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Kératocône

Résumé pratique. Le kératocône est une déformation progressive de la cornée. Éviter le frottement des yeux et traiter les causes d’irritation sont essentiels ; la surveillance tomographique et la prise en charge — lunettes, lentilles, cross-linking ou chirurgie selon les cas — doivent être personnalisées.

Auteur et révision. Damien Gatinel, MD, PhD — dernière révision médicale : 18 août 2026.

Publications de référence.

Ces informations générales ne remplacent pas une consultation ni un avis médical individualisé.

Kératocône: définition, causes et facteurs de risque

Introduction:

LE KERATOCONE EST UNE PATHOLOGIE CORNENNE D’ORIGINE MECANIQUE: FROTTEMENTS OCULAIRES EXCESSIFS EN INTENSITE, FREQUENCE ET DUREE, SOUVENT ASSOCIES A UNE POSITION DE SOMMEIL IMPLIQUANT UN CONTACT PROLONGE ENTRE L’OEIL LE PLUS ATTEINT ET LA LITERIE, L’AVANT BRAS OU LA MAIN ( POSITION VENTRALE OU SUR LE COTE).

 Cette vidéo permet en 10 secondes de visualiser ce qu’il se passe quand on se frotte l’oeil. Elle devrait être montrée à tous les patients qui sont susceptibles de trop se frotter les yeux, en particulier les enfants et adolescents allergiques- ou leurs parents et adultes concernés. 

voir: le kératocône en bref

Lire un dossier spécial consacré au kératocône

Il est urgent de redéfinir le kératocône:

Mon expérience poussée et divers travaux entrepris par mon équipe permettent de dissiper le mystère qui entoure encore cette affection, contrairement à ce qu’enseignent encore nombre de spécialistes et traités d’ophtalmologie ou de médecine. Si vous êtes concerné ou l’un de vos proches par cette affection, lisez ce qui suit. Si on vous a proposé d’emblée une procédure chirurgicale destinée à stabiliser le kératocône (cross linking), sachez que celle-ci est en réalité SANS INTERET (pour vous) à condition que vous (ou le sujet concerné) cesse définitivement de frotter ses yeux et modifie éventuellement sa position de sommeil. Le vrai traitement du kératocône doit cibler sa cause, qui est indubitablement mécanique. 

L’auteur de ce site a suivi des centaines de patients atteints de kératocône, et a compris depuis plus de 10 ans que cette affection ne relevait pas d’un processus primitivement génétique ou biomoléculaire mais traumatique.  Il existe des affections d’origine génétiques à l’origine d’une fragilisation des tissus oculaires;  mais le tableau ophtalmologique qu’elles induisent est bien différent.

La définition classique mais partiellement erronée du kératocône détourne du véritable enjeu à même de stabiliser et de prévenir l’évolution de la maladie; l’éviction des frottements oculaires excessifs. Les frottements oculaires excessifs sont l’ingrédient INDISPENSABLE à l’apparition d’un kératocône; leur suppression permet de prévenir (ou d’enrayer l’évolution) de l’affection.

La doxa en vigueur, malheureusement encore enseignée dans les amphithéâtre et lors des stages hosptialiers (sauf dans mon service) est celle d’une affection inéluctablement progressive d’origine inconnue est certes utile pour prescrire des traitements plus ou moins aggressifs et coûteux, en plus d’être le plus souvent inutiles ou peu efficaces: cross linking, pose d’anneaux, laser cornéen (PKR) –  généralement proposés dans cette ordre. Elle est pourtant incapable d’expliquer l’incroyable hétérogénéité de la présentation  du kératocône, en matière de différence entre les deux yeux, d’âge de découverte, d’atteinte sporadique au sein d’une même fratrie, de discordance entre jumeaux monozygotes… Toutes ces caractéristiques s’expliquent pourtant de manière limpide par l’historique des frottements oculaires, et des causes de ceux-ci (allergie; frottements plutôt bilatéraux, position de sommeil sur le ventre avec appui nocturne prolongé sur un oeil: atteinte plutôt unilatérale ou asymétrique, etc.). Plus les frottements oculaires apparaissent tôt dans l’existence sont effectués avec les phalanges (partie dures des doigts), plus les symptômes visuels conduisant à la découverte du kératocône sont précoces.

L’arrêt strict des frottements suffit pour enrayer l’évolution du kératocône; leur poursuite expose en revanche logiquement à une augmentation de la déformation cornéenne.

En résumé:

Le kératocône est une maladie oculaire dont les symptômes découlent d’une déformation de la cornée. Cette déformation de la cornée est responsable d’un astigmatisme, d’une apparition (augmentation) de la myopie, et de divers symptômes visuels dont certains ne sont pas corrigés par le port de lunettes: dédoublements d’images brillantes sur fond sombre (comme le contour qui apparait dédoublé ou triplé de la lune dans le ciel), flou visuel persistant, etc.

La cause primitive du kératocône est mécanique: tous les patients qui développent un kératocône se sont frotté les yeux de manière excessive en durée, intensité et fréquence: ces patients sont souvent allergiques, et présentent plus généralement des facteurs de risque pour les frottements oculaires chroniques: atopie, sécheresse oculaire, travail de nuit, travail prolongé sur écran, position de sommeil sur le ventre ou le côté avec appui nocturne prolongé sur un oeil ou les deux etc.

Les lésions biomécaniques irréversibles provoquées par les frottements apparaissent d’autant plus vite que la cornée est initialement plus fine, et moins résistante.

Le diagnostic du kératocône est confirmé par la réalisation d’un examen de topographie cornéenne (étude de la forme et des variations de courbure et d’épaisseur de la cornée). 

L’histoire clinique du kératocône est relativement stéréotypée:

Des troubles visuels comme un flou, une sensation de dédoublement, reliés à l’apparition d’un astigmatisme myopique unilatéral ou bilatéral (généralement plus marqué d’un côté) succèdent à une période de frottements oculaires excessifs (allergie, atopie, fatigue chronique, etc.). Une topographie cornéenne est alors effectuée et révèle les anomalies suivantes sur un oeil au moins (le plus frotté): astigmatisme irrégulier, amincissement central, asymétrie.

Le délai moyen entre le début des frottements et l’apparition des premiers symptômes visuels est généralement de l’ordre de quelques années. La déformation est alors suffisamment prononcée pour engendrer les symptômes visuels. Il existe néanmoins une phase silencieuse intermédiaire, au cours de laquelle une déformation cornéenne se constitue mais est trop faible pour être à l’origine d’une dégradation visuelle perçue subjectivement par le patient.

On constate toutefois rétrospectivement l’évolution d’un astigmatisme d’origine cornéenne, souvent de direction oblique ou inverse, en rapport avec les premiers stades de déformation de la cornée sous l’effet des contraintes mécaniques répétées.

TOUT ASTIGMATISME EVOLUTIF CHEZ L’ENFANT, L’ADOLESCENT OU L’ADULTE JEUNE DOIT FAIRE SUSPECTER UN DEBUT DE DEFORMATION CORNENNE, RECHERCHER UNE HISTOIRE DE FROTTEMENTS OCULAIRES ET MOTIVER LA REALISATION D’UNE TOPOGRAPHIE CORNEENNE.

Cette déformation est parfois mise en évidence lors de la réalisation systématique d’une topographie cornéenne chez un patient  qui consulte pour une chirurgie réfractive de la myopie. Ces aspects topographiques atypiques et peu prononcés font alors poser le diagnostic de « forme suspecte de kératocône », ou encore de « kératocône fruste »; au delà de débats sémantiques et étiologiques (la théorie classique est en effet impuissante à expliquer la présence de ces formes intermédiaires peu évolutives) il est crucial de bien expiquer au patient qu’il est nécessaire de ne plus se frotter les yeux aussi énergiquement (attention au démaquillage trop appuyé !).

Contrairement à ce qu’enseignent traités classiques et clament nombre de spécialistes:

Le kératocône est une affection primitivement mécanique, non primitivement génétique: la déformation cornéenne est induite par des frottements oculaires excessifs.  Au départ, la déformation infligée par les frottements est de caractère élastique (réversible à l’arrêt des frottements). Au delà d’un certain seuil (qui dépend de l’intensité des frottements et des caractéristiques natives de la cornée)  la déformation devient « plastique« , c’est à dire permanente

En effet, les frottements agissent à la fois sur le plan mécanique (désorganisation de la trame des fibres collagènes de la cornée) et biomoléculaire (cytotoxicité mécanique, réaction cellulaire avec sécrétion de cytokines et enzymes pro inflammatoires). Ces mécanismes se conjuguent pour provoquer un amincissement progressif et une réduction de la rigidité cornéenne, qui sont à l’origine de la déformation plastique de la cornée.

Cette déformation explique l’apparition ou l’évolution de l’astigmatisme, qui est généralement de type myopique.

symptômes visuels du kératocône
Exemple de symptômes visuels pouvant faire rechercher un kératocône débutant. 

Signes visuels évocateurs:

La perception avec un œil d’un dédoublement, ou d’images multiples, fantômes, autour des sources lumineuses, peut faire rechercher la présence d’un kératocône: ces symptômes traduisent la présence d’un astigmatisme dit irrégulier. Les dédoublements et images fantômes peuvent s’atténuer avec une correction lunettes mais ils ne disparaissent pas complètement (contrairement aux symptômes provoqués par un simple astigmatisme régulier, corrigible en lunettes).

Attention, ces symptômes ne sont pas spécifiques du kératocône. Une cataracte débutante peut également provoquer un léger dédoublement des images perçues.

Quand elle est d’origine cornéenne, toute sensation de dédoublement ou d’images multiples n’est pas forcément le signe d’un kératocône, mais traduit un certain degré de réduction de la qualité optique de la cornée. Une kératite superficielle peut par exemple occasionner le même type de symptômes.

Plus le kératocône est évolué, et plus l’intensité de ces anomalies visuelle est prononcée. Dans la majorité des cas de kératocône, les images « bavent » principalement vers le bas ou en oblique vers le bas. Plus sur la vision d’un oeil atteint de kératocône ici (en anglais)

Considérations classiques à propos du kératocône

Le Kératocône, du grec kératos pour cornée et conus pour forme de cône, est défini classiquement comme une dystrophie cornéenne classiquement idiopathique (cause inconnue) bilatérale, asymétrique, non inflammatoire. Le kératocône est caractérisé par un amincissement et une déformation progressive de la cornée. Sur le plan optique, cette déformation induit de l’astigmatisme régulier et irrégulier (aberrations optiques de haut degré) provoqué par une altération marquée de la géométrie de la cornée.

On explique volontiers dans les traités que la cause du kératocône est inconnue mais qu’il existe certains facteurs de risque pour cette affection mystérieuse comme l’allergie, l’atopie, et… les frottements oculaires…

Reléguer les frottements oculaires à un rôle subalterne (celui de « facteur de risque ») est une erreur lourde de conséquences en matière de santé publique. Ceci revient à confondre corrélation et causalité, comme si l’on considérait les rayons U.V comme un facteur de risque de coup de soleil alors qu’ils en sont la cause même. Ou encore qu’un brossage trop vigoureux des dents était un facteur de risque de gingivopathie (lésion des gencives), alors que c’est bien le brossage qui provoque directement l’atteinte gingivale.

kératocône
Kératocône extrêmement évolué de l’oeil gauche, consécutif à des décennies de frottements oculaires appuyés avec les phalanges des doigts. Cette image illustre le pourquoi du choix du « cône » pour rendre compte de la forme prise par le dôme cornéen dans les formes très avancées. Il est beaucoup plus difficile sinon impossible d’identifier les formes débutantes et moyennement prononcées à l’oeil nu. Le recours à la topographie cornéenne est indispensable.

Une redéfinition alternative et moderne du kératocône s’impose: elle se heurte malheureusement au conservatisme, au dogmatisme, voire à une certaine forme de paresse intellectuelle.

Redéfinir le kératocône

A la définition classique, descriptive et fonctionnelle du kératocône, l’auteur substitue une définition plus causale. Le kératocône se caractérise par l’apparition d’une déformation de la cornée responsable de symptômes visuels et de signes topographiques évocateurs.

Cette déformation est directement liée à l’action de frottements oculaires répétés, responsables d’un stress mécaniques de la cornée.  

Le kératocône n’est pas une dystrophie primitive, ni une maladie génétique, mais une affection d’origine mécanique: sans frottements, sans stress mécanique répété, il n’y a pas de survenue de déformation du dôme cornéen, et donc de kératocône (voir page consacrée au rôle des frottements oculaires répétés vis à vis de l’incidence du kératocône, voir article  « Eye rubbing; a sine qua non for keratoconus?« , voir article« No rub No cone, the Keraotconus Conjecture ».

Un site est totalement dédié à la compréhension de l’origine, ainsi que la prise en charge moderne du kératocône: https://defeatkeratoconus.com/.

De nombreux cas de kératocône sont présentés et illustrent le fait que les frottements oculaires sont un élément indispensable et nécessaire à la génèse du kératocône.

La vidéo suivante a été réalisée pour expliciter l’action directe des frottements sur le globe oculaire: le visionnage de ces images devrait suffire à faire passer l’envie de se frotter les yeux!

En particulier, l’étude des formes strictement unilatérales de l’affection, qui existent bel et bien, permet simplement de déduire l’élément essentiel qui est nécessaire au déclenchement du kératocône. Les patients qui se frottent un œil et épargnent l’autre (ou bien le frottent peu) présentent un kératocône unilatéral.

Ces observations sont riches en enseignement. En voici un exemple:

keratocone unilateral
Dans cet exemple, le patient s’est frotté avec les phalanges – geste typique et particulièrement délétère – pendant des années, quasi exclusivement son oeil droit (il dort avec la tête en appui du même côté, ce qui explique peut être les sensations d’irritation chronique ayant conduit le patient à se frotter cet oeil vigoureusement, dès le réveil…). L’énergie mécanique véhiculée par les phalanges provoque une désorganisation architectonique du tissue cornéen et une inflammation locale qui sont responsables au bout d’un certain temps d’un amincissement et d’une déformation irrégulière mais isométrique (sans distension) de la cornée. Celle-ci ce cambre dans la région paracentrale inférieure et s’aplatit au niveau périphérique; ces modifications peuvent ici s’apprécier de manière macroscopique à l’inspection d’une macro photo en profil de la cornée de l’oeil droit. Cette cambrure augmente l’effet réfringent de la cornée. L’irrégularité est responsable de l’apparition d’un astigmatisme important. L’oeil gauche est indemne de kératocône mais présente une cornée fine: cette caractéristique ( de nature congénitale) est à même de rendre la cornée plus vulnérable à l’action de frottements excessifs.

Toutefois, la majorité des patients a tendance à se frotter les deux yeux, mais souvent de manière asymétrique: invariablement, l’œil le plus frotté est le plus atteint (la cornée est plus fine et déformée).

L’œil le plus frotté est souvent celui qui subit le plus de compression la nuit en cas de position de sommeil sur le ventre ou le côté.

L’arrêt des frottements garantit l’absence de progression de la déformation de la cornée, ce qui confirme la responsabilité directe et le caractère indispensable des frottements dans l’induction du kératocône.


En conclusion:

 Le kératocône n’est pas une dystrophie idiopathique mais un syndrome d’origine acquise et mécanique, dont l’expression topographique traduit la déformation plastique de la cornée, provoquée par le stress mécanique représenté par les frottements oculaires répétés

Cette explication est forgée sur le recueil attentif de l’histoire clinique de nombreuses observations, et un raisonnement inductif. Elle est compatible avec l’ensemble des données publiées dans la littérature médicale.

Il est crucial d’expliquer aux patients atteints et à risques (allergiques, travailleurs de nuit, sur écran, etc.) de ne pas/plus se frotter les yeux. Cette simple prescription a le potentiel d’éradiquer cette maladie, et d’en stopper la progression pour ceux qui en sont déjà atteints.

Considérer le kératocône comme une pathologie dont l’origine principale est mécanique est un bouleversement paradigmatique dans le monde ophtalmologique qui n’est pas encore pleinement admis, loin de là. Outre les aspects liés à la perte de certaines indications comme le cross-linking, le poids de l’enseignement ou certains raisonnements spécieux freinent l’adoption d’une théorie qui pourrait pourtant sauver de la progression et de l’apparition du kératocône bien des yeux. Certains praticiens soutiennent par exemple que les frottements pourraient être la conséquence du kératocône! Cette position est difficile à défendre puisqu’un simple interrogatoire des patients atteints de kératocône révèle invariablement que les frottements PRECEDENT TOUJOURS, et de plusieurs mois ou années, l’apparition des premiers symptômes du kératocône

Ainsi, l’explication mécanique du kératocône n’est pas populaire auprès de certains praticiens qui préconisent la réalisation de certains actes chirurgicaux, souvent dès la première consultation, car elle remet justement en cause le bien fondé de leur attitude interventionniste.

Il n’est jamais urgent de réaliser un cross linking, la pose d’anneaux ou la réalisation d’une photoablation laser.

Il n’existe qu’une seule urgence en matière de kératocône: arrêter tout frottement oculaire intempestif

La maladie (causée par les frottements) ne progresse plus dès l’arrêt de ceux-ci, et avec la correction de la position de sommeil (arrêter de dormir sur le ventre ou le côté, avec la tête enfoncée dans l’oreiller, le bras ou la main au contact des orbites etc.). 

Le cross linking, censé durcir le tissu cornéen (en pratique clinique cet effet n’est pas démontré), n’est pas une réponse logique au kératocône. La poursuite des frottements après cross linking conduit d’ailleurs à l’aggravation du kératocône. 

Dans la plupart des cas, les interventions précoces n’ont pas d’intérêt (pour le patient). Il faut identifier les frottements, traiter leur cause si possible, et s’orienter vers l’adaptation de lentilles rigides qui constitue le meilleure mode de correction optique chez les patients atteints de kératocône.

Enfin, il est logique de proposer que:

Tout enfant allergique chronique devrait bénéficier d’un suivi topographique cornéen, s’il se frotte les yeux.

Il est encourageant de constater qu’une plus jeune génération d’ophtalmologistes français, en particulier ceux dont la formation a été effectuée dans notre service, adoptent le point de vue martelé par l’auteur de ce site depuis de nombreuses années.

Quand le message relatif aux frottements sera plus largement diffusé au niveau du grand public, l’incidence du kératocône et de ses formes graves diminuera. 

Si vous êtes atteint de kératocône et en comprenez l’origine, alors vous pouvez faire passer ce message : ne vous frottez pas les yeux!

N’hésitez pas à communiquer des liens vers cette page, et le site dédié: www.defeatkeratoconus.com

Voir aussi: 

Le kératocône en bref

Justification de l’hypothèse mécanique du kératocône

Réfutation de la théorie classique: le syndrome de Marfan 

Kératocône et topographie cornéenne

Stades et formes cliniques du kératocône

Histologie du kératocône

Correction de la vision et kératocône

Formes suspectes de kératocône

Kératocône infraclinique

Consulter des cas documentés avec suivi de kératocône (en anglais)

Une présentation video justifiant la conjecture « No rub, no cone »:

voir également: astigmatisme irrégulierectasie kératocône frustekératocône suspect –  aberrométrie et kératocônetopographie cornéennevision dédoublée – crosslinking – crosslinking et cicatrisation – controverses sur le crosslinking

Références scientifiques sélectionnées

Travaux scientifiques auxquels Damien Gatinel, MD, PhD a contribué et qui éclairent les notions présentées sur cette page.

424 réponses à « Kératocône »

  1. Dr Damien Gatinel

    La déformation cornéenne, qui est en fait la réelle entité du kératocône, est celle du stroma. L’épithélium est une couche assez fine (10 pc de l’épaisseur cornéenne totale environ). Le kératocône est provoqué par un stress mécanique répété (les frottements) qui est transmis à toute la paroi cornéenne. Il n’est pas inhabituel que des divergences existent pour juger de l’évolution d’un KC, car les cartes topographiques sont moins répétables dans le cadre du KC que chez des sujets normaux. Ce qui est certain, c’est que si vous ne frottez plus vos yeux, les chances de progression sont nulles. Le KC n’est pas une maladie génétique qui évolue pour son propre compte, mais une déformation primitivement mécanique.

  2. Dr Damien Gatinel

    Les lentilles ne sont en rien délétères pour le kératocône. Au contraire, les lentilles rigides (ou hybrides) constituent, et de loin, le meilleur moyen de correction pour le kératocône. Les anneaux intra cornéens sont loins d’apporter le même bénéfice visuel. Le cross linking est parfois source d’une aggravation de la vision dans les premières semaines postopératoires, et, commen expliqué sur ce site, ne sert pas à grand chose si ce n’est à donner l’illusion d’une prise en charge thérapeutique. En revanche, il est crucial de ne pas frotter ses yeux lors du retrait des lentilles, ou au cours du port de celles ci.

  3. Amine

    Bonjour docteur Gatinel,

    J’ai 30 ans et Je souffre d’un kératocône non évolutif au deuxième stade sur l’œil droite. De ce fait les lunettes ne me suffisent pas. J’envisagerai donc de porter des lentilles. Mais j’ai une question, est ce que le fait de poser et enlever les lentilles ne causera pas de problème sur le long terme ?Puisque c’est un contact direct avec l’œil.

    Merci d’avance.

  4. Bonjour,
    Pour ma part arrêter de me frotter les yeux m’est devenu possible quand j’ai pu diminuer drastiquement les moisissures dans mon appartement.
    J’ai une question au Dr Gatinel, comment est-ce possible qu’une irritation superficielle des yeux puisse avoir un impact sur le stroma ?
    En somme un frottement des yeux ne devrait pas avoir d’impact sur le devenir du kératocone, puisque c’est bien la couche profonde qui entre en jeu.

    C’est une question qui me semble importante car on m’a dit que mon kératocone s’était aggravé, puis un autre avis « un peu » aggravé, en substance je n’ai pas l’impression que ça s’est tellement aggravé au final.
    D’autant plus que pour faire un Cross Linking, on gratte carrément l’épithélium qu’on enlève complètement, si vraiment une irritation superficielle aggraverait le kératocone on ne ferait pas de Cross linking.

  5. Manuel

    Bonjour,

    J’ai 49 ans et j’ai un keratocone bi lateral, diagnostiqué depuis l’age de 20 ans. Je porte des lentilles rigides depuis et le keratocone n’a pas evolué, et la vision reste stable avec les lentilles. Ma uestion est la suivante: Y-a-t-il une correlation entre la vision et la topographie ? En d’autres termes, si ma vision bouge, c’est à dire que la cornée à bougé également, donc il faut refaire une topographie. Je ne m’étais pas posé la question car ma vision ne bouge pas…

  6. Dr Damien Gatinel

    Il est effectivement très important de ne plus vous frotter les yeux. Le faire avec la pulpe est certainement moins délétère qu’avec les phalanges. Cette page fournit de nombreuses recommandations pour ne plus se frotter les yeux: https://defeatkeratoconus.com/eye-rubbing-tips/
    Le dédoublement des lettres et des textes imprimés est lié à de l’astigmatisme, dont une composante est régulière (corrigible en lunettes), et l’autre dite « irrégulière » (non corrigible en lunettes). Le port de lentilles rigides permet souvent d’atténuer ces symptômes.
    Plus sur la vision des patients atteints de kératocône:
    https://defeatkeratoconus.com/vision-disturbances-of-keratoconus/

  7. Dr Damien Gatinel

    Il est parfois possible d’améliorer au moins partiellement la vision avec des lunettes. Le plus important, pour éviter que le kératocône progresse, est de ne plus vous frotter les yeux.

  8. Dr Damien Gatinel

    En ce qui concerne votre oeil gauche, il est probable que la solution réside en une greffe de cornée, si celle-ci présente des opacités et ne peut plus recevoir de lentille. Pour l’oeil droit, la pose d’anneaux peut effectivement être envisagée, mais les résultats sont souvent inconstants: si votre oeil est myope, il faudra porter des lunettes ou une lentille malgré la pose d’anneaux. Or, les anneaux compliquent parfois l’adaptation secondaire d’une lentille de contact…

  9. Lopes ana

    Bonjour docteur Gatinel,

    On m’a détecté un kératocône évolutif en 2010 sur les 2 yeux. J’ai eu un cross linking de l’oeil gauche en 2011 et de l’oeil droit en 2012. En 2013 j’ai été équipe en lentilles rigides que j’ai très mal supportées, du coup l’adaptatrice m’a mis des lentilles Hybrides. Mon kératocône a continué d’évoluer, et en décembre 2017 j’ai eu une kératite amibienne à l’oeil gauche et du coup mon oeil est plus sensible. A la fondation Rothschild on m’a fait des topographie qui montre que ma cornée est trop fine à gauche du coup impossible de poser des anneaux intra-cornéen, mais à la droite il est encore possible.
    quelles sont les avantages d’une pose d’anneaux intra-cornéen?
    quelle serait la solution pour mon oeil gauche très affecté?
    Quelle solution pour mon cas?
    On me parle de greffe de cornée mais j’ai très peur car je suis très jeune je n’ai que 29ans?
    J’ai peur de cette intervention

    Merci de toute r

  10. Durand

    Bonjour. J’ai également un keracotone.
    On me fait porter actuellement des lentilles. Mais je souhaiterais savoir s’il serait possible de gagner en acuité visuelle quand je ne porte pas mes lentilles.
    Mon travail pourrait me virer si ma vue baisse…

  11. Joris

    Bonjour, je suis ici car j’ai été diagnostiqué d’un kératocône mi-avril. Je constatais des troubles de la vision depuis pas mal d’années, et ceux-ci s’étaient accentués rapidement ces derniers mois. J’ai 34 ans.
    L’ophtalmo a donc diagnostiqué un kératocône et m’a très fortement conseillé de ne plus jamais me frotter les yeux et m’a prescrit une paire de lunettes (je n’avais jamais porté ni lunettes ni lentilles jusqu’alors).
    Depuis, j’ai essayé d’arrêter de me frotter les yeux, et ai constaté que je me frottais les yeux souvent, sans m’en rendre compte. Mes yeux me piquent souvent et j’ai beaucoup de mal à m’empêcher de me les frotter : je le fais donc dorénavant doucement, sans appuyer, et en utilisant uniquement les « pulpes » des doigts (là où se trouvent les empreintes) plutôt que les phalanges : est-ce suffisant ? Dans le cas contraire, comment pourrais-je freiner cette envie incessante de me frotter les yeux ?

    Autre question : avant ce diagnostic, je savais que ma vision était à corriger, mais je n’imaginais pas un cas comme celui-là. Mais depuis ce diagnostic, j’ai l’impression que la gêne a subitement augmenté, sans parvenir à déterminer si cela est réel, ou psychologique. Je vais avoir mes lunettes en fin de semaine, je sais déjà que cette correction ne sera pas optimale mais je crains qu’elle ne soit même pas efficace. Et j’ai du mal à comprendre quelle correction est à privilégier pour un cas comme le mien : j’ai lu que les lunettes ne suffisaient souvent pas, que les lentilles n’arrangeaient rien, que le cross linking était inefficace et que la chirurgie était à réserver aux cas les plus graves…
    En fait, ma question est simple : quand je lis un texte, je vois les lignes en double : est-ce que cela peut se corriger (et si oui : comment) ou est-ce irrémédiable (et le cas échéant : que dois-je faire pour que ma vision soit la moins mauvais possible) ?

    Merci beaucoup.

  12. Dr Damien Gatinel

    Il n’est pas nécessaire de porter des lentilles rigides si vous êtes relaitvement à l’aise sans correction. Vous pouvez porter des lunettes occasionnellement (ex: conduite, spectacles, etc.). Le plus important, comme vous l’avez compris et réalisé, est de ne plus vous frotter les yeux: votre déformation ne progressera plus si vous cessez définitivement de malaxer vos cornées!

  13. Dr Damien Gatinel

    Je vous conseille de consulter le site de l’association française du kératocône, qui devrait, j’espère pouvoir vous orienter: http://www.keratocone.net/presentation.html

  14. Dr Damien Gatinel

    Bien souvent, les contrôles topographiques réalisés dans ce contexte ne sont pas « fiables » (il existe une grande variabilité d’un examen à l’autre pouvant laisser penser à une progression, alors qu’en réalité il s’agit d’un biais de mesure). S’il n’y a pas de perte d’acuité, cela veut dire en tous les cas que la situation n’est pas alarmante; Refaite un (voir plusieurs) contrôles topographiques, si possible avec la même macbine qu’initialement. Il est important bien entendu de vérifier que vous avez cessé de vous frotter les yeux (à votre insu?).

  15. Séverine Leuk

    Bonjour Docteur,
    J’ai un Kératocône bilatéral diagnostiqué à l’âge de 27 ans, j’en ai actuellement 39. J’ai été opérée avec plusieurs années d’intervalles d’anneaux intra-cornéens sur mes deux yeux. J’ai dernièrement fait une topographie de contrôle et il s’avère qu’il y a une reprise de la maladie sur mon œil droit mais pas de perte d’acuité visuelle. Je ne vous cache pas que je suis inquiète. Faudra-t-il songer à retirer mon implant ? Songer à une greffe ?

  16. Emilie

    Bonjour Docteur,
    Mon kératocône oeil gauche a été diagnostiqué il y a 1 an et demi (j’ai 32 ans). Des lentilles rigides m’ont été prescrites mais l’adaptation a été faite certainement trop rapidement et je ne les ai jamais supportées. AUjourd’hui j’ai changé d’ophtalmologue, et il se trouve que mon kératocône oeil gauche a évolué en stade 4 (j’ai moins d’1/10), et que le droit a évolué également (j’ai moins de 5/10). J’ai rdv avec un spécialiste courant juin pour discuter d’une éventuelle greffe pour l’oeil gauche. En attendant, j’ai repris une adaptation lentille rigide sur l’oeil droit.
    Enseignante, je suis contrainte d’exercer à 120 km de mon domicile et mon administration, ne connaissant pas la maladie comme bon nombre de personnes, ne la prend pas au sérieux et refuse de me muter pour ce motif. La MDPH de mon département refuse également de m’octroyer le statut de travailleur handicapé, pour appuyer ma demande de mutation.
    J’ai donc demandé de nouveaux certificats médicaux, mais
    Existe-t-il une brochure, ou tout autre support, à destination des médecins des administrations, afin de leur faire connaître la maladie et surtout ses conséquences sur notre vie quotidienne et ainsi, pouvoir leur faire prendre la mesure de ce que cela implique et les « contraindre » à adapter nos postes de travail?

  17. Karim

    Bjr docteur,
    J’ai 27 ans et Ils m’ont diagnostiqué un KC stade 2 d’aprs mon docteur et stade 1 selon mon ophtalmo …
    mon ophtalmo Ma conseillé des lentilles rigide mais le prob c’est que mes yeux produise un peut de larme est ça gene et fause le resultat de la Correction .. je suis un peut perdu
    PS : ma vu actuellement ODG 7/10.. mnt J’hésite a prédre ces lentilles
    Ma qustion esque Je peux rester sans lentilles ? Et vivre normalement , j’ai arreté de Frotter mes yeux ,Ça m’arrive de frotter sur les bordures
    Merci pr votre rep Dr

  18. Merci pour vos précisions.
    Concernant le PKR, je reviendrais vers vous par mail dans un premier temps.
    Je possède des topographies annuelles (ou presque) concernant les évolutions de ma cornée.
    Donc si c’est quelque chose d’envisageable, je serais preneur.
    Aujourd’hui, je possède toujours un terrain allergique, donc je fais fasse régulièrement à des envies de frotter, et forcément je ne cède pas. Je suis donc convaincu face à cela.

  19. Dr Damien Gatinel

    Votre témoignage est malheureusement le reflet de pratiques médicales que l’on peut juger négativement. Il n’y a jamais d’urgence à réaliser un CXL, et l’intérêt de cette technique (pour le patient éclairé qui est capable de contrôler ses frottements) n’est pas justifié quand les frottements cessent. C’est ce dont votre oeil gauche (comme ceux de tous les patients que je suis pour KC) témoigne. Le KC est provoqué par les frottements (sans frottements, pas de kératocône), et il est également (par le biais des frotteements) très lié à une position de sommeil particulière comme l’appui profond de la tête dans l’oreiller (position de côté ou sur le ventre). Comme vous le mentionnez, les OPHs qui réfutent la responsabilité directe d’un traumatisme dans la génèse du KC sont bien en peine de trouver une autre explication. Les frottements ne constituent pas une explication par défaut du kératocône, car il existe un lien direct entre côté le plus frotté et l’oeil le plus atteint, et par ailleurs, les frottements précèdent l’installation du KC de quelques années en général. Ils agissent comme un agent « vulnérant ». On peut faire une analogie avec la cause des coups de soleil (érythème solaire). Ils sont liés à une exposition trop forte aux UV, comme la cornée l’est aux frottements chez certains patients. Pas d’UV, pas de brulûre, pas de frottements, pas de lésion traumatique.
    Si vous êtes absolument certain de ne plus frotter, une opération par PKR est tout à fait possible sur l’oeil faiblement déformé (laser de surface). J’en ai l’expérience sur votre terrain.

  20. Bonjour Docteur,

    Merci pour cette rédaction permettant de (je trouve) répondre efficacement au kératocône.
    Diagnostiqué en 2013 (âgé de 22 ans), d’un kératocône à l’oeil droit, on me propose une opération, le lendemain …
    Je décide d’attendre un contre avis, qui sera le même, KC sur oeil droit, on me propose donc dans l’immédiat un Cross Linking.
    On me diagnostique quelques temps après le KC sur l’oeil gauche.
    J’ai depuis stoppé tout frottement sur les yeux, cela peut m’arriver, mais c’est très rare, et uniquement en bordure et délicatement.
    Je suis à ce jour avec une évolution plus que minime sur mes deux yeux. Alors que seul l’oeil droit a été opéré.
    Pour ma part, je possède un terrain allergique avec essentiellement rhinite allergique en début de printemps.
    Je confirme votre rédaction, les frottements sont très probablement LA CAUSE du kératocône.
    Aucun docteur rencontré n’a pu m’expliquer clairement le kératocône …

    En dehors de cela, je voulais savoir étant donné mon astigmatisme et une faible myopie, est-il possible d’envisager une opération de correction visuelle sur un patient atteint d’un léger KC avec une épaisseur cornéenne satisfaisante ?

    Bien à vous,

    Et bonne continuation pour cet article et vos recherches

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