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Implant multifocal

Dans le dossier presbytie. Les implants multifocaux constituent une option cristallinienne parmi plusieurs stratégies. Voir la chirurgie de la presbytie : laser, implants et bilan, le mécanisme général de la presbytie et la revue scientifique sur le remplacement du cristallin.

Résumé pratique. Les implants multifocaux ou trifocaux répartissent la lumière entre plusieurs distances afin de réduire la dépendance aux lunettes. Ils ne conviennent pas à tous les yeux et peuvent entraîner halos, éblouissements ou baisse de contraste ; la sélection dépend notamment de la cornée, de la macula et des attentes du patient.

Auteur et révision. Damien Gatinel, MD, PhD — dernière révision médicale : 18 août 2026.

Publications de référence.

Ces informations générales ne remplacent pas une consultation ni un avis médical individualisé.

Implant multifocal: définition

Un implant multifocal est un implant à plusieurs foyers, pour corriger plus d’une distance de vision après chirurgie de la cataracte (ex: vision de loin, vision de près pour les implants bifocaux, et vision intermédiaire en sus avec les implants trifocaux qui tendent à devenir la référence en matière de multifocalité). Les implants multifocaux sont proposés afin de rendre aux patients opérés de cataracte une indépendance à la correction en lunettes pour la vision de loin et la vision de près (implant bifocal), la vision de loin et la vision intermédiaire (implant à « profondeur de champ »), ou  les trois distances (implant trifocal) . Ils se distinguent donc des implants dits « monofocaux », qui sont munis d’une optique monofocale et permettent soit de voir de loin, soit de voir de près sans lunettes (en fonction de la puissance choisie pour l’implant, on peut corriger une myopie ou hypermétropie préopératoire, ou laisser une myopie faible pour la lecture sans lunettes). On distingue principalement deux types d’implants multifocaux: réfractifs et diffractifs. Ils sont conçus pour être implantés de manière bilatérale dans la plupart des indications courantes.

Implant multifocal réfractif et diffractif

L’insertion d’un implant multifocal peut être proposée aux patients désireux de ne plus porter de lunettes en vision de loin et de près, en sachant que la distance de la vision de « près » correspond à la distance utilisée par le patient pour lire un livre (30 à 45 cm en général). La consultation d’écrans numériques (ordinateurs et tablettes) peut être effectuée à une distance un peu plus éloignée (60 à 80 cm). Les implants multifocaux bénéficient d’un design optique conçu pour séparer la lumière réfractée par l’implant en deux foyers majoritaires : un pour la vision de loin, l’autre pour la vision de près, et éventuellement un troisième pour la vision intermédiaire (trifocaux). Ils peuvent être de type réfractif (implants à profondeur de champ surtout) ou diffractif (bi- et trifocaux, implants à profondeur de champ). Certains  implants multifocaux réfractifs offrent alors une profondeur de champ utile couvrant vision de loin, de près et aussi la vision intermédiaire. Ils sont munis d’une optique où les variations de puissance réfractives sont réparties sur des zones distinctes (la vision intermédiaire est procurée par la « jonction » entre les zones dédiées au foyer de loin et de près). Ces zones peuvent être concentriques, ou non. L’étude aberrométrique de la multifocalité des implants réfractifs multifocaux est particulièrement instructive. Les implants multifocaux «diffractifs» sont  bifocaux  ou trifocaux. Les implants bifocaux génèrent un foyer additionnel de près en plus du foyer de loin, mais pas de véritable foyer pour la vision intermédiaire, que seuls les implants trifocaux procurent (ex; implant FineVision, Physiol). Ils sont conçus comme l’addition à une lentille réfractive monofocale d’un réseau diffractif de type kinoforme.  Ce terme un peu technique désigne une structure dont l’allure ressemble un peu à des « marches d’escalier », et c’est ce réseau qui effectue le partage lumineux entre les différents foyers, un peu comme un déflecteur pour l’aération permet de diviser un flux d’air en plusieurs directions dans l’habitacle d’un véhicule. Tous les implants diffractifs possèdent sur au moins une partie de leur surface un réseau diffractif : implant Restor, Panoptix, implant ATlisa, Tecnis multifocal, Odissey, Finevision, et Symfony (ce dernier correspondant à un implant diffractif pour la vision de loin et la vision intermédiaire, sans foyer pour la vision de près). Les implants diffractifs sont conçus pour exploiter certaines propriétés physiques du spectre lumineux visible : leur particularité vis-à-vis des implants classiques monofocaux, et multifocaux réfractifs réside dans la capacité conférée par une structure diffractive de séparer l’énergie lumineuse en différents foyers bien distincts. La réalisation d’une optique diffractive est une solution élégante au défi que représente la conception d’une lentille multifocale permettant de réduire la dépendance à la correction optique en lunettes des patients opérés de cataracte.  

reseau diffractif implant
Représentation schématique d’un implant diffractif, qui est constitué d’une optique monofocale et d’un réseau diffractif (kinoforme). Le réseau permet de scinder une partie de l’énergie lumineuse incidente vers un foyer (ici; vergence = +4 D). Le reste de l’énergie n’est pas dévié (si le réseau est accolé sur une optique monofocale, cette énergie non déviée est focalisée vers le foyer de l’optique monofocale)
iol diffractif
Foyers d’un implant diffractif bifocal : noter le cercle de diffusion entre les foyers de près (rouge) et loin (vert).

Implants multifocaux: effets optiques

Il est classique d’énoncer que les implants multifocaux permettant la focalisation simultanée d’au moins deux images sur la rétine (loin et près), et qu’ils imposent au patient d’«extraire » l’image utile selon le contexte. Ainsi, la capacité du sujet à effectuer ce tri-cortical (choix de l’image) serait une des clés du succès de l’implantation des lentilles multifocales. En réalité, cette conception est complètement erronée car trop simpliste :  le regard ne se porte que sur un objet (distant, ou près) à la fois! Ainsi,  il n’y a pas de « choix de vision » à faire pour chaque oeil opéré, mais la vision de chaque oeil pourra être nette ou moins nette (ou contrastée) en fonction de la qualité de focalisation obtenue grâce à l’implant. Le partage de la lumière en plusieurs foyers est potentiellement source d’une réduction de la vision des contrastes en vision de loin et peut induire la perception de phénomènes lumineux parasites comme les halos nocturnes autours des lumière vives.  Ces halos sont circulaires, et n’empêchent que rarement de conduire la nuit. Certains designs optiques, comme l’apodisation, permettent de réduire la perception des halos lumineux. L’implant bifocal Restor (Alcon) et l’implant trifocal FineVision (Physiol) sont apodisés; le motif diffractif est estompé vers les bords de l’implant (les marches sont de moins en moins hautes à mesure qu’elles sont proches de bords; de moins en  moins de lumière est diffracté vers le foyer de près). Quand la pupille est dilatée, la proportion de lumière diffractée vers le foyer de loin augmente proportionnellement avec l’ouverture pupillaire, ce qui permet de réduire le risque de halos lumineux. De même, l’exigence réfractive liée à ces implants est grande: le calcul de la puissance de l’implant (pour la vision de loin) doit être effectué de manière très précise. Malgré cela, une erreur de calcul biométrique peut survenir, et pourra alors être corrigée par une chirurgie réfractive cornéenne au besoin (ou un changement d’implant, ce qui est plus invasif dans la plupart des situations). Il faut informer le patient en préopératoire de ces éventualités.

Indications des implants multifocaux

Si ces implants multifocaux sont a priori déconseillés chez les patients qui effectuent principalement des activités visuellement exigeantes comme la conduite de nuit, les phénomènes visuels qu’ils induisent sont le plus souvent bien tolérés. Les implants multifocaux représentent une alternative séduisante pour les patients avant tout désireux de ne pas porter de lunettes après la chirurgie pour voir de loin et de près, mais aussi en vision intermédiaire (écrans, tableaux de bord, etc.), notamment avec les implants trifocaux. Il n’y a d’ailleurs pas de contre-indication à la pose d’un implant trifocal quand l’indication d’un implant bifocal a été posée, à moins que le patient ne désire pas profiter de la vision intermédiaire sans correction. On obtient de bons résultats fonctionnels avec les implants multifocaux à condition de respecter certaines indications comme la correction (préalable ou conjointe à la chirurgie de la cataracte) d’un astigmatisme cornéen de plus d’une dioptrie, et un calcul biométrique précis. La vision utile de près est comprise entre 30 et 45 cm environ. La vision intermédiaire (implant trifocal) est située entre 65 cm et 80 cm environ. Avec les implants trifocaux, on observe un continuum de vision nette entre la vision de lecture et la vision de loin. La lecture sans lunettes est possible mais requiert la plupart du temps un bon éclairage (il est beaucoup plus difficile de lire dans la pénombre). Les implants à « profondeur de champ » (ex: Oculentis, implant réfractif, ou Symfony, implant diffractif) sont caractérisés par une vision de près plus réduite que pour les implants trifocaux (l’énergie allouée au foyer destiné à la vision de près est nulle ou faible). Ils s’adressent aux patients qui ne souhaitent pas forcément se passer de lunettes pour la lecture, mais simplement de pouvoir lire à distance de vision intermédiaire un écran numérique, ou encore un texte manuscrit dont la police de caractères n’est pas trop fine. La vidéo suivante est consacrée aux liens entre aberrations, contrastes, profondeur de champ des implants multifocaux et accommodatifs:

Entre 2008 et 2010, j’ai participé à la conception et au dépôt du brevet du premier implant « trifocal« , destiné à accroître la qualité de la vision intermédiaire (60 à 75 cm), qui est souvent le point faible des implants diffractifs bifocaux. Cet implant trifocal, dénommé  » Finevision » ® (laboratoires Physiol) a été initialement disponible en exclusivité à la Fondation Rothschild, et a été  introduit sur le marché au quatrième trimestre de l’année 2010. Il existe aujourd’hui en version torique (pour la correction simultanée de l’astigmatisme). Un autre implant diffractif trifocal (ATLisa Tri) est également disponible, et a été introduit sur le marché européen quelques mois après l’implant FineVision. La vidéo suivante décrit les principes mis en jeu et les explications qui concernent le design d’un implant multifocal diffractif :

  Cette vidéo explique les bases du design d’une optique diffractive (implant multifocal diffractif):   Plus d’information ici : Lien vers les pages consacrées au projet sur le site CEROC : explications sur les principes mis en jeu pour les optiques diffractives.  

En savoir plus, documentation (implants multifocaux, notamment diffractif trifocal)

FineVision brochureCRS Today, Supplement, Nov 2010, trifocal IOL Physiol Dr GatinelCRST, Trifocal, Dr Gatinel Supplément Nov 2010, FRRO_SPE_physiol_Sept_2010_art_GATINELTélécharger « Vision et Implants Multifocaux »Télécharger « Fondamentaux pour les Implants Multifocaux »Télécharger Article « Mesures Objectives de la Qualité Optique des Implants Multifocaux ».Télécharger Article « Peut on implanter une lentille intra-oculaire multifocale après chirurgie réfractive cornéenne? »

113 réponses à « Implant multifocal »

  1. Rault

    Bonjour Docteur
    Est il possible de se faire poser un implant trifocal (hypermétrope +2 presbyte) sur l’œil sain sachant que l’autre œil est amblyope 4/10 merci

  2. Dr Damien Gatinel

    For diffractive intraocular lenses, the diffractive pattern (kinoform, or sinusoidal grating) is applied onto a biconvex monofocal lens (of say 20D on average in saline solution). Thus, even if there are negative orders for dispersion (eg. sinusoidal diffractive gratings), the light will be refracted and diffracted toward foci that are dominated by the vergence of the monofocal carrier of the IOL.

  3. Hello Dr. Gatinel. Please pardon my use of English. I have some questions about diffractive multifocal IOLs.
    I studied applied optics until the Masters level, and worked in the photonics industry for nearly 20 years. I now work in the field of intellectual property, writing patents.
    During my electro-optics career I worked with Czerny-Turner monochromators. The diffraction grating therein does not focus the light, which remains at infinity-focus before and after being incident on the grating. Instead, the grating disperses the beam of light to different angles, depending on wavelength; a concave mirror further downstream focuses the diffractive orders to the focal plane at the exit slit of the monochromator.
    With this background, I am having difficulty understanding how the diffractive IOL both disperses and focuses the light entering the eye. Is the focusing power due to refraction at the angled surface of the lens, and then the diffraction disperses the focusing light to different parts of the retina? Or, is there some focusing power inherent in the diffraction itself? (I tried to read a machine-translated version of your article, but between the poor translation and the complexity of the subject, I did not succeed.)
    I would appreciate your answer and comments.

  4. SI AHMED

    J’ai récemment subi une intervention, cataracte + pose d’implants multifocaux. Dans ce cadre , un œil est équipé de près, l’autre de loin. En tout
    cas on me fait croire que c’est le procédé. Est-ce réellement cela le principe du multifocal? Car ma vision et désastreuse. Sachant que mon frère à subit la même intervention est presente le même problème.

  5. Dr Damien Gatinel

    Il faut que vous sachiez que les implants multifocaux sont le plus souvent bien tolérés, mais que la vision de près qu’ils vous donneront sera moins précise que celle dont vous bénéficiez quand vous ne portez pas de correction optique; la couture peut être plus difficile sans lunettes, mais la lecture de caractères standards et la consultation d’écran sera a priori possible sans lunettes de près.

  6. Dupuy

    Bonjour,
    J’ai une myopie de -3,5 OG et -3,75 OD, presbyte car 56 ans et un début de cataracte à droite. Je n’ai jamais été corrigé au laser pour ma myopie. Mon ophtalmologue me propose la pose d’implants MF Lentis 30. Le fait de ne plus porter de lunettes est tentant mais Je lis beaucoup de choses concernant le risque de décollement de rétine, d’effets secondaires (halos, difficultés à lire si mauvais éclairage). Je suis artisanne en couture et mes yeux sont indispensable à mon travail, par ailleurs je travaille également sur ordinateur pour gérer ma petite entreprise.
    Je ne sais plus quoi penser. Pourriez- vous m’aider svp et me dire si vous recommanderiez également ce type d’implants ? Merci
    Je ne souhaite pas forcément que mon commentaire soit publié.

  7. Dr Damien Gatinel

    Vos hypothèse sont fondées; une solution consistant à retirer votre cataracte avec pose d’un implant monofocal pour la vision de loin vous conduira à mettre des lunettes pour la vision intermédiaire et de près. Un implant trifocal est possible (si pas d’autres anomalies oculaires) mais ces implants peuvent être à l’origine de halos lumineux (pas forcément très gênants). La pratique sportive est possible dans un délai de 15 jours environ.

  8. Bonjour
    On vient de me détecter une cataracte à chaque oeil à l’âge de 39 ans (Hôpital de Luxembourg), n’ayant pourtant aucune historique de parents touchés et surtout ne correspondant pas aux facteurs de risques classiques (diabète, exposition aux UV, chocs violents etc.)
    Jusqu’alors je ne présentais qu’une simple myopie à chaque oeil, -2,5D sur les deux yeux que je corrige avec le port de lentilles souples. Ma cataracte est qualifiée d’atypique de par l’emplacement de l’opacité et surtout à un âge précoce.
    Je me pose donc des questions sur le choix le plus adéquat de lentilles intra orriculaire, le jour où la chirurgie se présentera.

    1) Si je choisis une lentille monofocale, je comprends que la vision de loin est corrigée. Mais j’imagine que le cristalin étant retiré et remplacé par la lentille, la faculté de « zoomer » pour voir de près est perdue. Est ce que ma compréhension est correcte?
    2) Si la question précédente est positive, est-ce qu’une lentille trifocale pourrait être la solution?

    Je suis cadre supérieur, travaillant aussi bien sur ordinateur que faisant des présentations et conférences requerrant d’avoir une bonne vue de près, loin et intermédiaire.. D’où mon inquiétude.

    Enfin:
    3) Est ce que le port d’un quelconque implant requière une particulière vigilence au-delà de la période de recouvrement des 15J post opératoire? Je suis très actif, avec une pratique sportive forte (haltérophilie amateur) et j’aimerais ne pas à avoir à mettre une croix dessus.

    Je vous remercie par avance pour vos éléments de réponses.

  9. Dr Damien Gatinel

    IL existe de nombreux types de dystrophies cornéennes et certaines sont tout à fait bien tolérées et compatibles avec la pose d’implants multifocaux (votre message mentionne la pose d’implant monofocaux mais je pense que vous avez fait une inversion).

  10. Dr Damien Gatinel

    L’iris n’est pas le siège de l’astigmatisme, vous faites certainement allusion à des incisions cornéennes.

  11. Michel D’haese

    Petit complement d’information concernant ma question:
    J’avais une myopie a +- -12 et une astigmatie a -3.
    Apres la pose, je suis à une myopie de -2.75
    Le chirurgien a tenté de corriger l’astigmatie par micro incision au niveau de l’iris sans succès.
    Dans l’attente et l’impatience de vous lire
    Bien à vous

  12. Michel D’haese

    Bonjour,
    Suite à la pose d ‘implants mono-focaux, je souffre de maux de tête, de trés nombreux halos, de sécheresses et de grandes fatigues occulaires.
    Cette opération à eu lieu il y a plus d’un an et le chirurgien refuse d’y voir un lien de causalité.
    Aprés avoir demandé un contre avis auprés d’un spécialiste, une dystrophie de la cornée à été detectée.
    J’aimerai savoir si la pose de ces implants n’etait pas une erreur ou en tout cas fortement déconseillé dans ce type de potologie et quelles sont mes alternatives sachant qu’on me conseil simplement d’attendre que la dystrophie augmente pour envisager une greffe.
    Pour info, j’ai également, depuis toujours, une importante hyper-tention occulaire traitée par des collyres et beta-blanquants.
    D’avance un grand merci pour vos réponses.

  13. Fabrice

    Bonjour docteur,

    Un tout grand merci pour votre réponse que je viens de voir. Merci pour ces explications. En fait, une correction en LASIK m’a aussi été proposée, mais en me créant de la myopie à un oeil afin que je puisse continuer à lire de près sans lunettes pendant plusieurs années (même si je n’ai pas encore de presbytie). L’autre oeil me servirait alors à voir de loin.

    J’ai testé ce que cela donnerait avec des lunettes, mais la vision intermédiaire ne serait pas très bonne (j’ai testé en regardant un écran d’ordinateur). C’est la raison pour laquelle je n’étais pas très convaincu par cette intervention.

    Par contre, d’après vos commentaires, vu que la correction en LASIK donne un avantage pour dépendre moins des lunettes pour lire de près (comparé aux personnes du même âge), il me semble que vous préconiseriez une correction en LASIK pour corriger l’astigmatisme et l’hypermétropie aux 2 yeux sans créer de myopie à un oeil. Est-ce correct?

    Pour les problèmes éventuels de presbytie que je pourrais avoir dans le futur, quelles seraient alors les solutions pour éviter de devoir porter des lunettes?

    D’avance, un tout grand merci.

    Bien à vous.

  14. Dr Damien Gatinel

    La présence d’un astigmatisme de 5D est effectivement importante à considérer. Les implants multifocaux et toriques sont indiqués pour la chirurgie de la cataracte chez les patients qui présentent un important astigmatisme: la neutralisation de cet astigmatisme est un prérequis pour obtenir une bonne vision de loin (et de près) et bénéficier de la multifocalité. La neutralisation d’un astigmatisme de 5D avec un implant torique (mono ou multifocal) n’est pas chose aisée, et il est probable que vous ayez besoin d’un geste complémentaire (LASIK) en cas d’implant multifocal. Par ailleurs, la chirurgie de l’hypermétropie et de l’astigmatisme en LASIK a des effets bénéfiques sur la vision de près, ce qui conduit les patients opérés à moins dépendre des lunettes de près que les patients non opérés (qui sont simplement presbyte au même âge). Enfin, la chirurgie du cristallin clair (chirurgie de la cataracte avant l’arrivée de la cataracte) est une chirurgie intraoculaire qui est plus invasive que la chirurgie cornéenne au laser. En raison de ces éléments, je serais plutôt enclin à vous proposer une correction en LASIK si vos cornées sont compatibles avec cette intervention. Il peut occasionner des halos en postopératoire, mais ceux ci ont tendance à se réduire avec le temps. La conduite de nuit est néanmoins possible après quelques semaines dans les cas où ces halos sont initialement prononcés.

  15. Fabrice

    Bonjour docteur,

    J’ai 46 ans avec un fort astigmatisme (dioptrie +5) et une hypermétropie aux 2 yeux. Je n’ai pour l’instant pas de presbytie (je vois très bien de près avec lunettes). On me recommande de mettre des implants trifocaux toriques de Physiol plutôt qu’un traitement au laser car ce dernier serait moins stable et je devrais porter des lunettes dès que ma presbytie apparaitra (ou même avant si la correction n’est pas parfaite je pense). Je n’ai pas de cataracte.

    Qu’en pensez-vous?

    Hormis cela, je suis au courant des effets indésirables de ce genre d’implants (notamment les halos, la perte de contraste et de lumière, et l’obligation de s’habituer à lire à environ 40cm et à travailler sur écran à environ 70-80cm). Apparemment, les halos sont rarement handicapants avec Physiol. Par contre, s’ils restent permanents et tenant compte des autres effets indésirables, quelles activités ne seront plus possible?

    Pour info, je travaille sur écran toute la journée (2 écrans: un face à moi et l’autre en biais); je désirerais notamment encore pouvoir jouer au tennis, tennis de table, et conduire la nuit.

    Est-ce que cela sera encore possible?

    Un tout grand merci.

  16. Blandine HONVAULT

    Je vous remercie pour votre réponse.
    Donc mon cas aurait il fallu un implant monofocal ?
    Et si oui, est il possible de changer sachant que l opération date de 7 semaines ?

  17. Dr Damien Gatinel

    Les implants multifocaux induisent un partage lumineux dont la précision peut être réduite par la présence d’aberrations optiques cornéennes (qui vous procurent les halos nocturne, eg aberrations sphériques). La myopie forte est également source d’une moindre sensibilité aux contrastes d’origine sensorielle et la combinaison de ces caractéristiques explique certainement votre gêne actuelle. Si aucune correction en lunettes ne vous améliore, il est peu probable qu’une retouche de la cornée vous procure un mieux-visuel.

  18. Honvault Blandine

    Chose étonnante, quand je louche, je vois deux images nettes! Qu est-ce que cela peut indiquer?

  19. HONVAULT

    Bonjour Monsieur Gatinel

    Ayant une forte myopie (-8 et -9), je me suis faite opérer à 25 ans au LASIK
    Je suis passée immédiatement à une vision de 10/10 sans lunette.
    Mais la conduite de nuit est dès lors impossible, car dès que la pupille se dilate, un halo se forme autour des phares des voitures que je croise.
    Il semblerait que l’opération LASIK n’ait corrigée que la partie centrale de la cornée et non la périphérique.

    Entre 25 ans et 45 ans, la myopie est revenue progressivement pour atteindre -5 environ, la cornée s’étant réépaissie.
    Etant de nouveau myope, je voyais presque bien au lointain avec lunette, et très bien à très courtes distances sans lunettes.

    Puis à 46 ans, mon ophtalmologiste n’arrivait plus à trouver une correction me permettant de récupérer 10/10 avec lunettes.
    Le diagnostique de la cataracte est posé, je suis alors opérée des 2 yeux avec pose d’implants trifocaux, il y a 5 semaines.

    Depuis, je vois flou dans TOUTES les situations, de jour, de nuit et ce à toutes les distances, ma vision est de l’ordre de 7/10.
    Hélas mon ophtalmologiste n’arrive pas à trouver une correction qui améliore ma vision.
    Elle a programmé pour le 20 décembre une opération sur l’œil droit au Laser pour traiter une opacification de la membrane.

    C’est comme si mon cerveau n’arrivait pas à utiliser la bonne focale, ou mélange les images des différentes focales.
    J’ai parfois eu l’impression d’une mise au point photographique qui pompe entre 2 valeurs.
    Parfois les lettres de la mire Monoyer se mettent à changer spontanément de formes. Les contours sont mouvements.

    Mon ophtalmologiste espère qu’avec le temps la situation s’améliorera.
    Pour ma part je sollicite et m’en remet à votre expertise.
    J’imagine que votre réponse peut être similaire à celle que vous avez posté le 25 novembre, mais une retouche adéquate de la cornée pourrait elle améliorer la situation ?

    Bien à vous,

    Madame Honvault

  20. Dr Damien Gatinel

    Il est parfois difficile de comprendre et élucider l’absence de récupération totale après chirurgie de la cataracte. Changer un implant n’est pas un geste anodin, surtout après un long délai, et ceci n’est pas forcément efficace dans bien des cas. Malheureusement, certaines sensations de flou sont parfois difficile à objectiver et expliquer. Heureusement, la correction actuelle permet toutefois d’obtenir une acuité de 8/10, qui permet une autonomie sur le plan de la vision, même si l’absence de netteté ressentie peut induire de la déception.

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