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Kératocône

Résumé pratique. Le kératocône est une déformation progressive de la cornée. Éviter le frottement des yeux et traiter les causes d’irritation sont essentiels ; la surveillance tomographique et la prise en charge — lunettes, lentilles, cross-linking ou chirurgie selon les cas — doivent être personnalisées.

Auteur et révision. Damien Gatinel, MD, PhD — dernière révision médicale : 18 août 2026.

Publications de référence.

Ces informations générales ne remplacent pas une consultation ni un avis médical individualisé.

Kératocône: définition, causes et facteurs de risque

Introduction:

LE KERATOCONE EST UNE PATHOLOGIE CORNENNE D’ORIGINE MECANIQUE: FROTTEMENTS OCULAIRES EXCESSIFS EN INTENSITE, FREQUENCE ET DUREE, SOUVENT ASSOCIES A UNE POSITION DE SOMMEIL IMPLIQUANT UN CONTACT PROLONGE ENTRE L’OEIL LE PLUS ATTEINT ET LA LITERIE, L’AVANT BRAS OU LA MAIN ( POSITION VENTRALE OU SUR LE COTE).

 Cette vidéo permet en 10 secondes de visualiser ce qu’il se passe quand on se frotte l’oeil. Elle devrait être montrée à tous les patients qui sont susceptibles de trop se frotter les yeux, en particulier les enfants et adolescents allergiques- ou leurs parents et adultes concernés. 

voir: le kératocône en bref

Lire un dossier spécial consacré au kératocône

Il est urgent de redéfinir le kératocône:

Mon expérience poussée et divers travaux entrepris par mon équipe permettent de dissiper le mystère qui entoure encore cette affection, contrairement à ce qu’enseignent encore nombre de spécialistes et traités d’ophtalmologie ou de médecine. Si vous êtes concerné ou l’un de vos proches par cette affection, lisez ce qui suit. Si on vous a proposé d’emblée une procédure chirurgicale destinée à stabiliser le kératocône (cross linking), sachez que celle-ci est en réalité SANS INTERET (pour vous) à condition que vous (ou le sujet concerné) cesse définitivement de frotter ses yeux et modifie éventuellement sa position de sommeil. Le vrai traitement du kératocône doit cibler sa cause, qui est indubitablement mécanique. 

L’auteur de ce site a suivi des centaines de patients atteints de kératocône, et a compris depuis plus de 10 ans que cette affection ne relevait pas d’un processus primitivement génétique ou biomoléculaire mais traumatique.  Il existe des affections d’origine génétiques à l’origine d’une fragilisation des tissus oculaires;  mais le tableau ophtalmologique qu’elles induisent est bien différent.

La définition classique mais partiellement erronée du kératocône détourne du véritable enjeu à même de stabiliser et de prévenir l’évolution de la maladie; l’éviction des frottements oculaires excessifs. Les frottements oculaires excessifs sont l’ingrédient INDISPENSABLE à l’apparition d’un kératocône; leur suppression permet de prévenir (ou d’enrayer l’évolution) de l’affection.

La doxa en vigueur, malheureusement encore enseignée dans les amphithéâtre et lors des stages hosptialiers (sauf dans mon service) est celle d’une affection inéluctablement progressive d’origine inconnue est certes utile pour prescrire des traitements plus ou moins aggressifs et coûteux, en plus d’être le plus souvent inutiles ou peu efficaces: cross linking, pose d’anneaux, laser cornéen (PKR) –  généralement proposés dans cette ordre. Elle est pourtant incapable d’expliquer l’incroyable hétérogénéité de la présentation  du kératocône, en matière de différence entre les deux yeux, d’âge de découverte, d’atteinte sporadique au sein d’une même fratrie, de discordance entre jumeaux monozygotes… Toutes ces caractéristiques s’expliquent pourtant de manière limpide par l’historique des frottements oculaires, et des causes de ceux-ci (allergie; frottements plutôt bilatéraux, position de sommeil sur le ventre avec appui nocturne prolongé sur un oeil: atteinte plutôt unilatérale ou asymétrique, etc.). Plus les frottements oculaires apparaissent tôt dans l’existence sont effectués avec les phalanges (partie dures des doigts), plus les symptômes visuels conduisant à la découverte du kératocône sont précoces.

L’arrêt strict des frottements suffit pour enrayer l’évolution du kératocône; leur poursuite expose en revanche logiquement à une augmentation de la déformation cornéenne.

En résumé:

Le kératocône est une maladie oculaire dont les symptômes découlent d’une déformation de la cornée. Cette déformation de la cornée est responsable d’un astigmatisme, d’une apparition (augmentation) de la myopie, et de divers symptômes visuels dont certains ne sont pas corrigés par le port de lunettes: dédoublements d’images brillantes sur fond sombre (comme le contour qui apparait dédoublé ou triplé de la lune dans le ciel), flou visuel persistant, etc.

La cause primitive du kératocône est mécanique: tous les patients qui développent un kératocône se sont frotté les yeux de manière excessive en durée, intensité et fréquence: ces patients sont souvent allergiques, et présentent plus généralement des facteurs de risque pour les frottements oculaires chroniques: atopie, sécheresse oculaire, travail de nuit, travail prolongé sur écran, position de sommeil sur le ventre ou le côté avec appui nocturne prolongé sur un oeil ou les deux etc.

Les lésions biomécaniques irréversibles provoquées par les frottements apparaissent d’autant plus vite que la cornée est initialement plus fine, et moins résistante.

Le diagnostic du kératocône est confirmé par la réalisation d’un examen de topographie cornéenne (étude de la forme et des variations de courbure et d’épaisseur de la cornée). 

L’histoire clinique du kératocône est relativement stéréotypée:

Des troubles visuels comme un flou, une sensation de dédoublement, reliés à l’apparition d’un astigmatisme myopique unilatéral ou bilatéral (généralement plus marqué d’un côté) succèdent à une période de frottements oculaires excessifs (allergie, atopie, fatigue chronique, etc.). Une topographie cornéenne est alors effectuée et révèle les anomalies suivantes sur un oeil au moins (le plus frotté): astigmatisme irrégulier, amincissement central, asymétrie.

Le délai moyen entre le début des frottements et l’apparition des premiers symptômes visuels est généralement de l’ordre de quelques années. La déformation est alors suffisamment prononcée pour engendrer les symptômes visuels. Il existe néanmoins une phase silencieuse intermédiaire, au cours de laquelle une déformation cornéenne se constitue mais est trop faible pour être à l’origine d’une dégradation visuelle perçue subjectivement par le patient.

On constate toutefois rétrospectivement l’évolution d’un astigmatisme d’origine cornéenne, souvent de direction oblique ou inverse, en rapport avec les premiers stades de déformation de la cornée sous l’effet des contraintes mécaniques répétées.

TOUT ASTIGMATISME EVOLUTIF CHEZ L’ENFANT, L’ADOLESCENT OU L’ADULTE JEUNE DOIT FAIRE SUSPECTER UN DEBUT DE DEFORMATION CORNENNE, RECHERCHER UNE HISTOIRE DE FROTTEMENTS OCULAIRES ET MOTIVER LA REALISATION D’UNE TOPOGRAPHIE CORNEENNE.

Cette déformation est parfois mise en évidence lors de la réalisation systématique d’une topographie cornéenne chez un patient  qui consulte pour une chirurgie réfractive de la myopie. Ces aspects topographiques atypiques et peu prononcés font alors poser le diagnostic de « forme suspecte de kératocône », ou encore de « kératocône fruste »; au delà de débats sémantiques et étiologiques (la théorie classique est en effet impuissante à expliquer la présence de ces formes intermédiaires peu évolutives) il est crucial de bien expiquer au patient qu’il est nécessaire de ne plus se frotter les yeux aussi énergiquement (attention au démaquillage trop appuyé !).

Contrairement à ce qu’enseignent traités classiques et clament nombre de spécialistes:

Le kératocône est une affection primitivement mécanique, non primitivement génétique: la déformation cornéenne est induite par des frottements oculaires excessifs.  Au départ, la déformation infligée par les frottements est de caractère élastique (réversible à l’arrêt des frottements). Au delà d’un certain seuil (qui dépend de l’intensité des frottements et des caractéristiques natives de la cornée)  la déformation devient « plastique« , c’est à dire permanente

En effet, les frottements agissent à la fois sur le plan mécanique (désorganisation de la trame des fibres collagènes de la cornée) et biomoléculaire (cytotoxicité mécanique, réaction cellulaire avec sécrétion de cytokines et enzymes pro inflammatoires). Ces mécanismes se conjuguent pour provoquer un amincissement progressif et une réduction de la rigidité cornéenne, qui sont à l’origine de la déformation plastique de la cornée.

Cette déformation explique l’apparition ou l’évolution de l’astigmatisme, qui est généralement de type myopique.

symptômes visuels du kératocône
Exemple de symptômes visuels pouvant faire rechercher un kératocône débutant. 

Signes visuels évocateurs:

La perception avec un œil d’un dédoublement, ou d’images multiples, fantômes, autour des sources lumineuses, peut faire rechercher la présence d’un kératocône: ces symptômes traduisent la présence d’un astigmatisme dit irrégulier. Les dédoublements et images fantômes peuvent s’atténuer avec une correction lunettes mais ils ne disparaissent pas complètement (contrairement aux symptômes provoqués par un simple astigmatisme régulier, corrigible en lunettes).

Attention, ces symptômes ne sont pas spécifiques du kératocône. Une cataracte débutante peut également provoquer un léger dédoublement des images perçues.

Quand elle est d’origine cornéenne, toute sensation de dédoublement ou d’images multiples n’est pas forcément le signe d’un kératocône, mais traduit un certain degré de réduction de la qualité optique de la cornée. Une kératite superficielle peut par exemple occasionner le même type de symptômes.

Plus le kératocône est évolué, et plus l’intensité de ces anomalies visuelle est prononcée. Dans la majorité des cas de kératocône, les images « bavent » principalement vers le bas ou en oblique vers le bas. Plus sur la vision d’un oeil atteint de kératocône ici (en anglais)

Considérations classiques à propos du kératocône

Le Kératocône, du grec kératos pour cornée et conus pour forme de cône, est défini classiquement comme une dystrophie cornéenne classiquement idiopathique (cause inconnue) bilatérale, asymétrique, non inflammatoire. Le kératocône est caractérisé par un amincissement et une déformation progressive de la cornée. Sur le plan optique, cette déformation induit de l’astigmatisme régulier et irrégulier (aberrations optiques de haut degré) provoqué par une altération marquée de la géométrie de la cornée.

On explique volontiers dans les traités que la cause du kératocône est inconnue mais qu’il existe certains facteurs de risque pour cette affection mystérieuse comme l’allergie, l’atopie, et… les frottements oculaires…

Reléguer les frottements oculaires à un rôle subalterne (celui de « facteur de risque ») est une erreur lourde de conséquences en matière de santé publique. Ceci revient à confondre corrélation et causalité, comme si l’on considérait les rayons U.V comme un facteur de risque de coup de soleil alors qu’ils en sont la cause même. Ou encore qu’un brossage trop vigoureux des dents était un facteur de risque de gingivopathie (lésion des gencives), alors que c’est bien le brossage qui provoque directement l’atteinte gingivale.

kératocône
Kératocône extrêmement évolué de l’oeil gauche, consécutif à des décennies de frottements oculaires appuyés avec les phalanges des doigts. Cette image illustre le pourquoi du choix du « cône » pour rendre compte de la forme prise par le dôme cornéen dans les formes très avancées. Il est beaucoup plus difficile sinon impossible d’identifier les formes débutantes et moyennement prononcées à l’oeil nu. Le recours à la topographie cornéenne est indispensable.

Une redéfinition alternative et moderne du kératocône s’impose: elle se heurte malheureusement au conservatisme, au dogmatisme, voire à une certaine forme de paresse intellectuelle.

Redéfinir le kératocône

A la définition classique, descriptive et fonctionnelle du kératocône, l’auteur substitue une définition plus causale. Le kératocône se caractérise par l’apparition d’une déformation de la cornée responsable de symptômes visuels et de signes topographiques évocateurs.

Cette déformation est directement liée à l’action de frottements oculaires répétés, responsables d’un stress mécaniques de la cornée.  

Le kératocône n’est pas une dystrophie primitive, ni une maladie génétique, mais une affection d’origine mécanique: sans frottements, sans stress mécanique répété, il n’y a pas de survenue de déformation du dôme cornéen, et donc de kératocône (voir page consacrée au rôle des frottements oculaires répétés vis à vis de l’incidence du kératocône, voir article  « Eye rubbing; a sine qua non for keratoconus?« , voir article« No rub No cone, the Keraotconus Conjecture ».

Un site est totalement dédié à la compréhension de l’origine, ainsi que la prise en charge moderne du kératocône: https://defeatkeratoconus.com/.

De nombreux cas de kératocône sont présentés et illustrent le fait que les frottements oculaires sont un élément indispensable et nécessaire à la génèse du kératocône.

La vidéo suivante a été réalisée pour expliciter l’action directe des frottements sur le globe oculaire: le visionnage de ces images devrait suffire à faire passer l’envie de se frotter les yeux!

En particulier, l’étude des formes strictement unilatérales de l’affection, qui existent bel et bien, permet simplement de déduire l’élément essentiel qui est nécessaire au déclenchement du kératocône. Les patients qui se frottent un œil et épargnent l’autre (ou bien le frottent peu) présentent un kératocône unilatéral.

Ces observations sont riches en enseignement. En voici un exemple:

keratocone unilateral
Dans cet exemple, le patient s’est frotté avec les phalanges – geste typique et particulièrement délétère – pendant des années, quasi exclusivement son oeil droit (il dort avec la tête en appui du même côté, ce qui explique peut être les sensations d’irritation chronique ayant conduit le patient à se frotter cet oeil vigoureusement, dès le réveil…). L’énergie mécanique véhiculée par les phalanges provoque une désorganisation architectonique du tissue cornéen et une inflammation locale qui sont responsables au bout d’un certain temps d’un amincissement et d’une déformation irrégulière mais isométrique (sans distension) de la cornée. Celle-ci ce cambre dans la région paracentrale inférieure et s’aplatit au niveau périphérique; ces modifications peuvent ici s’apprécier de manière macroscopique à l’inspection d’une macro photo en profil de la cornée de l’oeil droit. Cette cambrure augmente l’effet réfringent de la cornée. L’irrégularité est responsable de l’apparition d’un astigmatisme important. L’oeil gauche est indemne de kératocône mais présente une cornée fine: cette caractéristique ( de nature congénitale) est à même de rendre la cornée plus vulnérable à l’action de frottements excessifs.

Toutefois, la majorité des patients a tendance à se frotter les deux yeux, mais souvent de manière asymétrique: invariablement, l’œil le plus frotté est le plus atteint (la cornée est plus fine et déformée).

L’œil le plus frotté est souvent celui qui subit le plus de compression la nuit en cas de position de sommeil sur le ventre ou le côté.

L’arrêt des frottements garantit l’absence de progression de la déformation de la cornée, ce qui confirme la responsabilité directe et le caractère indispensable des frottements dans l’induction du kératocône.


En conclusion:

 Le kératocône n’est pas une dystrophie idiopathique mais un syndrome d’origine acquise et mécanique, dont l’expression topographique traduit la déformation plastique de la cornée, provoquée par le stress mécanique représenté par les frottements oculaires répétés

Cette explication est forgée sur le recueil attentif de l’histoire clinique de nombreuses observations, et un raisonnement inductif. Elle est compatible avec l’ensemble des données publiées dans la littérature médicale.

Il est crucial d’expliquer aux patients atteints et à risques (allergiques, travailleurs de nuit, sur écran, etc.) de ne pas/plus se frotter les yeux. Cette simple prescription a le potentiel d’éradiquer cette maladie, et d’en stopper la progression pour ceux qui en sont déjà atteints.

Considérer le kératocône comme une pathologie dont l’origine principale est mécanique est un bouleversement paradigmatique dans le monde ophtalmologique qui n’est pas encore pleinement admis, loin de là. Outre les aspects liés à la perte de certaines indications comme le cross-linking, le poids de l’enseignement ou certains raisonnements spécieux freinent l’adoption d’une théorie qui pourrait pourtant sauver de la progression et de l’apparition du kératocône bien des yeux. Certains praticiens soutiennent par exemple que les frottements pourraient être la conséquence du kératocône! Cette position est difficile à défendre puisqu’un simple interrogatoire des patients atteints de kératocône révèle invariablement que les frottements PRECEDENT TOUJOURS, et de plusieurs mois ou années, l’apparition des premiers symptômes du kératocône

Ainsi, l’explication mécanique du kératocône n’est pas populaire auprès de certains praticiens qui préconisent la réalisation de certains actes chirurgicaux, souvent dès la première consultation, car elle remet justement en cause le bien fondé de leur attitude interventionniste.

Il n’est jamais urgent de réaliser un cross linking, la pose d’anneaux ou la réalisation d’une photoablation laser.

Il n’existe qu’une seule urgence en matière de kératocône: arrêter tout frottement oculaire intempestif

La maladie (causée par les frottements) ne progresse plus dès l’arrêt de ceux-ci, et avec la correction de la position de sommeil (arrêter de dormir sur le ventre ou le côté, avec la tête enfoncée dans l’oreiller, le bras ou la main au contact des orbites etc.). 

Le cross linking, censé durcir le tissu cornéen (en pratique clinique cet effet n’est pas démontré), n’est pas une réponse logique au kératocône. La poursuite des frottements après cross linking conduit d’ailleurs à l’aggravation du kératocône. 

Dans la plupart des cas, les interventions précoces n’ont pas d’intérêt (pour le patient). Il faut identifier les frottements, traiter leur cause si possible, et s’orienter vers l’adaptation de lentilles rigides qui constitue le meilleure mode de correction optique chez les patients atteints de kératocône.

Enfin, il est logique de proposer que:

Tout enfant allergique chronique devrait bénéficier d’un suivi topographique cornéen, s’il se frotte les yeux.

Il est encourageant de constater qu’une plus jeune génération d’ophtalmologistes français, en particulier ceux dont la formation a été effectuée dans notre service, adoptent le point de vue martelé par l’auteur de ce site depuis de nombreuses années.

Quand le message relatif aux frottements sera plus largement diffusé au niveau du grand public, l’incidence du kératocône et de ses formes graves diminuera. 

Si vous êtes atteint de kératocône et en comprenez l’origine, alors vous pouvez faire passer ce message : ne vous frottez pas les yeux!

N’hésitez pas à communiquer des liens vers cette page, et le site dédié: www.defeatkeratoconus.com

Voir aussi: 

Le kératocône en bref

Justification de l’hypothèse mécanique du kératocône

Réfutation de la théorie classique: le syndrome de Marfan 

Kératocône et topographie cornéenne

Stades et formes cliniques du kératocône

Histologie du kératocône

Correction de la vision et kératocône

Formes suspectes de kératocône

Kératocône infraclinique

Consulter des cas documentés avec suivi de kératocône (en anglais)

Une présentation video justifiant la conjecture « No rub, no cone »:

voir également: astigmatisme irrégulierectasie kératocône frustekératocône suspect –  aberrométrie et kératocônetopographie cornéennevision dédoublée – crosslinking – crosslinking et cicatrisation – controverses sur le crosslinking

Références scientifiques sélectionnées

Travaux scientifiques auxquels Damien Gatinel, MD, PhD a contribué et qui éclairent les notions présentées sur cette page.

424 réponses à « Kératocône »

  1. Mghirbi wassim

    je souffre d’un kératocone depuis l’age de 30 ans debut stade 2 , d’aprés les topographies sur 3 ans il est stable
    j’ai utilisé des lentille souple et régide pour améliorer la vue par rapport les lunette mais malheureusement j’étais trés sensible à ces lentilles (larmes et picottement)
    J’ai visité trois chirurgien connu en tunisie pour la possibilité de faire une opération lazer corrective , meilleur technique sans risque et complication
    le premier trés répandu en tunisie m’a dit que c’est faisable votre cornée et épaisse , ton kératocone est stable , on peut chosir la meilleur technique sans risque
    les deux autres connu aussi m’ont dit que c’est trés risqué lasik ou pkr meme avec peu de risque (opération douleureuse)
    je suis un peu perdu , moi j’ai suivi des articles qui parlent des technique avancés comme le countour vision ( basé sur l’empreinte yeux) qui est une technique trés optimale en traitement lazer
    le premier docteur m’a donner aucun explication sur la technique que va le procéder et insiste toujours qu il n’y a pas de risque
    tu peux m’aider stp et me clarifier un peu la différence total des avis aprés consultation

    Remarque : premeir docteur m’a fait plsueirs topographie et meme avancé

  2. Dr Damien Gatinel

    Ce type d’indication est parfaitement abusive. Si votre vision est convenable en lentilles, il ne faut surtout pas essayer de réaliser une chirurgie de type cross linking ou pose d’anneaux. Le kératocône est une maladie de la cornée dont nous avons identifié la cause première: les frottements oculaires. C’est pour cela que le kératocône est souvent retrouvé chez les patients allergiques (qui se frottent les yeux qui démangent), et parfois chez les patients qui dorment sur le ventre ou le côté en appuyant sur les yeux (l’irritation provoquée semble être également à l’origine de frottements). Le kératocône est une déformation cornéenne qui est causée par les frottements répétés, et dès que l’on arrête les frottements, il n’y a plus d’évolution. De fait, le cross linking n’a pas d’intérêt si l’on arrête de se frotter les yeux. La stabilisation du kératocône après CXL est d’ailleurs très certainement liée à l’arrêt des frottements; nous avons observé les mêmes effets après cessation des frottements (la cornée n’est pas durcie, comme dans le CXL qui échoue à cela, mais elle tend à s’applatir légèrement une fois les contraintes liées au frottements levées). https://defeatkeratoconus.com/results-of-our-online-study/ et https://defeatkeratoconus.com/cross-linking-like-effect-cessation-of-eye-rubbing/

  3. Dr Damien Gatinel

    Votre question n’est pas idiote, car toute affection oculaire chronique la fait naître en général dans l’esprit de celui qui en est atteint. Encore une fois, répétons que le kératocône n’est pas une maladie spontanément évolutive contrairement à ce que l’on peut lire ou infuser dans l’esprit des patients (parfois pour leur faire accepter la réalisation « en urgence » d’une intervention type cross linking ou pose d’anneau). Le kératocône est une affection dont la cause primitive est mécanique: frottements répétés et vigoureux. Arrêter défitivement ces frottements c’est arrêter l’évolution du kératocône: https://defeatkeratoconus.com/results-of-our-online-study/
    Ce n’est pas non plus une maladie génétique: les enfants des patients atteints de kératocône ne développent pas de KC s’ils ne se frottent pas les yeux. On ne devient donc jamais aveugle en cas de kératocône à condition de respecter cette simple prescription; ne plus frotter ses yeux, et traiter la cause des démangeaisons oculaires qui ont conduit à ces frottements (allergie, position de sommeil, etc.)

  4. Collin

    Bonjour,

    J’ai une question simple dont je n’arrive pas à trouver une réponse claire : peut on devenir aveugle à un stade très avancé de la maladie ?
    Ma question est peut-être idiote. Et la réponse est probablement oui mais je voudrai être certaine.

  5. Soufiane Elanya

    Bonjour docteur
    On m’a diagnostiqué une keratocone il ya 3 ans à l’oeil droite sans topographie et on m’a prescris des lentilles rigide et j’en suis satisfait je vois bien avec j’ai récemment aller voir un ophtalmo pour m’inscrire des nouvelle il m’a dit qu’il faut faire une topographie
    J’ai fait la topographie il a décelé une keratocone stade 3 et 4 il m’a proposé un cross linking pour arrêter l’évolution de la maladie m’a dit il
    J’aimerais savoir docteur ton opinion sur le cross linking est ce indispensable ? Et merci

  6. Dr Damien Gatinel

    Votre message traduit la dérive « consumériste » que rencontrent de nombreux patients fraichement diagnostiqués pour le kératocône. Contrairement à ce que l’on vous a peut être laissé entendre, vous n’etes pas atteinte d’une maladie d’origine génétique. Vous avez simplement trop frotté vos yeux. La première chose est donc de cesser définitivement ces frottements, et de modifier éventuellement votre position de sommeil pour ne pas appuyer sur les yeux. Si vous effectuez simplement ces deux préconisations, je peux vous garantir que le kératocône n’évoluera plus, et que vous pourrez même avoir une petite amélioration au moins sur le plan de la topographie cornéenne. Ensuite, pour mieux voir, le plus simple et efficace est l’adaptation de lentilles rigides. Si et seulement si cette adaptation échoue, alors vous devrez éventuellement envisager une intervention de type anneaux par exemple, ou laser (si stabilité documentée, qui veut dire que vous avez bien cessé de vous frotter les yeux). Le cross linking n’a aucun intérêt (pour vous) car l’arrêt de ce qui cause la déformation aboutit à la stabilité de la déformation (c’est aussi simple que cela). Vos cornées ne sont pas très amincies, le kératocône doit être à un stade encore modéré, et peut être est il même possible de vous corriger en lunettes pour l’instant. Je vous conseille comme à tous les patients de prendre vos distances avec tout praticien vous proposant d’entrée une ou plusieurs séries d’intervention dès la découverte du kératocône…

  7. Meriem

    Bonsoir Dr Damien, j’ai 30ans et je viens de savoir que j’ai le kératocone .D’après les résultats de la Pentacam que j’ai fais mon ophtalmologue m’a conseillé de faire kpr+cxl pour mon oeil droite et des anneaux +cxl pour mon oeil gauche et j’ai besoin de votre avis sachant que pachy OD=495/OG=490.

  8. Marie Christine Gilli

    Merci infiniment Docteur de votre réponse rapide.
    Mon ophtalmologue me demande de retirer mes lentilles 48 h avant l’intervention. Or vous dites que pour le calcul biométrique il serait préférable de les retirer plus tôt. ( même si dans mon cas ce n’es pas forcement indiqué)
    Combien de jours avant ? Je préfère prendre toutes les précautions nécessaires.
    Et si je dois reporter des lentilles ,il ne s’agira que d’une seule ? et un port intermittent serait il possible ?
    Encore merci !

  9. Dr Damien Gatinel

    Le kératocône n’est pas une contre indication à la chirurgie de la cataracte. Il ne rend pas l’intervention plus difficile. En revanche, il exerce un effet sur la précision du calcul de la puissance de l’implant (biométrie), car il rend l’estimation de la puissance optique de la cornée (kératométrie) plus incertaine. Ceci n’est pas un problème car la correction d’un oeil atteint de kératocône est également « incertaine » (il n’existe pas vraiment de correction précise car la déformation de la cornée provoque des aberrations optiques que l’on ne peut pas corriger avec des lunettes, d’où la nécessité du port de lentilles rigides). En fonction du degré de déformation de la cornée, il est toutefois très probable que vous ayiez à reporter des lentilles rigides après l’intervention (la chirurgie de la cataracte ne concerne pas le kératocône). Il suffit de retirer les lentilles quelques jours avant l’intervention, pour limiter le risque infectieux. Pour le calcul biométrique, il aurait théoriquement préférable de les retirer plus tôt, mais puisqu’il sera nécessaire de reporter des lentilles rigides après la chirurgie, il n’est pas forcément très intéressant d’obtenir une mesure précise de la kératométrie.

  10. Marie Christine Gilli

    Bonjour Docteur

    J’ai une très forte myopie avec astigmatisme et un keratocone à l’oeil gauche, découvert en 2002, le matin d’une opération programmée de la myopie… qui n’a donc pas pu être réalisée à ma grande déception ! Ayant toujours porté des lentilles rigides, celui-ci n’avait pu être diagnostiqué avant.
    Pour info j’avais consulté trois chirurgiens, dont deux prescrivaient d’enlever les lentilles l’un une semaine, l’autre trois jours avant l’opération. J’ai choisi le troisième qui préconisait un arrêt de trois semaines, ce qui m’a paru plus sérieux … et s’est vérifié.
    Je dois me faire opérer de la cataracte en janvier … après cette mésaventure, j’appréhende les suites de l’opération..
    Questions :
    Suis je assurée que le keratocone n’est pas une contre indication à l’opération de la cataracte, et celle-ci nécessite-t-elle des précautions particulières ?
    J’ai une douleur à l’oeil gauche, quand j’enlève mes lentilles et retrouve mes lunettes avec prisme (pour corriger une diplopie apparue depuis un an)
    Combien de temps dois je enlever mes lentilles avant l’opération ?
    Merci beaucoup Docteur pour votre réponse … et pour cet inappréciable forum !

  11. Dr Damien Gatinel

    En cas de découverte récente d’un kératocône il faut:
    – cesser de se frotter les yeux, définitivement, ce qui implique de bien identefier les mouvements impliqués et les moments concernés (matin au réveil, douche, ordinateur, etc.)
    – modifier sa position de sommeil si elle fait que la tête « appuie » sur l’oreiller au niveau d’un oeil ou des deux (position sur le ventre ou sur le côté à éviter ou adapter).
    – envisager une adaptation en lentilles: meilleur méthode de correction de la vision chez les patients atteints de kératocône
    – se méfier des propositions de chirurgies un peu hâtives qui n’ont pas, souvent d’intérêt (pour vous). L’arrêt des frottements permet de stabiliser la déformation, et les gestes comme le CXL ou les anneaux peuvent avoir des résultats incertains ou décevants.

  12. Bonsoir Docteur Damien,

    Je viens de découvrir que j’ai le Keratocone sur les les deux yeux avec une forte myopie . Le médecin au maroc m’as conseillé de faire les lentilles ICL Torique. Je ne sais pas quoi faire, est ce je fais l’opération ou bien je met juste les lentilles que je me sens pas à l’aise avec. Pour info Docteur je met maintenant des lentilles souples. Merci pour votre compréhension et je suis honorée de vous écrire.

  13. Valentin

    Bonjour Docteur,

    On m’a diagnostiqué un Kératocône bilatéral il y a 3 ans avec un stade plus avancé à l’oeil gauche (myopie) (aucune évolution sur l’oeil droit). un cross linking a été réalisé sur les deux yeux. Suite à cela, j’ai développé un haze à l’oeil droit qui m’a troublé la vue. Grâce à des gouttes cortisonées j’ai retrouvé une acuité normale.
    Depuis 1 an ma vue se dégrade à droite avec l’apparition d’un astigmatisme de plus en plus fort
    Je ressens une gêne localisée à l’oeil (sensation de voile) et l’ophtalmologue a constaté que l’haze était toujours présent.
    Mes questions :
    – Est-ce que cet haze peut être responsable (au moins en partie) de l’astigmatisme ?
    – Il est présent depuis 3 ans, peut il encore partir ?
    – Au niveau de la position de sommeil, j’essaye de dormir sur le dos au maximum mais il m’arrive de bouger dans la nuit. Pensez-vous qu’une seule nuit avec une mauvaise position suffit à déformer la cornée ? (Je ne vois que ça comme explication dans mon cas sachant que je ne me frotte plus du tout les yeux)

    Merci par avance pour vos réponses et merci pour votre travail

  14. Dr Damien Gatinel

    Rien n’est plus efficace et logique que ce cesser de se frotter les yeux et les protéger éventuellement la nuit. Le terme « logique » est ici employé dans sa dimension scientifique et éthique; dans le cadre d’une logique plus commerciale, il peut être intéressant de proposer aux patients atteints de kératocône tout un tas de thérapeutiques souvent aussi inutiles que coûteuses.

  15. Dr Damien Gatinel

    Vous avez bien fait de refuser le cross linking et considéré qu’il était bien plus pertinent de ne plus vous frotter les yeux; il existe des lentilles rigides de différent diamètres pour adapter les cornées atteintes de kératocône (si tel est le cas : le terme de « kératocône léger » ne veut pas dire grand chose). Il est ainsi peut être possible de vous adapter avec des lentilles souples toriques, plus confortables.

  16. Dr Damien Gatinel

    Il est avant tout indiqué que vous réalisiez une topographie cornéenne et que vous la compariez avec celles effectuées dans le passé au niveau de l’oeil droit. Il existe d’autres causes de baisse de vision que le kératocône. Concernant l’oeil gauche, frottiez vous particulièrement cet oeil dans l’enfance? Si tel était le cas, la théorie mécanique explique au moins l’atteinte de ce côté. Dans mon expérience (étendue avec le kératocône), les formes unilatérales ou très asymétriques s’expliquent invariablement par l’exercice de frottements et de compression nocturne également unilatérales du même côté. Le fait que le kératocône puisse concerner un seul oeil est d’ailleurs une particularité qui plaide en faveur d’une origine « locale ». A propos de votre oeil droit, le diagnostic de KC n’a peut être pas été retenu dans le passé, ce qui ne veut pas dire que la topographie était complètement normale de ce côté (les patients qui se frottent les yeux le font généralement de manière bilatérale, même si un côté peut être plus concerné, généralement en rapport avec la position de sommeil). Au demeurant, il est probablement vain de chercher une autre cause que traumatique (les frottements) pour expliquer le kératocône. Cette affection est liée à une déformation cornéenne permanente, et toute déformation requiert l’exercice d’une force appliquée localement. La pression intraoculaire (son différentiel avec la pression atmosphérique) constitue la force principale à laquelle est soumise le tissu cornéen. Or, certaines affections qui se caractérisent par un « ramolissement cornéen primitif » (ex le syndrôme de Marfan) provoquent, en l’absence de traumatisme extérieur, un tableau topographique opposé à celui du kératocône (aplatissement global par distention progressive). Les atteints focales du kératocône (amincissement isolé à la région centrale de la cornée et irrégularités de courbure adjacentes) s’expliquent très bien par les frottements…

  17. Hakim

    Bonjour docteur
    Que penser vous des nouvelles techniques de correction et stabilisation ,mosaic avedro ,ainsi que la correction avec des ondes courtes..
    Merci.

  18. Samuel

    Bonjour Docteur,

    Votre hypothèse étiologique du Kératocône est très tentante. Toutefois, mon cas semble s’inscrire en faux avec celle-ci. On m’a diagnostiqué un kératocône à l’oeil G à l’âge de 26 ans qui a été opéré d’un cross-linking 7 ans plus tard. L’évolution s’est après cela stabilisée, voire même, a bénéficié d’une légère amélioration, jusqu’à l’âge de 39 ans, puis la vue s’est à nouveau dégradée, en lien, semble-t-il, avec une opacification de la cornée. L’autre oeil avait jusqu’alors été épargné, mais je constate depuis quelques mois, à l’âge de 43 ans, la survenue de symptômes similaires à ceux qui m’avaient alerté pour l’oeil gauche. Un ophtalmologue avisé avait attiré, voici plus de 10 ans, mon attention sur les facteurs de risques mécaniques aussi ai-je veillé à ne jamais, ou rares exceptions, me frotter les yeux, ainsi qu’à les hydrater 3 à 4 fois par jour. De même ai-je pris la précaution de les protéger systématiquement du soleil.
    Si, comme vous le supposez dans cet article, l’origine du kératocône se veut purement mécanique, je n’aurais pas dû être affecté au niveau de mon oeil sain. N’êtes-vous pas d’accord?
    Bien cordialement

  19. Bonjour à mon dernier rendez-vous suite à une baisse de ma vue forte myopie et forte astygmatie
    OD -675(-3.50) 10°
    OG-7. 50(-3.25) 160°. On m’a fait une topographie et la on me dit keratocone léger OD et OG. Essai lentilles rigides (menicon ZD et rose k2 en -3) mais je n’y voyait rien. À la suite de ces 2 essai on me propose un cross Linkin. Que je n’ai pas fait. Je me suis beaucoup gratter les yeux étant jeunes mais plus maintenant j’evite au maximum. Existe t il d’autres modèle de lentilles ? Mes verres sont très épais

  20. Dr Damien Gatinel

    Vous avez raison car si l’on n’explique pas au patient qu’il ne faut pas se frotter les yeux trop vigoureusement et souvent (quelle que soit la cause des frottements), le risque de voir un kératocône apparaître est accru: le kératocône, comme vous l’avez compris en lisant les pages de ce site, est provoqué par l’action répétée des frottements. Cette théorie est très compatible avec les observations du monde réel, mais elle n’est pas communément reconnue comme valide par la communauté opthalmologique… poids des dogmes, et parfois malheureusmement conflit d’intérêt avec la pratique de certaines interventions comme le cross linking.

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