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Images fantômes vision double

La perception visuelle d’images « fantômes » est une source d’inquiétude et d’inconfort visuel chez les patients qui découvrent parfois de manière inopinée ces symptômes par l’apparition d’un dédoublement d’une ligne de sous titres de cinéma, d’un deuxième croissant de lune décalé dans le ciel nocturne, etc.  Ces symptômes, quand ils sont monoculaires (ils persistent quand on ferme l’autre œil : on parle de diplopie monoculaire) sont quasiment toujours d’origine optique.  Les images fantômes sont ainsi une indication à la réalisation d’un examen aberrométrique, et idéalement topo-aberrométrique (étude aberrométrique de l’œil entier couplée à une étude de la cornée seule par topographie cornéenne). Dans la plupart des cas, une origine cornéenne est en cause; on constate une déformation asymétrique dont la cause est le plus souvent la réalisation de frottements oculaires excessifs.

Symptômes de vision dédoublée, images fantômes.

On peut  qualifier d’image fantômes toute image « parasite » dont le motif perçu par le patient présente une certaine fidélité avec  l’image principale. Le patient réalise qu’il voit double avec un œil: cette perception est maximale dans certaines circonstances, comme le visionnage de films sous titrés: pour se détacher des images du film, les sous titres sont particulièrement lumineux, et leur dédoublement bien visible. L’ambiance sombre des salles de projection provoque une dilatation de la pupille irienne (mydriase) qui concourt également à accroître l’effet d’aberrations à l’origine des parasites visuels.

vision double d'un oeil: sous titres doublés
Exemple de perception d’une ligne de sous titres perçues comme dédoublés vers le bas: on parle alors de « diplopie monoculaire verticale ».

Même s’ils sont parfois associés aux images fantômes, les halos lumineux correspondent à un étalement circulaire concentrique de la lumière autour de la source ; ils ont souvent une origine optique, mais ne correspondent pas exactement à la symptomatologie de l’image fantôme. Les « starbusts »,  anglicisme consacré pour l’aspect particulièrement étoilé ou « spiculé » d’un point source lumineux sont également distincts des images dédoublées , même s’ils sont également liés à une réduction de la qualité optique de l’œil. La célèbre toile de Van Gogh intitulée « Nuit étoilée »’ fournit une représentation artistique de la perception subjective de ces « halos » lumineux. Comme souligné précédemment, les symptômes visuels caractéristiques des images fantômes sont « monoculaires » : quand on ferme un œil, puis l’autre, cette vision dédoublée ou décalée persiste pour au moins l’un des yeux (une vision double peut être observée sur les deux yeux séparément). En revanche, si  l’occlusion d’un œil supprime la vision double, l’origine n’est pas optique mais orthoptique (parallélisme oculaire « défaillant »). Les images fantômes sont essentiellement perçues quand la luminosité ambiante se réduit, et quand l’œil fixe des sources lumineuses particulièrement vives, qui se détachent aisément sur un fond sombre (ex: sous titres, affichages urbains lumineux, néons, LEDs etc.). Autrement dit, plus l’objet observé est contrasté, et plus la sensation d’image(s) fantômes(s) est marquée. La vision double étant liée à l’existence d’un foyer lumineux « parasite »,  ou d’un étalement lumineux directionnel (contrairement au halos où l’étalement lumineux est concentrique).  Il est logique que plus une source lumineuse  soit vive, plus le foyer secondaire reçoit de l’énergie et stimule efficacement les photorécepteurs rétiniens concernés.

image fantome diplopie monculaire vision dédoublée
Représentation schématique de l’étalement lumineux pour un oeil atteint de diplopie monoculaire horizontale. Au lieu de stimuler « un » photorécepteur, la dégradation du stigmatisme provoque une dispersion horizontale de l’énergie lumineuse.

L’observation d’une ligne de sous titres, d’une lampe de feu de signalisation, de lumières de lampadaire au loin, ou du croissant de lune par l’œil concerné permet généralement au patient de caractériser l’intensité et la localisation de la ou les image(s) fantôme(s) (au dessus, en dessous, etc. de l’image principale). La distance et la taille des sources lumineuses (leur diamètre apparent) influent également sur les images fantômes: les images fantômes sont souvent plus prononcées quand la source est éloignée, et occupe un angle visuel restreint.  

Mécanisme optique à l’origine des images fantômes

La cornée et le cristallin permettent de focaliser la lumière émise ou réfléchie par les objets environnants et captée par l’œil. La vision centrale est fovéale :  la lumière captée par la ou les cibles fixées doit être focalisée sur la mosaïque des photorécepteurs rétiniens de la fovéa. Si l’image d’un objet est double, c’est qu’il se produit une répartition particulière de l’énergie lumineuse incidente focalisée sur l’écran rétinien (fovéa). On peut décomposer une scène fixée en un ensemble de points sources élémentaires : ces points sources doivent être imagés de manière aussi « ponctuelle » que possible sur la rétine pour y « recomposer » une image fidèle de la source : cette propriété est dénommée : « stigmatisme ».  Ainsi, un bon stigmatisme (propriété qui permet à un point source d’être imagé de manière quasi ponctuelle dans le plan de recueil de l’image – ici la rétine) est une condition importante pour l’obtention d’une bonne performance en optique visuelle. Dans certaines circonstances,  l’image d’un point source peut donner lieu à une image ponctuelle principale et une image ponctuelle « satellite ». Une partie de l’énergie lumineuse émise par la source et captée par l’oeil est focalisée en un foyer principal, et un foyer secondaire (où il existe une « concentration » suffisante d’énergie lumineuse émise par la source pour donner lieu à un « foyer perçu », par une stimulation efficace des photorécepteurs. Par assimilation à un ensemble de point sources, l’information lumineuse transportée depuis la source observée sera donc scindée en deux foyers. La direction du foyer secondaire donne la direction selon laquelle l’image décalée est perçue. Du fait de l’inversion rétinienne, un décalage anatomiquement noté « vers la droite » du foyer secondaire par un observateur qui survolerait la rétine du patient à l’intérieur de l’œil serait de fait perçu comme un dédoublement « vers la gauche » par le patient. Dans le cas d’images fantômes multiples (polyplopie), il existe non pas un mais plusieurs foyers lumineux secondaires, où l’énergie lumineuse incidente est suffisamment concentrée pour qu’une image « fantôme » apparaissent par juxtaposition de ces foyers.

Exploration aberrométrique

L’exploration aberrométrique permet de confirmer l’origine optique des symptômes et, confrontée à l’examen ophtalmologique, en préciser la cause. NB: Ce simulateur permet d’étudier l’impact des aberrations optiques sur la vision: en cas de vision dédoublée, les aberrations dites « impaires » (exemple coma verticale z(3,-1), trefoil, etc. ) sont impliquées.

Confirmation de l’origine optique : calcul de la PSF et convolution

Calcul de la PSF

Pour étudier le stigmatisme de l’œil, l’aberromètre mesure le front d’onde oculaire puis effectue un calcul de la PSF (Point Spread Function) ou FEP (Fonction d’Etalement du Point). Ce calcul peut être accompli pour l’ensemble des défauts optiques de l’œil (aberrations de bas et haut degré) ou simplement les aberrations de haut degré ; dans ce cas, on simule l’image rétinienne d’un point source vu par un œil corrigé pour le défocus (myopie ou hypermétropie) et l’astigmatisme. L’aspect de la PSF est un élément d’importance ; un aspect dédoublé, où la lumière se concentre en au moins une zone secondaire située près d’un foyer principal permet d’étayer l’origine optique d’une sensation de vision dédoublée ou multiple.  

Convolution

A partir de la PSF, on peut générer une image dite « convoluée » d’une planche de lecture pour mesure de l’acuité visuelle.  L’image ainsi constituée peut être comparée avec la sensation décrite par le patient ; comme pour la PSF, une homologie en termes de direction ou de répartition spatiale des images fantômes (haut, bas, gauche, droite, etc.) permet d’accréditer l’hypothèse optique des perturbations visuelles. Il est souvent instructif de faire dessiner au patient l’image qu’il perçoit d’une source lumineuse ponctuelle éloignée,  ou d’une lettre (optotype) et de la comparer à la PSF calculée par l’aberromètre ou l’image convoluée de l’optotype pour les mêmes conditions de correction ( pour les aberrations de bas et haut degré pour un œil non corrigé, pour les seules aberrations de haut degré si le patient est corrigé en lunettes).

diplopie horizontale, convolution vs dessin vision double
Exemple d’image convoluée (après recueil du front d’onde oculaire et calcul des aberrations optiques de haut degré – OPD SCAN III Nidek) et de dessin à main levée. Le patient avait reçu un implant multifocal réfractif ( M plus Oculentis) et se plaignait depuis d’une vision dédoublée horizontalement (images fantômes).

Même si le parallélisme n’est parfait, la présence de similitudes qualitatives permet en général de corroborer les symptômes du patient à l’aspect que revêt la PSF théorique, ou l’image convoluée. Les différences entre la PSF ou image) calculée et la PSF (ou image) dessinée (perception visuelle « subjective ») tiennent à de nombreux facteurs comme le fait que la PSF est un calcul d’optique physique, qui ignore les mécanismes de transduction, codage et transmission de l’information captée au niveau rétinien vers les aires cérébrales visuelles, et que ce calcul est accompli pour une correction soit totale ou soit nulle des aberrations de bas degré (alors que la correction en lunettes peut être imparfaite). Enfin, l’effet d’opacités diffusantes (fréquentes en cas de cataracte, ou d’inflammation cornéenne post laser) n’est généralement pas bien rendu au niveau du calcul de la PSF. De même, la présence de plis ou micro plis au niveau d’un capot de LASIK est une source potentielle de dédoublement d’image, mais le très haut degré des aberrations optiques générées excède parfois la plage dynamique de l’aberromètre. Le recours à l’aberrométrie double passage (OQAS) est une option intéressante quand on suspecte la présence d’une diffusion optique et/ou la présence d’aberrations de très haut degré.  

Causes et origine des images fantômes.

La cornée et le cristallin sont les principales tuniques optiques de l’œil humain. C’est à leur niveau que peuvent siéger les phénomènes optiques responsable de l’apparition d’images fantômes.

Images fantômes d’origine cornéenne

La topographie cornéenne couplée à l’examen aberrométrique est l’examen de choix quand on explore les pathologies listées ci après. En particulier, il faut privilégier les instruments topographiques dont le logiciel d’analyse permet le calcul spécifique des aberrations cornéennes, ainsi que le calcul de la PSF cornéenne. La présence d’une asymétrie cornéenne prononcée est une cause fréquente d’image fantômes, et qui résiste à la correction en verres de lunettes. Le kératocône, qui est associe déformation et amincissement progressifs de la cornée, est une étiologie (cause) fréquente de vision dédoublée. Le kératocône est une affection cornéenne provoquée par la réalisation de frottements oculaires répétés et intenses (allergie, sécheresse et irritation oculaire, fatigue, etc.). Ces frottements provoquent l’apparition d’une déformation progressive permanente de la cornée; cette déformation est irrégulière et induit une perte de la qualité optique de l’oeil, caractérisée par l’élévation de certaines aberrations optiques comme le coma, le trefoil, etc. La diplopie apparaît ou se majore quand la pupille se dilate. Ainsi, l’exploration d’une sensation d’image fantôme permet souvent de découvrir un kératocône débutant infra clinique. Celle-ci est liée à l’asymétrie et/ou  l’irrégularité cornéenne. Classiquement, l’élévation du taux des aberrations optiques de haut degré de type coma est responsable d’un « étalement » directionnel de la PSF, bien corrélé à la sensation de l’image fantôme.

images fantomes & keratocone aberrométrie
Examen topo aberrométrique chez un patient atteint de kératocone présentant une sensation de diplopie verticale. La PSF est calculée à partir des aberrations de haut degré du front d’onde oculaire total (elle est représentée telle que « perçue » par l’oeil). Carte Optical Quality Display ((c) D Gatinel – Nidek

Tout traumatisme cornéen (cicatrice) induisant une déformation marquée et asymétrique de la cornée au niveau de l’aire pupillaire est également potentiellement inductrice d’une sensation d’image fantôme. L’astigmatisme irrégulier après greffe de cornée (kératoplastie) est potentiellement inducteur d’une sensation de dédoublement simple ou multiple de l’image, malgré la correction d’un astigmatisme régulier souvent marqué. Les déformation du greffon et les tractions imposées par les points de sutures sont responsables d’asymétries prononcées. La kératotomie radiaire, technique aujourd’hui obsolète (supplantée par les techniques laser depuis la fin des années 90) reposait sur la réalisation d’incisions cornéennes profondes en « étoile » autour de la pupille. Les nécessaires imperfections liées à ce geste manuel étaient source d’une importante irrégularité de la surface de la cornée Enfin, les plis de capot en LASIK peuvent être à l’origine de l’apparition d’un dédoublement gênant de l’image. S’il existe en général une bonne corrélation spatiale entre la direction du dédoublement et l’orientation du pli, les mécanismes propres à l’acquisition des données permettant le calcul du front d’onde oculaire par l’aberromètre ne permettent pas toujours de caractériser l’effet optique de ces plis.  

Origine interne (cristallin, implant)

La survenue d’une opacification partielle ou diffuse du cristallin peut être responsable d’une diplopie monoculaire, voire même d’une polyplopie. L’existence de fluctuations locales de l’indice de réfraction du cristallin opacifié peut créer des variations importantes de la puissance réfractive du cristallin; certaines cataractes nucléaires évoluées provoquent parfois la perception d’une « triplopie » ( vision triple). Un implant subluxé et/ou basculé (tilté) est également pourvoyeur d’une diffusion lumineuse latérale (dans le sens de la bascule ou du déplacement de l’implant, à l’inversion rétinienne près du point de vue de la perception subjective).  Le calcul des aberrations optiques internes (extra cornéennes) permet d’accréditer l’origine interne de ces troubles visuels. La disparition des symptômes après chirurgie du cristallin et/ou refixation de l’implant cristallinien permet enfin de confirmer a posteriori l’origine interne de ces symptômes. Les implants multifocaux, en particuliers réfractifs avec répartition asymétrique de la puissance additionnelle de près, peuvent être à l’origine de perception d’images fantômes, quand ils sont insérés dans des yeux dont la qualité optique du dioptre cornéen est altérée. Les implants multifocaux réfractifs induisent la multifocalité grâce à un « cocktail » d’aberrations optiques de haut degré (la profondeur de champ procurée par l’implant est augmentée grâce à la réduction du stigmatisme procurée par ces aberrations). Si la cornée génère un taux additionnel d’aberrations (altérations de la surface cornéenne, kératocône infra clinique méconnu, irrégularité de la courbure cornéenne, cicatrice, astigmatisme non corrigé, etc.), l’addition d’un implant réfractif expose à une réduction importante de la qualité de l’image rétinienne.

L’aberrométrie permet d’objectiver la manière dont un implant réfractif multifocal induit la multifocalité nécessaire à l’induction d’une vision de près non corrigée. Dans le cas de cet implant (Oculentis M plus), deux zones sectorielles inférieures permettent un ajout local de puissance réfractive, pour la vision de près. Ces résultats topo aberrométriques (OPD SCAN III, Nidek) ont été acquis après implantation multifocale chez une patiente opérée de cataracte, se plaignant d’une mauvaise récupération visuelle, avec perception d’images fantômes (dédoublement horizontal). Les variation diopriques de la carte réfractive (carte OPD , pout l’œil entier) sont dictées par les aberrations internes, mais il existe une zone sectorielle supplémentaire d’addition (flèche jaune), possiblement liée à l’existence d’un astigmatisme cornéen direct (flèche rouge). La patiente se plagiant d’un dédoublement horizontal vers sa droite (l’image dessinée par la patiente ainsi que le rendu correspondant à la convolution par la PSF et calculé par l’aberromètre sont représentés plus haut)

La présence de plis prononcés de la capsule du cristallin peut induire un effet de dédoublement ou des trainées lumineuses autour des sources de lumière vive. L’orientation des trainées perçues est similaire à celle des plis, à l’inversion rétinienne près.

plis de capsule lampe à fente
La chirurgie de la cataracte consiste à remplacer le cristallin opacifié par un implant. On conserve toutefois l’enveloppe du cristallin, appelée capsule. L’examen à la lampe à fente (biomicroscope) permet de bien objectiver la présence de plis marqués de la capsule postérieure. Ces plis peuvent être observés en cas de laxité de la zonale du cristallin, ou au cours de l’évolution de la cataracte secondaire.

Un test simple consiste à montrer au patient un motif visuel élémentaire comme un disque source, puis lui demander de dessiner l’orientation et l’aspect des trainées visuelles. Voici ce qu’observe le patient précédent avec son oeil opéré de cataracte mais avec des plis de la capsule postérieure:

L'encadré correspond au dessin à main levée effectué par le patient au cours de l'observation d'un disque lumineux avec l'oeil opéré de cataracte. La nuit, ce patient perçoit des zébrures lumineuses, des traits autours des phares de voiture, réverbères, etc.
L’encadré correspond au dessin à main levée effectué par le patient au cours de l’observation d’un disque lumineux avec l’oeil opéré de cataracte. La nuit, ce patient perçoit des zébrures lumineuses, des traits autours des phares de voiture, réverbères, etc.

Un cas particulier : le rainbow glare

  Le « rainbow glare  » (rainbow = arc en ciel) est une sensation de dédoublement des images lumineuses, avec une gradation en « arc en ciel ». Cette complication survient au décours immédiat du LASIK (avec laser femtoseconde). Une page lui est spécifiquement consacrée.  

240 réponses à « Images fantômes vision double »

  1. Picili

    Bonjour,

    Je vous écrit car j’ai un problème à l œil droit depuis 1 mois maintenant.

    Suite à un orgelet, j’ai eu une vision flou qui m a inquieté donc je suis allée chez le médecin qui m a dit que c etait pas normal et qu il fallait que j aille chez l ophtalmo au plus vite.

    Ce que j’ai fait, il m’a fait un fond de l œil et m’a regardé ma vue qui pour lui n a pas changé, il m a dit de poursuivre le traitement et qu pn se revoit dans 1 mois.

    Le problème c est que mes symptômes se sont dégradés, je vois maintenant double de l’oeillet droit et je vois encore plus flou.

    Ma vue est nette de pres mais de loin c est une catastrophe et je suis en panique en voiture car je me concentre sur ma vue.

    Pouvez vous me dire ce que j ai svp ?

    Merci d’avance. Marine

  2. Dr Damien Gatinel

    La pulsation cardiaque peut être transmise au niveau des vaisseaux artériels qui irriguent la rétine, et ceci doit être la cause de votre sensation; je ne vois que cette explication!

  3. Bonjour docteur,

    Je souffre de troubles semblables à ce qui est décrit dans l’articule depuis plusieurs années, mais j’ai remarqué une chose étrange : mes images fantômes, notamment en cas de forte lumière ou contraste, semblent se mouvoir légèrement au rythme des battements de mon coeur. Comment ceci peut être possible ?

  4. Dr Damien Gatinel

    Il est indiqué de réaliser un examen de topographie cornéenne et d’aberrométrie pour éliminer la présence d’une déformation cornéenne, qui peut être liée à des frottements oculaires excessifs, et une position de sommeil impliquant un appui prolongé sur cet œil gauche.

  5. Dr Damien Gatinel

    L’OPDscan II permet de mesurer finement les aberrations optiques et a priori il n’y a pas d’indication formelle à réaliser une mesure sur la version 3.

  6. Xavier

    Bonjour Docteur,

    D’un point de vue strictement équipement biomédical , l’OPD Scan 3 est il cliniquement plus indiqué que l’OPD Scan 2 pour ces abbérations optiques ?

    Grand merci

  7. Garcia Valentin

    Bonjour Docteur,

    J’ai 20 ans et je suis étudiant.

    Suite à des maux de têtes, je porte des lunettes depuis janvier 2017 car je suis myope et astigmate.
    En septembre 2017 m’a vue à baissée suite au 1er port de lunettes, j’ai donc eu de nouveaux verres corrigés. Depuis ce changement j’ai un problème avec mon œil gauche qui dure encore aujourd’hui. Malgré plusieurs rendez-vous chez l’ophtalmo et plusieurs changements de corrections, ce problème n’a toujours pas été résolu.

    Je vous explique = lorsque je regarde au loin ma vision n’est pas nette et précise j’ai du mal à me concentrer, si je regarde avec l’œil gauche en fermant l’œil droit ma vision n’est pas nette surtout lorsque je regarde la télé, les sous-titres, des mots dans la rue, etc… je pense que m’a vison à gauche est dédoublée. Par contre ma vision a l’œil droit est parfaite il n’y a rien à dire.
    Ma vision des couleurs a l’œil gauche est plus sombre qu’à l’œil droit

    J’ai des douleurs à l’œil gauche surtout au réveil, on m’a prescrit toute sorte de gouttes : je n’ai pas d’allergies ni d’inflammations de l’œil, ces traitements n’ont rien amélioré. Mon œil me pique mais après consultation il n’y a rien d’anormal lorsque que l’on me regarde. Les douleurs s’accentuent avec les écrans et occasionnent des difficultés de concentration. J’utilise également des compressent trempées dans l’eau froide, ça fait du bien sur le moment mais pas longtemps

    Malgré des RDV chez une orthoptiste cela n’a rien donné, j’ai également changé plusieurs fois d’ophtalmo, aucun n’a eu la solution.

    L’ophtalmo m’a envoyé faire un bilan ORL, j’ai eu un scanner cérébral, une IRM et tout est normal.

    Je précise que j’ai les yeux bleus et que les lunettes de soleil ne changent rien au problème.

    Je suis de nature anxieuse, et que cette situation me stresse encore plus dans la vie de tous les jours (à chaque fois on le dit que ça se passe dans ma tête)

    Je voudrais passer mon permis de conduire mais je redoute de perdre mes moyens avec cette gêne notamment sur la concentration.

  8. Dr Damien Gatinel

    La PKR après SMILE expose à un risque accru de haze. Le haze est une réaction inflammatoire cicatricielle anormale qui se traduit cliniquement par une vision un peu floue et une régression myopique. Il est lié à une transformation de certaines cellules du tissu cornéen en « myofibroblastes », et ces cellules ainsi que leur matrice extracellulaire sont moins transparentes que les « kératocytes » habituels. On observe à fort grossissement une légère réduction de la transparence cornéenne (« haze » signifie « brume » en anglais).
    Le diamètre d’un lenticule en SMILE est plus petit que celui d’un capot de LASIK, et de fait il limite la taille d’un capot secondaire – qui est dans ce cas la prolongation de l’ouverture latérale destinée à extraire le lenticule SMILE initial sur presque 360°. Le rayon de cette ouverture latérale en SMILE est généralement proche de 7 mm, un capot de LASIK doit posséder un diamètre plutôt compris entre 8.5 et 9 mm. En cas de reprise pour décentrement, il est important de bénéficier d’une zone plus étendue que celle initialement prédécoupée par le SMILE.

    Le traitement personnalisé est un traitement « sur mesure » : un topographe cornéen effectue une mesure de la surface de votre cornée et calcule un pattern de tir au laser excimer destiné à régulariser la courbure de celle-ci, en corrigeant éventuellement un défaut visuel résiduel ;
    Le SMILE est une technique qui présente certains avantages en apparence séduisants, mais qui représentent en fait certaines limitations, et particulièrement en cas de retouche. La présence d’un capot (volet) de LASIK est au contraire un bénéfice dans ce contexte, qui permet soit des retouches précoces faciles et précises, soit des ajustements tardifs en cas d’évolution de la vision. Il est d’ailleurs pour le moins paradoxal de considérer comme moins invasive une technique qui procure une récupération visuelle moins rapide. Le délai de récupération prolongé en SMILE est la conséquence des manœuvres de complétion et extraction du lenticule, qui occasionnent un stress tissulaire plus important que celui de la simple création d’une interface sous un volet comme en LASIK. Alors que les modèles mathématiques existent depuis au moins 30 ans pour la correction de l’hypermétropie par chirurgie cornéenne, cette option n’est d’ailleurs toujours pas disponible en SMILE en routine, pour des raisons qui tiennent aux limitations et contraintes de cette technique.

  9. Armance

    Bonjour docteur,
    merci beaucoup pour votre réponse !
    C’est bien ce qui m’inquiétais…

    -Le risque d’une intervention PKR est-il plus élevé après un SMILE qu’il ne l’est en général ?
    -Si je comprends bien ce que vous voulez dire une retouche LASIK serait envisageable ou incertaine selon la taille de la découpe effectuée ?
    -Dans quel cas cela ne fonctionnerait pas selon vous et qu’entendez-vous par « traitement personnalisé »?
    Ce que j’ai compris des explications de mon médecin c’est que le SMILE effectue une incision en forme de sourire sur un côté de l’oeil seulement au lieu de faire tout le contour de l’oeil comme en LASIK. Il m’a présenté ça comme une chirurgie moins invasive et ne disait plus effectuer de LASIK car selon lui il n’y avait pas de raison de faire quelquechose de plus « invasif ». Je ne comprends pas pourquoi on ne peut pas convertir cette incision initiale en incision lasik classique ?

    Merci pour vos précieuses explications.

  10. Dr Damien Gatinel

    La découpe du lenticule au laser en SMILE est une étape cruciale qu’il n’est pas possible d’interrompre pour recentrer une fois la procédure lancée (il n’y a pas d’eye tracker comme en photoablation en LASIK ou PKR). Dès lors, il est probable que votre correction de l’oeil droit soit décentrée verticalement (si le dédoublement comme une image fantôme apparaît au dessous des lumière vives comme les sous titres ou les néons lumineux, c’est que le décentrement est a priori vers le haut). Un dédoublement léger est compatible avec une acuité correcte (ex 10/10e) mais ce n’est pas forcément confortable effectivement, et ce plus particulièrement si votre oeil droit est l’oeil directeur. Un examen de topographie cornéenne couplé à un examen aberrométrique pourrait confirmer cela et quantifier l’importance du décentrement et de l’astigmatisme irrégulier induit. Concernant une retouche, c’est tout le problème en SMILE; on ne peut pas refaire un second SMILE (c’est possible selon certains en théorie, mais plutôt risqué, en tous cas aléatoire). On peut effectuer une PKR secondaire, mais cela expose à une certaine imprécision dans ce contexte et des risques d’inflammation (haze). Convertir le SMILE en LASIK est également possible, mais pour la correction d’un décentrement il faut ensuite envisager un traitement personnalisé, à condition que la taille du capot créé (forcément plus petit qu’en LASIK standard quand on convertit un SMILE) permette un recentrement suffisant. L’avantage du LASIK est de permettre un centrage optimal du traitement et le contrôle de l’orientation pour la correction de l’astigmatisme. La facilité à effectuer des retouches est également appréciable, car il n’est pas rare de voir des patients souhaiter une retouche tardive sur au moins un oeil à l’âge de la presbytie – il suffit alors de soulever le capot initial et délivrer la correction souhaitée.

  11. Armance

    Bonjour Docteur,

    J’ai été opérée avec la méthode Relex Smile il y a maintenant 5 mois.
    Lors de l’opération – qui a commencé par l’oeil droit – le docteur ne m’a pas informée qu’il commençait à activer le laser et comme je ne savais pas si je devais suivre ou non le laser des yeux j’ai posé la question. Visiblement il ne faut pas parler car ceci peut faire bouger le calcul précis du laser. Cependant un peu paniquée car ne sachant pas ce que je devais faire ou non j’ai posé la question et le médecin m’a dit plusieurs fois en s’emportant de ne pas parler mais j’ai l’impression qu’il n’a pas arrêté l’opération. Il m’a seulement dit à la fin de l’opération que « malgré tout » elle s’était bien passée mais cette situation m’a beaucoup refroidie et je n’ai plus confiance du tout en la personne qui m’a fait cette opération.
    Depuis je vois très bien de l’oeil gauche mais une sensation de gêne persiste à l’oeil droit avec vision des lettres dédoublée vers le bas sur caractères très petits regardés de loin ou enseignes lumineuses (quand je ferme l’oeil droit puis l’oeil gauche alternativement le dédoublement est très clairement marqué sur l’oeil droit). Je travaille sur ordinateur toute la journée et cela me gêne notamment sur la taille de caractères propres à l’ordinateur, je sens que l’oeil fatigue plus vite.

    Le docteur me dit que j’ai une bonne vision (examen classique de lecture des lettres sur fond blanc) mais cela n’empêche pas nécessairement une gêne et un défaut visuel à en lire les commentaires ci-dessus, ce qui est également mon cas.
    Sur le test du point lumineux je vois également une trainée avec l’oeil droit contrairement à l’oeil gauche.

    Pensez-vous que l’opération ait pu induire un astigmatisme irrégulier cornéen ?
    Cela se rattrape-t-il en se faisant réopérer par dessus ?

    Merci d’avance pour votre aide.

  12. Xavier

    Rebonjour ,

    Merci beaucoup pour votre réponse !

    Si je puis me permettre , pour l’acuité visuelle ce n’est pas subjectif , je vois MAL de loin avec ces lunettes , mais oui , elles me reposent , cependant vous comprendrez que ce n’est pas intuitif de porter des lunettes pour voir moins bien de loin …

    Concernant les images fantômes , il n’y a rien à faire ? Je suis condamné à voir des sous titres en double toute ma vie ? Et si je faisais un keratocone comme beaucoup de gens du Moyen Orient ?

  13. Dr Damien Gatinel

    Le jeu des paupières peut avoir une double action: d’une part sur la « pupille d’entrée » de l’œil (les paupières plissées réduisent la taille de la pupille qui collecte la lumière); en général, on voit mieux avec les yeux légèrement plissés car si l’on est un peu myope ou astigmate, cela réduit le flou rétinien (le mécanisme inverse explique pourquoi les faibles myopes ont une vision qui se dégrade rapidement dans la pénombre en raison de l’ouverture pupillaire). Le jeu palpébral peut aussi moduler l’étalement du film lacrymal et parfois, par le biais d’une légère pression, déformer la cornée ce qui modifie légèrement la vision.

  14. Dr Damien Gatinel

    La sensation subjective d’une vision un peu floue après correction même incomplète d’une faible hypermétropie est classique chez les hypermétropes. Je vous conseille de porter vos corrections en fonction des activités; elle sera plus indiquée pour un travail prolongé sur écran que pour la pratique de loisirs. Concernant les images fantômes, il n’y a pas d’urgence; essayez d’étudier la possibilité que vous vous frottiez les yeux un peu trop souvent, et à l’occasion faites une topographie cornéenne pour étudier la régularité de la cornée (c’est la source la plus fréquente de petites anomalies visuelles telles que celles que vous décrivez.

  15. Xavier

    Bonjour Dr GATINEL,

    Un immense MERCI pour votre site qui est une mine d’or . Vous êtes vraiment un site de référence clair et bien documenté .Bravo !

    Je vais faire court et efficace car beaucoup de choses ont déjà été dites :

    Après des années de fatigue visuelle et 3 ou 4 ophtalmologues qui me disaient  » circulez tout va bien vous avez une vue parfaite  » on me retrouve, enfin , à 35 ans, sous-cyclopégique ( SKIACOL ) l’acuité visuelle suivante :

    {OD : +1.00 (-0,50) à 20° 10/10 P2} et {OG : +1.00 (-0,50) à 175° 10/10 P2}

    Je suis donc plus hypermétrope qu’astigmate et mon médecin m’a prescrit pour la 1ère fois de ma vie ( j’ai 35 ans ) des lunettes qui corrigent de moitié ( 1/2 COT ) pour asthénopie accomodative .

    Grosse amélioration sur la fatigue visuelle mais au prix d’une acuité visuelle réduite ( notamment de loin où je vois moins bien ) . Cela fait 2 mois que je les porte et je ne peux pas affirmer que c’est vraiment mieux ( je suis plus à l’aise en les enlevant mais je suis bien conscient que cela se fait au prix d’un effort d’accommodation inconscient )

    En parallèle j’ai fait des séances d’orthoptie qui ont amélioré ma convergence .

    Voilà pour le contexte .

    Aussi et SURTOUT, je me reconnais à 200% dans tous les symptômes d’images fantômes décrits ci-dessus ( sous-titres, éclairage urbain, phares de voiture, absolument TOUT cela présente des halos notamment la nuit )

    1) est ce qu’une anomalie abérrométrique seule peut expliquer ( ou pouvait expliquer ) ma fatigue visuelle ?

    2) Dois je garder les lunettes ( 1 orthoptiste sur deux me dit que dans mon cas ça ne sert à rien, qu’il s’agit d’asthénopie musculaire et pas accomodative )

    3) Où réaliser un examen OPD SCAN III le PLUS COMPLET possible sur la région lyonnaise ?
    Sinon, si je passe par vous ou par le Dr SAAD, quelle rubrique dois je sélectionner sur Doctolib ?

    Merci pour votre bienveillance

  16. PaupiereDouble

    Bonjour je suis astigmate depuis des années et j ai une diplopie (monoculaire donc à cause de l astigmatisme) qui empire d annees en annees mais rien de grave les lunettes corrigent assez bien cela.

    Mais j ai remarque que la diplopie empire selon si je plisse les yeux ou non (même avec les lunettes) , je vois triple et la vue pulse quand les yeux sont presque fermés.

    Par ailleurs si je plisse les yeux et que je tourne la tête, les lettres se déforment surtout devant une source de lumière, C est normal ?

    Rien de préoccupant mais j aimerai savoir par curiosité d ou vient ce phénomène de diplopie qui empire et pulse ( l image monte et descends) selon mes paupières

  17. Dr Damien Gatinel

    Il s’agit certainement d’un phénomène lié à la compensation (correction) d’une déformation cornéenne de type astigmatisme comme vous le pressentez.

  18. Severine

    Bonsoir,

    Je me permets de vous poser une question. Pourquoi ma vision devient parfaitement nette quand j’appuie un peu sur mes yeux en haut de chaque œil que le côté de la paupière ? Est ce en rapport avec un astigmatisme ? Merci

  19. Dr Damien Gatinel

    Merci pour votre témoignage. Les différences de perception ont probablement une origine physique (chromatisme oculaire) et peut être neurophysiologique (la rétine est plus sensible au vert qu’au rouge ou au bleu). Si le phénomène est corrigé par vos lunettes, il est le fruit probable d’un astigmatisme plus ou moins régulier.

  20. Alain Baulard

    Bonjour et merci pour cet excellent article,

    Je vous écris pour vous relater mon expérience de dédoublement optique et qui n’est pas je crois explicitée dans votre article. Je viens d’acheter un niveau laser de couleur verte. Dès sa mise en fonction, j’ai été frappé par ma perception d’un dédoublement de la ligne laser à une distance supérieure à environ 3 m. J’ai donc repris mon ancien laser rouge, et là, surprise, aucun phénomène de dédoublement, et ce même dans la pénombre. Les deux lasers sont assez semblable en intensité, et je n’ai donc pas l’impression que la différence de perception soit liée au phénomène que vous décrivez dans le texte: « Le patient réalise qu’il voit double avec un œil: cette perception est maximale dans certaines circonstances, comme le visionnage de films sous titrés: pour se détacher des images du film, les sous titres sont particulièrement lumineux, et leur dédoublement bien visible. L’ambiance sombre des salles de projection provoque une dilatation de la pupille irienne (mydriase) qui concourt également à accroître l’effet d’aberrations à l’origine des parasites visuels. »
    Je suis légèrement myope et presbyte, et ce phénomène est corrigé par mes lunettes. Si vous aviez une explication physique à me donner, j’en serais ravi. Merci encore et bien cordialement. AB

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