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Kératocône

Résumé pratique. Le kératocône est une déformation progressive de la cornée. Éviter le frottement des yeux et traiter les causes d’irritation sont essentiels ; la surveillance tomographique et la prise en charge — lunettes, lentilles, cross-linking ou chirurgie selon les cas — doivent être personnalisées.

Auteur et révision. Damien Gatinel, MD, PhD — dernière révision médicale : 18 août 2026.

Publications de référence.

Ces informations générales ne remplacent pas une consultation ni un avis médical individualisé.

Kératocône: définition, causes et facteurs de risque

Introduction:

LE KERATOCONE EST UNE PATHOLOGIE CORNENNE D’ORIGINE MECANIQUE: FROTTEMENTS OCULAIRES EXCESSIFS EN INTENSITE, FREQUENCE ET DUREE, SOUVENT ASSOCIES A UNE POSITION DE SOMMEIL IMPLIQUANT UN CONTACT PROLONGE ENTRE L’OEIL LE PLUS ATTEINT ET LA LITERIE, L’AVANT BRAS OU LA MAIN ( POSITION VENTRALE OU SUR LE COTE).

 Cette vidéo permet en 10 secondes de visualiser ce qu’il se passe quand on se frotte l’oeil. Elle devrait être montrée à tous les patients qui sont susceptibles de trop se frotter les yeux, en particulier les enfants et adolescents allergiques- ou leurs parents et adultes concernés. 

voir: le kératocône en bref

Lire un dossier spécial consacré au kératocône

Il est urgent de redéfinir le kératocône:

Mon expérience poussée et divers travaux entrepris par mon équipe permettent de dissiper le mystère qui entoure encore cette affection, contrairement à ce qu’enseignent encore nombre de spécialistes et traités d’ophtalmologie ou de médecine. Si vous êtes concerné ou l’un de vos proches par cette affection, lisez ce qui suit. Si on vous a proposé d’emblée une procédure chirurgicale destinée à stabiliser le kératocône (cross linking), sachez que celle-ci est en réalité SANS INTERET (pour vous) à condition que vous (ou le sujet concerné) cesse définitivement de frotter ses yeux et modifie éventuellement sa position de sommeil. Le vrai traitement du kératocône doit cibler sa cause, qui est indubitablement mécanique. 

L’auteur de ce site a suivi des centaines de patients atteints de kératocône, et a compris depuis plus de 10 ans que cette affection ne relevait pas d’un processus primitivement génétique ou biomoléculaire mais traumatique.  Il existe des affections d’origine génétiques à l’origine d’une fragilisation des tissus oculaires;  mais le tableau ophtalmologique qu’elles induisent est bien différent.

La définition classique mais partiellement erronée du kératocône détourne du véritable enjeu à même de stabiliser et de prévenir l’évolution de la maladie; l’éviction des frottements oculaires excessifs. Les frottements oculaires excessifs sont l’ingrédient INDISPENSABLE à l’apparition d’un kératocône; leur suppression permet de prévenir (ou d’enrayer l’évolution) de l’affection.

La doxa en vigueur, malheureusement encore enseignée dans les amphithéâtre et lors des stages hosptialiers (sauf dans mon service) est celle d’une affection inéluctablement progressive d’origine inconnue est certes utile pour prescrire des traitements plus ou moins aggressifs et coûteux, en plus d’être le plus souvent inutiles ou peu efficaces: cross linking, pose d’anneaux, laser cornéen (PKR) –  généralement proposés dans cette ordre. Elle est pourtant incapable d’expliquer l’incroyable hétérogénéité de la présentation  du kératocône, en matière de différence entre les deux yeux, d’âge de découverte, d’atteinte sporadique au sein d’une même fratrie, de discordance entre jumeaux monozygotes… Toutes ces caractéristiques s’expliquent pourtant de manière limpide par l’historique des frottements oculaires, et des causes de ceux-ci (allergie; frottements plutôt bilatéraux, position de sommeil sur le ventre avec appui nocturne prolongé sur un oeil: atteinte plutôt unilatérale ou asymétrique, etc.). Plus les frottements oculaires apparaissent tôt dans l’existence sont effectués avec les phalanges (partie dures des doigts), plus les symptômes visuels conduisant à la découverte du kératocône sont précoces.

L’arrêt strict des frottements suffit pour enrayer l’évolution du kératocône; leur poursuite expose en revanche logiquement à une augmentation de la déformation cornéenne.

En résumé:

Le kératocône est une maladie oculaire dont les symptômes découlent d’une déformation de la cornée. Cette déformation de la cornée est responsable d’un astigmatisme, d’une apparition (augmentation) de la myopie, et de divers symptômes visuels dont certains ne sont pas corrigés par le port de lunettes: dédoublements d’images brillantes sur fond sombre (comme le contour qui apparait dédoublé ou triplé de la lune dans le ciel), flou visuel persistant, etc.

La cause primitive du kératocône est mécanique: tous les patients qui développent un kératocône se sont frotté les yeux de manière excessive en durée, intensité et fréquence: ces patients sont souvent allergiques, et présentent plus généralement des facteurs de risque pour les frottements oculaires chroniques: atopie, sécheresse oculaire, travail de nuit, travail prolongé sur écran, position de sommeil sur le ventre ou le côté avec appui nocturne prolongé sur un oeil ou les deux etc.

Les lésions biomécaniques irréversibles provoquées par les frottements apparaissent d’autant plus vite que la cornée est initialement plus fine, et moins résistante.

Le diagnostic du kératocône est confirmé par la réalisation d’un examen de topographie cornéenne (étude de la forme et des variations de courbure et d’épaisseur de la cornée). 

L’histoire clinique du kératocône est relativement stéréotypée:

Des troubles visuels comme un flou, une sensation de dédoublement, reliés à l’apparition d’un astigmatisme myopique unilatéral ou bilatéral (généralement plus marqué d’un côté) succèdent à une période de frottements oculaires excessifs (allergie, atopie, fatigue chronique, etc.). Une topographie cornéenne est alors effectuée et révèle les anomalies suivantes sur un oeil au moins (le plus frotté): astigmatisme irrégulier, amincissement central, asymétrie.

Le délai moyen entre le début des frottements et l’apparition des premiers symptômes visuels est généralement de l’ordre de quelques années. La déformation est alors suffisamment prononcée pour engendrer les symptômes visuels. Il existe néanmoins une phase silencieuse intermédiaire, au cours de laquelle une déformation cornéenne se constitue mais est trop faible pour être à l’origine d’une dégradation visuelle perçue subjectivement par le patient.

On constate toutefois rétrospectivement l’évolution d’un astigmatisme d’origine cornéenne, souvent de direction oblique ou inverse, en rapport avec les premiers stades de déformation de la cornée sous l’effet des contraintes mécaniques répétées.

TOUT ASTIGMATISME EVOLUTIF CHEZ L’ENFANT, L’ADOLESCENT OU L’ADULTE JEUNE DOIT FAIRE SUSPECTER UN DEBUT DE DEFORMATION CORNENNE, RECHERCHER UNE HISTOIRE DE FROTTEMENTS OCULAIRES ET MOTIVER LA REALISATION D’UNE TOPOGRAPHIE CORNEENNE.

Cette déformation est parfois mise en évidence lors de la réalisation systématique d’une topographie cornéenne chez un patient  qui consulte pour une chirurgie réfractive de la myopie. Ces aspects topographiques atypiques et peu prononcés font alors poser le diagnostic de « forme suspecte de kératocône », ou encore de « kératocône fruste »; au delà de débats sémantiques et étiologiques (la théorie classique est en effet impuissante à expliquer la présence de ces formes intermédiaires peu évolutives) il est crucial de bien expiquer au patient qu’il est nécessaire de ne plus se frotter les yeux aussi énergiquement (attention au démaquillage trop appuyé !).

Contrairement à ce qu’enseignent traités classiques et clament nombre de spécialistes:

Le kératocône est une affection primitivement mécanique, non primitivement génétique: la déformation cornéenne est induite par des frottements oculaires excessifs.  Au départ, la déformation infligée par les frottements est de caractère élastique (réversible à l’arrêt des frottements). Au delà d’un certain seuil (qui dépend de l’intensité des frottements et des caractéristiques natives de la cornée)  la déformation devient « plastique« , c’est à dire permanente

En effet, les frottements agissent à la fois sur le plan mécanique (désorganisation de la trame des fibres collagènes de la cornée) et biomoléculaire (cytotoxicité mécanique, réaction cellulaire avec sécrétion de cytokines et enzymes pro inflammatoires). Ces mécanismes se conjuguent pour provoquer un amincissement progressif et une réduction de la rigidité cornéenne, qui sont à l’origine de la déformation plastique de la cornée.

Cette déformation explique l’apparition ou l’évolution de l’astigmatisme, qui est généralement de type myopique.

symptômes visuels du kératocône
Exemple de symptômes visuels pouvant faire rechercher un kératocône débutant. 

Signes visuels évocateurs:

La perception avec un œil d’un dédoublement, ou d’images multiples, fantômes, autour des sources lumineuses, peut faire rechercher la présence d’un kératocône: ces symptômes traduisent la présence d’un astigmatisme dit irrégulier. Les dédoublements et images fantômes peuvent s’atténuer avec une correction lunettes mais ils ne disparaissent pas complètement (contrairement aux symptômes provoqués par un simple astigmatisme régulier, corrigible en lunettes).

Attention, ces symptômes ne sont pas spécifiques du kératocône. Une cataracte débutante peut également provoquer un léger dédoublement des images perçues.

Quand elle est d’origine cornéenne, toute sensation de dédoublement ou d’images multiples n’est pas forcément le signe d’un kératocône, mais traduit un certain degré de réduction de la qualité optique de la cornée. Une kératite superficielle peut par exemple occasionner le même type de symptômes.

Plus le kératocône est évolué, et plus l’intensité de ces anomalies visuelle est prononcée. Dans la majorité des cas de kératocône, les images « bavent » principalement vers le bas ou en oblique vers le bas. Plus sur la vision d’un oeil atteint de kératocône ici (en anglais)

Considérations classiques à propos du kératocône

Le Kératocône, du grec kératos pour cornée et conus pour forme de cône, est défini classiquement comme une dystrophie cornéenne classiquement idiopathique (cause inconnue) bilatérale, asymétrique, non inflammatoire. Le kératocône est caractérisé par un amincissement et une déformation progressive de la cornée. Sur le plan optique, cette déformation induit de l’astigmatisme régulier et irrégulier (aberrations optiques de haut degré) provoqué par une altération marquée de la géométrie de la cornée.

On explique volontiers dans les traités que la cause du kératocône est inconnue mais qu’il existe certains facteurs de risque pour cette affection mystérieuse comme l’allergie, l’atopie, et… les frottements oculaires…

Reléguer les frottements oculaires à un rôle subalterne (celui de « facteur de risque ») est une erreur lourde de conséquences en matière de santé publique. Ceci revient à confondre corrélation et causalité, comme si l’on considérait les rayons U.V comme un facteur de risque de coup de soleil alors qu’ils en sont la cause même. Ou encore qu’un brossage trop vigoureux des dents était un facteur de risque de gingivopathie (lésion des gencives), alors que c’est bien le brossage qui provoque directement l’atteinte gingivale.

kératocône
Kératocône extrêmement évolué de l’oeil gauche, consécutif à des décennies de frottements oculaires appuyés avec les phalanges des doigts. Cette image illustre le pourquoi du choix du « cône » pour rendre compte de la forme prise par le dôme cornéen dans les formes très avancées. Il est beaucoup plus difficile sinon impossible d’identifier les formes débutantes et moyennement prononcées à l’oeil nu. Le recours à la topographie cornéenne est indispensable.

Une redéfinition alternative et moderne du kératocône s’impose: elle se heurte malheureusement au conservatisme, au dogmatisme, voire à une certaine forme de paresse intellectuelle.

Redéfinir le kératocône

A la définition classique, descriptive et fonctionnelle du kératocône, l’auteur substitue une définition plus causale. Le kératocône se caractérise par l’apparition d’une déformation de la cornée responsable de symptômes visuels et de signes topographiques évocateurs.

Cette déformation est directement liée à l’action de frottements oculaires répétés, responsables d’un stress mécaniques de la cornée.  

Le kératocône n’est pas une dystrophie primitive, ni une maladie génétique, mais une affection d’origine mécanique: sans frottements, sans stress mécanique répété, il n’y a pas de survenue de déformation du dôme cornéen, et donc de kératocône (voir page consacrée au rôle des frottements oculaires répétés vis à vis de l’incidence du kératocône, voir article  « Eye rubbing; a sine qua non for keratoconus?« , voir article« No rub No cone, the Keraotconus Conjecture ».

Un site est totalement dédié à la compréhension de l’origine, ainsi que la prise en charge moderne du kératocône: https://defeatkeratoconus.com/.

De nombreux cas de kératocône sont présentés et illustrent le fait que les frottements oculaires sont un élément indispensable et nécessaire à la génèse du kératocône.

La vidéo suivante a été réalisée pour expliciter l’action directe des frottements sur le globe oculaire: le visionnage de ces images devrait suffire à faire passer l’envie de se frotter les yeux!

En particulier, l’étude des formes strictement unilatérales de l’affection, qui existent bel et bien, permet simplement de déduire l’élément essentiel qui est nécessaire au déclenchement du kératocône. Les patients qui se frottent un œil et épargnent l’autre (ou bien le frottent peu) présentent un kératocône unilatéral.

Ces observations sont riches en enseignement. En voici un exemple:

keratocone unilateral
Dans cet exemple, le patient s’est frotté avec les phalanges – geste typique et particulièrement délétère – pendant des années, quasi exclusivement son oeil droit (il dort avec la tête en appui du même côté, ce qui explique peut être les sensations d’irritation chronique ayant conduit le patient à se frotter cet oeil vigoureusement, dès le réveil…). L’énergie mécanique véhiculée par les phalanges provoque une désorganisation architectonique du tissue cornéen et une inflammation locale qui sont responsables au bout d’un certain temps d’un amincissement et d’une déformation irrégulière mais isométrique (sans distension) de la cornée. Celle-ci ce cambre dans la région paracentrale inférieure et s’aplatit au niveau périphérique; ces modifications peuvent ici s’apprécier de manière macroscopique à l’inspection d’une macro photo en profil de la cornée de l’oeil droit. Cette cambrure augmente l’effet réfringent de la cornée. L’irrégularité est responsable de l’apparition d’un astigmatisme important. L’oeil gauche est indemne de kératocône mais présente une cornée fine: cette caractéristique ( de nature congénitale) est à même de rendre la cornée plus vulnérable à l’action de frottements excessifs.

Toutefois, la majorité des patients a tendance à se frotter les deux yeux, mais souvent de manière asymétrique: invariablement, l’œil le plus frotté est le plus atteint (la cornée est plus fine et déformée).

L’œil le plus frotté est souvent celui qui subit le plus de compression la nuit en cas de position de sommeil sur le ventre ou le côté.

L’arrêt des frottements garantit l’absence de progression de la déformation de la cornée, ce qui confirme la responsabilité directe et le caractère indispensable des frottements dans l’induction du kératocône.


En conclusion:

 Le kératocône n’est pas une dystrophie idiopathique mais un syndrome d’origine acquise et mécanique, dont l’expression topographique traduit la déformation plastique de la cornée, provoquée par le stress mécanique représenté par les frottements oculaires répétés

Cette explication est forgée sur le recueil attentif de l’histoire clinique de nombreuses observations, et un raisonnement inductif. Elle est compatible avec l’ensemble des données publiées dans la littérature médicale.

Il est crucial d’expliquer aux patients atteints et à risques (allergiques, travailleurs de nuit, sur écran, etc.) de ne pas/plus se frotter les yeux. Cette simple prescription a le potentiel d’éradiquer cette maladie, et d’en stopper la progression pour ceux qui en sont déjà atteints.

Considérer le kératocône comme une pathologie dont l’origine principale est mécanique est un bouleversement paradigmatique dans le monde ophtalmologique qui n’est pas encore pleinement admis, loin de là. Outre les aspects liés à la perte de certaines indications comme le cross-linking, le poids de l’enseignement ou certains raisonnements spécieux freinent l’adoption d’une théorie qui pourrait pourtant sauver de la progression et de l’apparition du kératocône bien des yeux. Certains praticiens soutiennent par exemple que les frottements pourraient être la conséquence du kératocône! Cette position est difficile à défendre puisqu’un simple interrogatoire des patients atteints de kératocône révèle invariablement que les frottements PRECEDENT TOUJOURS, et de plusieurs mois ou années, l’apparition des premiers symptômes du kératocône

Ainsi, l’explication mécanique du kératocône n’est pas populaire auprès de certains praticiens qui préconisent la réalisation de certains actes chirurgicaux, souvent dès la première consultation, car elle remet justement en cause le bien fondé de leur attitude interventionniste.

Il n’est jamais urgent de réaliser un cross linking, la pose d’anneaux ou la réalisation d’une photoablation laser.

Il n’existe qu’une seule urgence en matière de kératocône: arrêter tout frottement oculaire intempestif

La maladie (causée par les frottements) ne progresse plus dès l’arrêt de ceux-ci, et avec la correction de la position de sommeil (arrêter de dormir sur le ventre ou le côté, avec la tête enfoncée dans l’oreiller, le bras ou la main au contact des orbites etc.). 

Le cross linking, censé durcir le tissu cornéen (en pratique clinique cet effet n’est pas démontré), n’est pas une réponse logique au kératocône. La poursuite des frottements après cross linking conduit d’ailleurs à l’aggravation du kératocône. 

Dans la plupart des cas, les interventions précoces n’ont pas d’intérêt (pour le patient). Il faut identifier les frottements, traiter leur cause si possible, et s’orienter vers l’adaptation de lentilles rigides qui constitue le meilleure mode de correction optique chez les patients atteints de kératocône.

Enfin, il est logique de proposer que:

Tout enfant allergique chronique devrait bénéficier d’un suivi topographique cornéen, s’il se frotte les yeux.

Il est encourageant de constater qu’une plus jeune génération d’ophtalmologistes français, en particulier ceux dont la formation a été effectuée dans notre service, adoptent le point de vue martelé par l’auteur de ce site depuis de nombreuses années.

Quand le message relatif aux frottements sera plus largement diffusé au niveau du grand public, l’incidence du kératocône et de ses formes graves diminuera. 

Si vous êtes atteint de kératocône et en comprenez l’origine, alors vous pouvez faire passer ce message : ne vous frottez pas les yeux!

N’hésitez pas à communiquer des liens vers cette page, et le site dédié: www.defeatkeratoconus.com

Voir aussi: 

Le kératocône en bref

Justification de l’hypothèse mécanique du kératocône

Réfutation de la théorie classique: le syndrome de Marfan 

Kératocône et topographie cornéenne

Stades et formes cliniques du kératocône

Histologie du kératocône

Correction de la vision et kératocône

Formes suspectes de kératocône

Kératocône infraclinique

Consulter des cas documentés avec suivi de kératocône (en anglais)

Une présentation video justifiant la conjecture « No rub, no cone »:

voir également: astigmatisme irrégulierectasie kératocône frustekératocône suspect –  aberrométrie et kératocônetopographie cornéennevision dédoublée – crosslinking – crosslinking et cicatrisation – controverses sur le crosslinking

Références scientifiques sélectionnées

Travaux scientifiques auxquels Damien Gatinel, MD, PhD a contribué et qui éclairent les notions présentées sur cette page.

424 réponses à « Kératocône »

  1. Fabienne

    Bonjour Docteur,

    Mon conjoint est atteint d’un kératocone bilatéral, dignostiqué vers 35 ans (il y a une dizaine d’années), associé à une dispersion pigmentaire ( diagnostique en 2015).

    Il a subi un crosslinking à chaque oeil à un an d’intervalle. Il lui avait été dit qu’avec le crosslinking, le keratocone se stabiliserait. Mais ce n’est pas le cas.

    Pour la dispersion pigmentaire, il a subi une intervention au laser sur un oeil. Il ne souhaite pas se faire opérer du second, car depuis l’opération, il voit un « trou » et pas d’autre amélioration…

    Il a essayé les lentilles rigides, qu’il ne supporte pas: difficultés à la pose et au retrait, perte dans l’oeil, et une fois les lentilles posées, ses yeux « s’injectaient » de sang.

    Il a consulté en centre hospitalier universitaire et en cabinet privé, le bilan à ce jour: nous ne pouvons rien faire pour vous si vous ne supportez pas les lentilles!

    Aujourd’hui, il porte des lunettes, qui l’aident à améliorer la vision mais ce n’est pas une correction à 100%. On parle d’une amélioration de 25-30%…

    De plus, il a l’impression que la maladie évolue à chaque crise allergique.

    Que pouvez-vous me conseiller?

    Je vous remercie par avance de votre réponse.

  2. Ryadh

    Bonjour M, j’ai un Kératocône évolué dans l’œil gauche j’ai fait un cross licking sur cet œil. est ce que les écran (TV,PC,Téléphone) peuvent influencer sur l’évolution de cette maladie surtout au niveau du l’œil opéré ?

  3. melodie

    Je me demande si votre hypothèse est plausible dans le cas de mon compagnon (29 ans) qui a été diagnostiqué tardivement du keratocone. (2013) Il a effectué en urgence toutes les procédures qui ont été vaine au Quinze Vingt. Le plus curieux est la maladie partagé par son frère jumeau. (Vrais jumeaux)
    Comment pouvez vous expliquer ce phénomène ?

  4. Dr Damien Gatinel

    Il est probable que votre kératocône a un peu évolué. Dans notre expérience, l’évolution est contingente de la réalisation de frottements oculaires répétés et particulièrement vigoureux; il est crucial de ne plus frotter les yeux pour stabiliser la déformation cornéenne. Si vous dormez sur le ventre ou le côté, il faut aussi modifier ceci pour éviter toute compression/chaleur/irritation oculaire, qui généralement déclenche aussi l’envie de frotter. Il suffit de peu d’astigmatisme pour induire une gêne visuelle empêchant de voir net de près et de loin. Les lentilles sclérales sont un excellent moyen de correction optique, mais elle exigent certaines contraintes.

  5. Marion

    Bonjour Docteur,

    Mon kératocône a été détecté à l’age de 16 ans mais ne nécessitait pas de port de lentilles. Je voyais bien et pouvais tout faire sans lunettes. C’est lorsque ma vue a commencé a baissé et à ne plus être corrigée par les lunettes que je me suis résolue au port des lentilles à l’age de 30 ans (j’ai actuellement 34 ans).
    J’ai tout d’abord essayé les petites lentilles rigides, mais je n’arrivais pas à les mettre ou les perdais dans l’oeil. J’ai ensuite essayé des lentilles mi souple-mi rigides, puis des lentilles sclérales rigides pour lequelles mon opthalmologue et moi avons opté.
    Effectivement ma vue était bien meilleure qu’avec les lunettes (quasi 10/10) par contre mon gros problème c’est que sans les lentilles je ne vois plus rien. C’est arrivé dés le début donc je ne pense pas que mon oeil se soit habitué si vite. Moi qui pouvait tout faire sans lunettes je suis devenu complètement dépendante. J’aimerais savoir pourquoi? Est ce que cela arrive fréquemment? Mon opthalmologue pense que c’est normal et que je vois tellement mieux avec les lentilles que j’ai l’impression qu’il y a une énorme différence. Ce n’est absolument pas le cas. Pour exemple: avant les lentilles je voyais sans problème le compteur de mon VTT assise sur le vélo, maintenant je ne discerne même plus les couleurs. Je ne peux plus conduire, je ne peux plus rien faire….

    Merci d’avance pour votre aide.

  6. Dr Damien Gatinel

    Il n’est absolument pas nécessaire de réaliser un CXL pour bénéficier d’une adaptation en lentilles en cas de kératocône, ou de la pose d’anneaux. L’attitude consistant à proposer systématiquement un cross linking a un patient atteint de kératocône est abusive. Comme expliqué sur ce site, le CXL n’a pas vraiment fait la preuve se son efficacité pour freiner le kératocône (les études sont généralement faibles sur le plan statistique, sans groupe témoin, sans évaluation de l’impact de l’arrêt des frottements etc.). In vivo, la cornée n’est pas durcie par le CXL et quand bien même elle le serait, ce ne serait pas suffisant pour contrer l’effet des frottements oculaires qui exercent une force potentiellement bien supérieure au seuil de résistance d’un tissu biologique. Comme vous l’avez compris, les frottements sont l’élément déclencheur et aggravant du kératocône. Leur arrêt est nécessaire et suffisant pour stopper l’évolution de la déformation. Bien entendu, ce « remède » est plus économique (pour le patient), et meêm s’il n’est pas toujours simple à mettre en oeuvre, il revêt une importance cruciale. Traiter les facteurs d’irritations locaux est très important (les cils ectopiques, la sécheresse – cette dernière augmente en effet souvent pendant la grossesse avec recrudescence des frottements).

  7. Dr Damien Gatinel

    Il n’est pas recommandé d’exercer une pression sur la cornée en cas de kératocône; les frottements oculaires avec les doigts sont responsables d’une fragilisation avec décompensation biomécanique et altération du galbe naturel de la cornée. Ceci provoque l’astigmatisme initial. La déformation provoquée par un appui chronique est assez imprévisible et pourrait contribuer, par le biais de modifications locales (activations enzymatiques, élévation de la température), à aggraver la situation. Les lentilles hybrides pourraient être une solution dans votre cas (rigides dans leur portion centrale mais souples en périphérie).

  8. Kératocône

    Bonjour Docteur,

    Je présente un kératocône légèrement/moyennement évolué (au moins -1,75 astig. à chaque oeil) et depuis que j’ai cessé tout frottement (digital) sur les yeux, ma vue s’est stabilisée. Mais j’ai ensuite commencé à porter des lentilles rigides et il me semble que ma vue a de nouveau baissé… Mon prochain contrôle ophtalmo est prévu pour juillet mais je perçois que mon astigmatisme a encore augmenté… Personnellement j’arrête d’utiliser les lentilles rigides car il s’agit tout de même de frottements incessants touchant directement l’oeil.. Je ne présente pas de sécheresse oculaire ni de douleur mais je ressens toujours les frottements liés au déplacement de la lentille sur la cornée. Egalement, les petites poussières (normalement anodines et peu gênantes sur un oeil nu) sont une vraie torture lorsqu’elles passent sous la lentille rigide :O (les porteurs de lentilles rigides se reconnaîtront). Bref j’ai des lunettes que je n’aime pas porter, je les mets uniquement pour conduire, par sécurité. Mon ophtalmo me dit que seules les lentilles rigides ou les lunettes sont possibles dans mon cas.

    Y a-t-il une autre solution envisageable d’après vous ? Je n’ai pas non plus le droit à l’orthokératologie car j’ai une légère myopie et que « la différence entre myopie et astigmatisme est trop importante chez moi (je n’ai pas compris ce que ça implique) »
    Où en est la recherche concernant la GUERISON des yeux (sans passer par la chirurgie) comment retrouver la santé oculaire de mon enfance ? Je rêve (j’ai espoir) qu’un jour il suffise d’un médicament, d’un collyre, d’exercices de rééducation pour guérir des yeux… Concernant le kératocône, c’est quand même vachement dommage de voir complètement flou juste à cause d’une minuscule cornée capricieuse (je la maudis chaque jour..) et je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir un oeil « malade ».. et pourtant l’impact sur le quotidien est énorme.
    Y a-t-il une alimentation à privilégier, des aliments à bannir ? J’ai arrêté de manger de la viande et du poisson un peu avant l’apparition du kératocône, c’est peut-être lié… ?
    J’en suis même arrivée à envisager ceci : « Les anciens Chinois mettaient de petits sacs de sable sur leurs paupières, la nuit, pour diminuer leur myopie et pour mieux voir durant la journée. C’est une notion classique qui est sans doute une des premières tentatives de remodelage cornéen. » http://www.snof.org/encyclopedie/orthok%C3%A9ratologie-et-crt
    Je vais éviter le sable mais j’aimerais tenter la nuit de placer sur les yeux un bandeau pour les yeux, en le serrant légèrement de telle sorte qu’il y ait un très léger appui sur les cornées… ? Cela peut paraître fou mais c’est sans doute moins agressif /invasif que certaines chirurgies non ? Et puis si les chinois le faisaient :-)
    Et puis l’impact du stress/de la fatigue/du manque de lumière : c’est un fait je vois beaucoup mieux lorsque je suis au soleil, à l’autre bout du monde et que je suis détendue… (je vis pour l’instant dans une zone très peu ensoleillée, j’ai vraiment l’impression que ça aggrave les difficultés..)

    Merci Docteur pour votre compréhension

  9. Paola

    Bonjour,

    J’ai 32 ans et j’ai été diagnostiquée d’un keratocone en janvier.OG est au stade 3 et on m’a parlé de kératocone frustre pour l’oeil droit.
    Une topographie cornéenne a été réalisée aujourd’hui et mon keratocone n’a pas évolué depuis le mois de janvier.
    En effet, j’ai beaucoup parcouru votre site.Et j’ai complètement arrêté de me frotter les yeux et je dors à présent sur le dos.
    J’ai bien prit le temps d’analyser ce que vous dites au niveau des frottements, et effectivement je me frotte beaucoup les yeux:
    Avant, je vivais aux antilles et je n’avais pas de problèmes d’allergies.Et voilà huit ans que je vis en France et j’ai commencé à devenir très allergiques aux pollens depuis environ 4 ans.
    L’année dernière j’ai subi les allergies durant la grossesse et ne pouvant pas me traiter avec les antihistaminique, je me suis énormément frotté les yeux. Et c’est vers mon sixième mois de grossesse que j’ai constaté que ma vue avait baissé.
    Par la suite, cela avait l’air de s’accélérer même apres la grossesse et m’a poussé à consulter en novembre dernier.

    J’ai définitivement arrêté de me frotter les yeux mais cela est très difficile à gérer car je me suis rendue compte que j’avais souvent comme des micro-kystes à l’intérieur de la paupière.Cela apparait et disparait mais représente une gène me poussant à me frotter les yeux.
    Aussi,j’ai constaté que j’avais souvent des cils qui tombent et se retrouvent dans les yeux et que d’ailleurs, ceux-ci ont tendance parfois à pousser dans le mauvais sens, venant toucher l’oeil (je les enlève à la pince à épiler quand c’est trop genant).
    Tous ces facteurs m’ont poussé à me frotter les yeux plus que de raisons…

    Par ailleurs, le spécialiste m’a proposé cross-linking + lentille rigite ou cross-linking + anneaux instracorneens.
    Je lui ai laissé savoir que je ne souhaitais pas le CXL mais il a l’air de dire que pour je dois d’abord faire le cross-linking pour ensuite avoir les lentilles ou les anneaux.Comme-si en gros je n’avais pas trop le choix.
    Il m’a fait comprendre que mon oeil gauche était vraiment atteint et que du coup il fallait préserver l’oeil droit.
    Du coup nous devons nous revoir dans 3 mois pour une topographie et pour me laisser réffléchir à tout ça.

    Je voudrais juste un suivi de l’evolution de mon kératocone et pourquoi pas essayer les lentilles si ma vue venait à baisser, car pour le moment cela ne représente pas un handicap pour la vie de tous les jours, sauf éventuellement pour la conduite de nuit.

    J’ai l’impression qu’on est comme obligé de passer par le CXL dans le cadre du suivi du kératocone, indépendamment presque de notre volonté.J’aimerais trouver un spécialiste qui respecte mon choix sans me mettre la pression en m’expliquant que ma situation est si grave que je ne pourrais me passer de cette opération.

    Par ailleurs, j’ai quand même noté qu’il m’a fortement recommandé de ne surtout plus me frotter les yeux et ne plus dormir sur le côté.

    En tout cas je vous remercie pour ce site qui m’a beaucoup renseigné et permis de cesser les frottements.

  10. Dr Damien Gatinel

    Vous avez effectivement été opérée trop hativement. L’évolution du kératocône n’est pas une fatalité: il faut arrêter les frottements et modifier votre position de sommeil (ne plus exercer de pression contre l’oeil droit pendant le sommeil en dormant sur le ventre ou le côté droit). Le port d’une coque oculaire de protection la nuit permet souvent de protéger l’oeil et au patient de prendre conscience des frottements nocturnes ou du réveil. La pose d’un anneau n’a pas d’effet stabilisateur sur le KC. Les effets sur l’astigmatisme sont parfois un peu imprévisibles. Aussi, les chirurgiens proposent souvent la pose d’un anneau, puis une correction au laser excimer (PKR) associée à un cross linking. La PKR seule est largement suffisante (quand elle est possible, c’est à dire quand la correction n’est pas trop importante) à deux conditions; 1) que la cornée ne soit pas trop amincie par les frottements répétés 2) que les frottements oculaires soient arrêtés en totalité. Vous pouvez donc faire retirer l’anneau s’il vous gêne, vous retrouverez a priori la vision que vous aviez auparavant. Les halos sont probablement liés au bord interne de l’anneau qui est « trop proche » du bord de la pupille. Une surveillance topographique sera nécessaire ensuite, et si vous ne frottez plus, la déformation de votre cornée ne progressera pas.

  11. Lucas

    Bonjour Docteur Gatinel et merci pour vos précieux articles et explications, qui méritent d’être vus par plus de monde encore.

    Je vous écrit car je suis depuis quelques mois plongé dans l’anxiété. En septembre dernier j’ai été dans un centre ophtalmo pour un simple bilan, où l’on m’a diagnostiqué un kératocône bilatéral, plus avancé à l’OD et presque dérisoire à l’OG (je précise que je ne porte ni lunettes, ni lentilles). Le chirurgien m’a dit qu’il était urgent d’opérer et que je n’avais pas vraiment le choix, d’abord en effectuant une pose d’anneaux intra-cornéens, puis en complétant ça par du laser excimer + cross linking. Je me suis laissé convaincre car j’ai réalisé ce jour là qu’effectivement, en regardant seulement avec l’OD, je voyais flou, chose dont je ne m’étais jamais rendu compte car les 2 yeux ouverts je n’éprouve aucune difficulté.

    J’ai donc reçu l’opération de pose d’anneaux sur l’OD au mois de novembre. Depuis l’opération jusqu’à aujourd’hui, je vois un peu flou alors qu’avant l’opération je n’avais aucun problème les 2 yeux ouverts, et surtout, d’énormes halos lumineux apparaissent maintenant dans mon champ de vision quotidien. J’ai stoppé toutes les procédures car je ne me sentais plus en confiance. J’ai exposé ces gênes à mon chirurgien, qui me répond que tous mes problèmes de vision + halos lumineux devraient se résoudre en continuant les opérations prévues (laser excimer + cross linking).

    En lisant plusieurs articles, j’ai le sentiment que cette opération a été précipitée (surtout que le chirurgien a décidé de m’opérer sans avoir de visibilité sur l’évolution de mon kératocône, puisqu’il m’a rencontré une seule fois avant l’opération).

    Aujourd’hui je me retrouve avec une vision floue et des halos qui me dérangent jusqu’à en déprimer. Si ces anneaux concernent uniquement la vision et non le ralentissement ou l’arrêt du kératocône, alors je songe fortement à me les faire retirer, mais j’ai peur que mon kératocône évolue et que dans quelques années avoir retirer ces anneaux s’avérerait être une erreur.

    Pensez-vous que je puisse m’accorder la sérénité en retirant ces anneaux, sans mettre ma vue en danger pour le futur ?

  12. Dr Damien Gatinel

    Il est effectivement utile de contrôler l’évolution, en cas de doute, en réalisant une topographie à un délai plus rapproché (un à trois mois). Le kératocône (et les formes intermédiaire) ne progresse pas/plus une fois l’éviction des frottements oculaires obtenue. Si tel est le cas, alors les contrôles topographiques objectiveront la stabilité de la déformation cornéenne. Idéalement, il faut effectuer des contrôles avec le même instrument, ce qui permet de réaliser une « carte différentielle ». Cette carte est un élément objectif qui permet d’affirmer la stabilité du kératocône (ou, dans le cas contraire, sa progression).

  13. Dr Damien Gatinel

    Votre question sur les frottements occasionnés par les manoeuvres de pose et dépose des lentilles de contact sont légitimes. A priori, celles-ci ne sont pas particulièrement dangereuses, car l’intensité de la force exercée contre le tissu cornéen est bien moindre que celle qu’induisent les frottements vigoureux. Les porteurs de lentilles ont souvent tendance à se frotter les yeux après la dépose des lentilles; parfois, ils frottent pendant le port de celles-ci, pour « humidifier » l’oeil (provoquer une sécrétion lacrymale réflexe). Ceci est bien entendu nocif, plus que des gestes plutôt doux et « tangentiels » (sans impact prolongé, et sans les forces de cisaillement générées par les mouvements latéraux ou circulaires qu’effectuent les patients quand ils frottent leurs yeux).

  14. Danièle

    Bonjour Docteur,
    J’ai pu comprendre grâce à votre article à quel point les frottements oculaires jouaient un rôle prépondérant dans la venue du kératocône et pouvaient aggraver celui-ci. Après lecture de cet article, je me suis demandé si le geste technique pour mettre et enlever les lentilles pouvait causer une aggravation de la déformation cornéenne en cas de kératocône. En effet , lorsque l’on met des lentilles pour la première fois on est souvent confronté à une multitude d’essais infructueux avant de parvenir à placer correctement la lentille sur l’œil. Le doigt rentre ainsi en contact avec la cornée très souvent même involontairement. Ces contacts avec la cornée s’intensifient lorsque l’on tente de retirer la lentille. Me trouvant moi même confrontée a cette situation j’aurais aimé savoir si ce type de frottements étaient susceptibles d’aggraver le kératocône ou pas. Dans ce cas, serait il préférable dans l’idéal que je ne porte que des lunettes?
    Merci a vous.

  15. Mymie

    Bonsoir docteur et merci pour votre réponse. On a ordonné de nouvelles lunettes à mon fils avec une correction plus prononcée. Et une topographie dans 6 mois. Peut on attendre aussi longtemps sans risque ? L’ophtalmologue a un doute de keratocone. Merci beaucoup.

  16. Dr Damien Gatinel

    L’orthokératologie peut être une solution à envisager, à condition qu’elle soit efficace dans votre cas (tout dépend du dégré de myopie, d’astigmatisme, etc.). Pour de faibles déformations et des myopies faibles à moyennes, ce type de correction doit être possible. Bien entendu, il est important de ne pas se frotter les yeux au réveil, après retrait des lentilles d’orthokératologie.

  17. Dr Damien Gatinel

    Il est effectivement crucial de cesser les frottements oculaires (typiquement réalisés avec les phalanges des doigts chez les patients atteints de kératocône). Dans notre expérience, ceci est nécessaire mais aussi suffisant pour stopper l’évolution du kératocône, ce qui est logique puisque ce sont ces mêmes frottements, exercés généralement depuis quelques années de manière vigoureuse et répétée (plusieurs fois par jour, voire par heure, etc.) qui précèdent et engendrent la déformation cornéenne permanente. Par ailleurs, il faudrait également veiller à modifier une position de sommeil qui serait « sur le ventre », ou « sur le côté », car ce type de position favorise l’irritation oculaire chronique et stimule le besoin de frotter (échauffement local, contamination par les acariens, etc.)

  18. Dr Damien Gatinel

    Il faut envisager une greffe pour l’oeil qui a perdu sa vision utile à cause d’un kératocône très évolué. Réaliser une greffe de l’autre oeil (qui voit encore suffisamment) n’est pas indiqué. Pour freiner l’évolution, il est crucial d’arrêter les frottements oculaires. Ceci est souvent difficile à obtenir chez les trisomiques, et c’est pour cela que ces patients présentent souvent des formes graves – car évoluées – de la maladie. Ils se frottent les yeux très vigoureusement et fréquemment, et un cercle vicieux s’installe car l’irritation locale ne fait qu’augmenter. Les frottements nocturnes sont également fréquents. Parfois, le port d’une coque oculaire de protection la nuit peut éviter des frottements sur l’oeil. Bien entendu, il faudra également faire en sorte que les frottements cessent sur l’oeil qui sera greffé.

  19. Hanaa

    Bonjour M, j’ai une sœur Trisomique atteinte de la kératocône dans les deux yeux! malheureusement on a pas pu détecter sa maladie jusqu’au jour ou elle a perdu une de ses yeux et il lui faut une greffe de cornée, pour la deuxième œil on nous a dit qu’on doit freiner l’évolution mais ce n’est pas trop urgent, je veux connaître votre avis: est ce qu’on doit commencer par opérer l’œil qui a besoin d’une greffe de cornée, ou bien on commence par celui qui voit encore pour freiner le kératocône…Nous sommes très inquirets dans le contexte d’une trisomie…
    Merci Docteur

  20. Myriam

    Bonjour docteur, merci pour vos précieux conseils. Mon fils de 17 ans est hypermétrope depuis tout petit et porte des lunettes. Hier l’ophtalmologue a eu un doute sur le kératocone , il lui prescrit reprit une nouvelle correction et une topographe dans 6 mois, et nous a parlé de lentilles rigides. Ma question : peut on attendre 6 mois sans risque que cela évolue ? qu’en pensez vous? suivant vos conseils je lui ai dit de ne plus se frotter les yeux. Merci pour votre réponse.

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