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Astigmatisme – explications

Astigmatisme : Comprendre ce Défaut Optique Tridimensionnel

L’astigmatisme est un défaut optique dont il s’avère souvent difficile de fournir une explication simple. La plupart des yeux humains sont affectés de ce défaut optique, dont la correction peut être négligée quand elle est mineure, mais qui peut induire un flou visuel gênant pour des magnitudes supérieures à 0.50 D (une demi-dioptrie). Cette page est une tentative d’explication didactique de ce qu’est l’astigmatisme en termes de « trajet lumineux » des rayons réfractés par un système optique présentant de l’astigmatisme.

???? Points clés

  • Prévalence : L’astigmatisme représente environ 10-13% des erreurs réfractives ; 22-28% des patients opérés de cataracte ont un astigmatisme significatif (> 1.0 D)
  • Seuil clinique : Un astigmatisme > 0.50 D peut induire un flou visuel et une fatigue oculaire
  • Nature : Défaut optique tridimensionnel où la puissance varie selon les méridiens
  • Correction : Verres cylindriques, lentilles toriques, implants toriques, chirurgie réfractive laser (LASIK, PRK, SMILE)
  • Implants toriques : Méthode la plus prédictible pour corriger l’astigmatisme cornéen lors de la chirurgie de la cataracte

Les aspects relatifs à la notation de l’astigmatisme, ainsi que les écritures et formules de conversion, sont disponibles sur cette page : astigmatisme, définitions et formulations. Les notions relatives à la correction chirurgicale de l’astigmatisme sont traitées plus en détail dans les pages consacrées aux implants toriques, et aux profils d’ablation laser pour la correction de l’astigmatisme.

1. Astigmatisme : définition générale

L’astigmatisme est en ophtalmologie un défaut optique de l’œil fréquent, correspondant à une amétropie dite cylindrique, qui peut être associée aux amétropies dites sphériques (myopie ou hypermétropie), et qui provoque un flou visuel non corrigible par un verre sphérique seul. L’astigmatisme requiert en effet une correction par un verre dit « cylindrique » (cylindre), une lentille torique ou un implant torique. L’astigmatisme peut être :

  • Isolé (astigmatisme simple)
  • Associé (astigmatisme composé) à la myopie, l’hypermétropie, et/ou la presbytie

C’est un défaut tout à fait opérable en chirurgie réfractive et en chirurgie de la cataracte.

Astigmatisme régulier vs irrégulier

L’astigmatisme peut être régulier ou irrégulier. Cette page aborde le cas de l’astigmatisme régulier (ou « défocus cylindrique ») qui correspond à l’astigmatisme que l’on peut corriger en lunettes. L’astigmatisme irrégulier correspond à l’ensemble des aberrations optiques de haut degré qui ne sont pas corrigibles par les verres de lunettes. Les implants toriques ne corrigent que l’astigmatisme régulier.

L’astigmatisme régulier peut être corrigé non seulement par le port d’un verre de lunette, mais également par celui d’une lentille de contact torique, ou par une chirurgie réfractive appropriée (le plus souvent au laser, plus rarement par implant torique ou par incisions cornéennes relaxantes).

2. Astigmatisme : un défaut optique tridimensionnel

Pour appréhender l’astigmatisme, il faut raisonner dans les trois dimensions de l’espace. Une coupe de l’œil permet de représenter schématiquement le trajet des rayons lumineux dans les yeux myopes, emmétropes ou hypermétropes.

représentation des rayons dans un œil myope hypermétrope ou astigmate en deux dimensions
En coupe plane (dans un monde bidimensionnel), l’œil restreint à un plan de coupe (un méridien, surligné en rouge au niveau de la cornée) peut être soit myope, soit emmétrope, soit hypermétrope. Quel que soit le plan de coupe, le trajet des rayons est le même dans un œil dépourvu d’astigmatisme. Dans un œil astigmate, la réfraction des rayons lumineux varie selon le plan de coupe. L’astigmatisme oculaire ne peut être représenté fidèlement que dans les trois dimensions de l’espace.

Dans un œil astigmate, la réfraction des rayons lumineux varie avec le méridien considéré ; un œil peut être emmétrope selon une direction (ex. : méridien horizontal) et myope (ou hypermétrope) selon une autre (ex : méridien vertical). Dans un œil astigmate, on distingue deux méridiens particuliers, qui sont mutuellement perpendiculaires : ce sont les méridiens de puissance extrême : l’un est le plus puissant (vergence maximale), l’autre le moins puissant (vergence minimale).

variations de vergence entre méridien vertical et horizontal œil astigmate
L’œil possède une géométrie globalement sphérique, et la réfraction des rayons lumineux peut varier selon l’axe des méridiens considérés. Dans cet exemple, si le méridien vertical (90°) présente un excès de puissance optique (la cornée est plus cambrée le long de cet axe), l’œil peut être myope en ce sens. Inversement, si le méridien horizontal (0°) présente un défaut de puissance optique (la cornée est moins cambrée le long de cet axe), l’œil peut être hypermétrope en ce sens.

L’œil astigmate présente un défaut optique (amétropie) dont la particularité est de varier selon l’axe du méridien considéré. Tous les méridiens peuvent être trop puissants (myopie), mais présentent une variation de puissance entre eux. L’œil présente alors un astigmatisme dit « myopique composé ».

représentation tridimensionnelle de l'astigmatisme oculaire
Dans cet exemple (œil présentant un astigmatisme mixte direct), la réfraction des rayons lumineux est représentée selon les deux plans de coupe passant par les méridiens oculaires de puissance extrême. Pour les méridiens intermédiaires situés entre ces méridiens extrêmes, il existe une variation continue de la puissance optique (de la plus puissante 90°/270° à la moins puissante 0°/180°). La différence de vergence engendre un trajet complexe pour les rayons lumineux.

3. Astigmatisme : notions élémentaires

3.1 Astigmatisme : absence de stigmatisme

L’œil est un système optique complexe destiné à former l’image de la scène observée sur la rétine. Cette image est ensuite échantillonnée par la mosaïque des photorécepteurs rétiniens. Si l’image formée sur la rétine est fidèle, la vision est nette. En assimilant l’objet regardé à un point : si l’image de ce point est elle-même un point (tous les rayons se coupent en un point) et qu’elle se forme sur la rétine, alors la vision de ce point est fidèle. La propriété d’un système optique à faire d’un point objet un point image s’appelle le stigmatisme. On devine que l’astigmatisme (« a » privatif) correspond à l’absence de stigmatisme ; cette déperdition du stigmatisme réduit la qualité de l’image et explique le flou visuel provoqué par l’astigmatisme. En l’absence de défaut optique, seule la diffraction intervient pour réduire la qualité optique de l’œil. Dans des conditions optimales (aucune aberration et pupille dilatée pour réduire au maximum la diffraction), les dimensions de l’image formée d’une source lumineuse ponctuelle sont un peu élargies, mais son diamètre est du même ordre que celui d’un cône de la fovéa (deux microns environ). La fovéa est la région de la rétine utile pour la vision précise centrale et où la densité des cônes est maximale. Cette densité autorise une résolution (acuité visuelle) de l’ordre de 20/10.

⚠️ Idée reçue : l’astigmate voit-il « déformé » ?

L’astigmate voit flou, mais contrairement à une idée répandue, ne perçoit pas le monde environnant « déformé » sans sa correction optique. Cette « croyance » est probablement née de la constatation de la distorsion qu’induisent les verres de lunettes destinés à la correction de l’astigmatisme, en particulier sur les bords. Ainsi, les caractéristiques des œuvres du peintre El Greco, connu pour sa propension à représenter des personnages effilés et « verticalement disproportionnés », ne sauraient s’expliquer par l’existence d’un astigmatisme chez cet artiste.

3.2 Effet de l’astigmatisme sur le trajet optique

L’astigmatisme est un défaut optique complexe. Cette complexité est liée à la difficulté à représenter tridimensionnellement l’effet provoqué par cette aberration. Pour comprendre la nature de l’astigmatisme régulier, il suffit de se rappeler que la puissance optique d’une lentille dépend de sa courbure. Plus celle-ci est élevée, plus la distance focale sera courte. On peut ainsi rapprocher courbure et puissance d’une lentille ; pour une lentille pourvoyeuse d’astigmatisme, la courbure (et donc la puissance optique) varie entre les méridiens.

focale lentille
La lentille représentée ici « en coupe » focalise un faisceau de rayons incidents en un foyer (seuls les rayons émergents de la lentille sont représentés). Au-delà du foyer, les rayons divergent. Si une rétine est située dans le plan du foyer de la lentille, l’image y sera ponctuelle. En deçà ou au-delà, elle sera non ponctuelle.

L’image d’un point sera formée ponctuellement dans un plan (appelé plan focal, puisqu’il correspond au foyer de la lentille). Ce plan est d’autant plus proche de la lentille que celle-ci possède une courbure importante. Au-delà de ce plan focal, la lumière poursuit son trajet, le faisceau n’étant plus convergent mais divergent.

focale comparée
Le plan focal de la lentille représentée en haut est en avant de celui de la lentille du milieu (moins courbe) et encore plus en avant de celui de la lentille du bas (encore moins courbe). La couleur utilisée pour la représentation des rayons n’a pas d’importance (la lumière est ici monochromatique – même longueur d’onde).

Imaginons une lentille « solide » dans un espace à 3 dimensions, dont la courbure varie régulièrement selon les méridiens, et ce, entre deux méridiens de puissance extrêmes (le plus puissant et le moins puissant), perpendiculaires entre eux ; une telle lentille est dite torique. Elle peut être vue comme un assemblage continu de sections de lentilles de puissance variable. Elle ne peut pas faire d’un point source une image ponctuelle, car les rayons réfractés par la lentille iront focaliser à une distance différente selon le méridien qu’ils auront traversé. Ainsi, il n’existe pas de plan idéal pour recueillir l’image d’un point (même si certains plans sont meilleurs que d’autres).

lentille torique
Lentille torique : représentation du trajet de la lumière réfractée par les deux méridiens de courbure extrême. Les rayons rouges sont réfractés par le méridien vertical, le plus courbe, et les rayons bleus sont réfractés par le méridien horizontal (le moins courbe). Le foyer des rayons bleus est situé en arrière de celui des rayons représentés en rouge (la couleur est utilisée à des fins didactiques et ne correspond pas à un chromatisme quelconque).

3.3 La conoïde de Sturm

Il en résulte une figure relativement complexe, qui ressemble un peu à un empennage d’avion (rappelons que nous n’avons représenté que le trajet des rayons lumineux entre les deux méridiens extrêmes).

lentille torique focale
Les focales dites principales correspondent à un étalement linéaire de la lumière réfractée, dans des directions respectives parallèles à celles des méridiens principaux. Entre le plan de ces focales extrêmes, se situe le plan dit du cercle de moindre diffusion.

Si l’on poursuit cette méthode en ajoutant les rayons réfractés par d’autres méridiens intermédiaires, on commence à entrevoir la nature complexe du trajet des faisceaux lumineux induits par la réfraction d’une lentille ou d’un dioptre torique. L’enveloppe de l’ensemble des rayons réfractés par un système astigmate est appelée conoïde de Sturm (Sturm conoid).

conoïde de Sturm
Représentation approchée et schématique de rayons focalisés par une lentille torique, formant une conoïde de Sturm.
focale Sturm
La représentation du trajet des rayons du système astigmate est limitée ici à l’intersection entre les rayons et les plans où l’on recueillerait l’image ainsi formée.

Plusieurs points sont à noter :

  • La forme de la tache focale varie entre l’ellipse plus ou moins allongée, dans l’espace situé en dehors des « focales » principales
  • La forme de la tache focale est d’allure globalement ovalaire dans l’espace situé entre les focales
  • La réduction de la qualité optique est moindre si l’on recueille l’image du point source dans un plan situé entre les focales principales (zone dite du cercle de moindre diffusion)

4. Classification de l’astigmatisme

Les différents types d’astigmatisme rencontrés en pratique clinique sont classés selon la position des plans des focales principales par rapport à la rétine de l’œil concerné.

Classification de l'astigmatisme
Classification schématique des différents types d’astigmatisme (simple, mixte, composé), myopiques et hypermétropiques.
Type d’astigmatismePosition des focalesCaractéristiques
Myopique simpleUne focale sur la rétine, l’autre en avantUn méridien emmétrope
Myopique composéDeux focales en avant de la rétineTous méridiens myopes
Hypermétropique simpleUne focale sur la rétine, l’autre en arrièreUn méridien emmétrope
Hypermétropique composéDeux focales en arrière de la rétineTous méridiens hypermétropes
MixteUne focale en avant, l’autre en arrièreRétine au cercle de moindre diffusion

L’astigmatisme mixte, quand il est modéré, est compatible avec une bonne acuité visuelle non corrigée, car la dégradation du stigmatisme est moindre qu’en cas d’astigmatisme myopique composé. La rétine est en effet située dans la région du cercle de moindre diffusion. Il induit cependant souvent des symptômes de « fatigue visuelle ».

5. Astigmatisme direct et indirect

Par convention :

  • Un astigmatisme direct (ou conforme – « with-the-rule » ou WTR) induit une focalisation des rayons de telle sorte que la focale « verticale » est située dans un plan plus éloigné de la pupille d’entrée que la focale « horizontale ». Un astigmatisme direct est engendré par une courbure plus prononcée des méridiens verticaux de la cornée (ou du cristallin).
  • Un astigmatisme indirect (ou non-conforme – « against-the-rule » ou ATR) induit une focalisation des rayons de telle sorte que la focale « horizontale » est située dans un plan plus éloigné de la pupille d’entrée que la focale « verticale ». Un astigmatisme indirect est engendré par une courbure moins prononcée des méridiens verticaux de la cornée (ou du cristallin).
Astigmatisme direct et indirect
Représentation schématique de l’astigmatisme indirect (inverse) et direct. L’ordre des focales horizontales et verticales est logiquement inversé. En haut : topographies cornéennes correspondant à une toricité source d’astigmatisme inverse (à gauche) et direct (à droite).

???? Évolution avec l’âge

L’astigmatisme évolue typiquement avec l’âge :

  • Chez le nouveau-né : ~40 % ont environ 1 D d’astigmatisme, qui se réduit vers l’âge d’un an
  • Enfance/Adolescence : Prédominance de l’astigmatisme direct (cornée plus cambrée verticalement)
  • Avec le vieillissement : Shift progressif vers l’astigmatisme indirect (against the rule)
  • Données cliniques : À 10-20 ans, 80% d’astigmatisme direct ; après 81 ans, seulement 36%

L’orientation de l’astigmatisme a des conséquences fonctionnelles : l’astigmatisme myopique indirect simple correspond à une situation où l’image rétinienne d’un point est un « trait » vertical pour les objets rapprochés ; cette orientation favorise la perception plus nette des caractères d’imprimerie que si l’image d’un point était un trait horizontal. Un léger astigmatisme inverse myopique est à même de favoriser la lecture sans correction d’un presbyte, sans trop pénaliser la vision de loin.

6. Principes de la correction optique de l’astigmatisme

Pour être efficace, la correction de l’astigmatisme doit :

  1. Utiliser un verre dit « cylindrique » (ou torique) afin de rétablir le stigmatisme dans un plan focal, c’est-à-dire amener vers un foyer unique les rayons focalisés par l’ensemble formé par la cornée, le cristallin et le verre correcteur
  2. Utiliser un verre sphérique pour déplacer ce foyer unique dans le plan de la rétine

L’étape numéro 1 suffit dans le cas d’un astigmatisme simple.

verre cylindrique positif
Représentation schématique de l’effet d’un verre cylindrique (+1×90°) pour la correction d’un astigmatisme cornéen. L’astigmatisme cornéen est lié à l’insuffisance de puissance du méridien horizontal (1 Dioptrie). Ce verre ajoute une puissance (vergence) de 1 Dioptrie en regard du méridien horizontal de la cornée. Il est « neutre » en regard du méridien vertical.

L’axe « long » du cylindre (l’axe vertical dans cet exemple) est neutre sur le plan optique. L’axe « court » (horizontal dans cet exemple) correspond à l’axe où la correction optique est maximale. Cet axe est logiquement placé dans la même direction que l’axe le plus plat (celui où il manque une dioptrie), auquel il apporte le gain de puissance optique nécessaire à la correction de l’astigmatisme.

Correction chirurgicale au laser excimer

volumes cylindres ablatés
Le diagramme montre les morphologies des lenticules photoablatés pour un traitement cylindrique négatif (en haut : -3×0°) et un traitement cylindrique positif (en bas : +3×0°). À droite, les graphes représentent la variation de la puissance réfractive apicale en regard de l’axe des méridiens avant le traitement.

7. Correction chirurgicale de l’astigmatisme (2024-2025)

Les avancées technologiques récentes ont considérablement amélioré les options de correction chirurgicale de l’astigmatisme. Voici un aperçu des techniques actuelles :

TechniqueIndicationAstigmatisme corrigibleAvantages
LASIKŒil phaque, cornée suffisanteJusqu’à 6 DRécupération rapide, très précis
SMILEŒil phaque, mini-invasifJusqu’à 5 D (2025)Pas de volet, biomécanique préservée
PRK/TransPRKCornées fines, astigmatisme irrégulierJusqu’à 4-5 DPas de volet, sécurité accrue
Toric ICLMyopie forte + astigmatismeJusqu’à 6 DRéversible, préserve la cornée
Implant toriqueChirurgie de la cataracte0.75 D à > 6 DTrès prédictible, stable
Incisions relaxantes (LRI/AK)Faible astigmatisme, adjuvant< 1.5 DSimple, coût réduit

???? Données cliniques récentes (2024-2025)

  • LASIK : Peut corriger jusqu’à -14 D de myopie, +6 D d’hypermétropie, et l’astigmatisme complexe
  • SMILE (VisuMax 800) : Désormais approuvé pour l’astigmatisme jusqu’à 5 D et l’hypermétropie
  • Toric ICL : Efficacité supérieure au FS-LASIK pour myopie modérée à forte avec astigmatisme selon études comparatives
  • Implants toriques : 90% des patients atteignent UDVA ≥ 20/25 ; considérés comme la méthode la plus prédictible
  • Même 0.50 D d’astigmatisme résiduel peut diminuer l’acuité visuelle et la satisfaction des patients après chirurgie de cataracte

8. Implants toriques : résultats cliniques

Les implants toriques (Toric IOL) sont désormais universellement recommandés pour les cas de chirurgie de la cataracte avec astigmatisme cornéen préopératoire ≥ 1.0 D. Les formules modernes de calcul d’IOL recommandent même leur utilisation pour de faibles niveaux d’astigmatisme cornéen antérieur.

???? Résultats cliniques des implants toriques (2024-2025)

  • Astigmatisme résiduel ≤ 0.50 D : 32-50% des yeux
  • Astigmatisme résiduel ≤ 1.00 D : 94-96% des yeux
  • Rotation moyenne de l’implant : 2.5° à 4.5°
  • Rotation < 5° : 88-90% des implants (conforme ISO 11979-7:2024)
  • UDVA 20/25 ou mieux : > 85-90% des patients

Sources : Li ES et al. J Cataract Refract Surg. 2024 ; Chen X et al. Sci Rep. 2024 ; études comparatives Toric IOL vs LRI 2024

Implants toriques vs incisions relaxantes (LRI)

Une étude prospective de 2024 comparant implants toriques et incisions limbiques relaxantes (LRI) pour l’astigmatisme modéré régulier a confirmé :

  • Astigmatisme résiduel : Significativement plus faible avec implants toriques
  • Précision : Implants toriques plus prévisibles pour astigmatisme > 1.0-1.5 D
  • Indication LRI : Reste une option pour faible astigmatisme (< 1.0 D)

Facteurs clés de succès

FacteurImpact sur les résultats
Biométrie préciseMesure fiable de l’astigmatisme cornéen total (antérieur + postérieur)
Prise en compte de l’astigmatisme postérieurÉvite sur/sous-correction selon l’orientation (environ 10% de l’astigmatisme total)
Systèmes de marquage digitalAméliore la précision de l’alignement vs marquage manuel
Stabilité rotationnelle de l’implant1° de rotation = ~3.3% de perte d’effet cylindrique
Gestion de la surface oculaireTraiter la sécheresse oculaire avant les mesures préopératoires

9. Simulation optique : AIOL Sci

La correction optimale de l’astigmatisme lors de la chirurgie de la cataracte nécessite de prendre en compte les caractéristiques individuelles de chaque œil. AIOL Sci permet de simuler le comportement optique de différents implants en fonction des paramètres cornéens spécifiques du patient.

???? AIOL Sci : Simulation personnalisée

aiolsci.com est la première plateforme en ligne permettant des simulations optiques réalistes basées sur :

  • Mesures empiriques d’IOL : Données de banc optique réelles (non idéalisées)
  • Modèle cornéen personnalisé : Rayon (R) et asphéricité (Q) ajustables
  • Analyse through-focus MTF : À différentes fréquences spatiales et tailles pupillaires
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  • Indépendant des fabricants : Données objectives, pas de marketing

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10. Références

Publications récentes (2024-2025)

  1. Comparative effectiveness of toric IOLs and LRIs for correction of moderate regular astigmatism during phacoemulsification. Sci Rep. 2025. doi: 10.1038/s41598-025-22858-7
  2. Li ES, Vanderford EK, Xu Y, Kang PC. Rotational stability of toric intraocular lenses by lens model and haptic design: systematic review and single-arm meta-analysis. J Cataract Refract Surg. 2024;50(9):976-984.
  3. Chen X, Jiang Y, Gao N, et al. Effectiveness of toric intraocular lens implantation for correcting irregular corneal astigmatism in cataract eyes. Sci Rep. 2024;14:8868. doi: 10.1038/s41598-024-59303-0
  4. Zhong Y, et al. Femtosecond laser arcuate keratotomy vs toric intraocular lens implantation in cataract surgery: A randomized clinical trial. JAMA Ophthalmol. 2025;143(3):199-206.
  5. Yen W-T, et al. Femtosecond laser-assisted astigmatic keratotomy versus toric IOL implantation for correcting astigmatism in cataract patients: a systematic review and meta-analysis with trial sequential analysis. Br J Ophthalmol. 2025;109(3):324-332.
  6. Bonacci E, et al. Toric Aberrometric Extended Depth of Focus Intraocular Lens: Visual Outcomes, Rotational Stability, Patients’ Satisfaction, and Spectacle Independence. J Pers Med. 2025;15(3):88.

Revues et références

  1. Mohankumar A, Mohan S. Toric Intraocular Lenses. StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2023. NCBI Bookshelf
  2. EyeWiki. Astigmatism Correction at the Time of Cataract Surgery. eyewiki.org
  3. CRSToday. Myth: Correcting Low Astigmatism During Cataract Surgery Is Unnecessary for Optimal Visual Outcomes. October 2024. crstoday.com

Articles téléchargeables (Gatinel)

Voir aussi : Implants toriques | LASIK et astigmatisme | Astigmatisme : définitions et formulations | Profils d’ablation laserPage mise à jour : Janvier 2026

45 réponses à « Astigmatisme – explications »

  1. Dr Damien Gatinel

    Vous paraissez effectivement bien renseignée sur l’astigmatisme, félicitations! Sachez qu’il faut distinguer l’astigmatisme cornéen de l’astigmatisme oculaire total. Le premier contribue grandement au second et est généralement stable au cours de l’existence. Cependant, l’appréciation subjective visuelle de cet astigmatisme et sa composante interne (liée au cristallin principalement) peuvent évoluer légèrement au fil des années, comme dans votre cas. Voici les réponses à vos questions:

    1) Est ce qu’une évolution de 0,25 dioptrie d’astigmatie par an est élevée et dangereuse ? Une évolution par pas de 0.25 D au fil des années et durant l’adolescence n’est pas inquiétante a priori.

    2)Est ce que cette évolution de 0,25 dioptrie par an est « normale » ou est ce qu’elle est le signe
    d’un keratocone ou d’une autre pathologie, ou est ce qu’elle est liée à mon accommodation qui diminue ?
    Au cours du kératocône, l’astigmatisme apparaît ou s’aggrave brutalement, et de manière plus marquée d’un côté que de l’autre dans bien des cas, et plutôt selon un axe « oblique » ou « inverse ». Dans votre cas, des phénomènes accommodatifs sont plus probable. Votre astigmatisme est d’axe « direct ».

    3)Avec ma dernière ordonnance, en prenant compte de l’évolution, des valeurs et des degrés de mon astigmatisme, et le fait que je ne me frotte pas les yeux, pouvez vous me dire si vous soupçonné la présence d’un keratocone ? Comme expliqué précédemment, non.

    4)Si cette évolution continue, peut-elle me rendre aveugle ? Non

    5) Jusqu’à combien de dioptrie pouvons nous opérer l’astigmatisme au Lasik ? Pour l’astigmatisme, jusqu’à 5 ou 6 Dioptries, à condition de disposer d’une plateforme laser femtoseconde et excimer performante (ex: Wavelight Suite Refractive où le laser Femtoseconde est couplé avec le laser excimer, ce qui permet d’optimiser la géométrie du traitement de l’astigmatisme).

  2. Bonjour docteur.
    Tous d’abord, j’aimerais vous remerciez pour les articles complets et détaillés que vous apportez sur les défauts et pathologies visuelles.

    Je vous contacte aujourd’hui afin de vous posez quelques questions sur mon astigmatisme qui est depuis un moment une source d’inquiétude pour moi.

    Je suis un adolescents de 16 ans (17 ans en Août).
    Je porte des lunettes depuis mes 5 ans.
    Mais malheureusement, depuis mon jeune âge, mon astigmatisme évolue de 0,25 dioptrie par année pour mon œil droit, et de 0, 25 dioptrie tous les 2 ans pour mon œil gauche.

    Après avoir lu des vingtaine d’articles concernant l’astigmatisme, pour m’informer des raisons de cette évolution, beaucoup de site expliquaient que l’astigmatisme n’évolue pas, et que l’astigmatisme évolutif peut être signe de keratocone.
    De plus, j’ai aussi appris que cette pathologie se manifestait à l’adolescence.
    Or, j’ai également pris connaissance du fait que le keratocone est le résultat de frottement oculaire. Mais dans mon cas, je ne frotte pas mes yeux du tous. Et depuis que je porte des lunettes, mes ophtalmologue ne m’ont jamais parler de keratocone.

    Je compte prendre rendez-vous le plus tôt possible avec mon ophtalmologue pour réaliser une topographie cornéenne et être fixé sur la question.

    Pour plus de détaills, voici ma nouvelle ordonnance de correction pour mes lunettes daté de fin février 2020 :

    Œil droit : -1.00 (-2.25) à 5°
    Œil gauche : -0.25 (-1.50) à 165°

    EIP = 67mm

    Je sais que seul une topographie cornéenne peut déterminer de façon définitive la présence d’un keratocone, mais pour le moment, j’aimerais vous posez les questions suivantes qui restent encore flou pour moi :

    1) Est ce qu’une évolution de 0,25 dioptrie d’astigmatie par an est élevée et dangereuse ?

    2)Est ce que cette évolution de 0,25 dioptrie par an est « normale » ou est ce qu’elle est le signe
    d’un keratocone ou d’une autre pathologie, ou est ce qu’elle est liée à mon accommodation qui diminue ?

    3)Avec ma dernière ordonnance, en prenant compte de l’évolution, des valeurs et des degrés de mon astigmatisme, et le fait que je ne me frotte pas les yeux, pouvez vous me dire si vous soupçonné la présence d’un keratocone ?

    4)Si cette évolution continue, peut-elle me rendre aveugle ?

    5) Jusqu’à combien de dioptrie pouvons nous opérer l’astigmatisme au Lasik ?

    Je vous remercie d’avance pour les réponses et le temps que vous m’accorderez.

    Bien cordialement.

  3. Dr Damien Gatinel

    Vos problèmes s’expliquent certainement par les changements importants de correction de votre astigmatisme et de votre hypermétropie. A droite, la correction est trop faible en hypermétropie a priori, et à droite il existe un changement très important de l’axe (de 75° à 0°) qui est a priori une erreur, si votre correction précédente était satisfaisante. Il paraît indiqué de refaire un point sur votre correction.

  4. Marie Casanova

    Bonjour Docteur,
    Tout d’abord, merci pour cet article clair et complet.
    J’ai changé d’ophtalmo en début d’année pour le renouvellement de mes lunettes mais je vois beaucoup moins bien avec celles-ci qu’avec les précédentes. Je ressens des difficultés d’accommodation en fin de journée (lecture de près impossible) et du début à la fin de la journée je vois flou par alternance de l’oeil droit et je ne distingue plus les détails au-delà d’une certaine distance.
    Précédente ordonnance: OD +5,00 (+2,00) 10° et OG +4,75 (+2,50) 75°
    Nouvelle ordonnance: OD +2,25 (+2,50) 0° et OG +2,5 (+3,00) 0°
    D’après vous, mes problèmes actuels proviennent-ils plutôt de la diminution de correction sur les verres sphériques ou bien du changement au niveau du méridien de référence pour les verres cylindriques?
    Je vous remercie pour votre aide.

  5. Dr Damien Gatinel

    Il s’agit d’une correction pour astigmatisme. La chirurgie réfractive ne s’envisage que chez les adultes!

  6. Bonjour Docteur,

    L’ophtalmologue a prescrit pour mon fils, âgé de 5 ans, des lunettes:

    OD: 15° -1,5
    OG: 170° – 1,5

    Qu’en pensez vous? Est-il possible de corriger avec la chirurgie réfractive?

  7. Dr Damien Gatinel

    La différence de correction est assez mineure et ne devrait pas vous déstabiliser outre mesure!

  8. Bonjour Docteur,

    Je suis astigmate, mon ophtalmologue avait pour habitude de me prescrire la correction suivante au niveau de l’astimagtisme :

    OD plan (-0.75 100°) add 1.75
    OG +0.25 (-0,75 80 °) add 1.75

    En allant renouveler mes lunettes, l’opticien m’a prescrit :
    Od plan (-075 95°) add 1.75
    OG +0.25 (-0.50 90°) add 1.75

    Au niveau de l’œil gauche, je souhaiterai avoir votre avis avant de m’engager.

    Merci à vous et bonne continuation.

  9. Dr Damien Gatinel

    Le port de lentilles est possible, et ne compromet pas la réalisation ultérieure, dans une petite dizaine d’années par exemple, d’une chirurgie réfractive en LASIK.

  10. Bonjour,
    Ma fille de 15 ans est très hypermétrope et astigmate :
    D +4.75 (-1.25 0°)
    G + 4.75 (-1.00 0°)
    Elle a des lunettes depuis ses 1 ans et voudrait passer a des lentilles.
    – Y a-t-il des contre-indications?
    – Une de intervention chirurgicale à termes est-elle envisageable ?
    Merci

  11. Karim

    Bonjour, je suis étudiant en médecine.

    Merci beaucoup pour ces schémas, j’ai enfin compris ces histoires de méridiens et de classification des astigmatismes :)

  12. Dr Damien Gatinel

    Vous présentez un astigmatisme dit « mixte », car votre oeil peut être considéré comme à la fois myope, et hypermétrope, en fonction de la direction selon laquelle il est considéré ! L’astigmatisme est par ailleurs direct. Il s’agit très certainement d’une forme congénitale d’astigmatisme. Ce type de défaut de vision est éligible à la chirurgie réfractive en LASIK. Une correction en lunettes ou en lentilles est bien entendue indiquée pour corriger la vision.

  13. Dylan

    Bonjour j ai +2 à l’œil droit (-4,25) 10° et + 1,5 à l’œil gauche (-3,75) 175°. Qu’en pensez vous ? Merci

  14. Dr Damien Gatinel

    La première valeur correspond au méridien horizontal (l’oeil est hypermétrope de +3.50 D « horizontalement », et de 1.50 soit +3.50-1.50 « verticalement », les méridiens intermédiaires prennent des valeurs justement intermédiaires entre ces deux valeurs). Ceci n’est pas intuitif d’après les notations, qui ne sont que des conventions, intialement destinées à la réalisation de verres de lunettes par un opticien. Les opticiens utilisent généralement une expression de l’astigmatisme dite en cylindre positif (la première ici +2 (+1.50×90°) ). La « focale » est une autre notion, qui se rapporte à la focalisation de la lumière par le système astigmate. Les focales sont formée par tous les méridiens qui réfractent la lumière, on ne peut pas dire qu’un méridien forme une focale particulière (de nombreux schémas illustrant le trajet supposé des rayons lumineux sont entachés d’erreurs à ce sujet).

  15. Chaima

    Je suis etudiante en medecine dentaire je voudrais savoir lors de la correction avec des letilles cylindriques ,leurs puissances dependent du focal ou bien du méridien ?!
    Par exemple l ex suivant:
    Soit +2(+1.5)90° ou +3.5(-1.5)0°
    La 1 ère valeur 3.5 correspond au méridien vertical ou bien au focal vertical?!

  16. Dr Damien Gatinel

    Merci de votre message. Il n’y a pas de contradiction, car il ne faut pas concevoir que les focales verticales ne correspondent qu’à de la lumière réfractée par les méridiens vertical et horizontal. En cas d’astigmatisme direct, le méridien vertical est le plus cambré, et les rayons issus d’une source éloignée convergent et se coupent dans un plan situé en avant de cette focale verticale (il se coupent en fait dans le plan de la focale horizontale). Les figures 6, 7 et 8 sur la page explicitent ce point.

  17. cherrak

    Bonjour, j’ai relevé une contradiction entre je cite:
    L’image d’un point sera formée de manière ponctuelle dans un plan (appelé plan focal puisqu’il correspond au foyer de la lentille). CE PLAN EST D’AUTANT PLUS PROCHE de la lentille que celle-ci possède UNE COURBURE IMPORTANTE..jusqu’ici tout va bien et puis vient; l’Astigmatisme direct et indirect
    PAR CONVENTION §§§, un astigmatisme direct induit une focalisation des rayons de telle sorte que la focale « verticale » est située dans un plan plus éloigné de la pupille d’entrée que la focale « horizontale ». Un astigmatisme direct est engendré par une courbure plus prononcée des méridiens verticaux de la cornée (ou du cristallin).
    Un astigmatisme indirect induit une focalisation des rayons de telle sorte que la focale « horizontale » est située dans un plan plus éloigné de la pupille d’entrée que la focale « verticale ». Un astigmatisme indirect est engendré par une courbure moins prononcée des méridiens verticaux de la cornée (ou du cristallin).
    je vous avouerai que cette convention sur la quelle est basé interprétation des résultats d’examens en pratique hospitalière, et le raisonnement théorique sus cité (plus la courbure est importante plus le plan focal sera proche de la lentille/pupille ) et que d’ailleurs j’ai aisément compris me semble contradictoires même en faisant l’effort de lire et de relire.
    si vous pouviez m’éclairer sur ce point, cela me serait d’une grande utilité.
    Merci.

  18. Sy coumbiss

    Ok merci bien mais est t’il possible pour moi à l’avenir de laisser les correcteurs et d’avoir une vue normale Merci Cordialement

  19. Dr Damien Gatinel

    Vous présentez une myopie associée à un fort astigmatisme. -1.50D correspond au degré de votre myopie, et -5D à la puissance de l’astigmatisme. 180° est ici la direction du méridien de la cornée le moins puissant (il est myope de -1.50 D), alors que le méridien opposé (selon l’axe 90°/270°) présente une myopie de (-1.50) + (-5) = -6.50 D.
    Cette notation masque ainsi le degré « moyen » de votre myopie, qui est donné par le calcul de l’équivalent sphérique: (-1.50 + (-5/2))= -4 D
    Il est possible de vous corriger en lunettes, ou en lentilles rigides, la chirurgie réfractive est également possible si le bilan ne révèle pas de contre indications.

  20. Sy coumbiss

    Bonjour on ma prescrit des lunettes des verres OD:-1,5 (-5)180° et pareil pour loeil gauche, alors J’aimerais savoir la signification et aussi si ce n’est pas grave?

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