oeil est focalisée en un foyer principal, et un foyer secondaire (où il existe une « concentration » suffisante d’énergie lumineuse émise par la source pour donner lieu à un « foyer perçu », par une stimulation efficace des photorécepteurs. Par assimilation à un ensemble de point sources, l’information lumineuse transportée depuis la source observée sera donc scindée en deux foyers. La direction du foyer secondaire donne la direction selon laquelle l’image décalée est perçue. Du fait de l’inversion rétinienne, un décalage anatomiquement noté « vers la droite » du foyer secondaire par un observateur qui survolerait la rétine du patient à l’intérieur de l’œil serait de fait perçu comme un dédoublement « vers la gauche » par le patient. Dans le cas d’images fantômes multiples (polyplopie), il existe non pas un mais plusieurs foyers lumineux secondaires, où l’énergie lumineuse incidente est suffisamment concentrée pour qu’une image « fantôme » apparaissent par juxtaposition de ces foyers.

Exploration aberrométrique

L’exploration aberrométrique permet de confirmer l’origine optique des symptômes et, confrontée à l’examen ophtalmologique, en préciser la cause. NB: Ce simulateur permet d’étudier l’impact des aberrations optiques sur la vision: en cas de vision dédoublée, les aberrations dites « impaires » (exemple coma verticale z(3,-1), trefoil, etc. ) sont impliquées.

Confirmation de l’origine optique : calcul de la PSF et convolution

Calcul de la PSF

Pour étudier le stigmatisme de l’œil, l’aberromètre mesure le front d’onde oculaire puis effectue un calcul de la PSF (Point Spread Function) ou FEP (Fonction d’Etalement du Point). Ce calcul peut être accompli pour l’ensemble des défauts optiques de l’œil (aberrations de bas et haut degré) ou simplement les aberrations de haut degré ; dans ce cas, on simule l’image rétinienne d’un point source vu par un œil corrigé pour le défocus (myopie ou hypermétropie) et l’astigmatisme. L’aspect de la PSF est un élément d’importance ; un aspect dédoublé, où la lumière se concentre en au moins une zone secondaire située près d’un foyer principal permet d’étayer l’origine optique d’une sensation de vision dédoublée ou multiple.  

Convolution

A partir de la PSF, on peut générer une image dite « convoluée » d’une planche de lecture pour mesure de l’acuité visuelle.  L’image ainsi constituée peut être comparée avec la sensation décrite par le patient ; comme pour la PSF, une homologie en termes de direction ou de répartition spatiale des images fantômes (haut, bas, gauche, droite, etc.) permet d’accréditer l’hypothèse optique des perturbations visuelles. Il est souvent instructif de faire dessiner au patient l’image qu’il perçoit d’une source lumineuse ponctuelle éloignée,  ou d’une lettre (optotype) et de la comparer à la PSF calculée par l’aberromètre ou l’image convoluée de l’optotype pour les mêmes conditions de correction ( pour les aberrations de bas et haut degré pour un œil non corrigé, pour les seules aberrations de haut degré si le patient est corrigé en lunettes).

diplopie horizontale, convolution vs dessin vision double
Exemple d’image convoluée (après recueil du front d’onde oculaire et calcul des aberrations optiques de haut degré – OPD SCAN III Nidek) et de dessin à main levée. Le patient avait reçu un implant multifocal réfractif ( M plus Oculentis) et se plaignait depuis d’une vision dédoublée horizontalement (images fantômes).

Même si le parallélisme n’est parfait, la présence de similitudes qualitatives permet en général de corroborer les symptômes du patient à l’aspect que revêt la PSF théorique, ou l’image convoluée. Les différences entre la PSF ou image) calculée et la PSF (ou image) dessinée (perception visuelle « subjective ») tiennent à de nombreux facteurs comme le fait que la PSF est un calcul d’optique physique, qui ignore les mécanismes de transduction, codage et transmission de l’information captée au niveau rétinien vers les aires cérébrales visuelles, et que ce calcul est accompli pour une correction soit totale ou soit nulle des aberrations de bas degré (alors que la correction en lunettes peut être imparfaite). Enfin, l’effet d’opacités diffusantes (fréquentes en cas de cataracte, ou d’inflammation cornéenne post laser) n’est généralement pas bien rendu au niveau du calcul de la PSF. De même, la présence de plis ou micro plis au niveau d’un capot de LASIK est une source potentielle de dédoublement d’image, mais le très haut degré des aberrations optiques générées excède parfois la plage dynamique de l’aberromètre. Le recours à l’aberrométrie double passage (OQAS) est une option intéressante quand on suspecte la présence d’une diffusion optique et/ou la présence d’aberrations de très haut degré.  

Causes et origine des images fantômes.

La cornée et le cristallin sont les principales tuniques optiques de l’œil humain. C’est à leur niveau que peuvent siéger les phénomènes optiques responsable de l’apparition d’images fantômes.

Images fantômes d’origine cornéenne

La topographie cornéenne couplée à l’examen aberrométrique est l’examen de choix quand on explore les pathologies listées ci après. En particulier, il faut privilégier les instruments topographiques dont le logiciel d’analyse permet le calcul spécifique des aberrations cornéennes, ainsi que le calcul de la PSF cornéenne. La présence d’une asymétrie cornéenne prononcée est une cause fréquente d’image fantômes, et qui résiste à la correction en verres de lunettes. Le kératocône, qui est associe déformation et amincissement progressifs de la cornée, est une étiologie (cause) fréquente de vision dédoublée. Le kératocône est une affection cornéenne provoquée par la réalisation de frottements oculaires répétés et intenses (allergie, sécheresse et irritation oculaire, fatigue, etc.). Ces frottements provoquent l’apparition d’une déformation progressive permanente de la cornée; cette déformation est irrégulière et induit une perte de la qualité optique de l’oeil, caractérisée par l’élévation de certaines aberrations optiques comme le coma, le trefoil, etc. La diplopie apparaît ou se majore quand la pupille se dilate. Ainsi, l’exploration d’une sensation d’image fantôme permet souvent de découvrir un kératocône débutant infra clinique. Celle-ci est liée à l’asymétrie et/ou  l’irrégularité cornéenne. Classiquement, l’élévation du taux des aberrations optiques de haut degré de type coma est responsable d’un « étalement » directionnel de la PSF, bien corrélé à la sensation de l’image fantôme.

images fantomes & keratocone aberrométrie
Examen topo aberrométrique chez un patient atteint de kératocone présentant une sensation de diplopie verticale. La PSF est calculée à partir des aberrations de haut degré du front d’onde oculaire total (elle est représentée telle que « perçue » par l’oeil). Carte Optical Quality Display ((c) D Gatinel – Nidek

Tout traumatisme cornéen (cicatrice) induisant une déformation marquée et asymétrique de la cornée au niveau de l’aire pupillaire est également potentiellement inductrice d’une sensation d’image fantôme. L’astigmatisme irrégulier après greffe de cornée (kératoplastie) est potentiellement inducteur d’une sensation de dédoublement simple ou multiple de l’image, malgré la correction d’un astigmatisme régulier souvent marqué. Les déformation du greffon et les tractions imposées par les points de sutures sont responsables d’asymétries prononcées. La kératotomie radiaire, technique aujourd’hui obsolète (supplantée par les techniques laser depuis la fin des années 90) reposait sur la réalisation d’incisions cornéennes profondes en « étoile » autour de la pupille. Les nécessaires imperfections liées à ce geste manuel étaient source d’une importante irrégularité de la surface de la cornée Enfin, les plis de capot en LASIK peuvent être à l’origine de l’apparition d’un dédoublement gênant de l’image. S’il existe en général une bonne corrélation spatiale entre la direction du dédoublement et l’orientation du pli, les mécanismes propres à l’acquisition des données permettant le calcul du front d’onde oculaire par l’aberromètre ne permettent pas toujours de caractériser l’effet optique de ces plis.  

Origine interne (cristallin, implant)

La survenue d’une opacification partielle ou diffuse du cristallin peut être responsable d’une diplopie monoculaire, voire même d’une polyplopie. L’existence de fluctuations locales de l’indice de réfraction du cristallin opacifié peut créer des variations importantes de la puissance réfractive du cristallin; certaines cataractes nucléaires évoluées provoquent parfois la perception d’une « triplopie » ( vision triple). Un implant subluxé et/ou basculé (tilté) est également pourvoyeur d’une diffusion lumineuse latérale (dans le sens de la bascule ou du déplacement de l’implant, à l’inversion rétinienne près du point de vue de la perception subjective).  Le calcul des aberrations optiques internes (extra cornéennes) permet d’accréditer l’origine interne de ces troubles visuels. La disparition des symptômes après chirurgie du cristallin et/ou refixation de l’implant cristallinien permet enfin de confirmer a posteriori l’origine interne de ces symptômes. Les implants multifocaux, en particuliers réfractifs avec répartition asymétrique de la puissance additionnelle de près, peuvent être à l’origine de perception d’images fantômes, quand ils sont insérés dans des yeux dont la qualité optique du dioptre cornéen est altérée. Les implants multifocaux réfractifs induisent la multifocalité grâce à un « cocktail » d’aberrations optiques de haut degré (la profondeur de champ procurée par l’implant est augmentée grâce à la réduction du stigmatisme procurée par ces aberrations). Si la cornée génère un taux additionnel d’aberrations (altérations de la surface cornéenne, kératocône infra clinique méconnu, irrégularité de la courbure cornéenne, cicatrice, astigmatisme non corrigé, etc.), l’addition d’un implant réfractif expose à une réduction importante de la qualité de l’image rétinienne.

L’aberrométrie permet d’objectiver la manière dont un implant réfractif multifocal induit la multifocalité nécessaire à l’induction d’une vision de près non corrigée. Dans le cas de cet implant (Oculentis M plus), deux zones sectorielles inférieures permettent un ajout local de puissance réfractive, pour la vision de près. Ces résultats topo aberrométriques (OPD SCAN III, Nidek) ont été acquis après implantation multifocale chez une patiente opérée de cataracte, se plaignant d’une mauvaise récupération visuelle, avec perception d’images fantômes (dédoublement horizontal). Les variation diopriques de la carte réfractive (carte OPD , pout l’œil entier) sont dictées par les aberrations internes, mais il existe une zone sectorielle supplémentaire d’addition (flèche jaune), possiblement liée à l’existence d’un astigmatisme cornéen direct (flèche rouge). La patiente se plagiant d’un dédoublement horizontal vers sa droite (l’image dessinée par la patiente ainsi que le rendu correspondant à la convolution par la PSF et calculé par l’aberromètre sont représentés plus haut)

La présence de plis prononcés de la capsule du cristallin peut induire un effet de dédoublement ou des trainées lumineuses autour des sources de lumière vive. L’orientation des trainées perçues est similaire à celle des plis, à l’inversion rétinienne près.

plis de capsule lampe à fente
La chirurgie de la cataracte consiste à remplacer le cristallin opacifié par un implant. On conserve toutefois l’enveloppe du cristallin, appelée capsule. L’examen à la lampe à fente (biomicroscope) permet de bien objectiver la présence de plis marqués de la capsule postérieure. Ces plis peuvent être observés en cas de laxité de la zonale du cristallin, ou au cours de l’évolution de la cataracte secondaire.

Un test simple consiste à montrer au patient un motif visuel élémentaire comme un disque source, puis lui demander de dessiner l’orientation et l’aspect des trainées visuelles. Voici ce qu’observe le patient précédent avec son oeil opéré de cataracte mais avec des plis de la capsule postérieure:

L'encadré correspond au dessin à main levée effectué par le patient au cours de l'observation d'un disque lumineux avec l'oeil opéré de cataracte. La nuit, ce patient perçoit des zébrures lumineuses, des traits autours des phares de voiture, réverbères, etc.
L’encadré correspond au dessin à main levée effectué par le patient au cours de l’observation d’un disque lumineux avec l’oeil opéré de cataracte. La nuit, ce patient perçoit des zébrures lumineuses, des traits autours des phares de voiture, réverbères, etc.

Un cas particulier : le rainbow glare

  Le « rainbow glare  » (rainbow = arc en ciel) est une sensation de dédoublement des images lumineuses, avec une gradation en « arc en ciel ». Cette complication survient au décours immédiat du LASIK (avec laser femtoseconde). Une page lui est spécifiquement consacrée.  

240 réponses à « Images fantômes vision double »

  1. Heidi Vogel

    Bonjour Docteur,
    J’ai 48 ans, je suis myope et presbyte. Depuis un an environ, j’ai commencé à voir légèrement double de l’oeil droit. Le problème a empiré depuis, je vois maintenant triple. J’ai une première image fantôme plus claire à 11h et une deuxième image fantôme encore plus claire à 9h. Mon ophtalmologue ne sait trop quoi en penser, l’examen du champ visuel est normal, la rétine également et la cornée est lisse. Je m’en sors parce que ce trouble ne concerne que l’oeil droit.
    Comment connaître l’origine de ce problème très gênant et surtout comment peut-on le traiter?
    Est-il possible de développer un astigmatisme interne, du cristallin, d’un seul côté et à mon âge?
    Je vous serais très reconnaissante si vous pouviez me dire ce que vous en pensez.

  2. Lorraine

    Bonjour Dr Gatinel,
    Merci pour cet article très intéressant. J’ai remarqué ce genre de symptôme depuis environ 1 an, mais peut être l’avais-je depuis plus longtemps. J’ai globalement une bonne vue, j’ai une légère myopie à l’œil droit (-0.75) et 10/10 à l’oeil gauche, donc je vois net avec mes deux yeux, mais depuis environ 1 ans donc, je vois ces fameuses images fantômes, surtout le clair ou lumineux sur fond plus sombre. Je vois les néons et feux de circulation complètement dédoublés. Je pensais d’abord que c’était lié à ma myopie de l’oeil droit, mais je vois aussi ces images de l’œil gauche. Je présume que c’est donc un astigmatisme (les autres causes évoquées dans votre article ne me correspondent pas).
    Je voulais savoir si cet astigmatisme pouvait s’aggraver ? Et je voudrais être sûre que ce souci n’a aucun rapport avec de la myopie, ou autre défaut de vision ?
    Merci par avance

  3. Dr Damien Gatinel

    La maladie de Lyme est une cause d’inflammation oculaire chronique (ex: uvéite), et des complications cornéennes sont également possibles (ex: kératite interstitielle). Il est difficile de corréler une vision dédoublée et une atteinte cornéenne sans examens précis (topographie, aberrométrie, etc.). Une correction en lentilles rigides peut induire une amélioration de la vision dans certains cas.

  4. Dr Damien Gatinel

    Une vision dédoublée (sous titres, croissant de lune, etc.) peut tout à fait être provoquée par de l’astigmatisme irrégulier, lui même induit par une déformation cornéenne provoquée par des frottements oculaires répétés et vigoureux. Dormir sur le ventre et le côté, avec un appui chronique sur la cornée (et des frottements matinaux éventuels) peuvent tout à fait être à l’origine de ce type de tableau. Cette possibilité est souvent méconnue par les ophtalmologistes peu férus d’aberrométrie, et j’ai souvent eu à consulter des patients qui avaient « bénéficié » de nombreux examens neurologiques, de scanner et d’IRM… qui n’avaient rien retrouvés. Il convient plutôt de réaliser un examen aberrométrique et topographique (ex: OPD scan, qui combine ces données et permet de simuler l’image rétinienne de l’oeil examiné). En plus de ce bilan, il n’y a pas d’urgence autre que de faire une enquête vis à vis de vos frottements, position de sommeil, et arrêter de frotter bien entendu.

  5. Trinite Virginie

    Bonjour Docteur
    Votre site est très intéressant quand on se retrouve sans réponse pertinente de la part de ses médecins habituels.
    Je suis myope depuis l’age de 7 ans (j’en 40) et J’ai changé de lunette en septembre 2018, car je trouvais que ma vision était floue. A priori l’ophtalmologue a fait une erreur de 0.5 sur ma correction de l’œil gauche. Depuis je vois flou de l’oeil gauche avec une sensation de gêne persistante, des maux de crane et de beaucoup de fatigue en fin de journée. Récemment je me suis aperçu que je vois double de l’oeil gauche (je vois distinctement 2 croissants de lune). Je suis alors retournée chez mon ophtalmologue (qui a trouvé son erreur à cette occasion et m’a fait un fond d’oeil qu’il a trouvé normal). Il me dis que la vision double est uniquement du à la mauvaise correction, ce qui m’a laissé très dubitative.
    A la lecture de votre site, je me rends compte que je me suis beaucoup frotté l’oeil gauche à cause de cette mauvaise correction, pensez vous que cela peut expliquer l’apparition des symptômes en quelques mois? Si mon problème vient bien de là, en combien de temps est-ce que cela peut revenir à la normale? Dois je insister pour faire des examens complémentaires ou attendre l’évolution naturelle du phénomène?
    Merci pour votre attention

  6. anjoy

    Bonjour docteur, et UN GRAND MERCI pour la qualité de votre site.
    SVP
    Avez-vous déjà reçu des patients atteints par la maladie de Lyme ?

    J’en fait malheureusement partie, et je me demandais quoi espérer comme soulagement en ayant comme moi une dipoplie mono sur les 2 yeux (en diagonales droite sur gauche et gauche sur droite) en sachant qu’elle varie beaucoup en fonction de la fatigue et de l’intensité lumineuse (beaucoup plus forte en milieu nocturne) …
    Le spécialiste et chirurgien de la cornée qui me suis à Lausanne m’a trouvé (entre autres) une cornée déformée, et me dis vouloir continuer d’investiguer plus loin ces aberrations, mais sans me donner de solutions concrètes…
    MERCI d’avance.

  7. Lavaud

    Bonjour docteur, je vous remercie beaucoup pour ces conseils.
    Cordialement.

  8. Dr Damien Gatinel

    Il existe certainement une cause optique à vos symptômes, il convient de réaliser un bilan associant topographie cornéenne, aberrométrie, afin de documenter l’état de votre oeil et déterminer si cette légère diplopie monoculaire et les halos ont une origine cornéenne ou autre.

  9. Lavaud

    Bonjour Docteur,
    Merci pour votre article fort intéressant. J’ai un trouble de la vision qui est assez semblable à ce qui est décrit.
    En août 2018, après une semaine de travail intense sur ordinateur et assez éprouvant pour les yeux -la correction de mes lunettes étant alors obsolète depuis quelques mois (je suis astigmate, hypermétrope et presbyte)- j’ai perçu subitement des halos autour des réverbères et des phares de voitures avec mon oeil droit (étant amblyope, je ne vois réellement que de cet oeil).
    J’ai consulté deux cabinets d’ophtalmologistes, qui m’ont assez rapidement accueilli après description de ce phénomène, en septembre, octobre et novembre. Mais ils n’ont pas pu faire de diagnostic, car après examen d’après eux mon oeil est normal.
    Le phénomène est pourtant très sensible. Lorsque je lis beaucoup, les halos sont vraiment prononcés et gênants, et j’ai même l’impression que l’image se dédouble. En plein jour, les formes claires dépassent sensiblement sur l’environnement foncé.
    Une curiosité est que le phénomène s’atténue lorsque je suis à l’extérieur et qu’il fait froid. Egalement lorsque mes yeux sont humides. Mais il revient très rapidement.
    Au début du mois de janvier, j’ai été examiné par un optométriste. Il a remarqué des canaux lacrymaux obstrués. Il a aussi observé avec un ophtalmoscope mis au point sur la cornée une petite distorsion ressemblant à une « bulle » quasiment sur l’axe optique.
    Je ne sais plus que faire, ni vers qui me tourner. Je ne sais absolument pas quel est le degré de gravité de ce trouble.
    Merci pour votre attention. Auriez-vous s’il vous plaît un avis ou un conseil?
    Cordialement.

  10. Dr Damien Gatinel

    Dans le cas de votre fille il convient de pratiquer un simple examen topographique et aberrométrique. Chez les adolescents, la perception d’un léger dédoublement provient souvent d’un astigmatisme plus ou moins régulier de la cornée. La cause de cet astigmatisme peut être en rapport avec des frottements oculaires répétés, un appui prolongé de la tête dans l’oreiller avec compression de l’oeil etc etc. Il n’y a rien de grave a priori à ce stade.

  11. DUBUS Christelle

    Bonjour docteur,

    je suis à la fois soulagée mais en même temps horrifiée de lire votre publication. Je suis soulagée de trouver et de comprendre ce que ma fille de 17 ans me décrit depuis plus d’un an. Lorsqu’il y a une lumière un peu vive (écran, phare de voiture, projection sur le tableau blanc en classe…Etc) elle voit une image des lettres au dessus, en un peu tranparent, mais cela rend la lecture difficile. Elle est en terminale, excellente élève et souhaite se diriger vers des études de vétérinaire,.. mais elle est presque prete à renoncer à cause de ces problèmes de vision…. l’ophtalmologue ne l’a meme pas recu car nous l’avions vu il y a moins d’un an (il avait alors prescrit une rééducation orthoptique, qui bien sur n’a rien changé, d’ailleurs en lisant votre article je comprend puisque lorsqu’elle ferme un oeil le dédoublage est toujours là)… il ne nous a donc meme pas recu, et nous a renvoyé à l’ortoptiste qui l’a presque supplié de prescrire à ma fille une augmentation de sa correction pour myopie …. en gros il ne nous croit pas…. je suis désespérée car l’avenir de ma fille est en jeux…. ce que je ne comprend pas dans votre article c’est: au final dans le cas d’une jeune de 17 ans si ce n’est pas la cataracte… y’a t il une solution ? est ce réversible ? vers qui se tourner….

  12. Bonjour Docteur,
    D’après mon opticien, mes lentilles sont parfaitement positionnées. Il m’a fait tester une lentille avec une plus grande surface de correction, mais cela n’a pas eu d’effet. Aujourd’hui, il n’a plus de solution à me proposer pour supprimer, voir seulement réduire, ces aberrations. Avez-vous une autre suggestion à me faire?

  13. D’accord, c’est ce que je vais faire.
    Merci beaucoup pour votre disponibilité!

  14. Dr Damien Gatinel

    Ceci correspond certainement à un positionnement non optimal de la lentille, qui génère des aberrations optiques de haut degré. Il faut refaire le point avec l’ophtalmologue qui a adapté ces lentilles.

  15. Bonjour Docteur,
    Merci pour votre réponse et vos références.
    Cependant, ma question portait plutôt sur la correction des lentilles. En effet, le phénomène d’images fantômes est très accentué en les portant, alors qu’avec mes lunettes je ne le remarque pas. Je voulais donc votre avis par rapport à ça. Pensez-vous que cela vienne d’une mauvaise conception des lentilles ou de mes yeux qui ne supporteraient pas le port des lentilles par exemple?

  16. Dr Damien Gatinel

    Les lentilles rigides sont le meilleur moyen de correction pour réduire les symptômes de réduction de la qualité optique du kératocône (voir : https://defeatkeratoconus.com/vision-disturbances-of-keratoconus/; néanmoins, les lentilles ne stoppent pas l’évolution du kératocône; c’est l’arrêt des frottements oculaires qui permet d’enrayer l’évolution de la maladie. https://defeatkeratoconus.com/eye-rubbing-tips/

  17. Bonjour Docteur,
    Merci pour cet article fort intéressant et qui décrit parfaitement la situation dans laquelle je me trouve. On m’a diagnostiqué un kératocône il y a peu de temps (à 34 ans) et prescrit des lentilles rigides pour stopper son évolution. Mais avec ces lentilles les phénomènes de vision double et halos sont très accentués (sur les 2 yeux et surtout de nuit). J’aimerais savoir si les lentilles peuvent être adaptées pour corriger cela (supprimer ces images parasites et donc avoir une vue nette) ou si une intervention sur mes yeux est nécessaire?
    Merci par avance pour votre avis.

  18. Dr Damien Gatinel

    Les dédoublements peuvent être transitoires (effet de l’incision cornéenne), mais ils peuvent aussi persister si les implants sont relativement décentrés par rapport à la pupille irienne. Il faut faire un point avec votre ophtalmologiste pour discerner entre astigmatisme cornéen et interne, ainsi que sur la présence d’un éventuel taux élevé d’aberrations de haut degré (induits par le décentrement de l’implant).

  19. Sophie Pinilla

    Bonjour Docteur,
    Je me suis fait opérer des yeux (implants oculaire) pour corriger ma myopie (-8) il y a bientôt 2 semaines.
    Depuis l’opération, j’ai pu remarquer les symptômes dont vous parlez dans votre article (dédoublement des sous titres, vision trouble des sources lumineuses,…).
    Pensez-vous que ces symptômes puissent s’estomper avec le temps (avec la cicatrisation) ou bien seront-ils durables? Si jamais ce problème persiste, suffirait-il de refixer le placement de la lentille intraoculaire pour régler le problème?

    Je vous remercie d’avance pour le temps que vous prendrez à répondre à mes questions.

  20. Dr Damien Gatinel

    Vérifiez que vous n’acez pas pris l’habitude de frotter vos yeux un peu vigoureusement et fréquemment lors de vos séances prolongées de travail sur écran. Dans notre expérience ceci peut être à l’origine d’un astigmatisme léger ou de déformations cornéennes modétées mais susceptibles d’occasionner des symptômes de vision dédoublée. Idem si vos dormez plutôt sur le ventre, avec la tête dans l’oreiller du côté du l’oeil qui voit un peu double: il faudrait modifier votre position de sommeil pour éviter toute compression oculaire prolongée.

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