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Kératocône

Résumé pratique. Le kératocône est une déformation progressive de la cornée. Éviter le frottement des yeux et traiter les causes d’irritation sont essentiels ; la surveillance tomographique et la prise en charge — lunettes, lentilles, cross-linking ou chirurgie selon les cas — doivent être personnalisées.

Auteur et révision. Damien Gatinel, MD, PhD — dernière révision médicale : 18 août 2026.

Publications de référence.

Ces informations générales ne remplacent pas une consultation ni un avis médical individualisé.

Kératocône: définition, causes et facteurs de risque

Introduction:

LE KERATOCONE EST UNE PATHOLOGIE CORNENNE D’ORIGINE MECANIQUE: FROTTEMENTS OCULAIRES EXCESSIFS EN INTENSITE, FREQUENCE ET DUREE, SOUVENT ASSOCIES A UNE POSITION DE SOMMEIL IMPLIQUANT UN CONTACT PROLONGE ENTRE L’OEIL LE PLUS ATTEINT ET LA LITERIE, L’AVANT BRAS OU LA MAIN ( POSITION VENTRALE OU SUR LE COTE).

 Cette vidéo permet en 10 secondes de visualiser ce qu’il se passe quand on se frotte l’oeil. Elle devrait être montrée à tous les patients qui sont susceptibles de trop se frotter les yeux, en particulier les enfants et adolescents allergiques- ou leurs parents et adultes concernés. 

voir: le kératocône en bref

Lire un dossier spécial consacré au kératocône

Il est urgent de redéfinir le kératocône:

Mon expérience poussée et divers travaux entrepris par mon équipe permettent de dissiper le mystère qui entoure encore cette affection, contrairement à ce qu’enseignent encore nombre de spécialistes et traités d’ophtalmologie ou de médecine. Si vous êtes concerné ou l’un de vos proches par cette affection, lisez ce qui suit. Si on vous a proposé d’emblée une procédure chirurgicale destinée à stabiliser le kératocône (cross linking), sachez que celle-ci est en réalité SANS INTERET (pour vous) à condition que vous (ou le sujet concerné) cesse définitivement de frotter ses yeux et modifie éventuellement sa position de sommeil. Le vrai traitement du kératocône doit cibler sa cause, qui est indubitablement mécanique. 

L’auteur de ce site a suivi des centaines de patients atteints de kératocône, et a compris depuis plus de 10 ans que cette affection ne relevait pas d’un processus primitivement génétique ou biomoléculaire mais traumatique.  Il existe des affections d’origine génétiques à l’origine d’une fragilisation des tissus oculaires;  mais le tableau ophtalmologique qu’elles induisent est bien différent.

La définition classique mais partiellement erronée du kératocône détourne du véritable enjeu à même de stabiliser et de prévenir l’évolution de la maladie; l’éviction des frottements oculaires excessifs. Les frottements oculaires excessifs sont l’ingrédient INDISPENSABLE à l’apparition d’un kératocône; leur suppression permet de prévenir (ou d’enrayer l’évolution) de l’affection.

La doxa en vigueur, malheureusement encore enseignée dans les amphithéâtre et lors des stages hosptialiers (sauf dans mon service) est celle d’une affection inéluctablement progressive d’origine inconnue est certes utile pour prescrire des traitements plus ou moins aggressifs et coûteux, en plus d’être le plus souvent inutiles ou peu efficaces: cross linking, pose d’anneaux, laser cornéen (PKR) –  généralement proposés dans cette ordre. Elle est pourtant incapable d’expliquer l’incroyable hétérogénéité de la présentation  du kératocône, en matière de différence entre les deux yeux, d’âge de découverte, d’atteinte sporadique au sein d’une même fratrie, de discordance entre jumeaux monozygotes… Toutes ces caractéristiques s’expliquent pourtant de manière limpide par l’historique des frottements oculaires, et des causes de ceux-ci (allergie; frottements plutôt bilatéraux, position de sommeil sur le ventre avec appui nocturne prolongé sur un oeil: atteinte plutôt unilatérale ou asymétrique, etc.). Plus les frottements oculaires apparaissent tôt dans l’existence sont effectués avec les phalanges (partie dures des doigts), plus les symptômes visuels conduisant à la découverte du kératocône sont précoces.

L’arrêt strict des frottements suffit pour enrayer l’évolution du kératocône; leur poursuite expose en revanche logiquement à une augmentation de la déformation cornéenne.

En résumé:

Le kératocône est une maladie oculaire dont les symptômes découlent d’une déformation de la cornée. Cette déformation de la cornée est responsable d’un astigmatisme, d’une apparition (augmentation) de la myopie, et de divers symptômes visuels dont certains ne sont pas corrigés par le port de lunettes: dédoublements d’images brillantes sur fond sombre (comme le contour qui apparait dédoublé ou triplé de la lune dans le ciel), flou visuel persistant, etc.

La cause primitive du kératocône est mécanique: tous les patients qui développent un kératocône se sont frotté les yeux de manière excessive en durée, intensité et fréquence: ces patients sont souvent allergiques, et présentent plus généralement des facteurs de risque pour les frottements oculaires chroniques: atopie, sécheresse oculaire, travail de nuit, travail prolongé sur écran, position de sommeil sur le ventre ou le côté avec appui nocturne prolongé sur un oeil ou les deux etc.

Les lésions biomécaniques irréversibles provoquées par les frottements apparaissent d’autant plus vite que la cornée est initialement plus fine, et moins résistante.

Le diagnostic du kératocône est confirmé par la réalisation d’un examen de topographie cornéenne (étude de la forme et des variations de courbure et d’épaisseur de la cornée). 

L’histoire clinique du kératocône est relativement stéréotypée:

Des troubles visuels comme un flou, une sensation de dédoublement, reliés à l’apparition d’un astigmatisme myopique unilatéral ou bilatéral (généralement plus marqué d’un côté) succèdent à une période de frottements oculaires excessifs (allergie, atopie, fatigue chronique, etc.). Une topographie cornéenne est alors effectuée et révèle les anomalies suivantes sur un oeil au moins (le plus frotté): astigmatisme irrégulier, amincissement central, asymétrie.

Le délai moyen entre le début des frottements et l’apparition des premiers symptômes visuels est généralement de l’ordre de quelques années. La déformation est alors suffisamment prononcée pour engendrer les symptômes visuels. Il existe néanmoins une phase silencieuse intermédiaire, au cours de laquelle une déformation cornéenne se constitue mais est trop faible pour être à l’origine d’une dégradation visuelle perçue subjectivement par le patient.

On constate toutefois rétrospectivement l’évolution d’un astigmatisme d’origine cornéenne, souvent de direction oblique ou inverse, en rapport avec les premiers stades de déformation de la cornée sous l’effet des contraintes mécaniques répétées.

TOUT ASTIGMATISME EVOLUTIF CHEZ L’ENFANT, L’ADOLESCENT OU L’ADULTE JEUNE DOIT FAIRE SUSPECTER UN DEBUT DE DEFORMATION CORNENNE, RECHERCHER UNE HISTOIRE DE FROTTEMENTS OCULAIRES ET MOTIVER LA REALISATION D’UNE TOPOGRAPHIE CORNEENNE.

Cette déformation est parfois mise en évidence lors de la réalisation systématique d’une topographie cornéenne chez un patient  qui consulte pour une chirurgie réfractive de la myopie. Ces aspects topographiques atypiques et peu prononcés font alors poser le diagnostic de « forme suspecte de kératocône », ou encore de « kératocône fruste »; au delà de débats sémantiques et étiologiques (la théorie classique est en effet impuissante à expliquer la présence de ces formes intermédiaires peu évolutives) il est crucial de bien expiquer au patient qu’il est nécessaire de ne plus se frotter les yeux aussi énergiquement (attention au démaquillage trop appuyé !).

Contrairement à ce qu’enseignent traités classiques et clament nombre de spécialistes:

Le kératocône est une affection primitivement mécanique, non primitivement génétique: la déformation cornéenne est induite par des frottements oculaires excessifs.  Au départ, la déformation infligée par les frottements est de caractère élastique (réversible à l’arrêt des frottements). Au delà d’un certain seuil (qui dépend de l’intensité des frottements et des caractéristiques natives de la cornée)  la déformation devient « plastique« , c’est à dire permanente

En effet, les frottements agissent à la fois sur le plan mécanique (désorganisation de la trame des fibres collagènes de la cornée) et biomoléculaire (cytotoxicité mécanique, réaction cellulaire avec sécrétion de cytokines et enzymes pro inflammatoires). Ces mécanismes se conjuguent pour provoquer un amincissement progressif et une réduction de la rigidité cornéenne, qui sont à l’origine de la déformation plastique de la cornée.

Cette déformation explique l’apparition ou l’évolution de l’astigmatisme, qui est généralement de type myopique.

symptômes visuels du kératocône
Exemple de symptômes visuels pouvant faire rechercher un kératocône débutant. 

Signes visuels évocateurs:

La perception avec un œil d’un dédoublement, ou d’images multiples, fantômes, autour des sources lumineuses, peut faire rechercher la présence d’un kératocône: ces symptômes traduisent la présence d’un astigmatisme dit irrégulier. Les dédoublements et images fantômes peuvent s’atténuer avec une correction lunettes mais ils ne disparaissent pas complètement (contrairement aux symptômes provoqués par un simple astigmatisme régulier, corrigible en lunettes).

Attention, ces symptômes ne sont pas spécifiques du kératocône. Une cataracte débutante peut également provoquer un léger dédoublement des images perçues.

Quand elle est d’origine cornéenne, toute sensation de dédoublement ou d’images multiples n’est pas forcément le signe d’un kératocône, mais traduit un certain degré de réduction de la qualité optique de la cornée. Une kératite superficielle peut par exemple occasionner le même type de symptômes.

Plus le kératocône est évolué, et plus l’intensité de ces anomalies visuelle est prononcée. Dans la majorité des cas de kératocône, les images « bavent » principalement vers le bas ou en oblique vers le bas. Plus sur la vision d’un oeil atteint de kératocône ici (en anglais)

Considérations classiques à propos du kératocône

Le Kératocône, du grec kératos pour cornée et conus pour forme de cône, est défini classiquement comme une dystrophie cornéenne classiquement idiopathique (cause inconnue) bilatérale, asymétrique, non inflammatoire. Le kératocône est caractérisé par un amincissement et une déformation progressive de la cornée. Sur le plan optique, cette déformation induit de l’astigmatisme régulier et irrégulier (aberrations optiques de haut degré) provoqué par une altération marquée de la géométrie de la cornée.

On explique volontiers dans les traités que la cause du kératocône est inconnue mais qu’il existe certains facteurs de risque pour cette affection mystérieuse comme l’allergie, l’atopie, et… les frottements oculaires…

Reléguer les frottements oculaires à un rôle subalterne (celui de « facteur de risque ») est une erreur lourde de conséquences en matière de santé publique. Ceci revient à confondre corrélation et causalité, comme si l’on considérait les rayons U.V comme un facteur de risque de coup de soleil alors qu’ils en sont la cause même. Ou encore qu’un brossage trop vigoureux des dents était un facteur de risque de gingivopathie (lésion des gencives), alors que c’est bien le brossage qui provoque directement l’atteinte gingivale.

kératocône
Kératocône extrêmement évolué de l’oeil gauche, consécutif à des décennies de frottements oculaires appuyés avec les phalanges des doigts. Cette image illustre le pourquoi du choix du « cône » pour rendre compte de la forme prise par le dôme cornéen dans les formes très avancées. Il est beaucoup plus difficile sinon impossible d’identifier les formes débutantes et moyennement prononcées à l’oeil nu. Le recours à la topographie cornéenne est indispensable.

Une redéfinition alternative et moderne du kératocône s’impose: elle se heurte malheureusement au conservatisme, au dogmatisme, voire à une certaine forme de paresse intellectuelle.

Redéfinir le kératocône

A la définition classique, descriptive et fonctionnelle du kératocône, l’auteur substitue une définition plus causale. Le kératocône se caractérise par l’apparition d’une déformation de la cornée responsable de symptômes visuels et de signes topographiques évocateurs.

Cette déformation est directement liée à l’action de frottements oculaires répétés, responsables d’un stress mécaniques de la cornée.  

Le kératocône n’est pas une dystrophie primitive, ni une maladie génétique, mais une affection d’origine mécanique: sans frottements, sans stress mécanique répété, il n’y a pas de survenue de déformation du dôme cornéen, et donc de kératocône (voir page consacrée au rôle des frottements oculaires répétés vis à vis de l’incidence du kératocône, voir article  « Eye rubbing; a sine qua non for keratoconus?« , voir article« No rub No cone, the Keraotconus Conjecture ».

Un site est totalement dédié à la compréhension de l’origine, ainsi que la prise en charge moderne du kératocône: https://defeatkeratoconus.com/.

De nombreux cas de kératocône sont présentés et illustrent le fait que les frottements oculaires sont un élément indispensable et nécessaire à la génèse du kératocône.

La vidéo suivante a été réalisée pour expliciter l’action directe des frottements sur le globe oculaire: le visionnage de ces images devrait suffire à faire passer l’envie de se frotter les yeux!

En particulier, l’étude des formes strictement unilatérales de l’affection, qui existent bel et bien, permet simplement de déduire l’élément essentiel qui est nécessaire au déclenchement du kératocône. Les patients qui se frottent un œil et épargnent l’autre (ou bien le frottent peu) présentent un kératocône unilatéral.

Ces observations sont riches en enseignement. En voici un exemple:

keratocone unilateral
Dans cet exemple, le patient s’est frotté avec les phalanges – geste typique et particulièrement délétère – pendant des années, quasi exclusivement son oeil droit (il dort avec la tête en appui du même côté, ce qui explique peut être les sensations d’irritation chronique ayant conduit le patient à se frotter cet oeil vigoureusement, dès le réveil…). L’énergie mécanique véhiculée par les phalanges provoque une désorganisation architectonique du tissue cornéen et une inflammation locale qui sont responsables au bout d’un certain temps d’un amincissement et d’une déformation irrégulière mais isométrique (sans distension) de la cornée. Celle-ci ce cambre dans la région paracentrale inférieure et s’aplatit au niveau périphérique; ces modifications peuvent ici s’apprécier de manière macroscopique à l’inspection d’une macro photo en profil de la cornée de l’oeil droit. Cette cambrure augmente l’effet réfringent de la cornée. L’irrégularité est responsable de l’apparition d’un astigmatisme important. L’oeil gauche est indemne de kératocône mais présente une cornée fine: cette caractéristique ( de nature congénitale) est à même de rendre la cornée plus vulnérable à l’action de frottements excessifs.

Toutefois, la majorité des patients a tendance à se frotter les deux yeux, mais souvent de manière asymétrique: invariablement, l’œil le plus frotté est le plus atteint (la cornée est plus fine et déformée).

L’œil le plus frotté est souvent celui qui subit le plus de compression la nuit en cas de position de sommeil sur le ventre ou le côté.

L’arrêt des frottements garantit l’absence de progression de la déformation de la cornée, ce qui confirme la responsabilité directe et le caractère indispensable des frottements dans l’induction du kératocône.


En conclusion:

 Le kératocône n’est pas une dystrophie idiopathique mais un syndrome d’origine acquise et mécanique, dont l’expression topographique traduit la déformation plastique de la cornée, provoquée par le stress mécanique représenté par les frottements oculaires répétés

Cette explication est forgée sur le recueil attentif de l’histoire clinique de nombreuses observations, et un raisonnement inductif. Elle est compatible avec l’ensemble des données publiées dans la littérature médicale.

Il est crucial d’expliquer aux patients atteints et à risques (allergiques, travailleurs de nuit, sur écran, etc.) de ne pas/plus se frotter les yeux. Cette simple prescription a le potentiel d’éradiquer cette maladie, et d’en stopper la progression pour ceux qui en sont déjà atteints.

Considérer le kératocône comme une pathologie dont l’origine principale est mécanique est un bouleversement paradigmatique dans le monde ophtalmologique qui n’est pas encore pleinement admis, loin de là. Outre les aspects liés à la perte de certaines indications comme le cross-linking, le poids de l’enseignement ou certains raisonnements spécieux freinent l’adoption d’une théorie qui pourrait pourtant sauver de la progression et de l’apparition du kératocône bien des yeux. Certains praticiens soutiennent par exemple que les frottements pourraient être la conséquence du kératocône! Cette position est difficile à défendre puisqu’un simple interrogatoire des patients atteints de kératocône révèle invariablement que les frottements PRECEDENT TOUJOURS, et de plusieurs mois ou années, l’apparition des premiers symptômes du kératocône

Ainsi, l’explication mécanique du kératocône n’est pas populaire auprès de certains praticiens qui préconisent la réalisation de certains actes chirurgicaux, souvent dès la première consultation, car elle remet justement en cause le bien fondé de leur attitude interventionniste.

Il n’est jamais urgent de réaliser un cross linking, la pose d’anneaux ou la réalisation d’une photoablation laser.

Il n’existe qu’une seule urgence en matière de kératocône: arrêter tout frottement oculaire intempestif

La maladie (causée par les frottements) ne progresse plus dès l’arrêt de ceux-ci, et avec la correction de la position de sommeil (arrêter de dormir sur le ventre ou le côté, avec la tête enfoncée dans l’oreiller, le bras ou la main au contact des orbites etc.). 

Le cross linking, censé durcir le tissu cornéen (en pratique clinique cet effet n’est pas démontré), n’est pas une réponse logique au kératocône. La poursuite des frottements après cross linking conduit d’ailleurs à l’aggravation du kératocône. 

Dans la plupart des cas, les interventions précoces n’ont pas d’intérêt (pour le patient). Il faut identifier les frottements, traiter leur cause si possible, et s’orienter vers l’adaptation de lentilles rigides qui constitue le meilleure mode de correction optique chez les patients atteints de kératocône.

Enfin, il est logique de proposer que:

Tout enfant allergique chronique devrait bénéficier d’un suivi topographique cornéen, s’il se frotte les yeux.

Il est encourageant de constater qu’une plus jeune génération d’ophtalmologistes français, en particulier ceux dont la formation a été effectuée dans notre service, adoptent le point de vue martelé par l’auteur de ce site depuis de nombreuses années.

Quand le message relatif aux frottements sera plus largement diffusé au niveau du grand public, l’incidence du kératocône et de ses formes graves diminuera. 

Si vous êtes atteint de kératocône et en comprenez l’origine, alors vous pouvez faire passer ce message : ne vous frottez pas les yeux!

N’hésitez pas à communiquer des liens vers cette page, et le site dédié: www.defeatkeratoconus.com

Voir aussi: 

Le kératocône en bref

Justification de l’hypothèse mécanique du kératocône

Réfutation de la théorie classique: le syndrome de Marfan 

Kératocône et topographie cornéenne

Stades et formes cliniques du kératocône

Histologie du kératocône

Correction de la vision et kératocône

Formes suspectes de kératocône

Kératocône infraclinique

Consulter des cas documentés avec suivi de kératocône (en anglais)

Une présentation video justifiant la conjecture « No rub, no cone »:

voir également: astigmatisme irrégulierectasie kératocône frustekératocône suspect –  aberrométrie et kératocônetopographie cornéennevision dédoublée – crosslinking – crosslinking et cicatrisation – controverses sur le crosslinking

Références scientifiques sélectionnées

Travaux scientifiques auxquels Damien Gatinel, MD, PhD a contribué et qui éclairent les notions présentées sur cette page.

424 réponses à « Kératocône »

  1. Dr Damien Gatinel

    Il est effectivement possible que l’inflammation provoquée par le cross linking ait provoqué une certaine instabilité au niveau de la surface cornéenne, notamment de l’épithélium. L’inflammation peut aussi contribuer à accentuer l’amincissement du stroma cornéen. Au delà d’un certain stade (généralement très avancé), la cornée peut devenir plus instable biomécaniquement, particulièrement si elle est fortement amincie. Les fluctuations sont particulièrement marquées entre le réveil et plus tard dans la journée. Le recours à la greffe de cornée (greffe lamellaire profonde) peut être parfois une solution pour retrouver une vision utile, si le port de lentille rigides ou sclérales est impossible.

  2. Dr Damien Gatinel

    Il est parfois difficile de retirer les lentilles étant donné leur diamètre important. Il peut être tenté de trouver une technique alternative pour pour la retirer en la faisant glisser ou basculer sur le côté par exemple.

  3. Nicolas

    Bonjour, suite à un diagnostique de KC, je porte une lentille rigide sclérale sur l’oeil droit depuis 3 ans. J’éprouve beaucoup de difficultés à la retirer le soir. Je pratique bien les méthodes qui m’ont été préconisées pour la pose et dépose de la lentille. Je met la ventouse sur le bord inférieur pour appliquer un effet de levier mais malgré cela, j’ai beaucoup de mal à décoller la lentille qui fait elle-même un effet ventouse sur l’oeil. Mon oeil est vraiment tiré vers l’avant et à force de tirer, la lentille fini par se « décoller ». Ceci est vraiment désagréable.
    A force de tirer comme cela est-ce que je ne risque pas de déformer encore plus la cornée?
    Est-ce que ce problème est régulièrement rencontré par d’autres patients et plutôt normal, ou est-ce que je ferais mieux de m’en inquiéter?
    Merci pour vos conseils.
    Cordiales salutations

  4. Vincent

    Bonjour Docteur,

    Tout d’abord merci pour le partage de vos connaissances et de votre expérience qui sont d’un grand soutien.
    J’ai 28 ans et je suis atteint d’un kératocône bilatéral détecté il y a 4 ans. J’ai subi un CXL sur les deux yeux, et notamment sur l’œil droit qui ne présentait pourtant pas d’évolution. Suite à l’opération j’ai constaté sur cet œil une vision trouble et on m’a prescrit un collyre anti inflammatoire qui a fonctionné.
    Depuis 2 ans l’oeil droit évolue avec un astigmatisme de plus en plus prononcé, et ce malgré l’arrêt complet des frottements et une position de sommeil surveillée. Je suis extrêmement rigoureux vis à vis de cela notamment suite à la lecture de vos travaux et de vos réponses.
    De ce fait, je me désemparé et impuissant face à cette maladie qui évolue malgré mes efforts pour la stopper ou du moins la ralentir.
    Cependant mon acuité visuelle varie énormément sur l’oeil droit, de façon totalement aléatoire et il m’arrive même parfois de retrouver une vision ne nécessitant pas de correction (au moins de près), même si c’est très épisodique et de plus en plus rare.
    Est ce normal pour un patient atteint de Kératocone d’avoir une variation d’AV ? Est ce que le CXL a pu avoir un effet néfaste sur la cornée (film lacrymale, épithélium, membrane de Bowman…) et accentuer l’astigmatisme ? Quels examens supplémentaires je peux réaliser ? Vos confrères que j’ai consulté n’ont pas pu m’apporter de réponses convaincantes.
    Désormais, la plupart du temps j’ai un astigmatisme très prononcé de près et de loin (avec une sensation de gêne), mais les épisodes avec une AV améliorée me laisse l’espoir qu’il s’agit d’ autre chose que le Keratocone, surtout que je ne me frotte plus du tout les yeux.

    En espérant que vous puissiez me répondre,
    Vincent

  5. Dr Damien Gatinel

    Un léger pincement, même répété de manière quotidienne, n’est pas à l’origine du kératocône, qui découle de lésions traumatiques plus soutenues et répétées. Si votre KC a été découvert vers la soixantaine, c’est que la déformation est modérée, et que les frottements que vous avez effectués étaient moins violents et intenses que chez un patient pour lequel la découverte intervient plus tôt dans l’existence.

  6. François

    Bonjour Docteur,

    J’ai 71 ans et on m’a détecté un kératocone il y a une dizaine d’années sans m’en expliquer l’origine que je viens de découvrir en lisant avec intérêt votre explication sur ses causes mécaniques toutefois je n’ai pas souvenir d’avoir eu cette mauvaise habitude de me frotter les yeux par contre comme je porte des lentilles souples depuis 40 ans j’ai tous les soirs effectué un léger pincement de chaque oeil pour retirer chaque lentille et la mettre à tremper pour la nuit. Au bout de 40 ans j’ai donc ainsi pincé chaque oeil environ 15000 fois est ce que ce ne serait pas là la cause de l’apparition de mon kératocone ?

    Avec mes remerciements et mes meilleures salutations

  7. Dr Damien Gatinel

    L’accouchement n’a pas d’influence sur le kératocône, ce qui importe est de ne pas frotter ses yeux ou les soumettre à un stress mécanique quel qu’il soit. L’accouchement n’en est pas un pour les yeux.

  8. Bonjour docteur étant diagnostiqué avec un kératocône depuis maintenant plus de 10ans et ayant subit deux crossliniking sur mes deux yeux gauche et droite qui sont au stade 1 et deux je mets des lentilles sclerales aussi et pour le moment ma maladie est stable et_il vrai que pour un accouchement une césarienne est préférable a un accouchement naturel pour mon cas et Merci

  9. Dr Damien Gatinel

    L’utilisation d’anneaux intra cornéen permet en effet de réduire une partie de la déformation cornéenne. L’effet des anneaux est toutefois partiellement imprédictible, et s’ils réduisent une partie de l’astigmatisme ils n’ont pas ou peu d’effet sur la myopie moyenne de l’oeil. Idéalement, ils s’adressent aux patients qui ont un astigmatisme peu prononcés. Sinon il faut prévoir une photokératectomie réfractive associée dans un deuxième temps (PKR). Ces techniques ne sont pas sources d’un arrêt de l’évolution en elles-mêmes. C’est bien l’arrêt des frottements qui est (logiquement puisqu’il en est la cause) le facteur permettant de stopper l’évolution du kératocône. Prétendre durcir la cornée avec le CXL n’est pas raisonnable, puisqu’in vivo on n’observe aucun durcissement significatif, et que cette approche est comparable à celle d’un dentiste qui proposerait à un patient qui se frotte mal les dents de durcir ses gencives. IL est bien entendu préférable d’opter pour de bons gestes, et dans le cas du kératocône, la « sanctuarisation » des globes oculaires est primordiale. Bien évidemment certains intérêts convergent pour proposer toujours plus de gestes et d’interventions. Sachez par ailleurs que contrairement à la chirurgie réfractive, où il existe une obligation implicite de résultat, la chirurgie du kératocône profite d’une certaine « tolérance » à l’échec; on blâmera la maladie en cas de résultat imparfait. Ceci permet d’appuyer certaines indications opératoires parfois hasardeuses, et il est vrai que la vision est tellement entravée par les KC évolués, qu’une dégradation supplémentaire n’est pas forcément un facteur repoussant pour la chirurgie. ON remarque qu’à l’inverse, les chirurgiens un peu « agressifs » répugnent fortement à opérer en CXL l’oeil le moins atteint quand celui-ci est pourvoyeur d’une vision correcte. Si cette technique était sûre et efficace, dans leur logique, il conviendrait d’opérer cet oeil pour prévenir l’apparition/l’évolution de la maladie. Rappelons pour conclure, que le meilleur outil correcteur pour la réhabilitation visuelle du kératocône est l’adaptation d’une lentille rigide: il est par ailleurs peu invasif, mais évidement moins « spectaculaire » qu’une intervention (ou une série de), pourtant bien inférieure en matière de qualité de correction. Dans certains cas de KC peu évolués, quand les frottements ont cessé, et que la déformation cornéenne est ainsi stable, signalons qu’il est souvent possible de réaliser une PKR seule, topoguidée ou non (la somme des chiffres de myopie et d’astigmatisme doit idéalement être égale à moins de 5 D pour un effet optimal). Les résultats sont cependant souvent un peu moins bons que pour les yeux myopes et astigmates indemnes de kératocône.

  10. Maxime

    Bonjour Docteur,
    J’ai été diagnostiqué d’un Kératocône donc je m’informe sur la maladie. J’ai vu récemment une présentation montrant des résultats assez impressionnants en utilisant anneaux intra cornéens qui permettraient d’améliorer la topographie cornéenne en optimisant leur placement puis laser Topoguidé pour lisser les irrégularités. D’une part la topographie cornéenne est quasi normalisée et d’autre part un effet réfractif sur la myopie et l’astigmatisme régulier est possible.
    Qu’en pensez-vous ?
    Par contre je pense comme vous qu’on surestime l’utilité du CXL pour entraver l’évolution du Kératocône. La combinaison laser topoguidé et arrêt strict des frottements serait-il la clef pour être soigné de cette maladie ? L’inconvénient que je vois est que le laser peut augmenter la sécheresse des yeux donc il faudra redoubler de vigilance sur les frottements.

    J’espère avoir l’opportunité de me faire suivre par un grand spécialiste comme vous pour vaincre le Kératocône. Bonne journée à vous.

  11. Dr Damien Gatinel

    La chirurgie est souvent proposée de manière un peu abusive pour le kératocône car malheureusement, les résultats des interventions sont moins efficaces que l’adaptation de lentilles rigides. Cette adaptation devrait être la première méthode de correction à proposer chez les patients atteints de kératocône avéré. Et bien entendu, il est crucial que vous ayez cessé de vous frotter les yeux.

  12. Bissou

    Bonjour j’ai 39 ans j ai su que je suis atteinte de keratocone à l âge de 31 ans auparavant j ai porté des lunettes et je sens toujours que j ai des troubles de vision mon ophtalmo m’ a conseillé des séances de correction ça n a pas amélioré. En 2011 j ai visité un autre ophtalmo qui a diagnostiqué la keratocone mais il ne m a pas bien expliqué la situation et il m a proposé une intervention chirurgicale les anneaux au debut j’ai accepté mais par la suite mon opticien m’ a proposé de visiter un autre ophtalmo bien connu en Tunisie il m a bien expliqué ma situation (keratocone très avancé ) il a refusé les interventions chirurgicales et il m a proposé les lentilles rigides depuis 2012 je porte ces lentilles mais l inconvénient ce que je ne supporte pas la poussière la vapeur la lumière j ai toujours les larmes et dès que je les enlève je commence à frotter
    Est ce qu il ya une autre solution ou d autre lentilles permanentes
    Merci

  13. Dr Damien Gatinel

    A priori le kératocône n’est pour rien dans cette aspect: il faudrait consulter un spécialiste en pathologie orbito palpébrale; parfois, une chute de la paupière peut donner à l’oeil un aspect « plus petit ».

  14. Sylla

    Bonjour,
    Atteinte d’un keratocone j’ai lu avec plaisir vos articles et j’ai surtout bien compris cette pathologie.
    Je suis récemment suivie à la fondation Rotshild malgré que mon keratocone a été diagnostiqué il y’a plusieurs années.
    J’ai un œil plus petit que l’autre je pense que la lentille rigide y a beaucoup contribué.
    Je focalise dessus, jusqu’à ne plus sortir.
    Y’a til un moyen de remédier à ça ?
    Merci.

  15. Da Silva

    Bonjour docteur oui effectivement je ne me frotte plus les yeux sur conseil de mon ophtalmo c’est pour cela qu’il m’a dit qu’il fallait impérativement ne plus frotter les yeux pour stopper l’évolution du kératocône.merci pour votre réponse et vos conseils.

  16. Dr Damien Gatinel

    La première chose à faire quand on pose le diagnostic de kératocône est de réaliser un interrogatoire détaillé pour mettre en évidence la réalisation des frottements oculaires et en déterminer les facteurs de risque pour mieux les traiter (allergie, position de sommeil sur le ventre ou le côté, sécheresse oculaire, etc.). Il ne faut plus du tout frotter vos yeux afin d’enrayer l’évolution de la déformation cornéenne. Le kératocône est en effet l’expression d’une déformation et d’un amincissement de la cornée consécutifs à ces frottements excessifs. Les conséquences visuelles sont fonction du stade du KC, plus accentué du côté plus frotté (le gauche chez vous, essayez de vérifier si vous ne dormez pas en appui sur la tête du côté gauche).Au départ, la déformation provoque typiquement l’apparition d’un astigmatisme myopique que l’on peut corriger en lunettes. On découvre d’ailleurs parfois un (ou deux) kératocône(s) débutants chez les patients qui consultent pour une chirurgie réfractive lors de la réalisation systématique de la topographie cornéenne. Quand les frottements persistent et sont particulièrement vigoureux et répétés, la déformation devient telle qu’elle induit une forme d’astigmatisme plus sévère que l’on ne peut plus ou plus totalement corriger en lunettes. Dans ces situations, les patients signalent typiquement la perception d’images fantômes; la lune apparaît dédoublée voire démultipliée dans le ciel nocturne. C’est à ce stade qu’il est nécessaire de tenter une adaptation en lentilles rigides ou semi rigides. Votre oeil droit est à un stade où l’on peut encore corriger en lunettes, mais l’oeil gauche est déjà malheureusement trop atteint pour que la correction en lunettes soit efficace. Je vous conseille de consulter un spécialiste en lentilles de contact pour kératocône (contactologue) pour améliorer votre vision.

  17. ghlam

    Bonjour docteur merci de prendre quelques minutes Afin de m’éclaircir sur mon l’état actuel de mes yeux j’ai 32 ans il y a un ans je voulais changer de verre de vue car je voyais de plus en plus mal de mon œil gauche après une visite chez un ophtamologue il a pas pu diagnostiquer donc il m’a conseillé de faire une topographie cornéenne et après la réalisation de la topographie on m’a diagnostiqué un keratocone stade 3 pour l’œil gauche et sade 2 et demi pour l’œil droit.
    Sans vraiment m’orienter il m’a juste demandé de voir un optométriste pour mettre des lentilles rigides mais l’oprometriste ma conseillé de commencer avec le changement de verre de vue donc je suis passé a – 1,50 et le résultat l’œil droit je vois bcp mieux mais tjr l’œil gauche floue et qui me fait depuis en plus mal depuis 15 jours.
    je m’adresse a vous docteur avec une grande inquiétude car je vis une dépression énorme… que faire svp merci.

  18. Dr Damien Gatinel

    Cette chirurgie est théoriquement possible dans votre cas, car même si le kératocône n’évolue plus, il ne sera jamais possible d’effectuer un LASIK. Il est important que vous ne vous frottiez plus les yeux, mais si le KC est stable, c’est que c’est déjà le cas.

  19. Da silva

    Bonjour docteur, voilà mon soucis je suis myope-8 OG et-9 OD le laser et pas réalisable car ont ma diagnostiqué un keratocone il y a 2 ans. Mon dernier rdv du moi de mars chez l’ophtalmo m’a dit que ma vu n’avait pas bouger et que mon keratocone n’avait pas évolué donc je voulais savoir si c’était possible de me faire opérer avec des implants oculaire ? Merci.

  20. Dr Damien Gatinel

    La première question à vous poser est celle de l’efficacité visuelle de cet anneau. Le but premier et unique d’un anneau intra-cornéen est d’améliorer la vision de l’oeil atteint de kératocône. Ceci peut être difficile à apprécier sans lunettes, mais en principe, la pose de l’anneau doit réduire l’astigmatisme et donc simplifier la réalisation d’un équipement optique type verre de lunettes. En revanche, la pose d’un anneau rend souvent plus difficile le port d’une lentille. Par ailleurs, l’anneau de stabilise pas le kératocône ni ne soigne cette maladie. Seul l’arrêt des frottements oculaire peut le permettre. Si votre correction n’est pas ou peu améliorée par l’anneau, il est préférable de le retirer. Sinon le repositionner. Il existe malheureusement un certain abus dans l’indication des anneaux intra-cornéens. Leur efficacité n’est pas contestable dans certains cas, mais ceux-ci ne sont pas si fréquents; et par ailleurs, la vision n’est jamais aussi améliorée que par la pose d’une lentille rigide (ou verre scléral pour les kératocônes très évolués) en cas de kératocône.

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