Aller au contenu

Voir la rubrique →

Biométrie oculaire, calcul d’implant

Biométrie oculaire et calcul de puissance d’implant

La biométrie oculaire est un examen qui permet le recueil de certaines dimensions de l’œil comme sa longueur axiale, afin de calculer la puissance de l’implant destiné à remplacer le cristallin au cours de la chirurgie de la cataracte. Rappelons que pour que l’image rétinienne (et donc la vision) soit nette spontanément (sans correction lunettes ou lentilles), il faut que la cornée et l’implant posé après retrait de la cataracte focalisent la lumière incidente émise par la source lumineuse observée dans le plan de la rétine.

Quand on opère la cataracte, on ne modifie pas significativement la puissance optique (vergence) de la cornée. En revanche, le retrait du cristallin opacifié modifie la réfraction (les propriétés optiques de l’œil). On remplace le cristallin opacifié par un implant dont la puissance optique est choisie pour induire la réfraction désirée en postopératoire : vision nette de loin sans lunettes (emmétropie), vision nette de près sans lunettes (myopisation légère). L’implant peut être monofocal ± torique, multifocal ± torique, ou à profondeur de champ (EDOF).

Dernière mise à jour : janvier 2025

Points clés : Biométrie oculaire

Objectif : prédire la puissance de l’implant pour obtenir la réfraction postopératoire souhaitée

Paramètres essentiels : longueur axiale (AL), kératométrie (K), profondeur de chambre antérieure (ACD)

Position effective de l’implant (ELP) : paramètre clé non mesurable avant chirurgie, source principale d’imprécision

Formules modernes : Barrett Universal II, Kane, EVO, PEARL-DGS — intègrent l’intelligence artificielle

Précision : ±0,5 D dans 70-85 % des cas avec les formules de dernière génération

Sensibilité : 1 D de variation de puissance d’implant ≈ 0,7 D de variation réfractive

Définition et objectifs

La biométrie oculaire vise à recueillir les données permettant de calculer (prédire) la puissance de l’implant (vergence) qui, combinée à celle de la cornée, permettra à l’œil d’être corrigé pour la distance de vision nette sans lunettes souhaitée. La biométrie oculaire regroupe donc le recueil de données biométriques (longueur axiale, mesure de la puissance cornéenne = kératométrie, etc.), et permet la prédiction de la puissance optique de l’implant destinée à obtenir la réfraction postopératoire de l’œil opéré.

En savoir plus : D. Gatinel — Calcul de puissance d’implant en chirurgie de la cataracte — Réalités Ophtalmologiques, mai 2023

Une section de ce site est entièrement consacrée aux fondamentaux du calcul biométrique pour établir la puissance des implants en chirurgie de la cataracte (en anglais).

En plus de la longueur de l’œil (longueur axiale) qui est aujourd’hui mesurée par une technique d’interférométrie, la biométrie oculaire nécessite la mesure d’autres paramètres oculaires comme la puissance optique de la cornée (kératométrie), la profondeur de la chambre antérieure (distance entre cornée et cristallin), le diamètre cornéen (white-to-white), l’épaisseur du cristallin, l’épaisseur de la cornée, etc. (voir : calcul de la puissance de l’implant dans un œil modèle simplifié). La prédiction de cette puissance, qui permettra par exemple à l’œil de voir net de loin sans lunettes (emmétropisation), fait appel à une formule dite formule de calcul de la puissance de l’implant (il existe plusieurs types de formules pour le calcul de l’implant, et certaines sont plus précises que d’autres selon la morphologie initiale de l’œil considéré). En cas d’astigmatisme cornéen (un astigmatisme interne disparaît avec le retrait du cristallin lors de la chirurgie), on peut envisager la pose d’un implant dit « torique », et ceci nécessite un calcul supplémentaire (pour déterminer l’axe et le degré de correction de l’astigmatisme apporté par l’implant).

Pourquoi doit-on faire une biométrie avant chirurgie de la cataracte ?

La pose d’un implant de cristallin artificiel est de rigueur au cours de la chirurgie de la cataracte, où le cristallin est retiré (son enveloppe, le sac capsulaire, est préservée et sert de support anatomique pour l’implant). Le cristallin est une lentille dont le pouvoir optique est (avant la survenue de la cataracte) généralement voisin de 22 dioptries : couplé à la cornée, le cristallin agit comme une lentille convergente qui permet de focaliser les rayons lumineux dans le plan de la rétine. Le retirer laisse l’œil dans un état dit d’« aphakie » (œil aphake). Du fait de la perte de la vergence (puissance optique) du cristallin, l’œil aphake présente un important défaut de puissance (hypermétropie forte).

Un dialogue préliminaire est nécessaire avec le patient pour choisir la stratégie de correction visuelle. La plupart des patients opérés de cataracte souhaitent rester ou devenir emmétropes (bénéficier d’une bonne vision de loin non corrigée après l’intervention). Certains patients, initialement myopes, souhaitent le rester pour pouvoir lire sans lunettes (s’ils sont très myopes, une réduction partielle de la myopie est indiquée pour laisser une myopie résiduelle proche de −2,50 à −3 D). L’avènement des implants multifocaux impose une biométrie précise : les implants multifocaux doivent permettre une correction optimale de la vision de loin, pour que l’addition qu’ils possèdent pour la vision de près soit efficace et que le patient puisse devenir indépendant aux lunettes en postopératoire.

On pourrait imaginer qu’il serait intéressant de mesurer la puissance du cristallin avant de le retirer et de le remplacer par un implant de même puissance. Cependant, il n’est pas facile de mesurer le pouvoir optique du cristallin in vivo ; de plus, quand le patient présente une amétropie en préopératoire (myopie, hypermétropie, etc.), le remplacement du cristallin par un implant qui aurait la même puissance n’est pas intéressant. En effet, il laisserait l’œil opéré et implanté (œil dit « pseudophake ») avec le même défaut optique qu’avant l’opération.

La biométrie vise à recueillir les éléments anatomiques permettant de calculer la puissance de l’implant de cristallin artificiel qui permettra à l’œil opéré d’atteindre le statut réfractif souhaité (emmétropie, ou myopie légère). La vergence de la cornée alors ajoutée à celle de l’implant permettent à la lumière émise par une source lointaine d’être focalisée sur la rétine (emmétropie) ou légèrement en avant (myopie légère).

Correction lunettes préopératoire, postopératoire, et puissance d’implant

Correction lunettes préopératoire et puissance d’implant

Une question fréquemment soulevée par les patients concerne le lien entre la puissance de l’implant et la correction préopératoire (réfraction de l’œil avant l’intervention).

Il n’y a pas de lien direct entre la correction d’un patient en lunettes avant l’opération et la puissance de l’implant à poser, car pour un même degré de myopie ou d’hypermétropie, il existe en réalité des conformations oculaires variées. Par exemple, pour une même hypermétropie initiale (ex. : +3 D), l’implant à poser n’aura pas la même puissance pour un œil dont l’hypermétropie est principalement liée à une faible longueur axiale, que pour un œil dont l’hypermétropie est principalement liée à une cornée plate (faible puissance cornéenne).

La présence d’une cataracte est susceptible d’affecter la correction préopératoire (myopisation d’indice).

Il existe toutefois certaines tendances : les yeux myopes (plus longs) reçoivent des implants de puissance plus faible (ex. : moins de 20 D) que les yeux hypermétropes. La puissance généralement nécessaire pour induire une emmétropie pour un œil initialement emmétrope est généralement comprise entre 20,5 et 22,5 D. Les yeux fortement hypermétropes requièrent des implants de puissance supérieure à 27 D, parfois au-delà de 30 D.

Correction lunettes postopératoire et puissance d’implant

La biométrie est destinée à prédire la puissance de l’implant destinée à induire la correction souhaitée par le patient une fois l’implant inséré dans l’œil après retrait du cristallin. Pour les mêmes raisons, il n’est pas possible d’établir une relation linéaire entre puissance à poser et correction lunettes postopératoire. Il faut disposer des mesures de la puissance cornéenne, de la longueur de l’œil, et d’une estimation précise de la position attendue de l’implant une fois inséré dans l’œil.

Biométrie oculaire : paramètres du calcul de la puissance de l’implant

La biométrie permet de mesurer au moins deux paramètres indispensables :

— La longueur axiale (AL) : elle sépare le sommet de la cornée (vertex) de la rétine fovéale. Elle est mesurée par interférométrie optique (biomètres IOL Master, Lenstar, Anterion, ARGOS, etc.) ou par échographie en mode A ou B.

— La kératométrie (K) : la mesure de la courbure de la cornée centrale (autour du vertex) permet de prédire la puissance optique de la cornée (vergence cornéenne). Les biomètres modernes mesurent également le rayon de courbure postérieur de la cornée, permettant un calcul plus précis de la puissance cornéenne totale.

Ces deux paramètres suffisent en théorie à déterminer la puissance de l’implant destiné à induire la correction réfractive souhaitée, à condition de connaître à l’avance la position précise de l’implant dans l’œil opéré. Or, cette position ne peut être que prédite, et de faibles variations (ex. : quelques centaines de microns) peuvent influer significativement sur la correction apportée par l’implant. Ceci explique que le calcul d’implant ne soit pas une science exacte et expose à un certain degré d’imprécision ! Dans ce contexte, la biométrie et le calcul d’implant ont une précision qui est d’autant plus élevée que l’œil mesuré est un œil « moyen », pour lequel la prédiction de la position de l’implant (fondée sur des modèles statistiques, avec un apport significatif de l’intelligence artificielle) sera plus juste.

Ce point sera détaillé plus loin, mais il est important de bien réaliser qu’une formule de calcul comporte deux modules : un module optique et un module de prédiction de position de l’implant (le second étant nécessaire pour utiliser le premier).

Les modèles statistiques destinés à prédire la position effective de l’implant requièrent la mesure d’autres paramètres comme le diamètre cornéen (white-to-white, WTW), la distance initiale entre cornée et cristallin (profondeur de chambre antérieure, ACD), l’épaisseur du cristallin (LT), l’épaisseur de la cornée (CCT), etc.

Dans la plupart des cas, la mesure en elle-même est effectuée sans contact grâce à un biomètre optique non contact, qui utilise les propriétés de l’interférométrie pour mesurer la longueur totale de l’œil et de certains segments (ex. : IOL Master 700, Zeiss ; Anterion, Heidelberg Eng. ; ARGOS, Alcon ; Lenstar, Haag-Streit). Le biomètre est également muni d’un kératomètre, et les systèmes les plus récents intègrent un système de topographie cornéenne.

IOL Master 700
Paramètres biométriques recueillis avec l’instrument IOL Master 700 (technologie interférométrique couplée à swept source OCT).
Biomètre AL SCAN mesure de la longueur axiale, de la kératométrie, et de la profondeur de la chambre antérieure.
Représentation du biomètre AL SCAN (Nidek), qui dispose d’un système de mesure de la profondeur de la chambre antérieure par caméra Scheimpflug. Le logiciel du biomètre fait l’acquisition de la valeur de la longueur axiale, de la kératométrie, et de la profondeur de la chambre antérieure.

Il est important de remarquer que toute imprécision de mesure de l’un de ces paramètres aura un retentissement sur le calcul de la puissance de l’implant.

La figure suivante représente schématiquement les paramètres utiles au calcul optique :

biométrie oculaire, longueur axiale kératométrie
La longueur axiale représente la distance entre la rétine et le sommet de la cornée. Pour que la lumière soit focalisée sur la rétine, la cornée et le cristallin doivent faire converger les rayons incidents de manière à ce qu’ils soient focalisés en un point dans le plan de la rétine. La profondeur de la chambre antérieure correspond anatomiquement à l’écart entre le sommet de la cornée et le sommet de la face antérieure du cristallin. La puissance optique de la cornée est estimée grâce à la kératométrie.

En cas de cataracte avancée, la longueur axiale n’est pas modifiée, de même que la kératométrie. En revanche, la profondeur de la chambre antérieure peut être réduite, car le volume du cristallin augmente au fur et à mesure qu’il perd sa transparence. La profondeur de la chambre antérieure est modifiée en postopératoire (élargissement). Il existe une corrélation statistique entre profondeur de chambre antérieure préopératoire et postopératoire, qui justifie la mesure de ce paramètre en préopératoire.

biométrie oculaire paramètres cataracte
En cas de cataracte, l’épaisseur du cristallin augmente ; ceci réduit la profondeur anatomique de la chambre antérieure.

Une fois le cristallin retiré, au cours de la chirurgie de la cataracte, l’œil est « aphake » : sa réfraction est hypermétropique : la vergence de la cornée seule n’est pas suffisante pour faire converger la lumière sur la rétine (sauf en cas de longueur axiale très importante : myopie très forte).

biométrie oculaire aphakie, hypermétropie secondaire
Après retrait du cristallin au cours de la chirurgie de la cataracte (le sac cristallinien qui est préservé n’est pas représenté ici), l’œil est aphake et sa réfraction est généralement hypermétrope en l’absence de pose d’un implant. En effet, la vergence de la cornée est insuffisante pour focaliser la lumière émise par les sources observées sur la rétine (sauf si l’œil est très long, c’est-à-dire atteint d’une myopie forte : dans certains cas de myopie extrêmes, la puissance de l’implant est alors proche de zéro, voire négative !).

Même si l’extraction du cristallin opacifié restaure la transparence des milieux oculaires, il est nécessaire pour des raisons optiques expliquées précédemment (réfraction postopératoire) de remplacer le cristallin par une lentille dont la vergence (puissance) doit être calculée en fonction des paramètres biométriques suivants :

Réfraction souhaitée : emmétropie (vision de loin nette sans lunettes) ou myopie légère (vision de près nette sans lunettes).

Longueur axiale : plus l’œil est long, moindre est la puissance de l’implant, et inversement : les myopes reçoivent des implants de moindre puissance que les hypermétropes.

Kératométrie : plus la vergence de la cornée est élevée (cornée cambrée), moindre est la puissance de l’implant (et inversement).

Position adoptée de l’implant dans l’œil après la chirurgie, que l’on appelle aussi « effective lens position » (ELP).

Position effective de l’implant (ELP)

Parmi ces variables, il en est une qui ne peut pas être mesurée avant l’intervention : il s’agit de la position effective de l’implant dans l’œil (« effective lens position », ELP) ; cette position n’est pas la même que celle du cristallin retiré, et elle dépend de nombreux paramètres, que les études statistiques rétrospectives, idéalement réalisées sur un volume important de données (« big data »), peuvent aider à encadrer.

C’est en partie pour cette raison que certaines formules biométriques font appel à l’intelligence artificielle : en nourrissant des modèles de « machine learning » (apprentissage supervisé) par un nombre suffisant d’observations (typiquement des examens biométriques qui ont été utilisés pour des opérations de la cataracte dont on connaît le type d’implant posé et le résultat réfractif final), on peut « apprendre des erreurs biométriques passées » et les réduire par des techniques de régression, de réseau convolutionnel ou de forêt d’arbres aléatoires.

En plus des paramètres anatomiques initiaux comme la profondeur de la chambre antérieure ou l’épaisseur du cristallin, certaines des caractéristiques de l’implant peuvent influer sur la position de celui-ci (sa distance vis-à-vis de la cornée). Les implants possèdent une certaine épaisseur, qui varie avec la puissance optique, et le design choisi par le fabricant. Leur puissance optique est étiquetée selon des mesures standardisées (un implant de 22 D produit un effet optique de 22 D sur un œil artificiel, mais une fois dans l’œil, dont les milieux sont différents, cette puissance peut en réalité être plus ou moins élevée).

Pour cette raison, on utilise un ajustement linéaire de position en fonction du type d’implant posé qui dispose ainsi d’une « constante », propre à la formule de calcul utilisée. La « constante A », dont l’origine est liée aux premières formules empiriques de calcul biométrique, permet plus ou moins directement d’ajuster la valeur qui sépare l’erreur moyenne constatée pour un implant donné sur une série significative de patients pour lesquels on visait un résultat donné. Elle est déterminée statistiquement par une technique de régression linéaire, après recueil d’un nombre suffisant d’observations, et permet de « recentrer la distribution des erreurs réfractives sur zéro ». Cet ajustement repose sur un incrément constant de la position prédite de l’implant par la formule (avancer un implant vers la cornée = diminuer la position prédite de l’implant provoque une diminution de la puissance prédite, et inversement).

biométrie ELP
Biométrie optique (IOL Master 700) avec coupe OCT swept source effectuée avant chirurgie de la cataracte (en haut) et après chirurgie de la cataracte avec pose d’un implant (au milieu). La position effective de l’implant (ELP) n’est pas connue avant la chirurgie, mais elle dépend statistiquement de certains paramètres qui sont utilisés dans les formules modernes de biométrie : profondeur anatomique de la chambre antérieure, épaisseur du cristallin, etc.

De cette incertitude sur la position finale de l’implant découlent les enjeux des formules de calcul biométriques qui ont été successivement proposées, afin de mieux prédire la position dite effective de l’implant. C’est pour cela que le calcul biométrique est en partie fondé sur une conjecture ; il repose sur le choix d’une position finale de l’implant dans l’œil pour arrêter le calcul d’une puissance dioptrique destinée à fournir la réfraction souhaitée.

L’examen suivant, effectué avec un biomètre interférométrique (IOL Master 700, Zeiss) permet d’observer d’importantes différences biométriques entre les deux yeux d’un même patient qui présente une différence de réfraction entre les deux yeux (l’œil droit est myope de −16 D ; l’œil gauche est myope de −8 D). La longueur axiale de l’œil droit est largement supérieure à celle de l’œil gauche. Cette élongation semble également concerner la profondeur de la chambre antérieure de l’œil droit. En revanche, l’épaisseur du cristallin est sensiblement identique entre les deux yeux, de même que la kératométrie. La formule SRK/T ne prend pas directement en compte la mesure de la profondeur de la chambre antérieure (qui n’était pas mesurée avec les premiers biomètres). Mais on conçoit que la prédiction de la position effective de l’implant sera effectuée d’autant plus loin de la cornée que l’œil est long.

Biométrie (IOL Master 700, Zeiss) chez un patient présentant une anisométropie importante
Biométrie (IOL Master 700, Zeiss) chez un patient présentant une anisométropie importante : l’œil droit est plus myope, car il est plus long de quelques millimètres. Sa chambre antérieure est plus profonde du côté de l’œil plus long, ce qui laisse présager une position effective finale plus grande (distance cornée/implant) du côté droit que du côté gauche. La kératométrie est relativement similaire des deux côtés. La plupart des formules de calcul d’implant de 3e génération utilisent la valeur de la longueur axiale pour la prédiction de la position effective de l’implant.

Plutôt que « calcul » de la puissance de l’implant, il serait peut-être préférable d’utiliser le vocable « prédiction », car le fait de ne pouvoir prédire l’exacte position de l’implant dans l’œil induit une certaine incertitude quant au résultat final (cette incertitude est cependant limitée à une à deux dioptries au maximum dans la plupart des cas d’yeux sans antécédents ophtalmologiques).

Formules de calcul d’implant

Les formules de calcul de puissance d’implant ont évolué au fil des décennies :

Formules de 1re et 2e génération : formules empiriques basées sur des régressions linéaires (SRK, SRK II).

Formules de 3e génération : formules théoriques utilisant l’optique paraxiale en lentilles minces (SRK/T, Holladay 1, Hoffer Q).

Formules de 4e génération : formules intégrant plusieurs paramètres biométriques pour prédire l’ELP (Haigis, Olsen, Holladay 2).

Formules modernes : formules utilisant l’optique en lentilles épaisses et/ou l’intelligence artificielle (Barrett Universal II, Kane, EVO, PEARL-DGS, Hill-RBF).

Formule PEARL-DGS — Calculateur gratuit en ligne

PEARL = Prediction Enhanced by ARtificial Intelligence and output Linearization

DGS = Debellemanière, Gatinel, Saad (auteurs de la formule)

La formule PEARL-DGS est une formule hybride combinant :

• Un modèle optique en lentilles épaisses (thick lens) utilisant les vrais paramètres géométriques de l’implant

• Un algorithme d’intelligence artificielle (machine learning) pour prédire la position interne théorique de l’implant (TILP)

• Une méthodologie open-source reproductible, publiée dans l’American Journal of Ophthalmology (2021)

La formule utilise 6 paramètres biométriques : longueur axiale, kératométrie, profondeur de chambre antérieure, épaisseur du cristallin, épaisseur cornéenne centrale, diamètre cornéen.

Performances : dans les revues systématiques comparant les formules modernes, PEARL-DGS obtient d’excellents résultats, notamment pour les yeux courts où elle atteint souvent le plus haut pourcentage de patients dans ±0,5 D.

Accéder au calculateur PEARL-DGS → iolsolver.com

Code source disponible sur GitHub : github.com/gdebel/pearldgs_toolbox

Puissance optique des implants

Elle s’exprime en dioptries (symbole D : ex. : 22 D) et correspond à la vergence de l’implant (dans les milieux oculaires) ; pour les implants multifocaux, il s’agit de la vergence du foyer destiné à focaliser les rayons issus des sources lointaines (vision de loin). Pour les implants toriques, il s’agit généralement de la puissance « moyenne » (autour de laquelle se distribue la variation de puissance nécessaire à la correction de l’astigmatisme). Comme souligné précédemment, il n’y a pas de rapport direct entre la puissance de l’implant et la correction en lunettes préopératoire. En moyenne, les yeux emmétropes bénéficient d’implants dont la puissance est proche de 22 D. Les yeux myopes, plus longs, reçoivent généralement des implants de puissance plus faible, et les yeux hypermétropes, plus courts, des implants de puissance plus élevée. La puissance des implants varie par pas de 0,5 D. En moyenne, une modification de 1 dioptrie de la puissance d’un implant provoque un changement de 0,7 D dans la correction en verre de lunettes (ceci est lié à la variation de la distance entre le plan du verre de lunettes et celui de l’implant).

Exemple de biométrie par mesure ultrasonore

Les données biométriques peuvent être recueillies grâce à une mesure échographique bidimensionnelle (B scan) : ce type de recueil est préféré ou complète la mesure optique (interférométrique) dans quelques indications, notamment chez les myopes forts, ou quand il existe une réduction de la transparence des milieux optiques prononcée (taie cornéenne, cataracte très évoluée, etc.). Avant l’avènement de la biométrie optique, la biométrie ultrasonore axiale (en mode A) était utilisée pour déterminer la longueur axiale de l’œil ; cette technique était beaucoup moins précise car manuelle et dépendante de l’opérateur. L’échographie en mode B permet de recueillir des données anatomiques, ce qui permet de mieux estimer la longueur de l’œil examiné.

Pour mesurer la longueur de l’œil, on se fonde sur le temps mis par les ondes ultrasonores à traverser l’œil ; la vitesse de déplacement des ondes ultrasonores varie en fonction du milieu traversé (elle est supérieure dans le cristallin). En moyenne, elle est proche de 1550 mètres par seconde, mais elle varie (plus élevée dans le cristallin, environ 1640 m/s).

La figure suivante montre un exemple de la coupe échographique ainsi obtenue de l’œil mesuré. À partir du recueil de la longueur axiale, et de la mesure de la kératométrie (accomplie au moyen d’un autre instrument : topographe, kératomètre), une puissance d’implant « emmétropisante » peut être obtenue.

résultat du calcul de la puissance de l'implant en mode écho B
L’écho-biométrie en mode B permet de mesurer la longueur de l’œil et visualiser en coupe les principaux éléments de celui-ci d’après l’écho qu’ils produisent : successivement, on observe un pic pour la cornée, les faces antérieures et postérieures du cristallin, et la rétine. À partir de la position de ces échos dans le temps, on peut estimer la profondeur anatomique de la chambre antérieure (ici 3,17 mm), l’épaisseur du cristallin (4,61 mm), et la longueur du segment postérieur (cavité vitréenne : 15,55 mm). La longueur totale du globe oculaire (longueur axiale) est de 23,33 mm. En utilisant cette valeur et celle de la kératométrie (48,62 D), le calcul utilisant diverses formules converge vers la valeur de 15 dioptries pour l’emmétropie (la constante A utilisée est de 118,7).

Conclusion

L’examen biométrique oculaire est indispensable avant chirurgie de la cataracte avec pose d’un implant. Il permet de prédire la puissance de l’implant destiné à procurer à l’œil, en plus de la restitution de la transparence des milieux, une réfraction adaptée au souhait du patient. Cette prédiction est entachée d’une certaine imprécision, que les formules de calcul les plus récentes — notamment celles intégrant l’intelligence artificielle comme la formule PEARL-DGS — visent à réduire au maximum.

Références

  1. Debellemanière G, Dubois M, Gauvin M, Wallerstein A, Brenner LF, Rampat R, Saad A, Gatinel D. The PEARL-DGS Formula: The Development of an Open-source Machine Learning-based Thick IOL Calculation Formula. Am J Ophthalmol. 2021;232:58-69. PMID: 33992611
  2. Gatinel D, Debellemanière G, Saad A, Dubois M, Rampat R. Determining the Theoretical Effective Lens Position of Thick Intraocular Lenses for Machine Learning-Based IOL Power Calculation and Simulation. Transl Vis Sci Technol. 2021;10(4):27. PMID: 34004006
  3. Gatinel D, Debellemanière G, Saad A, Wallerstein A, Gauvin M, Rampat R, Malet J. A Simplified Method to Minimize Systematic Bias of Single-Optimized Intraocular Lens Power Calculation Formulas. Am J Ophthalmol. 2023;253:65-73. PMID: 37150337
  4. Gatinel D, Debellemanière G, Saad A, Wallerstein A, Gauvin M, Rampat R, Malet J. Impact of Single Constant Optimization on the Precision of IOL Power Calculation. Transl Vis Sci Technol. 2023;12(11):19. PMID: 37930666
  5. Gatinel D, Debellemanière G, Saad A, Brenner LF, Gauvin M, Wallerstein A, Malet J. Impact of the Minimization of Standard Deviation Before Zeroization of the Mean Bias on the Performance of IOL Power Formulas. Transl Vis Sci Technol. 2024;13(10):22. PMID: 39392436
  6. Langenbucher A, Wendelstein J, Szentmáry N, Cayless A, Hoffmann P, Debellemanière G, Gatinel D. Performance of a simplified strategy for formula constant optimisation in intraocular lens power calculation. Acta Ophthalmol. 2025;103(1):e10-e18. PMID: 38687054
  7. Pantanelli SM, Kansara N, Engel JM, Patello J. Intraocular Lens Power Calculation Formulas—A Systematic Review. Ophthalmol Ther. 2023;12(6):2739-2752. DOI: 10.1007/s40123-023-00799-6
  8. Carmona-González D, Castillo-Gómez A, Palomino-Bautista C, Romero-Domínguez M, Gutiérrez-Moreno Á. A Review of Intraocular Lens Power Calculation Formulas Based on Artificial Intelligence. J Clin Med. 2024;13(2):498. PMC10816994
  9. Melles RB, Kane JX, Olsen T, Chang WJ. Update on intraocular lens calculation formulas. Ophthalmology. 2019;126(9):1334-1335. PMID: 31221597
  10. Olsen T. Calculation of intraocular lens power: a review. Acta Ophthalmol Scand. 2007;85(5):472-485. PMID: 17403024
  11. Hoffer KJ, Savini G. IOL Power Calculation in Short and Long Eyes. Asia Pac J Ophthalmol (Phila). 2017;6(4):330-331. PMID: 28614758
  12. Gatinel D. Calcul de puissance d’implant en chirurgie de la cataracte. Réalités Ophtalmologiques. Mai 2023. [PDF]

84 réponses à « Biométrie oculaire, calcul d’implant »

  1. PETITJEAN

    Bonjour,
    Ma fille a aujourd’hui 18 ans. Elle a été opérée d’une cataracte congenitale bilaterale en 2004 et 2006 (necker Pr Dufier) avec pose d’implants multifocaux. Elle a cependant toujours eu besoin de porter des verres progressifs, la vision de près est longtemps restée instable. Aujourd’hui, il semble qu’elle a moins besoin de l’ajout du progressif pour la vision de près , et sa vision de loin est meilleure (myopie davantage corrigee pour obtenir meilleure acuité ) mais gros soucis : elle ne voit pas net dans sa vision intermédiaire. Plusieurs tentatives: verre eyezen avec petit ajout de confort, puis progressif +2, puis +2,75…rien n’y fait la vision intermédiaire reste floue. S’agit il selon vous d’un problème technique et d’ajustement de la correction? Ou cela peut il venir d’un dysfonctionnement de l’implant lui-même ? Je crois qu’un changement d’implant reste par ailleurs déconseillé du fait des adherences et présente des risques…merci de votre réponse.

  2. Dr Damien Gatinel

    Il est difficile de vous donner une méthode éprouvée dans ce contexte où la réfraction subjective est généralement fluctuante en raison de l’importance de l’astigmatisme irrégulier, qui affecte effectivement et conjointement cornée antérieure et postérieure. Dans ce genre de situation, on peut considérer que l’astigmatisme postérieur est cette fois ci « parallèle » géométriquement (toricité identique, mais astigmatisme induit de signe opposé d’un point de vue optique en raison du gradient d’indice inverse). Il est alors préférable d’être légèrement sous correcteur (alors que le nomogramme de Baylor recommande d’être plutôt surcorrecteur pour les astigmatismes inverses antérieurs).

  3. Guillaume P

    Bonjour M. Gatinel,
    Je suis opticien et travaille dans une clinique de chirurgie refractive, notamment responsable des calculs d’implants pour opération de la cataracte.
    Nous utilisons habituellement entre autre les formules de Barrett, et avons constaté ses limites dans le cas de keratocône (notament en phase  »2 kissing birds ») ou plus généralement dans les cas ou l’astigmatisme postérieur est plus cambré a l’horizontal.
    En effet, barrett considère les ajustements basés sur l’algorythme de Baylor and Koch’reporting, ajustant le steep K en fonction de la valeur de l’astigmatisme postérieur, admettant que celui ci est plus cambré verticalement.

    Quel ajustement préconisez vous dans ces cas la?

    Merci pour votre retour
    Salutations

  4. Dr Damien Gatinel

    A priori les implants multifocaux ne se conçoivent que pour une chirurgie réglée, sans risque de déplacement de l’implant (que laisse redouter l’ectopie), donc a priori une implantation monofocale parait plus indiquée.

  5. akram

    Bonjour Docteur,
    J’ai une ectopie cristallinienne à l’oeil gauche doublé d’une catarcte capsulaire postérieure.
    Mon ophtalmo m’a prescrit un calcul d’implant.
    Ma question est la suivante: Est il possible d’avoir un implant multifocal ( type technis symphony) das ce genre de situation?
    Merci d’avance

  6. Dr Damien Gatinel

    Le chirurgien doit indiquer le degré de myopie visé en post opératoire. Par exemple, -2.50 D (pour la lecture), ou -1.50 D (pour une vision intermédiaire). En général, les biométries effectuées pour laisser une faible myopie résiduelle couvrent ces réfractions et pour chacune d’entre elle est indiquée la puissance théorique de l’implant à poser pour les atteindre.

  7. buffet colette

    J’ai vu un chirurgien ophtalmologiste pour une intervention de cataracte et qui propose de corriger en même temps ma myopie par implant .
    Quels sont les renseignements nécessaires que doit donner le chirurgien pour le calcul de l’implant (biométrie) ?
    Merci

  8. Dr Damien Gatinel

    La réponse à ce genre de dilemme biométrique est difficile. Au delà du problème lié à la kératométrie, il est important d’utiliser une formule qui n’utilise pas la kératométrie pour prédire à la position effective de l’implant (ex: formule de Haigis, éviter la formule SRK-T). Concernant le choix de la kératométrie, j’utilise généralement la valeur moyenne dans les 1.5 mm centraux, que fournit par exemple le topographe Pentacam. Le choix d’un implant torique est indiqué si l’astigmatisme (sa composante régulière) est important et que le patient n’a pas de correction en lentille rigide (ou n’envisage pas celle-ci), sous peine ensuite de « démasquer » l’astigmatisme de l’implant torique (en raison de la neutralisation totale ou partielle de l’astigmatisme cornéen antérieur par la lentille rigide). Pour le choix de l’axe, j’utilise la carte « Fourier transform » également fournie par le Pentacam, où on peut visualiser l’axe du cylindre dans la région centrale de la cornée. Une autre option, avec l’OPD scan, est de sélectionner le « Toric IOL display » et choisir l’axe suggéré. Dans tous les cas, l’importance de la déformation cornéenne laisse augurer d’une incertitude réfractive et d’une correction incomplète de l’astigmatisme, dont il faut prévenir le patient. Enfin, dans mon expérience, les implants toriques ont un peu plus tendance à subir des rotations postopératoires, et j’insère parfois un anneau de sac capsulaire après pose et alignement de l’implant torique pour stabiliser celui-ci.

  9. Laurent

    Bonjour
    J’ai un patient avec une forte myopie et un important kératocone que je dois opérer de la cataracte. J’ai du mal à déterminer la puissance de la LIO. Cela varie entre -13 et -4.50.
    Il a une LA de 29.05 / ACD épith : 4.03 / K1 54.64 (75) / K2 57.81 (163) (lenstar), la kératométrie et l’axe est légèrement différente au pentacam.
    Quelles formules me conseillez vous pour le calcul de son implant ? Quelles kératométries ?
    Compte tenu des imprécisions de calcul, est il déconseillé de réduire son astigmatisme avec un toric ? Si non quel axe (celui du topographe, du lenstar ou de l’ARK nidek : tous 3 différents) ?
    Je me suis presque dit de ne pas l’implanter et de refaire une biométrie post-opératoire, mais cela changera peut être pas grand chose après la chirurgie ….
    Merci pour vos conseils

  10. Dr Damien Gatinel

    Je n’ai pas une grande expérience en ce qui concerne l’influence de la correction optique après cataracte congénitale. Un excès de pression intraoculaire peut effectivement expliquer une augmentation de la longueur axiale, mais il est plus probable qu’il s’agisse ici des conséquences de mécanismes complexes de régulation gouvernant la croissance du globe oculaire. L’équipe spécialisée qui suit votre enfant est certainement à même de vous renseigner sur ce point.

  11. Jean-Pierre

    Bonjour,
    Mon enfant a été opéré à 2 mois d’une cataracte unilatérale. Son oeil opéré était légèrement microphtalme avant que le cristallin ne soit enlevé (15,4 mm vs 16,5 mm) . Depuis il porte une lentille de contact à très forte correction (D: +20). Il a maintenant 15 mois et son oeil opéré est désormais plus grand que l’autre (22,1 mm vs 20,9 mm).
    Cette accroissement fort de la longueur axiale peut il être une myopisation inhérente au port de la lentille de contact ? (adaptation de l’oeil à une vue de très près) ou faut-il chercher une autre raison par ailleurs (glaucome…). Merci d’avance pour votre retour. Bien cordialement.

  12. Dr Damien Gatinel

    Pour la plupart des yeux ayant achevé leur croissance, la biométrie ne se modifie pas en quelques mois. Dans le contexte d’une forte myopie (élongation du globe oculaire marquée et possiblement évolutive), il peut être intéressant de faire une biométrie de contrôle. A priori il ne devrait pas y avoir beaucoup de modifications si votre correction n’a pas beaucoup changé.

  13. Joëlle

    Bonjour Docteur, j’aimerai savoir si une écho biométrie faite il y a un an est encore valable pour une opération de la cataracte le mois prochain, ou vaut-il mieux la refaire pour plus de précision (myopie -10). Merci d’avance pour votre réponse. Cordialement.

  14. Dr Damien Gatinel

    Un implant de chambre antérieure est situé dans un plan qui est plus proche de celui de la cornée qu’un implant de chambre postérieure. Pour une même réfraction visée (par exemple l’emmétropie, absence de correction en vision de loin), un implant de chambre antérieure aura une puissance réduite vis à vis de celle d’un implant de chambre postérieure. Par défaut, la chirurgie de la cataracte s’effectue aujourd’hui avec une implantation de chambre postérieure, sauf situation particulière (absence de support capsulaire postérieure pour recevoir l’implant). Les biomètres disposent d’une option permettant de calculer la puissance d’un implant de chambre antérieure (en revoyant sa position et en tenant compte de certaines spécifications le cas échéant).

  15. NATASHA

    Bonsoir

    Merci pour cet article , je voudrais si possible une précision sur le calcul d’implant pour les implants de chambre antérieur et es qu’il est possible de convertir un calcul d’implant de chambre postérieur directement pour avoir celui de l’implant de chambre antérieur. Merci de votre réponse

  16. Herve

    Merci pour ces precisions interessantes. Effectivement le 2eme oeil opéré (avec un implant de 22,5D) semble moins souffrir, tout comme le droit aussi d’ailleurs.
    Toutefois dans la période de stabilisation suite a l’opération, la patiente peut voir meme un peu de pres/a mi distance, mais les douleurs reviennent vite et elle attend des lunettes pour voir de pres et a mi distance…On espere que l’oeil gauche qui devait avoir le dessus par rapport a l’oeil droit amblyope, pourra le reprendre.En attendant elle semble souffrir d’eblouissement et porte des lunettes teintées (des lunettes de soleil ordinaire)… Y aurait il une modalité de lunettes plus adéquates dans ces nouvelles conditions? Sachant que l on vient de découvrir un nouveau parametre, une parésie de la verticalité!…Cela semble exclure dejà les verres progressifs…Peut etre existe t il des verres a grande profondeur de champ, plus indiqués?

  17. Dr Damien Gatinel

    Un implant de puissance supérieure à 30D correspond à ce qui est généralement posé dans les yeux fortement hypermétropes (faible longueur axiale). A priori, l’autre oeil présente également une hypermétropie qui, si elle est corrigée en lunettes, provoque effectivement une différence de taille de l’image projetée sur la rétine entre les deux yeux : on parle d’anéisoconie (différence gênante entre les dimensions perçues d’un même objet par l’oeil droit et l’oeil gauche). L’oeil corrigé (tout ou partie) de son hypemrétropie grâce à la chirurgie de la cataracte et la pose d’un implant de forte puissance reçoit une image plus petite(ou moins grande), que l’autre oeil, non opéré et encore fortement hypermétrope, et qui a besoin d’un « verre convexe » grossissant l’image sur la rétine. Il est donc intéressant d’opérer l’oeil gauche. Le calcul de la puissance de l’implant à poser de ce côté est spécifique. Il peut tenir compte de la correction résiduelle en lunette éventuellement nécessaire à parfaire l’acuité visuelle à droite. Une fois les deux yeux opérés de cataracte et proches de l’emmétropie (grâce au remplacement du cristallin par un implant plus puissant), il n’y aura plus de différence notable entre les images perçues par les yeux (disparition de l’anéisoconie)

  18. herve

    Bonjour,

    Voila une publication vraiment interessante qui éclaire sur ces calculs prealables.
    Ma tante agée qui presente une ancienne amblyopie droite s’est faite opérer de la cataracte
    sur cet oeil avec la pose d’un implant de 30,5D, l’autre oeil qui ne présente qu’un debut de cataracte a été laissé en attente pendant plus d’un an et l’ophalmologiste pense la renvoyer chez le chirurgien car il estime qu’il y a une trop grande différence de taille d’image entre les deux cotés et qu’elle est responsable des douleurs et de la diplopie qui sont apparues un temps apres cette intervention, les lunettes avec prisme n’etant plus supportées. Elle m’en parle et je me demande comment va t on calculer la puissance de l’implant de l’oeil a opérer et surtout les précautions a prendre pour restaurer une vision assez confortable comme c’etait le cas avant.
    En effet il semble que les calculs soient faits pour un oeil a la fois, mais ce sont les deux ensemble qui fonctionnent et il faut pouvoir superposer des images compatibles de meme taille je suppose, tout ca dans un cerveau plus tout jeune!…Merci de m’eclairer un peu sur ce point!

  19. Dr Damien Gatinel

    La pose d’un implant secondaire permettra de corriger l’hypermétropie induite par la perte du cristallin (aphakie)

  20. Bonsoir il y a environ 1 an et des poussières j’ai pris une bille de pistolet a air ,je n’ai plus de cristallin ni de support intérieur,
    le centre d’ophtalmologie de Dijon me propose un implant que doit je faire : merci de votre réponse ,salutations M Rousselot

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Prendre rendez-vous