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Kératocône

Kératocône: définition, causes et facteurs de risque

Introduction:

LE KERATOCONE EST UNE PATHOLOGIE CORNENNE D’ORIGINE MECANIQUE: FROTTEMENTS OCULAIRES EXCESSIFS EN INTENSITE, FREQUENCE ET DUREE, SOUVENT ASSOCIES A UNE POSITION DE SOMMEIL IMPLIQUANT UN CONTACT PROLONGE ENTRE L’OEIL LE PLUS ATTEINT ET LA LITERIE, L’AVANT BRAS OU LA MAIN ( POSITION VENTRALE OU SUR LE COTE).

 Cette vidéo permet en 10 secondes de visualiser ce qu’il se passe quand on se frotte l’oeil. Elle devrait être montrée à tous les patients qui sont susceptibles de trop se frotter les yeux, en particulier les enfants et adolescents allergiques- ou leurs parents et adultes concernés. 

voir: le kératocône en bref

Lire un dossier spécial consacré au kératocône

Il est urgent de redéfinir le kératocône:

Mon expérience poussée et divers travaux entrepris par mon équipe permettent de dissiper le mystère qui entoure encore cette affection, contrairement à ce qu’enseignent encore nombre de spécialistes et traités d’ophtalmologie ou de médecine. Si vous êtes concerné ou l’un de vos proches par cette affection, lisez ce qui suit. Si on vous a proposé d’emblée une procédure chirurgicale destinée à stabiliser le kératocône (cross linking), sachez que celle-ci est en réalité SANS INTERET (pour vous) à condition que vous (ou le sujet concerné) cesse définitivement de frotter ses yeux et modifie éventuellement sa position de sommeil. Le vrai traitement du kératocône doit cibler sa cause, qui est indubitablement mécanique. 

L’auteur de ce site a suivi des centaines de patients atteints de kératocône, et a compris depuis plus de 10 ans que cette affection ne relevait pas d’un processus primitivement génétique ou biomoléculaire mais traumatique.  Il existe des affections d’origine génétiques à l’origine d’une fragilisation des tissus oculaires;  mais le tableau ophtalmologique qu’elles induisent est bien différent.

La définition classique mais partiellement erronée du kératocône détourne du véritable enjeu à même de stabiliser et de prévenir l’évolution de la maladie; l’éviction des frottements oculaires excessifs. Les frottements oculaires excessifs sont l’ingrédient INDISPENSABLE à l’apparition d’un kératocône; leur suppression permet de prévenir (ou d’enrayer l’évolution) de l’affection.

La doxa en vigueur, malheureusement encore enseignée dans les amphithéâtre et lors des stages hosptialiers (sauf dans mon service) est celle d’une affection inéluctablement progressive d’origine inconnue est certes utile pour prescrire des traitements plus ou moins aggressifs et coûteux, en plus d’être le plus souvent inutiles ou peu efficaces: cross linking, pose d’anneaux, laser cornéen (PKR) –  généralement proposés dans cette ordre. Elle est pourtant incapable d’expliquer l’incroyable hétérogénéité de la présentation  du kératocône, en matière de différence entre les deux yeux, d’âge de découverte, d’atteinte sporadique au sein d’une même fratrie, de discordance entre jumeaux monozygotes… Toutes ces caractéristiques s’expliquent pourtant de manière limpide par l’historique des frottements oculaires, et des causes de ceux-ci (allergie; frottements plutôt bilatéraux, position de sommeil sur le ventre avec appui nocturne prolongé sur un oeil: atteinte plutôt unilatérale ou asymétrique, etc.). Plus les frottements oculaires apparaissent tôt dans l’existence sont effectués avec les phalanges (partie dures des doigts), plus les symptômes visuels conduisant à la découverte du kératocône sont précoces.

L’arrêt strict des frottements suffit pour enrayer l’évolution du kératocône; leur poursuite expose en revanche logiquement à une augmentation de la déformation cornéenne.

En résumé:

Le kératocône est une maladie oculaire dont les symptômes découlent d’une déformation de la cornée. Cette déformation de la cornée est responsable d’un astigmatisme, d’une apparition (augmentation) de la myopie, et de divers symptômes visuels dont certains ne sont pas corrigés par le port de lunettes: dédoublements d’images brillantes sur fond sombre (comme le contour qui apparait dédoublé ou triplé de la lune dans le ciel), flou visuel persistant, etc.

La cause primitive du kératocône est mécanique: tous les patients qui développent un kératocône se sont frotté les yeux de manière excessive en durée, intensité et fréquence: ces patients sont souvent allergiques, et présentent plus généralement des facteurs de risque pour les frottements oculaires chroniques: atopie, sécheresse oculaire, travail de nuit, travail prolongé sur écran, position de sommeil sur le ventre ou le côté avec appui nocturne prolongé sur un oeil ou les deux etc.

Les lésions biomécaniques irréversibles provoquées par les frottements apparaissent d’autant plus vite que la cornée est initialement plus fine, et moins résistante.

Le diagnostic du kératocône est confirmé par la réalisation d’un examen de topographie cornéenne (étude de la forme et des variations de courbure et d’épaisseur de la cornée). 

L’histoire clinique du kératocône est relativement stéréotypée:

Des troubles visuels comme un flou, une sensation de dédoublement, reliés à l’apparition d’un astigmatisme myopique unilatéral ou bilatéral (généralement plus marqué d’un côté) succèdent à une période de frottements oculaires excessifs (allergie, atopie, fatigue chronique, etc.). Une topographie cornéenne est alors effectuée et révèle les anomalies suivantes sur un oeil au moins (le plus frotté): astigmatisme irrégulier, amincissement central, asymétrie.

Le délai moyen entre le début des frottements et l’apparition des premiers symptômes visuels est généralement de l’ordre de quelques années. La déformation est alors suffisamment prononcée pour engendrer les symptômes visuels. Il existe néanmoins une phase silencieuse intermédiaire, au cours de laquelle une déformation cornéenne se constitue mais est trop faible pour être à l’origine d’une dégradation visuelle perçue subjectivement par le patient.

On constate toutefois rétrospectivement l’évolution d’un astigmatisme d’origine cornéenne, souvent de direction oblique ou inverse, en rapport avec les premiers stades de déformation de la cornée sous l’effet des contraintes mécaniques répétées.

TOUT ASTIGMATISME EVOLUTIF CHEZ L’ENFANT, L’ADOLESCENT OU L’ADULTE JEUNE DOIT FAIRE SUSPECTER UN DEBUT DE DEFORMATION CORNENNE, RECHERCHER UNE HISTOIRE DE FROTTEMENTS OCULAIRES ET MOTIVER LA REALISATION D’UNE TOPOGRAPHIE CORNEENNE.

Cette déformation est parfois mise en évidence lors de la réalisation systématique d’une topographie cornéenne chez un patient  qui consulte pour une chirurgie réfractive de la myopie. Ces aspects topographiques atypiques et peu prononcés font alors poser le diagnostic de « forme suspecte de kératocône », ou encore de « kératocône fruste »; au delà de débats sémantiques et étiologiques (la théorie classique est en effet impuissante à expliquer la présence de ces formes intermédiaires peu évolutives) il est crucial de bien expiquer au patient qu’il est nécessaire de ne plus se frotter les yeux aussi énergiquement (attention au démaquillage trop appuyé !).

Contrairement à ce qu’enseignent traités classiques et clament nombre de spécialistes:

Le kératocône est une affection primitivement mécanique, non primitivement génétique: la déformation cornéenne est induite par des frottements oculaires excessifs.  Au départ, la déformation infligée par les frottements est de caractère élastique (réversible à l’arrêt des frottements). Au delà d’un certain seuil (qui dépend de l’intensité des frottements et des caractéristiques natives de la cornée)  la déformation devient « plastique« , c’est à dire permanente

En effet, les frottements agissent à la fois sur le plan mécanique (désorganisation de la trame des fibres collagènes de la cornée) et biomoléculaire (cytotoxicité mécanique, réaction cellulaire avec sécrétion de cytokines et enzymes pro inflammatoires). Ces mécanismes se conjuguent pour provoquer un amincissement progressif et une réduction de la rigidité cornéenne, qui sont à l’origine de la déformation plastique de la cornée.

Cette déformation explique l’apparition ou l’évolution de l’astigmatisme, qui est généralement de type myopique.

symptômes visuels du kératocône
Exemple de symptômes visuels pouvant faire rechercher un kératocône débutant. 

Signes visuels évocateurs:

La perception avec un œil d’un dédoublement, ou d’images multiples, fantômes, autour des sources lumineuses, peut faire rechercher la présence d’un kératocône: ces symptômes traduisent la présence d’un astigmatisme dit irrégulier. Les dédoublements et images fantômes peuvent s’atténuer avec une correction lunettes mais ils ne disparaissent pas complètement (contrairement aux symptômes provoqués par un simple astigmatisme régulier, corrigible en lunettes).

Attention, ces symptômes ne sont pas spécifiques du kératocône. Une cataracte débutante peut également provoquer un léger dédoublement des images perçues.

Quand elle est d’origine cornéenne, toute sensation de dédoublement ou d’images multiples n’est pas forcément le signe d’un kératocône, mais traduit un certain degré de réduction de la qualité optique de la cornée. Une kératite superficielle peut par exemple occasionner le même type de symptômes.

Plus le kératocône est évolué, et plus l’intensité de ces anomalies visuelle est prononcée. Dans la majorité des cas de kératocône, les images « bavent » principalement vers le bas ou en oblique vers le bas. Plus sur la vision d’un oeil atteint de kératocône ici (en anglais)

Considérations classiques à propos du kératocône

Le Kératocône, du grec kératos pour cornée et conus pour forme de cône, est défini classiquement comme une dystrophie cornéenne classiquement idiopathique (cause inconnue) bilatérale, asymétrique, non inflammatoire. Le kératocône est caractérisé par un amincissement et une déformation progressive de la cornée. Sur le plan optique, cette déformation induit de l’astigmatisme régulier et irrégulier (aberrations optiques de haut degré) provoqué par une altération marquée de la géométrie de la cornée.

On explique volontiers dans les traités que la cause du kératocône est inconnue mais qu’il existe certains facteurs de risque pour cette affection mystérieuse comme l’allergie, l’atopie, et… les frottements oculaires…

Reléguer les frottements oculaires à un rôle subalterne (celui de « facteur de risque ») est une erreur lourde de conséquences en matière de santé publique. Ceci revient à confondre corrélation et causalité, comme si l’on considérait les rayons U.V comme un facteur de risque de coup de soleil alors qu’ils en sont la cause même. Ou encore qu’un brossage trop vigoureux des dents était un facteur de risque de gingivopathie (lésion des gencives), alors que c’est bien le brossage qui provoque directement l’atteinte gingivale.

kératocône
Kératocône extrêmement évolué de l’oeil gauche, consécutif à des décennies de frottements oculaires appuyés avec les phalanges des doigts. Cette image illustre le pourquoi du choix du « cône » pour rendre compte de la forme prise par le dôme cornéen dans les formes très avancées. Il est beaucoup plus difficile sinon impossible d’identifier les formes débutantes et moyennement prononcées à l’oeil nu. Le recours à la topographie cornéenne est indispensable.

Une redéfinition alternative et moderne du kératocône s’impose: elle se heurte malheureusement au conservatisme, au dogmatisme, voire à une certaine forme de paresse intellectuelle.

Redéfinir le kératocône

A la définition classique, descriptive et fonctionnelle du kératocône, l’auteur substitue une définition plus causale. Le kératocône se caractérise par l’apparition d’une déformation de la cornée responsable de symptômes visuels et de signes topographiques évocateurs.

Cette déformation est directement liée à l’action de frottements oculaires répétés, responsables d’un stress mécaniques de la cornée.  

Le kératocône n’est pas une dystrophie primitive, ni une maladie génétique, mais une affection d’origine mécanique: sans frottements, sans stress mécanique répété, il n’y a pas de survenue de déformation du dôme cornéen, et donc de kératocône (voir page consacrée au rôle des frottements oculaires répétés vis à vis de l’incidence du kératocône, voir article  « Eye rubbing; a sine qua non for keratoconus?« , voir article« No rub No cone, the Keraotconus Conjecture ».

Un site est totalement dédié à la compréhension de l’origine, ainsi que la prise en charge moderne du kératocône: https://defeatkeratoconus.com/.

De nombreux cas de kératocône sont présentés et illustrent le fait que les frottements oculaires sont un élément indispensable et nécessaire à la génèse du kératocône.

La vidéo suivante a été réalisée pour expliciter l’action directe des frottements sur le globe oculaire: le visionnage de ces images devrait suffire à faire passer l’envie de se frotter les yeux!

En particulier, l’étude des formes strictement unilatérales de l’affection, qui existent bel et bien, permet simplement de déduire l’élément essentiel qui est nécessaire au déclenchement du kératocône. Les patients qui se frottent un œil et épargnent l’autre (ou bien le frottent peu) présentent un kératocône unilatéral.

Ces observations sont riches en enseignement. En voici un exemple:

keratocone unilateral
Dans cet exemple, le patient s’est frotté avec les phalanges – geste typique et particulièrement délétère – pendant des années, quasi exclusivement son oeil droit (il dort avec la tête en appui du même côté, ce qui explique peut être les sensations d’irritation chronique ayant conduit le patient à se frotter cet oeil vigoureusement, dès le réveil…). L’énergie mécanique véhiculée par les phalanges provoque une désorganisation architectonique du tissue cornéen et une inflammation locale qui sont responsables au bout d’un certain temps d’un amincissement et d’une déformation irrégulière mais isométrique (sans distension) de la cornée. Celle-ci ce cambre dans la région paracentrale inférieure et s’aplatit au niveau périphérique; ces modifications peuvent ici s’apprécier de manière macroscopique à l’inspection d’une macro photo en profil de la cornée de l’oeil droit. Cette cambrure augmente l’effet réfringent de la cornée. L’irrégularité est responsable de l’apparition d’un astigmatisme important. L’oeil gauche est indemne de kératocône mais présente une cornée fine: cette caractéristique ( de nature congénitale) est à même de rendre la cornée plus vulnérable à l’action de frottements excessifs.

Toutefois, la majorité des patients a tendance à se frotter les deux yeux, mais souvent de manière asymétrique: invariablement, l’œil le plus frotté est le plus atteint (la cornée est plus fine et déformée).

L’œil le plus frotté est souvent celui qui subit le plus de compression la nuit en cas de position de sommeil sur le ventre ou le côté.

L’arrêt des frottements garantit l’absence de progression de la déformation de la cornée, ce qui confirme la responsabilité directe et le caractère indispensable des frottements dans l’induction du kératocône.


En conclusion:

 Le kératocône n’est pas une dystrophie idiopathique mais un syndrome d’origine acquise et mécanique, dont l’expression topographique traduit la déformation plastique de la cornée, provoquée par le stress mécanique représenté par les frottements oculaires répétés

Cette explication est forgée sur le recueil attentif de l’histoire clinique de nombreuses observations, et un raisonnement inductif. Elle est compatible avec l’ensemble des données publiées dans la littérature médicale.

Il est crucial d’expliquer aux patients atteints et à risques (allergiques, travailleurs de nuit, sur écran, etc.) de ne pas/plus se frotter les yeux. Cette simple prescription a le potentiel d’éradiquer cette maladie, et d’en stopper la progression pour ceux qui en sont déjà atteints.

Considérer le kératocône comme une pathologie dont l’origine principale est mécanique est un bouleversement paradigmatique dans le monde ophtalmologique qui n’est pas encore pleinement admis, loin de là. Outre les aspects liés à la perte de certaines indications comme le cross-linking, le poids de l’enseignement ou certains raisonnements spécieux freinent l’adoption d’une théorie qui pourrait pourtant sauver de la progression et de l’apparition du kératocône bien des yeux. Certains praticiens soutiennent par exemple que les frottements pourraient être la conséquence du kératocône! Cette position est difficile à défendre puisqu’un simple interrogatoire des patients atteints de kératocône révèle invariablement que les frottements PRECEDENT TOUJOURS, et de plusieurs mois ou années, l’apparition des premiers symptômes du kératocône

Ainsi, l’explication mécanique du kératocône n’est pas populaire auprès de certains praticiens qui préconisent la réalisation de certains actes chirurgicaux, souvent dès la première consultation, car elle remet justement en cause le bien fondé de leur attitude interventionniste.

Il n’est jamais urgent de réaliser un cross linking, la pose d’anneaux ou la réalisation d’une photoablation laser.

Il n’existe qu’une seule urgence en matière de kératocône: arrêter tout frottement oculaire intempestif

La maladie (causée par les frottements) ne progresse plus dès l’arrêt de ceux-ci, et avec la correction de la position de sommeil (arrêter de dormir sur le ventre ou le côté, avec la tête enfoncée dans l’oreiller, le bras ou la main au contact des orbites etc.). 

Le cross linking, censé durcir le tissu cornéen (en pratique clinique cet effet n’est pas démontré), n’est pas une réponse logique au kératocône. La poursuite des frottements après cross linking conduit d’ailleurs à l’aggravation du kératocône. 

Dans la plupart des cas, les interventions précoces n’ont pas d’intérêt (pour le patient). Il faut identifier les frottements, traiter leur cause si possible, et s’orienter vers l’adaptation de lentilles rigides qui constitue le meilleure mode de correction optique chez les patients atteints de kératocône.

Enfin, il est logique de proposer que:

Tout enfant allergique chronique devrait bénéficier d’un suivi topographique cornéen, s’il se frotte les yeux.

Il est encourageant de constater qu’une plus jeune génération d’ophtalmologistes français, en particulier ceux dont la formation a été effectuée dans notre service, adoptent le point de vue martelé par l’auteur de ce site depuis de nombreuses années.

Quand le message relatif aux frottements sera plus largement diffusé au niveau du grand public, l’incidence du kératocône et de ses formes graves diminuera. 

Si vous êtes atteint de kératocône et en comprenez l’origine, alors vous pouvez faire passer ce message : ne vous frottez pas les yeux!

N’hésitez pas à communiquer des liens vers cette page, et le site dédié: www.defeatkeratoconus.com

Voir aussi: 

Le kératocône en bref

Justification de l’hypothèse mécanique du kératocône

Réfutation de la théorie classique: le syndrome de Marfan 

Kératocône et topographie cornéenne

Stades et formes cliniques du kératocône

Histologie du kératocône

Correction de la vision et kératocône

Formes suspectes de kératocône

Kératocône infraclinique

Consulter des cas documentés avec suivi de kératocône (en anglais)

Une présentation video justifiant la conjecture « No rub, no cone »:

voir également: astigmatisme irrégulierectasie kératocône frustekératocône suspect –  aberrométrie et kératocônetopographie cornéennevision dédoublée – crosslinking – crosslinking et cicatrisation – controverses sur le crosslinking

424 réponses à « Kératocône »

  1. Dr Damien Gatinel

    L’arrêt des frottements interrompt le mécanisme à l’origine de la déformation cornéenne, mais malheureusement celle-ci est définitive. Parfois, on observe cependant une petite amélioration quelques semaines après l’arrêt des frottements, probablement grâce à un léger remodelage épithélial.

  2. Michèle

    Est-ce que la cornée qui est un tissus, peut se régénérer si la déformation n’est pas trop importante et que je ne me frotte plus les yeux ?

  3. Dr Damien Gatinel

    Je vous remercie de votre question, et de ne pas trouver absurde l’idée que la déformation cornéenne observée au cours du kératocône soit la conséquence directe des frottements oculaires. A dire vrai, il est de mon point de vue absurde de prétendre que la cornée puisse se déformer sans l’action d’une force mécanique externe (les frottements), alors que l’on a jamais mis en évidence de mécanisme biochimique, de mutation responsable d’une anomalie protéique ou autre. Ceci a son importance, car dans votre cas, si l’oeil droit est indemne de kératocône (absence de déformation ou déformation minime), et que vous avez cessé de vous frotter les yeux, alors il n’est pas incongru de mon point de vue de vous proposer une technique de correction de la myopie, plutôt en PKR. Si vous avez frotté les yeux dans le passé, vous avez peut être fragilisé la cornée du côté droit, donc il me parait préférable d’opter pour une technique de laser de surface (PKR), si toutefois celle-ci est possible – et un bilan topographique avec mesure de votre correction à délivrer pourra peut être confirmer ceci.

  4. Laurent

    Bonjour,

    Je suis atteint de kératocône sur l’œil gauche depuis plus de 20 ans (j’en ai 34 actuellement), il est vrai que je me suis beaucoup frotté les yeux dans ma vie étant allergique au pollen et aux acariens donc l’hypothèse que vous avancez ne me paraît pas absurde.
    Sur l’œil droit je n’ai qu’une myopie (bien que lui aussi ait eu droit à sa dose de frottements) et je pensais à me faire opérer au laser mais je ne suis pas sûr que ça soit une bonne idée, cela ne risquerait-il pas de fragiliser la cornée de mon œil droit ?

    Vous remerciant par avance de votre retour.

    Cordialement,

    Laurent

  5. Dr Damien Gatinel

    Le port de lentille sclérale est possible en cas de greffe de cornée, sans réduire la durée de vie des greffons, et l’amélioration attendue pour votre vision est a priori substantielle.

  6. lerat marion

    Bonjour,
    Je suis greffée de la cornée depuis 16 ans pour l ‘ oeil droit et 15 ans pour l ‘ oeil gauche ,effectivement d ‘ aussi longtemps que je me souvienne je me frottais très souvent les yeux,ma vue a dégringolé en un an et demi et suis passée de 10/10 à 1 et 2/10ème en un an et demi ,j’avais 17 ans,je me renseigne depuis qqs temps sur les lentilles sclérales et il semblerait que les lentilles sur greffons réduisent leur durée de »vie ». (Actuellement je porte des lunettes mais ne suis pas à 10,un essai de lentilles sclérales m ‘ a redonné goût à bien mieux voir ),qu’ en pensez-vous?avez vous déjà réalisé des études sur cette question?
    Par ailleurs je suis en contact avec des keratoconiens sur fb,qui ont leur source auprès d’ ophtalmos et pour le CXL (crosslinkin) effectivement l’ efficacité est loin d ‘ être prouvée.
    En vous remerciant.
    Marion

  7. Dr Damien Gatinel

    Il n’y a pas de contre indication pour la musculation, ou toute autre activité sportive tant que celle-ci ne vous conduit pas à vous faire vous frotter les yeux. Gares donc aux poussières, ou à la sueur qui coulerait dans les yeux.

  8. Chender Djamel

    Est ce qu’on peut pratiquer la musculation quand on est au stade 3 du kératocône?

  9. Dr Damien Gatinel

    Si vous lisez les pages conacrées au kératocône et au crosslinking de ce site, vous pourrez deviner ma réponse à vos interrogations. Premièrement, le kératocône a été provoqué dans votre cas et dans (à mon avis) tous les autres cas par les frottements oculaires. Son évolution, qui doit être jugée sur la réalisation de topographies espacées dans le temps, et dont les différences doivent être significatives, est également liée à la poursuite de ces frottements.
    De cette assertion découle une conclusion limpide: si vous cessez strictement de vous frotter les yeux, votre kératocône n’aura plus de raison d’évoluer. De mon point de vue (nourri par la pratique et l’observation et suivi de dizaines de cas de kératocône), le kératocône n’est pas une dystrophie cornéenne dont l’apparition découle d’un terrain génétique favorable et de certains facteurs environnementaux. Son origine est beaucoup plus simple: il est le fruit d’une fragilisation biomécanique de la cornée acquise et directement provoquée par les frottements oculaires répétés, qui provoquent un étirement progressif et une désorganisation des lamelles collagènes de la cornée.

    Il n’y a jamais d’urgence à réaliser un CXL car même si l’on croit à l’efficacité de cette technique (non prouvée par les méta analyses sérieuses), il faut réaliser au moins deux topographies à quelques semaines d’intervalle prouvant une progression de l’affection pour poser l’indication de CXL. Si le KC n’évolue pas, pourquoi réaliser une technique consistant à réaliser un stress oxydatif intense destiné à induire d’hypothétiques liaisons covalentes au sein du tissu cornéen? Les modifications apportées par le CXL sont modestes et liées à la cicatrisation de la surface cornéenne, pas à une réelle solidification de celle-ci.

  10. Gaouar

    Bonjour,

    J’ai 26 ans et on viens de me diagnostiquer un kératocone DPM évolutif d’après le spécialiste.
    Un astigmatisme qui a évolué les derniers mois/années.
    Je porte actuellement des lunettes ainsi que des lentilles souples pour le sport 4 fois semaines.
    Je me frotte régulièrement les yeux. (Fatigue, lentilles, poussière, réveil )
    Le chirurgien me propose une opération très rapide via le crosslinking .. Je suis assez méfiant concernant cette technique et surtout l’aspect urgent de l’opération.
    Que me conseillez vous ?
    Merci

  11. Dr Damien Gatinel

    Le port de lentilles rigides bien adaptée n’est absolument pas un risque concernant l’évolution de votre kératocône. La pression exercée par les paupières et transmise à la cornée par la lentille rigide est de plusieurs ordres de magnitude inférieure à celle des doigts ou phalanges lors des frottements oculaires. L’amélioration significative de votre vision grâce aux lentilles est liée au fait que leur géométrie permet de rendre un galbe plus harmonieux à la surface de l’oeil, ce qui permet de réduire considérablement les aberrations optiques qu’inflige, seul, le kératocône.

  12. Dr Damien Gatinel

    Dans un premier temps il convient de confirmer le diagnostic de kératocône. Celui-ci peut parfois être porté par excès, en fonction de la carte topographique réalisée, et des critères utilisés pour le diagnostic. S’il s’agit d’un kératocône, il s’agit de mon point de vue des conséquences d’un traumatisme répété de cos cornées, qui doit être plus fréquent et prononcé du côté le plus atteint; les frottements oculaires répétés sont bien sûr le mécanisme le plus souvent retrouvé. Plus le kératocône apparaît tard au cours de l’existence, et plus son évolution est réputée lente. Il s’agit certainement d’un biais d’appréciation; quand le kératocône apparait tard (ex: après 30 ans), c’est qu’il découle d’un processus lui même d’évolution lente, et qui mène donc plus tardivement à l’éclosion de la maladie. Vous n’avez donc pas forcément à redouter le pire. Ne vous frottez plus les yeux, et faites une autre topographie cornéenne dans quelques mois.

  13. Bonjour Docteur,
    Je suis expatrié, ma acuité visuel s’est détérioré en quelques temps. Je suis allé faire des examens, on m’a diagnostiqué un kératocône. Pour le moment seul mon œil droit est atteint, on m’a parlé d’un kératocône frustre à gauche. Je redoute le pire, j’ai toujours une bonne vue, ancien sportif de haut niveau, vie saine. Je ne sais pas trop comment m’y prendre.
    Suis-je condamné à moins bien voir ?

  14. bonjour je suis atteint de keratocone depuis 6 ans. On m’a proposé un crosslinking mais depuis que j’ai lu votre site très bien fait je ne me frotte plus les yeux ce que je faisais depuis l’enfance (J’ai 29 ans). Mon keratocone n’évolue plus d’après un autre Opthalmo qui a donné des lentilles rigides. Je vois mieux qu’en lunettes mais est ce que le port des lentilles dures est mauvais en cas de keratocone pour la cornée? Merci

  15. Dr Damien Gatinel

    Il est très important que votre fils ne se frotte plus les yeux, sous peine d’induire une récidive du kératocône. Si les frottements sont liés à une allergie, il faut tenter une désensibilisation et traiter les symptômes de l’allergie par des collyres (anti histaminiques) ou des traitements per os. Plutôt que de frotter quand les yeux sont irrités, il est préférable de bien les rincer avec du sérum physiologique. La pratique de la musculation est possible. Concernant la transmission du kératocône, il est classique de considérer cette maladie comme génétique, car on observe parfois la présence d’un kératocône chez plusieurs membres d’une fratrie, chez l’un des parents biologique, etc. Toutefois, le mode de transmission n’est pas clair et il n’y a pas de gène spécifiquement identifié pour le kératocône. Il est en revanche probable que certains traits génétiques prédisposent à avoir un terrain atopique, des cornées plus ou moins épaisses et résistantes… et que la pratique de frottements oculaires induise plus vite un kératocône chez certains sujets que chez d’autres. De mon point de vue, l’absence de frottements oculaires (ou de l’application répétée de contraintes mécaniques sur la cornée) devrait à elle seule suffire à éradiquer le kératocône. Même si l’on est en droit de douter de cette assertion tant les traités définissent classiquement le kératocône comme une dystrophie cornéenne dont l’origine est inconnue, il est admis que les frottements oculaires répétés accentuent la déformation cornéenne et accélèrent l’évolution de la maladie (de mon point de vue, les frottenents sont LA cause de ce qu’on appelle le kératocône et leur intensité et fréquence en conditionnent l’évolution)

  16. Emilie

    Bonjour
    Mon fils a la maladie « kératocône », il a eu une greffe les deux yeux depuis 7 ans. Il a de déficit visuelle. Il ne supporte pas de lentilles, puisque à chaque fois qu’il met de lentilles, ça lui gratte beaucoup les yeux, ils sont rouges. C’est la raison qu’il ne met rarement de lentilles.
    Depuis quelques temps, il ne voit de moins en moins bien et gratte beaucoup les yeux.
    J’aimerais savoir quels sont les gestes à éviter pour minimiser les risques de déficit visuelle de plus en plus grave ?
    S’il existe de médicament ou traitement pour nettoyer ses yeux ou éviter de les gratter?
    Qu’est ce qu’il faut faire et ce qu’il faut pas faire ou il n’y a pas de solutions vu la gravité de ses yeux. (j’incite qu’on voit très biens les traits blanc sur ses yeux après opérations les deux yeux)
    Est ce que cette maladie est transmissible à ses enfants ?
    Est ce qu’il doit éviter ou pas forcer sur la musculation car il en fait beaucoup

    Je vous remercie pour votre réponse

  17. Dr Damien Gatinel

    La pratique de la boxe et des sports de combats est possible en cas de kératocône; il convient comme toujours de protéger les yeux contre les coups portés en direct.

  18. Dans un premier je tenais à vous remercié pour toutes les informations que vous donnez sur le Kératocône, cela m’a permis de rassurer certaine craintes.
    J’aurais aimez savoir si les sports de combat type boxe peuvent être pratiqués lorsque nous somme atteints du Kératocône ?

    Cordialement,

  19. Dr Damien Gatinel

    Je préconiserais le port de lentilles ou de lunettes effectivement. Le kératocône est à un stade avéré mais a priori un équipement en lentilles rigides devrait permettre de remonter l’acuité visuelle corrigée à un niveau satisfaisant.
    Il est bien entendu crucial de cesser tout frottement oculaire. Si cette préconisation est respectée, le kératocône ne devrait plus évoluer. Une greffe ne me parait pas devoir être envisagée dans le futur.

  20. Avec l’accord de ma fille, je me permets de vous contacter à son sujet. Agée de 31 ans, elle a consulté récemment un ophtalmologue suite à un ressenti de fatigue oculaire. Le diagnostic préalable a été « astigmatie sévère » puis a été remplacé brutalement par « maladie des yeux : kératocône ». Devant l’inquiétude de ma fille sur la perte de la vue, le médecin a adouci le trait en disant qu’il n’y avait rien de grave : au mieux elle aurait des lunettes, au pire une chirurgie. La spécialiste rencontrée lui propose un cross linking, sans expliquer la maladie et son évolution et sans expliquer pourquoi une solution alternative telle que lunettes ou lentilles ne peut être envisagée. Ma fille refuse cette méthode.

    Elle est consciente que sa vue puisse diminuer et est parfois gênée par la lumière trop vive mais elle reste surprise d’entendre que des lunettes ne serviraient à rien alors qu’à ce jour, elle lit de très petits caractères. Elle admet avoir besoin et est prête à porter des lunettes ou lentilles bien qu’elle pense ne pas avoir assez de larmes pour supporter ces dernières.
    Pour information, ma fille avait consulté un ophtalmogue à 18 ans pour des raisons de migraines ophtalmiques ; celui-ci n’avait rien diagnostiqué de tel et avait juste préconisé des sessions d’orthoptie. Une fois les séances faites, ma fille n’a plus ressenti de fatigue oculaire jusqu’à récemment.

    La lecture de vos articles concernant le cross linking et le kératocône apporte des réponses et confirme l’inquiétude sur cette technique trop souvent proposée dès la première consultation.
    Je découvre que le kératocône est souvent provoqué par les frottements oculaires et répétés des yeux, pratique exercée depuis de nombreuses années par ma fille. Elle manque également de larmes (sécheresse oculaire) qu’elle compense par des gouttes. Suite à cette annonce, elle ne se frotte plus les yeux car souhaite stopper l’évolution du kératocône.

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