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Kératocône

Résumé pratique. Le kératocône est une déformation progressive de la cornée. Éviter le frottement des yeux et traiter les causes d’irritation sont essentiels ; la surveillance tomographique et la prise en charge — lunettes, lentilles, cross-linking ou chirurgie selon les cas — doivent être personnalisées.

Auteur et révision. Damien Gatinel, MD, PhD — dernière révision médicale : 18 août 2026.

Publications de référence.

Ces informations générales ne remplacent pas une consultation ni un avis médical individualisé.

Kératocône: définition, causes et facteurs de risque

Introduction:

LE KERATOCONE EST UNE PATHOLOGIE CORNENNE D’ORIGINE MECANIQUE: FROTTEMENTS OCULAIRES EXCESSIFS EN INTENSITE, FREQUENCE ET DUREE, SOUVENT ASSOCIES A UNE POSITION DE SOMMEIL IMPLIQUANT UN CONTACT PROLONGE ENTRE L’OEIL LE PLUS ATTEINT ET LA LITERIE, L’AVANT BRAS OU LA MAIN ( POSITION VENTRALE OU SUR LE COTE).

 Cette vidéo permet en 10 secondes de visualiser ce qu’il se passe quand on se frotte l’oeil. Elle devrait être montrée à tous les patients qui sont susceptibles de trop se frotter les yeux, en particulier les enfants et adolescents allergiques- ou leurs parents et adultes concernés. 

voir: le kératocône en bref

Lire un dossier spécial consacré au kératocône

Il est urgent de redéfinir le kératocône:

Mon expérience poussée et divers travaux entrepris par mon équipe permettent de dissiper le mystère qui entoure encore cette affection, contrairement à ce qu’enseignent encore nombre de spécialistes et traités d’ophtalmologie ou de médecine. Si vous êtes concerné ou l’un de vos proches par cette affection, lisez ce qui suit. Si on vous a proposé d’emblée une procédure chirurgicale destinée à stabiliser le kératocône (cross linking), sachez que celle-ci est en réalité SANS INTERET (pour vous) à condition que vous (ou le sujet concerné) cesse définitivement de frotter ses yeux et modifie éventuellement sa position de sommeil. Le vrai traitement du kératocône doit cibler sa cause, qui est indubitablement mécanique. 

L’auteur de ce site a suivi des centaines de patients atteints de kératocône, et a compris depuis plus de 10 ans que cette affection ne relevait pas d’un processus primitivement génétique ou biomoléculaire mais traumatique.  Il existe des affections d’origine génétiques à l’origine d’une fragilisation des tissus oculaires;  mais le tableau ophtalmologique qu’elles induisent est bien différent.

La définition classique mais partiellement erronée du kératocône détourne du véritable enjeu à même de stabiliser et de prévenir l’évolution de la maladie; l’éviction des frottements oculaires excessifs. Les frottements oculaires excessifs sont l’ingrédient INDISPENSABLE à l’apparition d’un kératocône; leur suppression permet de prévenir (ou d’enrayer l’évolution) de l’affection.

La doxa en vigueur, malheureusement encore enseignée dans les amphithéâtre et lors des stages hosptialiers (sauf dans mon service) est celle d’une affection inéluctablement progressive d’origine inconnue est certes utile pour prescrire des traitements plus ou moins aggressifs et coûteux, en plus d’être le plus souvent inutiles ou peu efficaces: cross linking, pose d’anneaux, laser cornéen (PKR) –  généralement proposés dans cette ordre. Elle est pourtant incapable d’expliquer l’incroyable hétérogénéité de la présentation  du kératocône, en matière de différence entre les deux yeux, d’âge de découverte, d’atteinte sporadique au sein d’une même fratrie, de discordance entre jumeaux monozygotes… Toutes ces caractéristiques s’expliquent pourtant de manière limpide par l’historique des frottements oculaires, et des causes de ceux-ci (allergie; frottements plutôt bilatéraux, position de sommeil sur le ventre avec appui nocturne prolongé sur un oeil: atteinte plutôt unilatérale ou asymétrique, etc.). Plus les frottements oculaires apparaissent tôt dans l’existence sont effectués avec les phalanges (partie dures des doigts), plus les symptômes visuels conduisant à la découverte du kératocône sont précoces.

L’arrêt strict des frottements suffit pour enrayer l’évolution du kératocône; leur poursuite expose en revanche logiquement à une augmentation de la déformation cornéenne.

En résumé:

Le kératocône est une maladie oculaire dont les symptômes découlent d’une déformation de la cornée. Cette déformation de la cornée est responsable d’un astigmatisme, d’une apparition (augmentation) de la myopie, et de divers symptômes visuels dont certains ne sont pas corrigés par le port de lunettes: dédoublements d’images brillantes sur fond sombre (comme le contour qui apparait dédoublé ou triplé de la lune dans le ciel), flou visuel persistant, etc.

La cause primitive du kératocône est mécanique: tous les patients qui développent un kératocône se sont frotté les yeux de manière excessive en durée, intensité et fréquence: ces patients sont souvent allergiques, et présentent plus généralement des facteurs de risque pour les frottements oculaires chroniques: atopie, sécheresse oculaire, travail de nuit, travail prolongé sur écran, position de sommeil sur le ventre ou le côté avec appui nocturne prolongé sur un oeil ou les deux etc.

Les lésions biomécaniques irréversibles provoquées par les frottements apparaissent d’autant plus vite que la cornée est initialement plus fine, et moins résistante.

Le diagnostic du kératocône est confirmé par la réalisation d’un examen de topographie cornéenne (étude de la forme et des variations de courbure et d’épaisseur de la cornée). 

L’histoire clinique du kératocône est relativement stéréotypée:

Des troubles visuels comme un flou, une sensation de dédoublement, reliés à l’apparition d’un astigmatisme myopique unilatéral ou bilatéral (généralement plus marqué d’un côté) succèdent à une période de frottements oculaires excessifs (allergie, atopie, fatigue chronique, etc.). Une topographie cornéenne est alors effectuée et révèle les anomalies suivantes sur un oeil au moins (le plus frotté): astigmatisme irrégulier, amincissement central, asymétrie.

Le délai moyen entre le début des frottements et l’apparition des premiers symptômes visuels est généralement de l’ordre de quelques années. La déformation est alors suffisamment prononcée pour engendrer les symptômes visuels. Il existe néanmoins une phase silencieuse intermédiaire, au cours de laquelle une déformation cornéenne se constitue mais est trop faible pour être à l’origine d’une dégradation visuelle perçue subjectivement par le patient.

On constate toutefois rétrospectivement l’évolution d’un astigmatisme d’origine cornéenne, souvent de direction oblique ou inverse, en rapport avec les premiers stades de déformation de la cornée sous l’effet des contraintes mécaniques répétées.

TOUT ASTIGMATISME EVOLUTIF CHEZ L’ENFANT, L’ADOLESCENT OU L’ADULTE JEUNE DOIT FAIRE SUSPECTER UN DEBUT DE DEFORMATION CORNENNE, RECHERCHER UNE HISTOIRE DE FROTTEMENTS OCULAIRES ET MOTIVER LA REALISATION D’UNE TOPOGRAPHIE CORNEENNE.

Cette déformation est parfois mise en évidence lors de la réalisation systématique d’une topographie cornéenne chez un patient  qui consulte pour une chirurgie réfractive de la myopie. Ces aspects topographiques atypiques et peu prononcés font alors poser le diagnostic de « forme suspecte de kératocône », ou encore de « kératocône fruste »; au delà de débats sémantiques et étiologiques (la théorie classique est en effet impuissante à expliquer la présence de ces formes intermédiaires peu évolutives) il est crucial de bien expiquer au patient qu’il est nécessaire de ne plus se frotter les yeux aussi énergiquement (attention au démaquillage trop appuyé !).

Contrairement à ce qu’enseignent traités classiques et clament nombre de spécialistes:

Le kératocône est une affection primitivement mécanique, non primitivement génétique: la déformation cornéenne est induite par des frottements oculaires excessifs.  Au départ, la déformation infligée par les frottements est de caractère élastique (réversible à l’arrêt des frottements). Au delà d’un certain seuil (qui dépend de l’intensité des frottements et des caractéristiques natives de la cornée)  la déformation devient « plastique« , c’est à dire permanente

En effet, les frottements agissent à la fois sur le plan mécanique (désorganisation de la trame des fibres collagènes de la cornée) et biomoléculaire (cytotoxicité mécanique, réaction cellulaire avec sécrétion de cytokines et enzymes pro inflammatoires). Ces mécanismes se conjuguent pour provoquer un amincissement progressif et une réduction de la rigidité cornéenne, qui sont à l’origine de la déformation plastique de la cornée.

Cette déformation explique l’apparition ou l’évolution de l’astigmatisme, qui est généralement de type myopique.

symptômes visuels du kératocône
Exemple de symptômes visuels pouvant faire rechercher un kératocône débutant. 

Signes visuels évocateurs:

La perception avec un œil d’un dédoublement, ou d’images multiples, fantômes, autour des sources lumineuses, peut faire rechercher la présence d’un kératocône: ces symptômes traduisent la présence d’un astigmatisme dit irrégulier. Les dédoublements et images fantômes peuvent s’atténuer avec une correction lunettes mais ils ne disparaissent pas complètement (contrairement aux symptômes provoqués par un simple astigmatisme régulier, corrigible en lunettes).

Attention, ces symptômes ne sont pas spécifiques du kératocône. Une cataracte débutante peut également provoquer un léger dédoublement des images perçues.

Quand elle est d’origine cornéenne, toute sensation de dédoublement ou d’images multiples n’est pas forcément le signe d’un kératocône, mais traduit un certain degré de réduction de la qualité optique de la cornée. Une kératite superficielle peut par exemple occasionner le même type de symptômes.

Plus le kératocône est évolué, et plus l’intensité de ces anomalies visuelle est prononcée. Dans la majorité des cas de kératocône, les images « bavent » principalement vers le bas ou en oblique vers le bas. Plus sur la vision d’un oeil atteint de kératocône ici (en anglais)

Considérations classiques à propos du kératocône

Le Kératocône, du grec kératos pour cornée et conus pour forme de cône, est défini classiquement comme une dystrophie cornéenne classiquement idiopathique (cause inconnue) bilatérale, asymétrique, non inflammatoire. Le kératocône est caractérisé par un amincissement et une déformation progressive de la cornée. Sur le plan optique, cette déformation induit de l’astigmatisme régulier et irrégulier (aberrations optiques de haut degré) provoqué par une altération marquée de la géométrie de la cornée.

On explique volontiers dans les traités que la cause du kératocône est inconnue mais qu’il existe certains facteurs de risque pour cette affection mystérieuse comme l’allergie, l’atopie, et… les frottements oculaires…

Reléguer les frottements oculaires à un rôle subalterne (celui de « facteur de risque ») est une erreur lourde de conséquences en matière de santé publique. Ceci revient à confondre corrélation et causalité, comme si l’on considérait les rayons U.V comme un facteur de risque de coup de soleil alors qu’ils en sont la cause même. Ou encore qu’un brossage trop vigoureux des dents était un facteur de risque de gingivopathie (lésion des gencives), alors que c’est bien le brossage qui provoque directement l’atteinte gingivale.

kératocône
Kératocône extrêmement évolué de l’oeil gauche, consécutif à des décennies de frottements oculaires appuyés avec les phalanges des doigts. Cette image illustre le pourquoi du choix du « cône » pour rendre compte de la forme prise par le dôme cornéen dans les formes très avancées. Il est beaucoup plus difficile sinon impossible d’identifier les formes débutantes et moyennement prononcées à l’oeil nu. Le recours à la topographie cornéenne est indispensable.

Une redéfinition alternative et moderne du kératocône s’impose: elle se heurte malheureusement au conservatisme, au dogmatisme, voire à une certaine forme de paresse intellectuelle.

Redéfinir le kératocône

A la définition classique, descriptive et fonctionnelle du kératocône, l’auteur substitue une définition plus causale. Le kératocône se caractérise par l’apparition d’une déformation de la cornée responsable de symptômes visuels et de signes topographiques évocateurs.

Cette déformation est directement liée à l’action de frottements oculaires répétés, responsables d’un stress mécaniques de la cornée.  

Le kératocône n’est pas une dystrophie primitive, ni une maladie génétique, mais une affection d’origine mécanique: sans frottements, sans stress mécanique répété, il n’y a pas de survenue de déformation du dôme cornéen, et donc de kératocône (voir page consacrée au rôle des frottements oculaires répétés vis à vis de l’incidence du kératocône, voir article  « Eye rubbing; a sine qua non for keratoconus?« , voir article« No rub No cone, the Keraotconus Conjecture ».

Un site est totalement dédié à la compréhension de l’origine, ainsi que la prise en charge moderne du kératocône: https://defeatkeratoconus.com/.

De nombreux cas de kératocône sont présentés et illustrent le fait que les frottements oculaires sont un élément indispensable et nécessaire à la génèse du kératocône.

La vidéo suivante a été réalisée pour expliciter l’action directe des frottements sur le globe oculaire: le visionnage de ces images devrait suffire à faire passer l’envie de se frotter les yeux!

En particulier, l’étude des formes strictement unilatérales de l’affection, qui existent bel et bien, permet simplement de déduire l’élément essentiel qui est nécessaire au déclenchement du kératocône. Les patients qui se frottent un œil et épargnent l’autre (ou bien le frottent peu) présentent un kératocône unilatéral.

Ces observations sont riches en enseignement. En voici un exemple:

keratocone unilateral
Dans cet exemple, le patient s’est frotté avec les phalanges – geste typique et particulièrement délétère – pendant des années, quasi exclusivement son oeil droit (il dort avec la tête en appui du même côté, ce qui explique peut être les sensations d’irritation chronique ayant conduit le patient à se frotter cet oeil vigoureusement, dès le réveil…). L’énergie mécanique véhiculée par les phalanges provoque une désorganisation architectonique du tissue cornéen et une inflammation locale qui sont responsables au bout d’un certain temps d’un amincissement et d’une déformation irrégulière mais isométrique (sans distension) de la cornée. Celle-ci ce cambre dans la région paracentrale inférieure et s’aplatit au niveau périphérique; ces modifications peuvent ici s’apprécier de manière macroscopique à l’inspection d’une macro photo en profil de la cornée de l’oeil droit. Cette cambrure augmente l’effet réfringent de la cornée. L’irrégularité est responsable de l’apparition d’un astigmatisme important. L’oeil gauche est indemne de kératocône mais présente une cornée fine: cette caractéristique ( de nature congénitale) est à même de rendre la cornée plus vulnérable à l’action de frottements excessifs.

Toutefois, la majorité des patients a tendance à se frotter les deux yeux, mais souvent de manière asymétrique: invariablement, l’œil le plus frotté est le plus atteint (la cornée est plus fine et déformée).

L’œil le plus frotté est souvent celui qui subit le plus de compression la nuit en cas de position de sommeil sur le ventre ou le côté.

L’arrêt des frottements garantit l’absence de progression de la déformation de la cornée, ce qui confirme la responsabilité directe et le caractère indispensable des frottements dans l’induction du kératocône.


En conclusion:

 Le kératocône n’est pas une dystrophie idiopathique mais un syndrome d’origine acquise et mécanique, dont l’expression topographique traduit la déformation plastique de la cornée, provoquée par le stress mécanique représenté par les frottements oculaires répétés

Cette explication est forgée sur le recueil attentif de l’histoire clinique de nombreuses observations, et un raisonnement inductif. Elle est compatible avec l’ensemble des données publiées dans la littérature médicale.

Il est crucial d’expliquer aux patients atteints et à risques (allergiques, travailleurs de nuit, sur écran, etc.) de ne pas/plus se frotter les yeux. Cette simple prescription a le potentiel d’éradiquer cette maladie, et d’en stopper la progression pour ceux qui en sont déjà atteints.

Considérer le kératocône comme une pathologie dont l’origine principale est mécanique est un bouleversement paradigmatique dans le monde ophtalmologique qui n’est pas encore pleinement admis, loin de là. Outre les aspects liés à la perte de certaines indications comme le cross-linking, le poids de l’enseignement ou certains raisonnements spécieux freinent l’adoption d’une théorie qui pourrait pourtant sauver de la progression et de l’apparition du kératocône bien des yeux. Certains praticiens soutiennent par exemple que les frottements pourraient être la conséquence du kératocône! Cette position est difficile à défendre puisqu’un simple interrogatoire des patients atteints de kératocône révèle invariablement que les frottements PRECEDENT TOUJOURS, et de plusieurs mois ou années, l’apparition des premiers symptômes du kératocône

Ainsi, l’explication mécanique du kératocône n’est pas populaire auprès de certains praticiens qui préconisent la réalisation de certains actes chirurgicaux, souvent dès la première consultation, car elle remet justement en cause le bien fondé de leur attitude interventionniste.

Il n’est jamais urgent de réaliser un cross linking, la pose d’anneaux ou la réalisation d’une photoablation laser.

Il n’existe qu’une seule urgence en matière de kératocône: arrêter tout frottement oculaire intempestif

La maladie (causée par les frottements) ne progresse plus dès l’arrêt de ceux-ci, et avec la correction de la position de sommeil (arrêter de dormir sur le ventre ou le côté, avec la tête enfoncée dans l’oreiller, le bras ou la main au contact des orbites etc.). 

Le cross linking, censé durcir le tissu cornéen (en pratique clinique cet effet n’est pas démontré), n’est pas une réponse logique au kératocône. La poursuite des frottements après cross linking conduit d’ailleurs à l’aggravation du kératocône. 

Dans la plupart des cas, les interventions précoces n’ont pas d’intérêt (pour le patient). Il faut identifier les frottements, traiter leur cause si possible, et s’orienter vers l’adaptation de lentilles rigides qui constitue le meilleure mode de correction optique chez les patients atteints de kératocône.

Enfin, il est logique de proposer que:

Tout enfant allergique chronique devrait bénéficier d’un suivi topographique cornéen, s’il se frotte les yeux.

Il est encourageant de constater qu’une plus jeune génération d’ophtalmologistes français, en particulier ceux dont la formation a été effectuée dans notre service, adoptent le point de vue martelé par l’auteur de ce site depuis de nombreuses années.

Quand le message relatif aux frottements sera plus largement diffusé au niveau du grand public, l’incidence du kératocône et de ses formes graves diminuera. 

Si vous êtes atteint de kératocône et en comprenez l’origine, alors vous pouvez faire passer ce message : ne vous frottez pas les yeux!

N’hésitez pas à communiquer des liens vers cette page, et le site dédié: www.defeatkeratoconus.com

Voir aussi: 

Le kératocône en bref

Justification de l’hypothèse mécanique du kératocône

Réfutation de la théorie classique: le syndrome de Marfan 

Kératocône et topographie cornéenne

Stades et formes cliniques du kératocône

Histologie du kératocône

Correction de la vision et kératocône

Formes suspectes de kératocône

Kératocône infraclinique

Consulter des cas documentés avec suivi de kératocône (en anglais)

Une présentation video justifiant la conjecture « No rub, no cone »:

voir également: astigmatisme irrégulierectasie kératocône frustekératocône suspect –  aberrométrie et kératocônetopographie cornéennevision dédoublée – crosslinking – crosslinking et cicatrisation – controverses sur le crosslinking

Références scientifiques sélectionnées

Travaux scientifiques auxquels Damien Gatinel, MD, PhD a contribué et qui éclairent les notions présentées sur cette page.

424 réponses à « Kératocône »

  1. Dr Damien Gatinel

    Il convient de vérifier que vous ne dormez pas sur le côté ou le ventre en appui avec la tête sur un oeil ou les deux (contre le matelas, la main, l’oreiller…). Ces habitudes de sommeil sont fréquentes chez les patients atteints de kératocône.

  2. Anthony

    Bonjour, docteur

    Je voudrais savoir, j’ai eu les lentilles rigides, le cross liking, les anneaux, et ma vue change suivant mon sommeil en bien ou en mal.
    Ce matin j’ai etait a la visite medicale du travail pour valider mon caces et j’ai 6/10 binoculaire. Quesque vous me conseiller? Merci d’avance

  3. DEVILLE Véronique

    Bonjour, je fais plein de recherches actuellement sur le keratocone car je v me faire opérer le 18/10.
    Je lis notamment qu’il serait dû aux frottements et à la sécheresse des yeux.
    En effet, je me rends compte que je me frotte souvent les yeux et ce depuis justement le port de lentilles depuis 25 ans maintenant. Je ne les supporte plus. C’était des souples.
    Je pense que mettre des lentilles rigides n’arrangerait rien pcq quand on les enlève, on a besoin de se frotter les yeux !
    Je pense donc que j’avais sans doute à la base une cornée plus fine mais que c’est donc le port de lentilles pdt toutes ces années qui ont fait en sorte que j’ai ce keratocone apparaisse !
    Je pense donc que porter des lentilles rigides améliore sans doute la vue avec un keratocone mais continue à l’accentuer vu la sécheresse et le besoin de se frotter les yeux après les avoir enlever.

  4. Dr Damien Gatinel

    IL est crucial de ne plus frotter vos yeux, et si le traitement prescrit vous permet de calmer les démangeaisons et irritations locales, alors il est conseillé et ne représente aucun danger pour les yeux. Un suivi régulier avec réalisation de cartes topographiques permettra de confirmer la stabilité du kératocône.

  5. Hakim

    Bonjour Docteur
    Je suis atteint de keracotone des deux yeux stade 1 et 2
    Je porte des lunettes ,je me frotte plus les yeux depuis 2 ans
    Je n’est pas fait le CLX,c’est que je n’est pas arrêté d’utiliser un collyre humidifiant que j’utilise pour éviter les frottements ,ma question est ce que ça peut nuire à mes yeux. Merci

  6. Dr Damien Gatinel

    Toutes les activités sportives peuvent être exercées en cas de kératocône: il est simplement très déconseillé de se frotter les yeux vigoureusement en cas de transpiration, projections, etc.

  7. Mohamed

    Salut Dr. Est ce qu’on peut pratiquer la musculation quand on est au stade 2 OD et 3 OG du kératocône ??? MERCI D’AVANCE

  8. Dr Damien Gatinel

    Il faut simplement éviter tous les facteurs qu pourraient vous conduire à vous frotter les yeux de manière excessive et vigoureuse. La vapeur ou la chaleur ne sont pas en soit un souci, si vous ne vous frottez pas/plus les yeux.

  9. Dr Damien Gatinel

    Un amincissement cornéen isolé sans augmentation de la déformation est peu vraissemblable. Il s’agit probablement d’un artéfact de mesure. Il serait utile de vérifier la réalité de cet amincissement en réalisant un nouvel examen, avec le même instrument si possible que lors de la précédente mesure d’il y a quelques mois si ce n’était pas le cas. Il est crucial de comprendre et tenir compte de la variabilité des examens pour le kératocône; la répétabilité est moindre que pour les cornées normales. Une variation de kératométrie inférieure à 1D n’est pas statistiquement significative pour les formes avérées de kératocône. Ironiquement, la plupart des études concernant le CXL rapportent une évolution tardive de la kératométrie de l’ordre d’une réduction d’une demi dioptrie… Ce qui non significatif. Par ailleurs, il ne sert à rien de tenter de durcir une cornée dont la déformation n’est pas primitivement causée par une perte de la rigidité « spontanée ». Une cornée « molle » mais non frottée s’amincit et s’aplatit au fil du temps, comme l’enseigne l’étude du syndrome de Marfan. Dans le kératocône, la cornée se cambre de manière irrégulière, car les frottements lèsent principalement la région centrale de la cornée. Cette perte focale de la rigidité explique le caractère particulier de la déformation cornéenne : amincissement centrale et déformation permanente avec cambrure centrale et aplatissement périphérique. Pour enrayer l’évolution du kératocône, il est nécessaire et suffisant de ne plus frotter du tout, et modifier éventuellement sa position de sommeil.

  10. Bonjour docteur,

    Je sors de mon deuxième rendez vous chez l’ophtalmologiste à 3 mois d’intervalle. La déformation cornéenne de mon œil droit n’a pas évolué durant ces quelques mois mais l’épaisseur de ma cornée elle a diminué. J’étais à 520 micron et je suis tombé à 470. La recommandation du praticien est donc de pratiquer un cross linking sans attendre, en effet il semblerait qu’elle ne souhaite pas opérer des cornées plus fines que 450 microns . Je suis un peu perdu. Si le but de cette intervention est de durcir la cornée pourquoi est elle utilisée pour ce problème d’amincissement ? Je comprend bien que de manière générale le cross linking n’est pas votre recommandation de toute façon. A noter que durant ces quelques mois j’ai réduit les frottement. Je ne peux pas dire que je ne le fais plus jamais mais très rarement.

  11. Bonjour Docteur,
    Fin 2015 (19 ans) j’ai découvert que je me suis atteint d’un Kératocone pour les deux yeux.Mon médecin m’as conseillé de porter des lentilles rigides mais je les pas supporter.En 2017 je me suis oppéré par l’operation Crosslinking et puisque je n’est pas supporter les lentilles j’ai fait une lunette qui ne m’aide vraiment pas.Maintenant je travaille dans un restaurant ou la chaleur est forte et la vapeur aussi.
    Ma queston est-ce que il faut que j’évite la vapeur et la chaleur !?

  12. Dr Damien Gatinel

    Malheureusement, la réalisation du CXL expose à des complications cicatricielles, inflammatoires ou infectieuses (environ 10 à 15% des cas). Si vous lisez ce site, vous comprendrez que son auteur ne préconise pas cette technique qui paraît globalement inefficace (la cornée n’est pas durcie) et finalement pas justifiée quand on réalise que la cause du kératocône est mécanique (frottements oculaires excessifs). Même si la cornée était un peu durcie par le CXL, ce durcissement serait trop faible vis à vis de la force délivrée par les frottements oculaires (il faut tout de même plusieurs années de frottements, en général, pour qu’un kératocône, c’est à dire une déformation permanente de la cornée, apparaisse). IL est nécessaire de suivre la cicatrisation de la cornée de votre frère de manière rigoureuse. La vision devrait baisser pendant quelques semaines, avant de revenir à son niveau d’avant le CXL (une petite amélioration est parfois observée: elle n’est pas spécifique à la technique, car elle relève de la régularisation cicatricielle que l’on observe parfois quand on « stimule » la repousse de l’épithélium cornéen – celui ci est retiré au début de la précédure du CXL).

  13. Bonjour Docteur
    Mon frère est atteint d’un kératocône bilatéral ( stade 2 OG et 4 OD ), diagnostiqué vers 22 ans , associé a un astigmatisme irrégulier

    Il a subi un crosslinking à chaque oeil à 3 jours d’intervalle. Il lui avait été dit qu’avec le crosslinking, le keratocone se stabiliserait.

    4 jours après l’opération des taches blanches sont apparus au niveau de la cornée (2/3 de la pupille ) avec une image flou et incomplète juste après une inflammation oculaire intense qui a persister 24 h

    je sais pas exactement la cause de ses taches et s’elles vont disparaître par des antibiotiques habituelle ( si c une infection ) ou ça nécessite une autre opération ( Photokeratectomie thérapeutique par exemple ) ?

    il prend maintenant :
    – Thealose
    – Vigamox
    – Dexafree

  14. Dr Damien Gatinel

    N’ayez crainte, cette théorie est malheureusement juste ;-) Toutefois, le bon côté de la médaille est que la cessation des frottements garantira l’absence de progression de la déformation cornéenne (qui est mineure et le restera donc). La projection d’un corps étranger dans l’oeil ne fait pas progresser le kératocône/la déformation. Ce dernier correspond à une déformation qui reqiuert beaucoup d’énergie cumulée. La présence d’un corps étranger, si elle n’est pas source de frottement, pourra provoquer une inflammation locale isolée et qui disparaîtra en principe avec le retrait de celui-ci. Dans ce genre de circonstance, il est toujours préférable de rincer les yeux plutôt que de les frotter.

  15. Aymeric F

    Bonjour Docteur,

    Je me suis atteint de kératocone (uniquement visible sur une topo), j’ai donc un astigmatisme irrégulier qui me dérange surtout la nuit lorsque je regarde, par exemple, des feux arrières de voitures (vision triple ou double).

    Depuis ma visite sur votre site j’arrête tous frottements oculaires. En effet je me grattais beaucoup les yeux à cause de mes allergies. De plus je travaille dans un milieu avec beaucoup de poussière (BTP) qui me donne souvent envie de me gratter les yeux. J’ai aussi arrêter de dormir sur le ventre.
    J’espère que votre théorie est juste.

    Je voulais, cependant, avoir une information. Si je reçois un grain de sable ou une poussière épaisse dans l’oeil, est ce que cela peut créer une évolution du KC si cela n’est pas retiré rapidement?

    Je vous remercie pour votre intérêt.

  16. Marie FABRE

    Merci pour votre réponse…Je vais me diriger vers le centre des keratocones de Bordeaux ou Toulouse..

  17. Dr Damien Gatinel

    Scleral lenses are a good option for eyes with keratoconus which cannot be fitted with rigid CLs. Instead of trying CXL, which does not address the real cause of KC, you should truly focus and concentrate your efforts toward the cessation of eye rubbing. Rubbing exacerbate local irritation and trigger further corneal deformation. Scleral lenses sometimes help to relieve the itching and irritation because the ocular surface is immersed in saline solution.

  18. Dr Damien Gatinel

    Le but supposé du CXL est de durcir la cornée, car la plupart des ophtalmologistes considèrent le kératocône comme une pathologie liée à une défaillance biomécanique « spontanée » de la cornée. Si vous lisez les pages consacrées à ce sujet sur ce site, une autre conception du kératocône, qui est beaucoup plus corrélée à la réalité clinique constatée de manière quotidienne, fait de cette affection une pathologie d’origine mécanique: les frottements oculaires excessifs provoquent la défaillance biomécanique de la cornée (d’autant plus rapide que les frottements sont intenses, répétés, prolongés et que la cornée est initialement fine). Aussi, la stabilisation du KC peut être « simplement » obtenue par l’arrêt des frottements (et éventuellement la modification de la position de sommeil quand elle provoque une compression oculaire nocturne prolongée). Au cours de la grossesse, la sécheresse oculaire augmente notablement, et ceci conduit parfois à l’exacerbation des frottements oculaires, d’où la progression constatée. Après la réalisation d’un CXL, la cornée est sensible et il est généralmeent observé un arrêt de frottements (ce qui constitue au moins un bénéfice pour cette techique). Pour le reste, la cicatrisation peut être difficile, le taux de complications (incluant le retard cicatriciel) est estimé à 15% après CXL. La cornée, déjà traumatisée sur le plan mécanique, subit alors, au cours du CXL, un traumatisme photochimique… La cicatrisation épithéliale peut modifier ensuite légèrement la courbure de la cornée. Il faut attendre quelques mois pour juger de la stabilité. Le cacicol est supposé accélérer la cicatrisation épithéliale. Ce traitement est un peu couteux et prescrit dans les cas de cicatrisation difficile. Les cornées fines sont de mauvaises candidates au CXL car cette technique fait courir un risque pour l’endothélium de la cornée (les UV sont toxiques pour les cellules endothéliales quand celles ci ont été imprégnées de riboflavine). Mais comme vous l’aurez compris, ce n’est pas de mon point de vue un souci majeur, et presque une « chance » qu’il ne soit pas possible d’effectuer un CXL chez vous, car je considère que cette technique, dont l’efficacité en matière biomécanique est douteuse, n’est de toutes façons pas une bonne réponse au problème que pose le kératocône.

  19. Dr Damien Gatinel

    Il existe chez certains chirurgiens une certaine propension à proposer ces techniques chirurgicales. Le CXL a pour but (théorique) de durcir la cornée, mais si vous suivez ce site, vous savez que le problème en matière de kératocône n’est pas de durcir la cornée mais d’arrêter les frottements oculaires qui sont la cause de la déformation cornéenne permanente que l’on appelle « kératocône ». Même si la cornée durcissait après le CXL, ceci serait de toutes façon insuffisant pour freiner le KC en cas de frottements (la force véhiculée par les mains est bien plus importante que les capacités de résistance d’un tissu biologique même modifié soumis à un stress physique répété). Les constatations effectuées après CXL in vivo (sur des patients et non en laboratoire sur des morceaux de cornées) ne révèlent pas de durcissement probant, voire pour certaines études, plutôt un « ramollissement » (!) Le CXL est toujours proposé car il est difficile de revenir sur une technique source de revenus, et souvent demandée par les patients puisqu’elle leur est présentée comme une solution à leur problème et angoisse de progression. Les anneaux ont eux pour but de réduire la déformation de la cornée pour essayer de réduire l’astigmatisme et améliorer un peu la vision. Ils ne permettent toutefois pas de se passer de lunettes ou lentilles (l’adaptation des lentilles peut d’ailleurs être rendue plus difficile par la présence des annneaux). Enfin, le laser est souvent utilisé pour améliorer la vision au delà de l’effet des anneaux… Le gain (médical) attendu est souvent perçu comme un peu décevant par les patients. Le meilleur moyen d’améliorer la vision d’un oeil atteint de kéraotcône est l’adaptation réussie d’une lentille (rigide, ou sclérale pour les déformations prononcées).

  20. Djebaili

    Bonjour

    Je suis atteint de kératocone sur les deux yeux depuis 5 ans un de vos confrères me propose crosse linking plus anneaux plus laser sur anneaux si besoin je vous suis depuis lomgtemp et ne frotte plus mes yeux en revanche ma vue baisse d’année en année qu’en pensez vous.??
    Merci pour le temps consacrer

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