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Kératocône

Résumé pratique. Le kératocône est une déformation progressive de la cornée. Éviter le frottement des yeux et traiter les causes d’irritation sont essentiels ; la surveillance tomographique et la prise en charge — lunettes, lentilles, cross-linking ou chirurgie selon les cas — doivent être personnalisées.

Auteur et révision. Damien Gatinel, MD, PhD — dernière révision médicale : 18 août 2026.

Publications de référence.

Ces informations générales ne remplacent pas une consultation ni un avis médical individualisé.

Kératocône: définition, causes et facteurs de risque

Introduction:

LE KERATOCONE EST UNE PATHOLOGIE CORNENNE D’ORIGINE MECANIQUE: FROTTEMENTS OCULAIRES EXCESSIFS EN INTENSITE, FREQUENCE ET DUREE, SOUVENT ASSOCIES A UNE POSITION DE SOMMEIL IMPLIQUANT UN CONTACT PROLONGE ENTRE L’OEIL LE PLUS ATTEINT ET LA LITERIE, L’AVANT BRAS OU LA MAIN ( POSITION VENTRALE OU SUR LE COTE).

 Cette vidéo permet en 10 secondes de visualiser ce qu’il se passe quand on se frotte l’oeil. Elle devrait être montrée à tous les patients qui sont susceptibles de trop se frotter les yeux, en particulier les enfants et adolescents allergiques- ou leurs parents et adultes concernés. 

voir: le kératocône en bref

Lire un dossier spécial consacré au kératocône

Il est urgent de redéfinir le kératocône:

Mon expérience poussée et divers travaux entrepris par mon équipe permettent de dissiper le mystère qui entoure encore cette affection, contrairement à ce qu’enseignent encore nombre de spécialistes et traités d’ophtalmologie ou de médecine. Si vous êtes concerné ou l’un de vos proches par cette affection, lisez ce qui suit. Si on vous a proposé d’emblée une procédure chirurgicale destinée à stabiliser le kératocône (cross linking), sachez que celle-ci est en réalité SANS INTERET (pour vous) à condition que vous (ou le sujet concerné) cesse définitivement de frotter ses yeux et modifie éventuellement sa position de sommeil. Le vrai traitement du kératocône doit cibler sa cause, qui est indubitablement mécanique. 

L’auteur de ce site a suivi des centaines de patients atteints de kératocône, et a compris depuis plus de 10 ans que cette affection ne relevait pas d’un processus primitivement génétique ou biomoléculaire mais traumatique.  Il existe des affections d’origine génétiques à l’origine d’une fragilisation des tissus oculaires;  mais le tableau ophtalmologique qu’elles induisent est bien différent.

La définition classique mais partiellement erronée du kératocône détourne du véritable enjeu à même de stabiliser et de prévenir l’évolution de la maladie; l’éviction des frottements oculaires excessifs. Les frottements oculaires excessifs sont l’ingrédient INDISPENSABLE à l’apparition d’un kératocône; leur suppression permet de prévenir (ou d’enrayer l’évolution) de l’affection.

La doxa en vigueur, malheureusement encore enseignée dans les amphithéâtre et lors des stages hosptialiers (sauf dans mon service) est celle d’une affection inéluctablement progressive d’origine inconnue est certes utile pour prescrire des traitements plus ou moins aggressifs et coûteux, en plus d’être le plus souvent inutiles ou peu efficaces: cross linking, pose d’anneaux, laser cornéen (PKR) –  généralement proposés dans cette ordre. Elle est pourtant incapable d’expliquer l’incroyable hétérogénéité de la présentation  du kératocône, en matière de différence entre les deux yeux, d’âge de découverte, d’atteinte sporadique au sein d’une même fratrie, de discordance entre jumeaux monozygotes… Toutes ces caractéristiques s’expliquent pourtant de manière limpide par l’historique des frottements oculaires, et des causes de ceux-ci (allergie; frottements plutôt bilatéraux, position de sommeil sur le ventre avec appui nocturne prolongé sur un oeil: atteinte plutôt unilatérale ou asymétrique, etc.). Plus les frottements oculaires apparaissent tôt dans l’existence sont effectués avec les phalanges (partie dures des doigts), plus les symptômes visuels conduisant à la découverte du kératocône sont précoces.

L’arrêt strict des frottements suffit pour enrayer l’évolution du kératocône; leur poursuite expose en revanche logiquement à une augmentation de la déformation cornéenne.

En résumé:

Le kératocône est une maladie oculaire dont les symptômes découlent d’une déformation de la cornée. Cette déformation de la cornée est responsable d’un astigmatisme, d’une apparition (augmentation) de la myopie, et de divers symptômes visuels dont certains ne sont pas corrigés par le port de lunettes: dédoublements d’images brillantes sur fond sombre (comme le contour qui apparait dédoublé ou triplé de la lune dans le ciel), flou visuel persistant, etc.

La cause primitive du kératocône est mécanique: tous les patients qui développent un kératocône se sont frotté les yeux de manière excessive en durée, intensité et fréquence: ces patients sont souvent allergiques, et présentent plus généralement des facteurs de risque pour les frottements oculaires chroniques: atopie, sécheresse oculaire, travail de nuit, travail prolongé sur écran, position de sommeil sur le ventre ou le côté avec appui nocturne prolongé sur un oeil ou les deux etc.

Les lésions biomécaniques irréversibles provoquées par les frottements apparaissent d’autant plus vite que la cornée est initialement plus fine, et moins résistante.

Le diagnostic du kératocône est confirmé par la réalisation d’un examen de topographie cornéenne (étude de la forme et des variations de courbure et d’épaisseur de la cornée). 

L’histoire clinique du kératocône est relativement stéréotypée:

Des troubles visuels comme un flou, une sensation de dédoublement, reliés à l’apparition d’un astigmatisme myopique unilatéral ou bilatéral (généralement plus marqué d’un côté) succèdent à une période de frottements oculaires excessifs (allergie, atopie, fatigue chronique, etc.). Une topographie cornéenne est alors effectuée et révèle les anomalies suivantes sur un oeil au moins (le plus frotté): astigmatisme irrégulier, amincissement central, asymétrie.

Le délai moyen entre le début des frottements et l’apparition des premiers symptômes visuels est généralement de l’ordre de quelques années. La déformation est alors suffisamment prononcée pour engendrer les symptômes visuels. Il existe néanmoins une phase silencieuse intermédiaire, au cours de laquelle une déformation cornéenne se constitue mais est trop faible pour être à l’origine d’une dégradation visuelle perçue subjectivement par le patient.

On constate toutefois rétrospectivement l’évolution d’un astigmatisme d’origine cornéenne, souvent de direction oblique ou inverse, en rapport avec les premiers stades de déformation de la cornée sous l’effet des contraintes mécaniques répétées.

TOUT ASTIGMATISME EVOLUTIF CHEZ L’ENFANT, L’ADOLESCENT OU L’ADULTE JEUNE DOIT FAIRE SUSPECTER UN DEBUT DE DEFORMATION CORNENNE, RECHERCHER UNE HISTOIRE DE FROTTEMENTS OCULAIRES ET MOTIVER LA REALISATION D’UNE TOPOGRAPHIE CORNEENNE.

Cette déformation est parfois mise en évidence lors de la réalisation systématique d’une topographie cornéenne chez un patient  qui consulte pour une chirurgie réfractive de la myopie. Ces aspects topographiques atypiques et peu prononcés font alors poser le diagnostic de « forme suspecte de kératocône », ou encore de « kératocône fruste »; au delà de débats sémantiques et étiologiques (la théorie classique est en effet impuissante à expliquer la présence de ces formes intermédiaires peu évolutives) il est crucial de bien expiquer au patient qu’il est nécessaire de ne plus se frotter les yeux aussi énergiquement (attention au démaquillage trop appuyé !).

Contrairement à ce qu’enseignent traités classiques et clament nombre de spécialistes:

Le kératocône est une affection primitivement mécanique, non primitivement génétique: la déformation cornéenne est induite par des frottements oculaires excessifs.  Au départ, la déformation infligée par les frottements est de caractère élastique (réversible à l’arrêt des frottements). Au delà d’un certain seuil (qui dépend de l’intensité des frottements et des caractéristiques natives de la cornée)  la déformation devient « plastique« , c’est à dire permanente

En effet, les frottements agissent à la fois sur le plan mécanique (désorganisation de la trame des fibres collagènes de la cornée) et biomoléculaire (cytotoxicité mécanique, réaction cellulaire avec sécrétion de cytokines et enzymes pro inflammatoires). Ces mécanismes se conjuguent pour provoquer un amincissement progressif et une réduction de la rigidité cornéenne, qui sont à l’origine de la déformation plastique de la cornée.

Cette déformation explique l’apparition ou l’évolution de l’astigmatisme, qui est généralement de type myopique.

symptômes visuels du kératocône
Exemple de symptômes visuels pouvant faire rechercher un kératocône débutant. 

Signes visuels évocateurs:

La perception avec un œil d’un dédoublement, ou d’images multiples, fantômes, autour des sources lumineuses, peut faire rechercher la présence d’un kératocône: ces symptômes traduisent la présence d’un astigmatisme dit irrégulier. Les dédoublements et images fantômes peuvent s’atténuer avec une correction lunettes mais ils ne disparaissent pas complètement (contrairement aux symptômes provoqués par un simple astigmatisme régulier, corrigible en lunettes).

Attention, ces symptômes ne sont pas spécifiques du kératocône. Une cataracte débutante peut également provoquer un léger dédoublement des images perçues.

Quand elle est d’origine cornéenne, toute sensation de dédoublement ou d’images multiples n’est pas forcément le signe d’un kératocône, mais traduit un certain degré de réduction de la qualité optique de la cornée. Une kératite superficielle peut par exemple occasionner le même type de symptômes.

Plus le kératocône est évolué, et plus l’intensité de ces anomalies visuelle est prononcée. Dans la majorité des cas de kératocône, les images « bavent » principalement vers le bas ou en oblique vers le bas. Plus sur la vision d’un oeil atteint de kératocône ici (en anglais)

Considérations classiques à propos du kératocône

Le Kératocône, du grec kératos pour cornée et conus pour forme de cône, est défini classiquement comme une dystrophie cornéenne classiquement idiopathique (cause inconnue) bilatérale, asymétrique, non inflammatoire. Le kératocône est caractérisé par un amincissement et une déformation progressive de la cornée. Sur le plan optique, cette déformation induit de l’astigmatisme régulier et irrégulier (aberrations optiques de haut degré) provoqué par une altération marquée de la géométrie de la cornée.

On explique volontiers dans les traités que la cause du kératocône est inconnue mais qu’il existe certains facteurs de risque pour cette affection mystérieuse comme l’allergie, l’atopie, et… les frottements oculaires…

Reléguer les frottements oculaires à un rôle subalterne (celui de « facteur de risque ») est une erreur lourde de conséquences en matière de santé publique. Ceci revient à confondre corrélation et causalité, comme si l’on considérait les rayons U.V comme un facteur de risque de coup de soleil alors qu’ils en sont la cause même. Ou encore qu’un brossage trop vigoureux des dents était un facteur de risque de gingivopathie (lésion des gencives), alors que c’est bien le brossage qui provoque directement l’atteinte gingivale.

kératocône
Kératocône extrêmement évolué de l’oeil gauche, consécutif à des décennies de frottements oculaires appuyés avec les phalanges des doigts. Cette image illustre le pourquoi du choix du « cône » pour rendre compte de la forme prise par le dôme cornéen dans les formes très avancées. Il est beaucoup plus difficile sinon impossible d’identifier les formes débutantes et moyennement prononcées à l’oeil nu. Le recours à la topographie cornéenne est indispensable.

Une redéfinition alternative et moderne du kératocône s’impose: elle se heurte malheureusement au conservatisme, au dogmatisme, voire à une certaine forme de paresse intellectuelle.

Redéfinir le kératocône

A la définition classique, descriptive et fonctionnelle du kératocône, l’auteur substitue une définition plus causale. Le kératocône se caractérise par l’apparition d’une déformation de la cornée responsable de symptômes visuels et de signes topographiques évocateurs.

Cette déformation est directement liée à l’action de frottements oculaires répétés, responsables d’un stress mécaniques de la cornée.  

Le kératocône n’est pas une dystrophie primitive, ni une maladie génétique, mais une affection d’origine mécanique: sans frottements, sans stress mécanique répété, il n’y a pas de survenue de déformation du dôme cornéen, et donc de kératocône (voir page consacrée au rôle des frottements oculaires répétés vis à vis de l’incidence du kératocône, voir article  « Eye rubbing; a sine qua non for keratoconus?« , voir article« No rub No cone, the Keraotconus Conjecture ».

Un site est totalement dédié à la compréhension de l’origine, ainsi que la prise en charge moderne du kératocône: https://defeatkeratoconus.com/.

De nombreux cas de kératocône sont présentés et illustrent le fait que les frottements oculaires sont un élément indispensable et nécessaire à la génèse du kératocône.

La vidéo suivante a été réalisée pour expliciter l’action directe des frottements sur le globe oculaire: le visionnage de ces images devrait suffire à faire passer l’envie de se frotter les yeux!

En particulier, l’étude des formes strictement unilatérales de l’affection, qui existent bel et bien, permet simplement de déduire l’élément essentiel qui est nécessaire au déclenchement du kératocône. Les patients qui se frottent un œil et épargnent l’autre (ou bien le frottent peu) présentent un kératocône unilatéral.

Ces observations sont riches en enseignement. En voici un exemple:

keratocone unilateral
Dans cet exemple, le patient s’est frotté avec les phalanges – geste typique et particulièrement délétère – pendant des années, quasi exclusivement son oeil droit (il dort avec la tête en appui du même côté, ce qui explique peut être les sensations d’irritation chronique ayant conduit le patient à se frotter cet oeil vigoureusement, dès le réveil…). L’énergie mécanique véhiculée par les phalanges provoque une désorganisation architectonique du tissue cornéen et une inflammation locale qui sont responsables au bout d’un certain temps d’un amincissement et d’une déformation irrégulière mais isométrique (sans distension) de la cornée. Celle-ci ce cambre dans la région paracentrale inférieure et s’aplatit au niveau périphérique; ces modifications peuvent ici s’apprécier de manière macroscopique à l’inspection d’une macro photo en profil de la cornée de l’oeil droit. Cette cambrure augmente l’effet réfringent de la cornée. L’irrégularité est responsable de l’apparition d’un astigmatisme important. L’oeil gauche est indemne de kératocône mais présente une cornée fine: cette caractéristique ( de nature congénitale) est à même de rendre la cornée plus vulnérable à l’action de frottements excessifs.

Toutefois, la majorité des patients a tendance à se frotter les deux yeux, mais souvent de manière asymétrique: invariablement, l’œil le plus frotté est le plus atteint (la cornée est plus fine et déformée).

L’œil le plus frotté est souvent celui qui subit le plus de compression la nuit en cas de position de sommeil sur le ventre ou le côté.

L’arrêt des frottements garantit l’absence de progression de la déformation de la cornée, ce qui confirme la responsabilité directe et le caractère indispensable des frottements dans l’induction du kératocône.


En conclusion:

 Le kératocône n’est pas une dystrophie idiopathique mais un syndrome d’origine acquise et mécanique, dont l’expression topographique traduit la déformation plastique de la cornée, provoquée par le stress mécanique représenté par les frottements oculaires répétés

Cette explication est forgée sur le recueil attentif de l’histoire clinique de nombreuses observations, et un raisonnement inductif. Elle est compatible avec l’ensemble des données publiées dans la littérature médicale.

Il est crucial d’expliquer aux patients atteints et à risques (allergiques, travailleurs de nuit, sur écran, etc.) de ne pas/plus se frotter les yeux. Cette simple prescription a le potentiel d’éradiquer cette maladie, et d’en stopper la progression pour ceux qui en sont déjà atteints.

Considérer le kératocône comme une pathologie dont l’origine principale est mécanique est un bouleversement paradigmatique dans le monde ophtalmologique qui n’est pas encore pleinement admis, loin de là. Outre les aspects liés à la perte de certaines indications comme le cross-linking, le poids de l’enseignement ou certains raisonnements spécieux freinent l’adoption d’une théorie qui pourrait pourtant sauver de la progression et de l’apparition du kératocône bien des yeux. Certains praticiens soutiennent par exemple que les frottements pourraient être la conséquence du kératocône! Cette position est difficile à défendre puisqu’un simple interrogatoire des patients atteints de kératocône révèle invariablement que les frottements PRECEDENT TOUJOURS, et de plusieurs mois ou années, l’apparition des premiers symptômes du kératocône

Ainsi, l’explication mécanique du kératocône n’est pas populaire auprès de certains praticiens qui préconisent la réalisation de certains actes chirurgicaux, souvent dès la première consultation, car elle remet justement en cause le bien fondé de leur attitude interventionniste.

Il n’est jamais urgent de réaliser un cross linking, la pose d’anneaux ou la réalisation d’une photoablation laser.

Il n’existe qu’une seule urgence en matière de kératocône: arrêter tout frottement oculaire intempestif

La maladie (causée par les frottements) ne progresse plus dès l’arrêt de ceux-ci, et avec la correction de la position de sommeil (arrêter de dormir sur le ventre ou le côté, avec la tête enfoncée dans l’oreiller, le bras ou la main au contact des orbites etc.). 

Le cross linking, censé durcir le tissu cornéen (en pratique clinique cet effet n’est pas démontré), n’est pas une réponse logique au kératocône. La poursuite des frottements après cross linking conduit d’ailleurs à l’aggravation du kératocône. 

Dans la plupart des cas, les interventions précoces n’ont pas d’intérêt (pour le patient). Il faut identifier les frottements, traiter leur cause si possible, et s’orienter vers l’adaptation de lentilles rigides qui constitue le meilleure mode de correction optique chez les patients atteints de kératocône.

Enfin, il est logique de proposer que:

Tout enfant allergique chronique devrait bénéficier d’un suivi topographique cornéen, s’il se frotte les yeux.

Il est encourageant de constater qu’une plus jeune génération d’ophtalmologistes français, en particulier ceux dont la formation a été effectuée dans notre service, adoptent le point de vue martelé par l’auteur de ce site depuis de nombreuses années.

Quand le message relatif aux frottements sera plus largement diffusé au niveau du grand public, l’incidence du kératocône et de ses formes graves diminuera. 

Si vous êtes atteint de kératocône et en comprenez l’origine, alors vous pouvez faire passer ce message : ne vous frottez pas les yeux!

N’hésitez pas à communiquer des liens vers cette page, et le site dédié: www.defeatkeratoconus.com

Voir aussi: 

Le kératocône en bref

Justification de l’hypothèse mécanique du kératocône

Réfutation de la théorie classique: le syndrome de Marfan 

Kératocône et topographie cornéenne

Stades et formes cliniques du kératocône

Histologie du kératocône

Correction de la vision et kératocône

Formes suspectes de kératocône

Kératocône infraclinique

Consulter des cas documentés avec suivi de kératocône (en anglais)

Une présentation video justifiant la conjecture « No rub, no cone »:

voir également: astigmatisme irrégulierectasie kératocône frustekératocône suspect –  aberrométrie et kératocônetopographie cornéennevision dédoublée – crosslinking – crosslinking et cicatrisation – controverses sur le crosslinking

Références scientifiques sélectionnées

Travaux scientifiques auxquels Damien Gatinel, MD, PhD a contribué et qui éclairent les notions présentées sur cette page.

424 réponses à « Kératocône »

  1. Marie

    Bonjour Docteur,

    Les personnes atteintes de kératocône peuvent-elles bénéficier d’orthokératologie ?

    Je porte des lentilles rigides en journée que je supporte assez bien, hormis lorsqu’une poussière vient se glisser dans l’œil, c’est-à-dire au moins 10 à 15 fois par jour… Dans ces moments-là porter les lentilles devient une torture, je suis contrainte de les retirer en urgence, ce qui n’est pas toujours possible et parfois dangereux (conduite en voiture par ex.)…

    Je vous remercie par avance.

  2. Dr Damien Gatinel

    En principe, lors de la découverte d’un kératocône, on commence par essayer d’adapter une paire de lentilles de contact. Si les lentilles corrigent la vision, alors il n’est pas utile de mettre un anneau. En effet, même avec un anneau (dont le but est de réduire l’astigmatisme), il est très probable que l’amélioration de la vision ne sera pas suffisamment marquée pour que vous n’ayez plus besoin de lunettes. A droite, s’il n’est pas possible d’adapter une lentille, alors une greffe peut être la seule solution thérapeutique pour récupérer de la vision. Dans tous les cas, il est crucial que vous cessiez de vous frotter les yeux+++

  3. AMESSOU

    Bonjour Docteur,

    Je viens de consulter le 30/01, et on m’a diagnostiqué un kératocône aux deux yeux avec un stade 3 à l’OG, et un stade 4 à l’OD. Le médecin m’a affirmé que je devais subir la greffe de cornée à l’OD, et m’a programmé d’abord une pose d’anneaux intra-cornéens à l’OG pour le 18/02.
    Sachant que je ne vois presque rien avec l’OD contrairement à l’OG que j’utilise principalement, et que je vais commencer un CDI en informatique le 05/03.

    Est-ce-que vous pensez que suite à la pose d’anneau je pourrais commencer mon CDI à cette date ?

    Merci d’avance de votre réponse,

  4. khalid

    Bonjour Docteur
    je tiens à vous remercier pour votre repense rapide,
    en effet j’ai essayé de faire la corrélation entre l’oeil le plus atteint et la position de sommeil, mais je dors souvent sur le coté droit donc normalement c’est l’oeil droite qui devait subir plus de frottement er pression pour mon cas peut être c’est pas la position de sommeil mais plutôt une corrélation entre l’oeil le plus atteint et la sécheresse oculaire. j’ai les yeux secs et l’oeil gauche plus sec que l’oeil droite.
    une petite précision pour la vision flou sans correction unilatérale je ne vois pas flou juse avec la correction unilatérale que je vois flou avec les deux yeux et si je ferme mon oeil droite je vois claire avec la correction unilatérale sur l’oeil gauche

  5. Dr Damien Gatinel

    Vous avez bien eu raison de cesser les frottements oculaires, cette simple décision suffit pour enrayer l’évolution du kératocône. Les partisans de la réalisation d’un cross linking se gardent souvent de bien expliquer ceci à leurs patients, et ne comprennent pas bien le caractère mécanique de l’affection. Si votre KC était plus avancé sur l’oeil gauche, c’est peut être aussi parce que vous dormez dans une position qui expose préférentiellement cet oeil à une surpression sur le matelas, l’oreiller ou l’avant bras (ex: dormir sur le ventre avec la tête en rotation vers la droite). Il est important de faire attention à cela: là encore, cet aspect est toujours négligé chez les patients alors que la position de sommeil joue un rôle crucial dans la génèse du kératocône (la corrélation entre oeil le plus atteint et la position de sommeil est flagrante: fragilisation par compression, chaleur, et irritation générant probablement une plus grande envie de frotter de ce côté). Je comprends votre crainte vis à vis de l’oeil droit: si vous êtes inconfortable en correction unilatérale, c’est que cet oeil voit légèrement flou (effet du kératocône modéré de ce côté). Il est certain (ou a peu près) que vous ne verrez plus flou après une correction bilatérale. Toutefois, une correction unilatérale n’est pas dangereuse pour les yeux. Ce qui serait dangereux, répétons le, est de poursuivre les frottements oculaires à votre insu.

  6. Khalid Montréal

    Bonjour Docteur Gattinel,
    Je tiens tout d’abord à vous remercier pour votre site et pour le travail que vous faîte.
    j’ai 34 ans et j’ai le keratocone ca fait 8 ans sur les 2 yeux mais beaucoup plus avancé sur l’oeil gauche que la droite, il y a 3 ans j’avais un rendez-vous pour le cross-linking (CXL) a Montréal que j’ai annulé (heureusement) suite a vos suggestions sur ce site 《 j’ai arrêter définitivement de frotter les yeux》 et par la suite j’ai pris la décision d’essayer les lentilles hybride mais juste sur mon oeil gauche ( la plus avancé ) mais adaptation tres difficile (je n’arrive pas a la metre tout seul) correction avec lentilles presque 9/10 mais le problème vu que je mets juste une lentille je vois flous avec les deux yeux et si je ferme l’oeil droit je vois claire (oeil droite sans lentille acuité visuelle 8.5/10 qui a un keratocone qui n’a pas évolué depuis que je ne frotte pas les yeux)
    ma question pour cette phénomène de voir flous EST CE QUE si on met juste une lentille c’est normale DE VOIR FLOUS ? le faite de mettre juste une lentille c’est dangereux pour la santé des deux yeux ?
    j’ai pris la décision de mettre juste une lentille pour ne pas toucher a la seule oeil qui me reste que grâce à elle je peux vivre sans lentille.
    SVP EST CE QUE si je mets des lentilles sur les deux yeux je verrai pas flous ?
    MERC BEAUCOUP pour le temps que vous accorder pour nous lir et répondre.

  7. Dr Damien Gatinel

    Merci pour votre commentaire; j’approuve tout à fait vos remarques sur les aberrations optiques de la face postérieure de la cornée, « démasquées » par le port d’une lentille rigide. Nous avions étudiés celles -ci dans le passé: http://m1.wyanokecdn.com/ac3f8e3418e778d6b3d582c679483b93.pdf
    L’OPD scan III permet de réaliser des simulations de vision à partir d’une image représentant une rue de nuit, je posterai prochainement des exemples sur le site. Je conçois effectivement que le changement de paradigme vis à vis du kératocône que nous essayons de porter devrait beaucoup plus attirer l’attention. Maleureusement, il s’oppose au « business model » en vigueur qui est soutenu par certains acteurs de l’industrie médicale (compagnies qui vendent matériel et consommable pour le cross linking), et ne propose pas d’alternative thérapeutique « payante », puisqu’il ne coûte/rapporte rien de modifier son hygiène oculaire en arrêtant de frotter excessivement ses yeux. La grande majorité du monde ophtalmologique refuse -ou demeure sceptique vis à vis de – ma théorie, ce qui peut être compréhensible après tout, car le scepticisme est une vertu plutôt utile en science et en médecine, et que les idées disruptives mettent du temps à emporter l’adhésion. Ce qui est moins compréhensible, c’est qu’il n’y a pas véritablement d’examen critique de la conjecture « no rub no cone », qui, après tout, pourrait conduire à sa réfutation en bonne et due forme si elle s’avérait érronnée. Il est un peu navrant de constater que conservatisme, intérêts divers, voire une certaine paresse intellecturelle se conjuguent pour continuer à prôner des concepts pourtant démentis par les faits, c’est à dire attribuer au kératocône le label de « pathologie d’origine inconnue, probablement multifactorielle dont génétique », pouvant évoluer spontanément et ne pouvant faire l’objet d’une prévention. J’ai proposé à France 5 de traiter du kératocône à la lumière de nos découvertes, mais il semble que ce thème a été traité récemment… espérons qu’il reviendra prochainement sous les feux de l’actualité! Je continuerai en attendant à communiquer via ce site et defeatkeratoconus.com, en plus des colloques, séminaires et congrès auxquels je participe régulièrement. Les lecteurs qui sont concernés par le kératocône et souhaiteraient porter ces concepts à la connaissance du plus grand nombre sont invités à le faire par le biais de partages sur d’autres sites et réseaux sociaux.

  8. Bonjour docteur je suis suivie par vous depuis 5 ans .
    Lors de notre dernier rendez-vous vous m’avez dit que mon Kératocône n’évolue plus car je ne me
    Frotte plus les yeux.
    Par contre mon astigmatisme a fortement augmenté et ma vue a du coup baisser.
    Pensez-vous que les anneaux pourrais m’aider.
    Merci

  9. jul87

    Merci pour votre réponse Docteur. Nous attendons vos publications prochaines avec impatience ! Il apparaît que votre théorie solide vient réconforter énormément les personnes atteintes de KC. Cette pathologie qui vient diminuer drastiquement la qualité de vie, complètement méconnue du grand public, est un supplice. En effet, on vous explique à l’annonce du diagnostic souvent une maladie qui vient inexorablement vous faire perdre la qualité optique des yeux. J’ai eu des ophtalmos nombreux qui parlent seulement en  » dixièmes « . J’ai un  » stade 3 krumeich » sur l’oeil gauche ( 54 dioptries en kératométrie max ), j’ai 3 dixièmes avec lunettes. Avec des lentilles, 9 dixièmes. L’ophtalmo me dit que cela est satisfaisant, sauf que j’ai du mal à reconnaître les gens ( distorsions visuelles ), une photophobie extrême par rapport à un oeil sain, la vision est pénible voir intenable. Le handicap du kératocône n’est pas dû à la déformation de la face antérieure, car elle peut être régularisée par le port de lentilles, mais c’est la déformation de la face postérieure de la cornée qui est incorrigible et les aberrations sont démasquées par le port de lentilles. Même si la quantité d’aberrations optiques est moindre sur la face postérieure, elle est souvent complètement sous-estimée par les ophtalmos, même spécialistes de cette pathologie. L’opd scan 3 avec les simulations de qualité optique ( images convoluées ) sont un premier pas vers la reconnaissance de ce handicap ( merci à vous ) réel et redoutable. Ma question est la suivante: Pouvez-vous concevoir dans le futur un logiciel avec une prédiction des images du quotidien que peut voir un  » kératocônien  » , à partir du front d’onde et de la psf ? Cela serait encore plus parlant qu’une planche de lecture, même si c’est déjà super ! Et deuxièmement, vous possédez une information d’une importance essentielle pour le devenir de milliers de personnes pour leur devenir visuel, c’est à dire l’arrêt strict des frottements oculaires stoppe la déformation du KC. Est-il possible, en plus de vos publications nombreuses et sites explicatifs, demander à la chaîne de FRANCE 5 de refaire une émission sur le KC avec vos explications sur le KC ? Cela permettrait une diffusion encore plus large de cette information cruciale ? Nous sommes quand même face à un problème sanitaire majeur, le KC, est de mon point de vue, pas une maladie rare ! Merci beaucoup.

  10. Dr Damien Gatinel

    Des publications concernant nos résultats en matière d’étude du lien causal entre frottements et kératocône ont été soumis à publication, ils sont en relecture critique. Quand nos patients cessent de se frotter les yeux (et de dormir avec un appui prolongé sur un oeil ou les deux, donc en levant la possibilité d’une compression et de frottements nocturne), il n’y a pas d’évolution de la déformation, ce qui est assez logique si l’on considère l’étiologie primitivement mécanique de l’affection. Vous pouvez consulter des cas concrets et instructifs sur le site defeatkeratoconus.com . Il n’y a pas de KC héréditaire: ce qui qui est héréditaire, c’est la présence de facteurs de risques pour une déformation accélérée (cornée fine) et pour les frottements (terrain allergique en particulier, milieu favorisant l’irritation oculaire, etc.).

  11. Bonjour docteur je suis suivie par vous depuis 5 ans .
    Lors de notre dernier rendez-vous vous m’avez dit que mon Kératocône n’évolue plus car je ne me
    Frotte plus les yeux.
    Par contre mon astigmatisme a fortement augmenté et ma vue a du coup baisser.
    Pensez-vous que les anneaux pourrais m’aider.
    Merci

  12. Jul87

    Bonjour Docteur,

    Vous parlez de soumettre à publication un nouvel article sur les frottements oculaires. Qu’en pourrons nous le consulter ?
    Avez-vous la certitude absolue que l’arrêt des frottements suffit à stabiliser le cône ? C’est très réconfortant pour les malades, mais on a toujours un doute quand on voit que certains kératocônes surviennent très rapidement sans cause apparente. Croyez-vous que cela marche aussi pour les KC « héréditaires » ( oncles, grands mères atteints dans la famille ) ? En tous les cas, c’est très précieux pour nous car l’évolution de la maladie est un supplice pour la plupart des gens atteints.

  13. Dr Damien Gatinel

    C’est effectivement une très bonne question et il est crucial de ne pas se frotter les yeux la nuit. Le port de lunettes ou de coques de protection nocturne est un moyen possible pour cela. Mais ce n’est pas toujours très pratique malheureusement…

  14. Michael

    Bonjour docteur
    Comment faire pour dormir autrement que sur le côté je ne me frotte plus les yeux mais il difficilement possible pour moi de dormir autrement je mets des lunettes la nuit pour être sur de ne pas me frotter les yeux pendant del sommeil

  15. Dr Damien Gatinel

    Je vous remercie de votre témoignage qui resjoint mes observations. Je ne saisis pas bien en revanche vos reproches concernant la « rétention  » d’une information utile. Ce site, ainsi que le site http://www.defeatkeratoconus.com que j’ai créé sont justement dédiés à porter cette information au public. J’ai également publié plusieurs articles (en lien depuis ces sites) sur le sujet et la conjecture « no rub, no cone » (http://beta.jaypeejournals.com/eJournals/ShowText.aspx?ID=14217&Type=FREE&TYP=TOP&IN=&IID=1108&isPDF=YES), qui stipule bien que le kératocône est directement causé par les frottements, et que l’arrêt de ceux-ci en enraye l’évolution. N’hésitez pas à partager les pages de ces sites. La communauté ophtalmologique reste divisée sur ce point, mais un nombre croissant de praticiens réalisent la pertinence de cette théorie, et en vérifie les conséquences positives en notant que chez les patients qui ne se frottent plus les yeux (et modifient leur position de sommeil), le kératocône n’évolue plus. Néanmmoins, comme toujours, un certain conservatisme se heurte à la diffusion de ces concepts, qui entrent également en conflits avec des intérêts financiers (industrie du CXL, honoraires reliés à ces chirurgies, etc). Nous continuons à collecter des données et avons soumis à publication un article scientifique établi à partir d’une étude détaillée des facteurs de risque de kératocône, qui révèle l’influence majeure des frottements et de certaines position de sommeil.

  16. Pauline Guyffroi

    Bonjour Docteur,

    Tout d’abord, merci. Merci car grâce à la lecture de votre site, j’ai donc cessé (sans vraiment trop y croire au début) de me frotter les yeux (je ne le faisais pourtant pas beaucoup, mais c’était sans doute déjà trop pour mes cornées). Et verdict avant-hier chez mon ophtalmo : aucune aggravation cornéenne, pas de baisse d’acuité en l’espace de 6 mois alors qu’auparavant c’était la dégringolade perpétuelle…. Et ensuite je vous en veux car j’aurais tellement aimé avoir accès à cette information bien plus tôt. J’en suis -1,75 d’astigmatisme à chaque œil, ça va encore, mais je vis cela comme un handicap, je suis presque dépendante d’une paire de lunettes ou de lentilles rigides… (bon ok il y a pire dans la vie:-) ) J’imagine que vous n’avez pas les pleins pouvoirs pour partager cette information à grande échelle, mais quand même.. détenir une telle information qui peut sauver la vue à de nombreux patients (même si les gens ayant une prédisposition au dvlpt du kératocône sont peu nombreux, ils existent quand même…) et puis s’il faut attendre que la science prouve les observations cliniques des praticiens, je pense qu’on n’a pas fini d’attendre ! Pour ma part, j’informe tous les enfants que je rencontre dans ma pratique (je suis orthophoniste) et je crie au scandale quand j’en vois un se frotter les yeux ! Voyons le positif : me concernant, la stabilité de ma vue est déjà une première victoire…. Mais donc je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin : je désire maintenant récupérer une vue parfaite ou presque, de manière non invasive. Le simple fait d’observer le remodelage temporaire de ma cornée suite à un port prolongé des lentilles m’amène à penser que les déformations ne peuvent pas être complètement définitives… Je sais qu’un œil n’est pas un cerveau, mais quand même : parmi mes patients alzheimer avec qui je travaille, j’ai constaté à mon grand étonnement que beaucoup d’entre eux progressent légèrement, pourvu que les stimulations cognitives soient suffisamment ciblées, intensives et vécues positivement par le patient, et cela même à un stade déjà avancé de la maladie ! Donc maladie évolutive/dégénérative ne veut pas forcément dire détérioration inéluctable ou simple stabilité. C’est la plasticité cérébrale qui travaille ok, mais cela peut peut-être se transposer aux cellules de la cornée … ? Je ne connais encore pas grand-chose au fonctionnement de l’oeil, même quasiment rien pour le moment… mais je compte bien apprendre et tenter certaines choses….. Docteur, si vous avez la moindre intuition clinique, information (même surprenante) je suis prête à tenter. Je joue peut-être aux apprentis sorciers mais je me demande, instinctivement, si des massages extrêmement légers, avec les paupières, ou des exercices musculaires répétés chaque jour ne favoriseraient pas une réorganisation des cellules de la cornée ?

    Merci par avance.

  17. Bonjour docteur je suis suivie par vous depuis 5 ans .
    Lors de notre dernier rendez-vous vous m’avez dit que mon Kératocône n’évolue plus car je ne me
    Frotte plus les yeux.
    Par contre mon astigmatisme a fortement augmenté et ma vue a du coup baisser.
    Pensez-vous que les anneaux pourrais m’aider.

  18. Dr Damien Gatinel

    Nous avons effectivement découvert un lien fort entre position de sommeil et kératocône. Si la main est posée sur l’oeil gauche la nuit, il est très probable que l’appui prolongé, l’augmentation de la chaleur locale et les frottements induisent une déformation pérenne de la cornée (c’est à dire un kératocône). Il peut être intéressant de faire porter à votre fils une coque de protection oculaire pour qu’il prenne conscience de frottements et modifie sa position. Plus ici: https://defeatkeratoconus.com/eye-rubbing-tips/

  19. Emmanuel

    Bonjour Docteur Damien Gatinel , mon fils 20 ans a des problèmes de vision plus prononcés de l’oeil gauche qui me fait penser mais sans certitudes à une keratocone . Quoiqu’il en soit le frottement des yeux savère néfaste.
    Il fait attention dans la journée , le problème c’est la position quand il dort . Il dort sur le dos avec la main droite posée directement sur l’oeil gauche .Il y a t-il un moyen pour remédier à cela ?
    En vous remerciant , bien cordialement

  20. Dr Damien Gatinel

    Un kératocône frustre n’évolue vers une forme plus avérée que si un traumatisme physique local répété (les frottements) est exercé et que ce traumatisme excède la résistance cornéenne. Au delà d’un certain seuil, la réduction de l’élasticité de la cornée peut entrainer une déformation permanente. Dans notre expérience, cette déformation est assez bien corrélée à l’intensité des frottements exercés (même s’il n’est pas facile de quantifier ceux ci, et que les patients se frottent souvent les yeux de manière inconsciente). La position de sommeil est importante et les patients qui présentent un « kératocône frustre » (selon nous une déformation modérée de la cornée, et qui est justement modérée car le stress mécanique cumulé est également modéré) dorment souvent sur le ventre ou le côté (appui oculaire sur l’oreiller, etc.). Les autres troubles visuels que vous rapportez ne sont pas liés au kératocône a priori sauf les images fantômes qui sont la traduction optique de la déformation de la cornée.

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