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Images fantômes vision double

La perception visuelle d’images « fantômes » est une source d’inquiétude et d’inconfort visuel chez les patients qui découvrent parfois de manière inopinée ces symptômes par l’apparition d’un dédoublement d’une ligne de sous titres de cinéma, d’un deuxième croissant de lune décalé dans le ciel nocturne, etc.  Ces symptômes, quand ils sont monoculaires (ils persistent quand on ferme l’autre œil : on parle de diplopie monoculaire) sont quasiment toujours d’origine optique.  Les images fantômes sont ainsi une indication à la réalisation d’un examen aberrométrique, et idéalement topo-aberrométrique (étude aberrométrique de l’œil entier couplée à une étude de la cornée seule par topographie cornéenne). Dans la plupart des cas, une origine cornéenne est en cause; on constate une déformation asymétrique dont la cause est le plus souvent la réalisation de frottements oculaires excessifs.

Symptômes de vision dédoublée, images fantômes.

On peut  qualifier d’image fantômes toute image « parasite » dont le motif perçu par le patient présente une certaine fidélité avec  l’image principale. Le patient réalise qu’il voit double avec un œil: cette perception est maximale dans certaines circonstances, comme le visionnage de films sous titrés: pour se détacher des images du film, les sous titres sont particulièrement lumineux, et leur dédoublement bien visible. L’ambiance sombre des salles de projection provoque une dilatation de la pupille irienne (mydriase) qui concourt également à accroître l’effet d’aberrations à l’origine des parasites visuels.

vision double d'un oeil: sous titres doublés
Exemple de perception d’une ligne de sous titres perçues comme dédoublés vers le bas: on parle alors de « diplopie monoculaire verticale ».

Même s’ils sont parfois associés aux images fantômes, les halos lumineux correspondent à un étalement circulaire concentrique de la lumière autour de la source ; ils ont souvent une origine optique, mais ne correspondent pas exactement à la symptomatologie de l’image fantôme. Les « starbusts »,  anglicisme consacré pour l’aspect particulièrement étoilé ou « spiculé » d’un point source lumineux sont également distincts des images dédoublées , même s’ils sont également liés à une réduction de la qualité optique de l’œil. La célèbre toile de Van Gogh intitulée « Nuit étoilée »’ fournit une représentation artistique de la perception subjective de ces « halos » lumineux. Comme souligné précédemment, les symptômes visuels caractéristiques des images fantômes sont « monoculaires » : quand on ferme un œil, puis l’autre, cette vision dédoublée ou décalée persiste pour au moins l’un des yeux (une vision double peut être observée sur les deux yeux séparément). En revanche, si  l’occlusion d’un œil supprime la vision double, l’origine n’est pas optique mais orthoptique (parallélisme oculaire « défaillant »). Les images fantômes sont essentiellement perçues quand la luminosité ambiante se réduit, et quand l’œil fixe des sources lumineuses particulièrement vives, qui se détachent aisément sur un fond sombre (ex: sous titres, affichages urbains lumineux, néons, LEDs etc.). Autrement dit, plus l’objet observé est contrasté, et plus la sensation d’image(s) fantômes(s) est marquée. La vision double étant liée à l’existence d’un foyer lumineux « parasite »,  ou d’un étalement lumineux directionnel (contrairement au halos où l’étalement lumineux est concentrique).  Il est logique que plus une source lumineuse  soit vive, plus le foyer secondaire reçoit de l’énergie et stimule efficacement les photorécepteurs rétiniens concernés.

image fantome diplopie monculaire vision dédoublée
Représentation schématique de l’étalement lumineux pour un oeil atteint de diplopie monoculaire horizontale. Au lieu de stimuler « un » photorécepteur, la dégradation du stigmatisme provoque une dispersion horizontale de l’énergie lumineuse.

L’observation d’une ligne de sous titres, d’une lampe de feu de signalisation, de lumières de lampadaire au loin, ou du croissant de lune par l’œil concerné permet généralement au patient de caractériser l’intensité et la localisation de la ou les image(s) fantôme(s) (au dessus, en dessous, etc. de l’image principale). La distance et la taille des sources lumineuses (leur diamètre apparent) influent également sur les images fantômes: les images fantômes sont souvent plus prononcées quand la source est éloignée, et occupe un angle visuel restreint.  

Mécanisme optique à l’origine des images fantômes

La cornée et le cristallin permettent de focaliser la lumière émise ou réfléchie par les objets environnants et captée par l’œil. La vision centrale est fovéale :  la lumière captée par la ou les cibles fixées doit être focalisée sur la mosaïque des photorécepteurs rétiniens de la fovéa. Si l’image d’un objet est double, c’est qu’il se produit une répartition particulière de l’énergie lumineuse incidente focalisée sur l’écran rétinien (fovéa). On peut décomposer une scène fixée en un ensemble de points sources élémentaires : ces points sources doivent être imagés de manière aussi « ponctuelle » que possible sur la rétine pour y « recomposer » une image fidèle de la source : cette propriété est dénommée : « stigmatisme ».  Ainsi, un bon stigmatisme (propriété qui permet à un point source d’être imagé de manière quasi ponctuelle dans le plan de recueil de l’image – ici la rétine) est une condition importante pour l’obtention d’une bonne performance en optique visuelle. Dans certaines circonstances,  l’image d’un point source peut donner lieu à une image ponctuelle principale et une image ponctuelle « satellite ». Une partie de l’énergie lumineuse émise par la source et captée par l’oeil est focalisée en un foyer principal, et un foyer secondaire (où il existe une « concentration » suffisante d’énergie lumineuse émise par la source pour donner lieu à un « foyer perçu », par une stimulation efficace des photorécepteurs. Par assimilation à un ensemble de point sources, l’information lumineuse transportée depuis la source observée sera donc scindée en deux foyers. La direction du foyer secondaire donne la direction selon laquelle l’image décalée est perçue. Du fait de l’inversion rétinienne, un décalage anatomiquement noté « vers la droite » du foyer secondaire par un observateur qui survolerait la rétine du patient à l’intérieur de l’œil serait de fait perçu comme un dédoublement « vers la gauche » par le patient. Dans le cas d’images fantômes multiples (polyplopie), il existe non pas un mais plusieurs foyers lumineux secondaires, où l’énergie lumineuse incidente est suffisamment concentrée pour qu’une image « fantôme » apparaissent par juxtaposition de ces foyers.

Exploration aberrométrique

L’exploration aberrométrique permet de confirmer l’origine optique des symptômes et, confrontée à l’examen ophtalmologique, en préciser la cause. NB: Ce simulateur permet d’étudier l’impact des aberrations optiques sur la vision: en cas de vision dédoublée, les aberrations dites « impaires » (exemple coma verticale z(3,-1), trefoil, etc. ) sont impliquées.

Confirmation de l’origine optique : calcul de la PSF et convolution

Calcul de la PSF

Pour étudier le stigmatisme de l’œil, l’aberromètre mesure le front d’onde oculaire puis effectue un calcul de la PSF (Point Spread Function) ou FEP (Fonction d’Etalement du Point). Ce calcul peut être accompli pour l’ensemble des défauts optiques de l’œil (aberrations de bas et haut degré) ou simplement les aberrations de haut degré ; dans ce cas, on simule l’image rétinienne d’un point source vu par un œil corrigé pour le défocus (myopie ou hypermétropie) et l’astigmatisme. L’aspect de la PSF est un élément d’importance ; un aspect dédoublé, où la lumière se concentre en au moins une zone secondaire située près d’un foyer principal permet d’étayer l’origine optique d’une sensation de vision dédoublée ou multiple.  

Convolution

A partir de la PSF, on peut générer une image dite « convoluée » d’une planche de lecture pour mesure de l’acuité visuelle.  L’image ainsi constituée peut être comparée avec la sensation décrite par le patient ; comme pour la PSF, une homologie en termes de direction ou de répartition spatiale des images fantômes (haut, bas, gauche, droite, etc.) permet d’accréditer l’hypothèse optique des perturbations visuelles. Il est souvent instructif de faire dessiner au patient l’image qu’il perçoit d’une source lumineuse ponctuelle éloignée,  ou d’une lettre (optotype) et de la comparer à la PSF calculée par l’aberromètre ou l’image convoluée de l’optotype pour les mêmes conditions de correction ( pour les aberrations de bas et haut degré pour un œil non corrigé, pour les seules aberrations de haut degré si le patient est corrigé en lunettes).

diplopie horizontale, convolution vs dessin vision double
Exemple d’image convoluée (après recueil du front d’onde oculaire et calcul des aberrations optiques de haut degré – OPD SCAN III Nidek) et de dessin à main levée. Le patient avait reçu un implant multifocal réfractif ( M plus Oculentis) et se plaignait depuis d’une vision dédoublée horizontalement (images fantômes).

Même si le parallélisme n’est parfait, la présence de similitudes qualitatives permet en général de corroborer les symptômes du patient à l’aspect que revêt la PSF théorique, ou l’image convoluée. Les différences entre la PSF ou image) calculée et la PSF (ou image) dessinée (perception visuelle « subjective ») tiennent à de nombreux facteurs comme le fait que la PSF est un calcul d’optique physique, qui ignore les mécanismes de transduction, codage et transmission de l’information captée au niveau rétinien vers les aires cérébrales visuelles, et que ce calcul est accompli pour une correction soit totale ou soit nulle des aberrations de bas degré (alors que la correction en lunettes peut être imparfaite). Enfin, l’effet d’opacités diffusantes (fréquentes en cas de cataracte, ou d’inflammation cornéenne post laser) n’est généralement pas bien rendu au niveau du calcul de la PSF. De même, la présence de plis ou micro plis au niveau d’un capot de LASIK est une source potentielle de dédoublement d’image, mais le très haut degré des aberrations optiques générées excède parfois la plage dynamique de l’aberromètre. Le recours à l’aberrométrie double passage (OQAS) est une option intéressante quand on suspecte la présence d’une diffusion optique et/ou la présence d’aberrations de très haut degré.  

Causes et origine des images fantômes.

La cornée et le cristallin sont les principales tuniques optiques de l’œil humain. C’est à leur niveau que peuvent siéger les phénomènes optiques responsable de l’apparition d’images fantômes.

Images fantômes d’origine cornéenne

La topographie cornéenne couplée à l’examen aberrométrique est l’examen de choix quand on explore les pathologies listées ci après. En particulier, il faut privilégier les instruments topographiques dont le logiciel d’analyse permet le calcul spécifique des aberrations cornéennes, ainsi que le calcul de la PSF cornéenne. La présence d’une asymétrie cornéenne prononcée est une cause fréquente d’image fantômes, et qui résiste à la correction en verres de lunettes. Le kératocône, qui est associe déformation et amincissement progressifs de la cornée, est une étiologie (cause) fréquente de vision dédoublée. Le kératocône est une affection cornéenne provoquée par la réalisation de frottements oculaires répétés et intenses (allergie, sécheresse et irritation oculaire, fatigue, etc.). Ces frottements provoquent l’apparition d’une déformation progressive permanente de la cornée; cette déformation est irrégulière et induit une perte de la qualité optique de l’oeil, caractérisée par l’élévation de certaines aberrations optiques comme le coma, le trefoil, etc. La diplopie apparaît ou se majore quand la pupille se dilate. Ainsi, l’exploration d’une sensation d’image fantôme permet souvent de découvrir un kératocône débutant infra clinique. Celle-ci est liée à l’asymétrie et/ou  l’irrégularité cornéenne. Classiquement, l’élévation du taux des aberrations optiques de haut degré de type coma est responsable d’un « étalement » directionnel de la PSF, bien corrélé à la sensation de l’image fantôme.

images fantomes & keratocone aberrométrie
Examen topo aberrométrique chez un patient atteint de kératocone présentant une sensation de diplopie verticale. La PSF est calculée à partir des aberrations de haut degré du front d’onde oculaire total (elle est représentée telle que « perçue » par l’oeil). Carte Optical Quality Display ((c) D Gatinel – Nidek

Tout traumatisme cornéen (cicatrice) induisant une déformation marquée et asymétrique de la cornée au niveau de l’aire pupillaire est également potentiellement inductrice d’une sensation d’image fantôme. L’astigmatisme irrégulier après greffe de cornée (kératoplastie) est potentiellement inducteur d’une sensation de dédoublement simple ou multiple de l’image, malgré la correction d’un astigmatisme régulier souvent marqué. Les déformation du greffon et les tractions imposées par les points de sutures sont responsables d’asymétries prononcées. La kératotomie radiaire, technique aujourd’hui obsolète (supplantée par les techniques laser depuis la fin des années 90) reposait sur la réalisation d’incisions cornéennes profondes en « étoile » autour de la pupille. Les nécessaires imperfections liées à ce geste manuel étaient source d’une importante irrégularité de la surface de la cornée Enfin, les plis de capot en LASIK peuvent être à l’origine de l’apparition d’un dédoublement gênant de l’image. S’il existe en général une bonne corrélation spatiale entre la direction du dédoublement et l’orientation du pli, les mécanismes propres à l’acquisition des données permettant le calcul du front d’onde oculaire par l’aberromètre ne permettent pas toujours de caractériser l’effet optique de ces plis.  

Origine interne (cristallin, implant)

La survenue d’une opacification partielle ou diffuse du cristallin peut être responsable d’une diplopie monoculaire, voire même d’une polyplopie. L’existence de fluctuations locales de l’indice de réfraction du cristallin opacifié peut créer des variations importantes de la puissance réfractive du cristallin; certaines cataractes nucléaires évoluées provoquent parfois la perception d’une « triplopie » ( vision triple). Un implant subluxé et/ou basculé (tilté) est également pourvoyeur d’une diffusion lumineuse latérale (dans le sens de la bascule ou du déplacement de l’implant, à l’inversion rétinienne près du point de vue de la perception subjective).  Le calcul des aberrations optiques internes (extra cornéennes) permet d’accréditer l’origine interne de ces troubles visuels. La disparition des symptômes après chirurgie du cristallin et/ou refixation de l’implant cristallinien permet enfin de confirmer a posteriori l’origine interne de ces symptômes. Les implants multifocaux, en particuliers réfractifs avec répartition asymétrique de la puissance additionnelle de près, peuvent être à l’origine de perception d’images fantômes, quand ils sont insérés dans des yeux dont la qualité optique du dioptre cornéen est altérée. Les implants multifocaux réfractifs induisent la multifocalité grâce à un « cocktail » d’aberrations optiques de haut degré (la profondeur de champ procurée par l’implant est augmentée grâce à la réduction du stigmatisme procurée par ces aberrations). Si la cornée génère un taux additionnel d’aberrations (altérations de la surface cornéenne, kératocône infra clinique méconnu, irrégularité de la courbure cornéenne, cicatrice, astigmatisme non corrigé, etc.), l’addition d’un implant réfractif expose à une réduction importante de la qualité de l’image rétinienne.

L’aberrométrie permet d’objectiver la manière dont un implant réfractif multifocal induit la multifocalité nécessaire à l’induction d’une vision de près non corrigée. Dans le cas de cet implant (Oculentis M plus), deux zones sectorielles inférieures permettent un ajout local de puissance réfractive, pour la vision de près. Ces résultats topo aberrométriques (OPD SCAN III, Nidek) ont été acquis après implantation multifocale chez une patiente opérée de cataracte, se plaignant d’une mauvaise récupération visuelle, avec perception d’images fantômes (dédoublement horizontal). Les variation diopriques de la carte réfractive (carte OPD , pout l’œil entier) sont dictées par les aberrations internes, mais il existe une zone sectorielle supplémentaire d’addition (flèche jaune), possiblement liée à l’existence d’un astigmatisme cornéen direct (flèche rouge). La patiente se plagiant d’un dédoublement horizontal vers sa droite (l’image dessinée par la patiente ainsi que le rendu correspondant à la convolution par la PSF et calculé par l’aberromètre sont représentés plus haut)

La présence de plis prononcés de la capsule du cristallin peut induire un effet de dédoublement ou des trainées lumineuses autour des sources de lumière vive. L’orientation des trainées perçues est similaire à celle des plis, à l’inversion rétinienne près.

plis de capsule lampe à fente
La chirurgie de la cataracte consiste à remplacer le cristallin opacifié par un implant. On conserve toutefois l’enveloppe du cristallin, appelée capsule. L’examen à la lampe à fente (biomicroscope) permet de bien objectiver la présence de plis marqués de la capsule postérieure. Ces plis peuvent être observés en cas de laxité de la zonale du cristallin, ou au cours de l’évolution de la cataracte secondaire.

Un test simple consiste à montrer au patient un motif visuel élémentaire comme un disque source, puis lui demander de dessiner l’orientation et l’aspect des trainées visuelles. Voici ce qu’observe le patient précédent avec son oeil opéré de cataracte mais avec des plis de la capsule postérieure:

L'encadré correspond au dessin à main levée effectué par le patient au cours de l'observation d'un disque lumineux avec l'oeil opéré de cataracte. La nuit, ce patient perçoit des zébrures lumineuses, des traits autours des phares de voiture, réverbères, etc.
L’encadré correspond au dessin à main levée effectué par le patient au cours de l’observation d’un disque lumineux avec l’oeil opéré de cataracte. La nuit, ce patient perçoit des zébrures lumineuses, des traits autours des phares de voiture, réverbères, etc.

Un cas particulier : le rainbow glare

  Le « rainbow glare  » (rainbow = arc en ciel) est une sensation de dédoublement des images lumineuses, avec une gradation en « arc en ciel ». Cette complication survient au décours immédiat du LASIK (avec laser femtoseconde). Une page lui est spécifiquement consacrée.  

240 réponses à « Images fantômes vision double »

  1. Dr Damien Gatinel

    A priori votre diplopie n’est pas pathologique, en revanche une diplopie chez un enfant doit effectivement faire l’objet d’un bilan et d’un traitement adapté en fonction de la cause.

  2. David

    Bonjour,

    Merci pour votre article. Pour ma part je dois avoir tous les symptômes mais je vie avec depuis tout petit j’ai 36 ans et jusqu’à aujourd’hui je pensais que s’était normal de voir double quand je me concentre sur un objet. Je ne vois pas double le reste du temps mais si je fixe un objet je peux décider de le voir double ou pas. Je croyais cela normal jusqu’à ce que mon fils de 3 ans voit double aussi et que l’orthoptiste me dise que c’est pas normal du tout. J’ai un œil paresseux et je suis astigmate. Pensez vous que je dois consulter un spécialiste si ça ne me dérange pas au quotidien ?

    Merci,
    Bonne journée.

  3. Dr Damien Gatinel

    cela parait suffisant.

  4. Dr Damien Gatinel

    Il peut s’agir d’un léger astigmatisme cornéen ou d’opacités du cristallin (causes les plus fréquentes de vision dédoublées d’un oeil: diplopie monoculaire).

  5. Mestre

    depuis 5 ou6 mois environ, je vois les étoiles en double; j’ai testé avec et sans lunettes et en masquant alternativement chaque œil. Le problème se reproduit pour chaque œil ou les deux yeux ensemble. j;ai consulté un ophtalmo, après examen, il m’a assuré que tout est normal. je ne rencontre ce problème qu’en regardant les étoiles ; Dois-je m’en inquiéter ? mon age est de 70 ans

  6. Mélanie Domergue

    Bonjour,

    Merci pour votre réponse Docteur ! Pour le moment je mets des gouttes Dulcilarmes, pensez-vous qu’elles sont suffisantes ? Merci d’avance et passez une belle semaine !

  7. GRIAANAS

    Merci Docteur pour votre reponse Docteur !
    Quand vous dites que ça peut etre lié à sécheresse? microplis superficiels post SMILE?)
    Quelles seront les solutions svp ? dois-je accentuer le traitement de secheresse oculaire par exemple ?
    et si c est une micro irregularité legere , c est quoi la solution pour me soulager svp ?
    L amelioration de la surface oculaire se fait comment ?

  8. Dr Damien Gatinel

    Le kératocône correspond à une déformation cornéenne qui occasionne des effets optiques qui ne peuvent pas tous être corrigés en lunettes, et se traduisent justement par des dédoublements légers (typiquement vers le bas en cas de kératocône). Ceci ne peut totalement se résorber, mais l’adjonction de larmes permet d’améliorer l’état du film lacrymal et corriger une partie de l’irrégularité. Dans tous les cas, il est crucial de ne plus se frotter les yeux et modifier votre position de sommeil si celle-ci vous oblige à appuyer sur vos yeux (dormir sur le ventre ou le côté est déconseillé; cela pourrait toutefois expliquer vos épisodes d’irritation nocturne).

  9. Mélanie Domergue

    Bonjour docteur,

    Alors voilà, j’ai un kératocône depuis 2013 (d’abord sur l’œil droit, et aujourd’hui sur les deux, mais le droit est le plus affecté). Je porte encore des lunettes car la correction se fait très bien de loin avec celles-ci, et je vois aussi bien de près. J’ai essayé des lentilles rigides de 2014 à 2016, mais je ne les supportais pas.
    En 2019, j’ai eu plusieurs phases (en général de 4 jours) et tous les deux mois d’œil qui pique/brûle, rouge et sensible à la lumière. La « crise » survenait surtout la nuit ou au matin et ne durait que quelques minutes. Par contre, les effets (sensibilité à la lumière, vision floue) pouvaient me gêner jusqu’à 4 jours. On m’a dit que c’était lié à une allergie au pollen et on m’a prescrit des gouttes, et puis ça a fini par disparaître.

    Depuis près d’un an, je remarque néanmoins qu’en état de fatigue, ma vision de loin peut faire apparaître quelques halos/phénomènes de dédoublement (par exemple, voir en double de quelques centimètres le haut de la tête des passants, comme en image fantômes). Cela n’arrive pas toujours, et peut se corriger par le port de lunettes. Ce phénomène s’atténue d’ailleurs depuis 3 mois, car je mets 3x par jour des gouttes pour lutter contre la sécheresse oculaire (Dulcilarmes).

    Je remarque néanmoins depuis quelques mois de petites images fantômes autour de sources lumineuses (horizontales ou verticales) : autour de voyants d’ordinateur par exemple, feux de signalisation ou lampadaires. Là encore, ce phénomène est plus important en fonction des jours et/ou de la luminosité. Je me demande donc s’il est possible de corriger ou du moins d’atténuer ces phénomènes au quotidien (peut-être avec un autre choix de gouttes ?) J’ai de la chance qu’ils ne représentent qu’une petite gêne (comme l’écriture blanche sur fond noir, qui a tendance à baver un peu en haut ou en bas)

    Merci d’avance et passez une bonne journée,

  10. GRIAANAS

    Merci pour votre reponse Docteur !
    Quand vous dites que ça peut etre lié à sécheresse? microplis superficiels post SMILE?)
    Quelles seront les solutions svp ? dois-je accentuer le traitement de secheresse oculaire par exemple ?
    et si c est une micro irregularité legere , c est quoi la solution pour me soulager svp ?

    L amelioration de la surface oculaire se fait comment ?

  11. Bonjour,

    J’ai une question très importante. J’ai des images fantômes mais j’ai remarqué ce problème qu’après je crois un examen chez l’orthoptiste qui m’a conseillé de mettre 3 gouttes de skiacol sur chaque oeil avant le rdv. Pensez vous que ce collyre peut causer ces images fantômes ? Est il dangereux ?

    Merci

  12. GRIAANAS

    Merci pour votre reponse Docteur !
    Quand vous dites que ça peut etre lié à sécheresse? microplis superficiels post SMILE?)
    Quelles seront les solutions svp ? dois-je accentuer le traitement de secheresse oculaire par exemple ?
    et si c est une micro irregularité legere , c est quoi la solution pour me soulager svp ?

  13. Dr Damien Gatinel

    L’orthoptie ne sert à rien dans ce contexte, mais améliorer l’état de la surface oculaire peut être bénéfique à la fois pour la vision, et aussi pour soulager l’inconfort local qui provoque souvent l’envie de frotter… et ce sont les frottements qui induisent le kératocône débutant. Il est donc crucial de cesser tout frottement oculaire local.

  14. Liam

    Bonjour docteur,

    J’ai ces dédoublements et images fantômes a cause d’un keratocone débutant et une déformation de la cornée.

    Ya t’il des solutions pour supprimer ce problème ou au moins le diminuer ?

    Les séances d’orthoptie peuvent elles supprimer ce problème ?
    J’ai les yeux très secs, est ce que ça pourrait être la cause en partie de ces dédoublements ?

    Merci a vous

  15. GRIAANAS

    Merci pour votre reponse Docteur !
    Quand vous dites que ça peut etre lié à sécheresse? microplis superficiels post SMILE?)

    Quelles seront les solutions svp ? dois-je accentuer le traitement de secheresse oculaire par exemple ?

    et si c est une micro irregularité legere , c est quoi la solution pour me soulager svp ?

  16. Dr Damien Gatinel

    Le problème n’est pas forcément l’existence d’astigmatismes sous diagnostiqués mais d’une part celui de savoir à partir de quel degré d’astigmatisme une correction de celui-ci est nécessaire; la majorité des patients qui lisent 15/10 sans correction présentent de légers astigmatismes objectifs (de magnitude 0.25 ou 0.50 D – en valeur absolue). Même si cette non correction peut être à l’origine de légers dédoublements dans certaines conditions ceci n’est pas forcément très gênant. A l’astigmatisme régulier s’ajoute toujours un certain degré d’astigmatisme irrégulier (aberrations dites de haut degré) et celles-ci peuvent aussi altérer la vision. Le point le plus important me parait être celui des astigmatisme acquis, qui apparaissent dans l’enfance ou l’adolescence, généralement chez les patients qui se frottent un peu trop les yeux. Leur direction est généralement dite oblique ou inverse. Ils sont le premier stade cliniquement détectable d’une déformation qui peut, si les frottements perdurent et s’intensifient, évoluer vers un kératocône constitué. Tout adolescent présentant un astigmatisme léger mais évolutif devrait bénéficier d’un examen topographique et de mesures préventives (arrêter les frottements vigoureux avec les phalanges). Malheureusement, ce message peine à passer pour des raisons de conservatisme et d’incompréhension partielle des mécanismes impliqués.

  17. Dr Damien Gatinel

    L’instillation de larmes artificielles permet de régulariser la surface cornéenne et l’origine de votre symptôme est probablement liée à une légère irrégularité de surface (sécheresse? microplis superficiels post SMILE?)

  18. GRIAANAS

    Bonsoir DR Gatinel !

    je veux vous poser une question svp concernant ma vision post smile .

    Est-normal d avoir un dedoublement de lignes blanches sur fond sombre svp ? sachant que quand j utilise un collyre de larmes artificielles en clignant les yeux ça disparrait oû quand mes yeux ont un larmoiment je vois une image trés nette mais juste aprés je revois flou un peu .

    J ai ni decentrement , ni astigmatisme d’apres mon medecin
    cela fait 6 mois post smile et j ai ce probleme qui m intrigues ! avez vous une idee sur ce ça pourrait etre svp ?

  19. Pierre Lebeaupin

    Hmm, donc il n’est pas facile d’affirmer un cas ou l’autre, en tous cas sur la seule base des descriptions du patient. Je vous expose mon souci: pour commencer, je suis persuadé qu’il y a une prévalence significative d’astigmatismes sous-diagnostiqués. En effet, même si (fort heureusement) on recherche systématiquement un éventuel astigmatisme lors des évaluations d’acuité visuelle, il reste fort possible de passer à côté car un patient sera susceptible de lire même la dernière rangée, surtout dans les conditions du cabinet, alors lorsqu’on arrive « seulement » au niveau de correction où seul un axe est correctement corrigé, avec donc une amélioration difficile a repérer (y compris pour celui-ci) lorsqu’on tente d’explorer à partir de là les niveaux de correction prenant en compte un éventuel astigmatisme. Et en particulier lorsque les lettres (ou les motifs en général) sont en noir sur fond lumineux, car du noir qui bave est beaucoup moins visible que du blanc qui bave (je n’ai malheureusement jamais pu trouver une alternative sur le marché).

    Et ce phénomène de sous-diagnostic deviendrait maintenant plus visible avec le développement de la visualisation de contenu vidéo sous-titré auprès du grand public (on peut penser à Netflix), ainsi que d’interfaces utilisateur « mode nuit », avec dans les deux cas du texte en blanc sur fond noir (avec un contraste encore accru par les écrans OLED où le noir est vraiment noir, par opposition aux écrans LCD où le contraste atteignait péniblement 1000:1).

    Et donc dans un contexte où ce phénomène aurait une prévalence non-négligeable, pour diagnostiquer un phénomène plus spécifique (notamment par son étiologie) comme celui d’images fantômes il serait souhaitable d’avoir une procédure de diagnostic d’une bonne spécificité, ou au moins en préalable de pouvoir écarter un astigmatisme mal diagnostiqué jusque ici, en mettant donc les moyens appropriés (mires meilleures et plus adaptées aux usages courants, plus de temps passé à la recherche de l’astigmatisme, etc.)

    Malheureusement, le temps qu’il est possible de consacrer aux patients en France par consultation d’ophtalmologie ne me rend pas optimiste sur la faisabilité d’une telle chose…

  20. Dr Damien Gatinel

    La présence d’un astigmatisme non corrigé pur peut induire impression de vision légèrement floue et possiblement dédoublée en fonction de l’orientation des motifs visualisés.
    A noter que la convention de l’expression sphérocylindrique qui exprime un défaut réfractive comme sphere (cylindre x axe) est en fait celle d’un défaut optique dont la myopie (ou l’hypermétropie) est en toute rigueur égale à S+(1/2)xC. Un astigmatisme « pur » correspond à une défaut pour lequel S+C/2=0 (ex: +0.50 (-1 x 0°) ).

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