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Kératocône

Résumé pratique. Le kératocône est une déformation progressive de la cornée. Éviter le frottement des yeux et traiter les causes d’irritation sont essentiels ; la surveillance tomographique et la prise en charge — lunettes, lentilles, cross-linking ou chirurgie selon les cas — doivent être personnalisées.

Auteur et révision. Damien Gatinel, MD, PhD — dernière révision médicale : 18 août 2026.

Publications de référence.

Ces informations générales ne remplacent pas une consultation ni un avis médical individualisé.

Kératocône: définition, causes et facteurs de risque

Introduction:

LE KERATOCONE EST UNE PATHOLOGIE CORNENNE D’ORIGINE MECANIQUE: FROTTEMENTS OCULAIRES EXCESSIFS EN INTENSITE, FREQUENCE ET DUREE, SOUVENT ASSOCIES A UNE POSITION DE SOMMEIL IMPLIQUANT UN CONTACT PROLONGE ENTRE L’OEIL LE PLUS ATTEINT ET LA LITERIE, L’AVANT BRAS OU LA MAIN ( POSITION VENTRALE OU SUR LE COTE).

 Cette vidéo permet en 10 secondes de visualiser ce qu’il se passe quand on se frotte l’oeil. Elle devrait être montrée à tous les patients qui sont susceptibles de trop se frotter les yeux, en particulier les enfants et adolescents allergiques- ou leurs parents et adultes concernés. 

voir: le kératocône en bref

Lire un dossier spécial consacré au kératocône

Il est urgent de redéfinir le kératocône:

Mon expérience poussée et divers travaux entrepris par mon équipe permettent de dissiper le mystère qui entoure encore cette affection, contrairement à ce qu’enseignent encore nombre de spécialistes et traités d’ophtalmologie ou de médecine. Si vous êtes concerné ou l’un de vos proches par cette affection, lisez ce qui suit. Si on vous a proposé d’emblée une procédure chirurgicale destinée à stabiliser le kératocône (cross linking), sachez que celle-ci est en réalité SANS INTERET (pour vous) à condition que vous (ou le sujet concerné) cesse définitivement de frotter ses yeux et modifie éventuellement sa position de sommeil. Le vrai traitement du kératocône doit cibler sa cause, qui est indubitablement mécanique. 

L’auteur de ce site a suivi des centaines de patients atteints de kératocône, et a compris depuis plus de 10 ans que cette affection ne relevait pas d’un processus primitivement génétique ou biomoléculaire mais traumatique.  Il existe des affections d’origine génétiques à l’origine d’une fragilisation des tissus oculaires;  mais le tableau ophtalmologique qu’elles induisent est bien différent.

La définition classique mais partiellement erronée du kératocône détourne du véritable enjeu à même de stabiliser et de prévenir l’évolution de la maladie; l’éviction des frottements oculaires excessifs. Les frottements oculaires excessifs sont l’ingrédient INDISPENSABLE à l’apparition d’un kératocône; leur suppression permet de prévenir (ou d’enrayer l’évolution) de l’affection.

La doxa en vigueur, malheureusement encore enseignée dans les amphithéâtre et lors des stages hosptialiers (sauf dans mon service) est celle d’une affection inéluctablement progressive d’origine inconnue est certes utile pour prescrire des traitements plus ou moins aggressifs et coûteux, en plus d’être le plus souvent inutiles ou peu efficaces: cross linking, pose d’anneaux, laser cornéen (PKR) –  généralement proposés dans cette ordre. Elle est pourtant incapable d’expliquer l’incroyable hétérogénéité de la présentation  du kératocône, en matière de différence entre les deux yeux, d’âge de découverte, d’atteinte sporadique au sein d’une même fratrie, de discordance entre jumeaux monozygotes… Toutes ces caractéristiques s’expliquent pourtant de manière limpide par l’historique des frottements oculaires, et des causes de ceux-ci (allergie; frottements plutôt bilatéraux, position de sommeil sur le ventre avec appui nocturne prolongé sur un oeil: atteinte plutôt unilatérale ou asymétrique, etc.). Plus les frottements oculaires apparaissent tôt dans l’existence sont effectués avec les phalanges (partie dures des doigts), plus les symptômes visuels conduisant à la découverte du kératocône sont précoces.

L’arrêt strict des frottements suffit pour enrayer l’évolution du kératocône; leur poursuite expose en revanche logiquement à une augmentation de la déformation cornéenne.

En résumé:

Le kératocône est une maladie oculaire dont les symptômes découlent d’une déformation de la cornée. Cette déformation de la cornée est responsable d’un astigmatisme, d’une apparition (augmentation) de la myopie, et de divers symptômes visuels dont certains ne sont pas corrigés par le port de lunettes: dédoublements d’images brillantes sur fond sombre (comme le contour qui apparait dédoublé ou triplé de la lune dans le ciel), flou visuel persistant, etc.

La cause primitive du kératocône est mécanique: tous les patients qui développent un kératocône se sont frotté les yeux de manière excessive en durée, intensité et fréquence: ces patients sont souvent allergiques, et présentent plus généralement des facteurs de risque pour les frottements oculaires chroniques: atopie, sécheresse oculaire, travail de nuit, travail prolongé sur écran, position de sommeil sur le ventre ou le côté avec appui nocturne prolongé sur un oeil ou les deux etc.

Les lésions biomécaniques irréversibles provoquées par les frottements apparaissent d’autant plus vite que la cornée est initialement plus fine, et moins résistante.

Le diagnostic du kératocône est confirmé par la réalisation d’un examen de topographie cornéenne (étude de la forme et des variations de courbure et d’épaisseur de la cornée). 

L’histoire clinique du kératocône est relativement stéréotypée:

Des troubles visuels comme un flou, une sensation de dédoublement, reliés à l’apparition d’un astigmatisme myopique unilatéral ou bilatéral (généralement plus marqué d’un côté) succèdent à une période de frottements oculaires excessifs (allergie, atopie, fatigue chronique, etc.). Une topographie cornéenne est alors effectuée et révèle les anomalies suivantes sur un oeil au moins (le plus frotté): astigmatisme irrégulier, amincissement central, asymétrie.

Le délai moyen entre le début des frottements et l’apparition des premiers symptômes visuels est généralement de l’ordre de quelques années. La déformation est alors suffisamment prononcée pour engendrer les symptômes visuels. Il existe néanmoins une phase silencieuse intermédiaire, au cours de laquelle une déformation cornéenne se constitue mais est trop faible pour être à l’origine d’une dégradation visuelle perçue subjectivement par le patient.

On constate toutefois rétrospectivement l’évolution d’un astigmatisme d’origine cornéenne, souvent de direction oblique ou inverse, en rapport avec les premiers stades de déformation de la cornée sous l’effet des contraintes mécaniques répétées.

TOUT ASTIGMATISME EVOLUTIF CHEZ L’ENFANT, L’ADOLESCENT OU L’ADULTE JEUNE DOIT FAIRE SUSPECTER UN DEBUT DE DEFORMATION CORNENNE, RECHERCHER UNE HISTOIRE DE FROTTEMENTS OCULAIRES ET MOTIVER LA REALISATION D’UNE TOPOGRAPHIE CORNEENNE.

Cette déformation est parfois mise en évidence lors de la réalisation systématique d’une topographie cornéenne chez un patient  qui consulte pour une chirurgie réfractive de la myopie. Ces aspects topographiques atypiques et peu prononcés font alors poser le diagnostic de « forme suspecte de kératocône », ou encore de « kératocône fruste »; au delà de débats sémantiques et étiologiques (la théorie classique est en effet impuissante à expliquer la présence de ces formes intermédiaires peu évolutives) il est crucial de bien expiquer au patient qu’il est nécessaire de ne plus se frotter les yeux aussi énergiquement (attention au démaquillage trop appuyé !).

Contrairement à ce qu’enseignent traités classiques et clament nombre de spécialistes:

Le kératocône est une affection primitivement mécanique, non primitivement génétique: la déformation cornéenne est induite par des frottements oculaires excessifs.  Au départ, la déformation infligée par les frottements est de caractère élastique (réversible à l’arrêt des frottements). Au delà d’un certain seuil (qui dépend de l’intensité des frottements et des caractéristiques natives de la cornée)  la déformation devient « plastique« , c’est à dire permanente

En effet, les frottements agissent à la fois sur le plan mécanique (désorganisation de la trame des fibres collagènes de la cornée) et biomoléculaire (cytotoxicité mécanique, réaction cellulaire avec sécrétion de cytokines et enzymes pro inflammatoires). Ces mécanismes se conjuguent pour provoquer un amincissement progressif et une réduction de la rigidité cornéenne, qui sont à l’origine de la déformation plastique de la cornée.

Cette déformation explique l’apparition ou l’évolution de l’astigmatisme, qui est généralement de type myopique.

symptômes visuels du kératocône
Exemple de symptômes visuels pouvant faire rechercher un kératocône débutant. 

Signes visuels évocateurs:

La perception avec un œil d’un dédoublement, ou d’images multiples, fantômes, autour des sources lumineuses, peut faire rechercher la présence d’un kératocône: ces symptômes traduisent la présence d’un astigmatisme dit irrégulier. Les dédoublements et images fantômes peuvent s’atténuer avec une correction lunettes mais ils ne disparaissent pas complètement (contrairement aux symptômes provoqués par un simple astigmatisme régulier, corrigible en lunettes).

Attention, ces symptômes ne sont pas spécifiques du kératocône. Une cataracte débutante peut également provoquer un léger dédoublement des images perçues.

Quand elle est d’origine cornéenne, toute sensation de dédoublement ou d’images multiples n’est pas forcément le signe d’un kératocône, mais traduit un certain degré de réduction de la qualité optique de la cornée. Une kératite superficielle peut par exemple occasionner le même type de symptômes.

Plus le kératocône est évolué, et plus l’intensité de ces anomalies visuelle est prononcée. Dans la majorité des cas de kératocône, les images « bavent » principalement vers le bas ou en oblique vers le bas. Plus sur la vision d’un oeil atteint de kératocône ici (en anglais)

Considérations classiques à propos du kératocône

Le Kératocône, du grec kératos pour cornée et conus pour forme de cône, est défini classiquement comme une dystrophie cornéenne classiquement idiopathique (cause inconnue) bilatérale, asymétrique, non inflammatoire. Le kératocône est caractérisé par un amincissement et une déformation progressive de la cornée. Sur le plan optique, cette déformation induit de l’astigmatisme régulier et irrégulier (aberrations optiques de haut degré) provoqué par une altération marquée de la géométrie de la cornée.

On explique volontiers dans les traités que la cause du kératocône est inconnue mais qu’il existe certains facteurs de risque pour cette affection mystérieuse comme l’allergie, l’atopie, et… les frottements oculaires…

Reléguer les frottements oculaires à un rôle subalterne (celui de « facteur de risque ») est une erreur lourde de conséquences en matière de santé publique. Ceci revient à confondre corrélation et causalité, comme si l’on considérait les rayons U.V comme un facteur de risque de coup de soleil alors qu’ils en sont la cause même. Ou encore qu’un brossage trop vigoureux des dents était un facteur de risque de gingivopathie (lésion des gencives), alors que c’est bien le brossage qui provoque directement l’atteinte gingivale.

kératocône
Kératocône extrêmement évolué de l’oeil gauche, consécutif à des décennies de frottements oculaires appuyés avec les phalanges des doigts. Cette image illustre le pourquoi du choix du « cône » pour rendre compte de la forme prise par le dôme cornéen dans les formes très avancées. Il est beaucoup plus difficile sinon impossible d’identifier les formes débutantes et moyennement prononcées à l’oeil nu. Le recours à la topographie cornéenne est indispensable.

Une redéfinition alternative et moderne du kératocône s’impose: elle se heurte malheureusement au conservatisme, au dogmatisme, voire à une certaine forme de paresse intellectuelle.

Redéfinir le kératocône

A la définition classique, descriptive et fonctionnelle du kératocône, l’auteur substitue une définition plus causale. Le kératocône se caractérise par l’apparition d’une déformation de la cornée responsable de symptômes visuels et de signes topographiques évocateurs.

Cette déformation est directement liée à l’action de frottements oculaires répétés, responsables d’un stress mécaniques de la cornée.  

Le kératocône n’est pas une dystrophie primitive, ni une maladie génétique, mais une affection d’origine mécanique: sans frottements, sans stress mécanique répété, il n’y a pas de survenue de déformation du dôme cornéen, et donc de kératocône (voir page consacrée au rôle des frottements oculaires répétés vis à vis de l’incidence du kératocône, voir article  « Eye rubbing; a sine qua non for keratoconus?« , voir article« No rub No cone, the Keraotconus Conjecture ».

Un site est totalement dédié à la compréhension de l’origine, ainsi que la prise en charge moderne du kératocône: https://defeatkeratoconus.com/.

De nombreux cas de kératocône sont présentés et illustrent le fait que les frottements oculaires sont un élément indispensable et nécessaire à la génèse du kératocône.

La vidéo suivante a été réalisée pour expliciter l’action directe des frottements sur le globe oculaire: le visionnage de ces images devrait suffire à faire passer l’envie de se frotter les yeux!

En particulier, l’étude des formes strictement unilatérales de l’affection, qui existent bel et bien, permet simplement de déduire l’élément essentiel qui est nécessaire au déclenchement du kératocône. Les patients qui se frottent un œil et épargnent l’autre (ou bien le frottent peu) présentent un kératocône unilatéral.

Ces observations sont riches en enseignement. En voici un exemple:

keratocone unilateral
Dans cet exemple, le patient s’est frotté avec les phalanges – geste typique et particulièrement délétère – pendant des années, quasi exclusivement son oeil droit (il dort avec la tête en appui du même côté, ce qui explique peut être les sensations d’irritation chronique ayant conduit le patient à se frotter cet oeil vigoureusement, dès le réveil…). L’énergie mécanique véhiculée par les phalanges provoque une désorganisation architectonique du tissue cornéen et une inflammation locale qui sont responsables au bout d’un certain temps d’un amincissement et d’une déformation irrégulière mais isométrique (sans distension) de la cornée. Celle-ci ce cambre dans la région paracentrale inférieure et s’aplatit au niveau périphérique; ces modifications peuvent ici s’apprécier de manière macroscopique à l’inspection d’une macro photo en profil de la cornée de l’oeil droit. Cette cambrure augmente l’effet réfringent de la cornée. L’irrégularité est responsable de l’apparition d’un astigmatisme important. L’oeil gauche est indemne de kératocône mais présente une cornée fine: cette caractéristique ( de nature congénitale) est à même de rendre la cornée plus vulnérable à l’action de frottements excessifs.

Toutefois, la majorité des patients a tendance à se frotter les deux yeux, mais souvent de manière asymétrique: invariablement, l’œil le plus frotté est le plus atteint (la cornée est plus fine et déformée).

L’œil le plus frotté est souvent celui qui subit le plus de compression la nuit en cas de position de sommeil sur le ventre ou le côté.

L’arrêt des frottements garantit l’absence de progression de la déformation de la cornée, ce qui confirme la responsabilité directe et le caractère indispensable des frottements dans l’induction du kératocône.


En conclusion:

 Le kératocône n’est pas une dystrophie idiopathique mais un syndrome d’origine acquise et mécanique, dont l’expression topographique traduit la déformation plastique de la cornée, provoquée par le stress mécanique représenté par les frottements oculaires répétés

Cette explication est forgée sur le recueil attentif de l’histoire clinique de nombreuses observations, et un raisonnement inductif. Elle est compatible avec l’ensemble des données publiées dans la littérature médicale.

Il est crucial d’expliquer aux patients atteints et à risques (allergiques, travailleurs de nuit, sur écran, etc.) de ne pas/plus se frotter les yeux. Cette simple prescription a le potentiel d’éradiquer cette maladie, et d’en stopper la progression pour ceux qui en sont déjà atteints.

Considérer le kératocône comme une pathologie dont l’origine principale est mécanique est un bouleversement paradigmatique dans le monde ophtalmologique qui n’est pas encore pleinement admis, loin de là. Outre les aspects liés à la perte de certaines indications comme le cross-linking, le poids de l’enseignement ou certains raisonnements spécieux freinent l’adoption d’une théorie qui pourrait pourtant sauver de la progression et de l’apparition du kératocône bien des yeux. Certains praticiens soutiennent par exemple que les frottements pourraient être la conséquence du kératocône! Cette position est difficile à défendre puisqu’un simple interrogatoire des patients atteints de kératocône révèle invariablement que les frottements PRECEDENT TOUJOURS, et de plusieurs mois ou années, l’apparition des premiers symptômes du kératocône

Ainsi, l’explication mécanique du kératocône n’est pas populaire auprès de certains praticiens qui préconisent la réalisation de certains actes chirurgicaux, souvent dès la première consultation, car elle remet justement en cause le bien fondé de leur attitude interventionniste.

Il n’est jamais urgent de réaliser un cross linking, la pose d’anneaux ou la réalisation d’une photoablation laser.

Il n’existe qu’une seule urgence en matière de kératocône: arrêter tout frottement oculaire intempestif

La maladie (causée par les frottements) ne progresse plus dès l’arrêt de ceux-ci, et avec la correction de la position de sommeil (arrêter de dormir sur le ventre ou le côté, avec la tête enfoncée dans l’oreiller, le bras ou la main au contact des orbites etc.). 

Le cross linking, censé durcir le tissu cornéen (en pratique clinique cet effet n’est pas démontré), n’est pas une réponse logique au kératocône. La poursuite des frottements après cross linking conduit d’ailleurs à l’aggravation du kératocône. 

Dans la plupart des cas, les interventions précoces n’ont pas d’intérêt (pour le patient). Il faut identifier les frottements, traiter leur cause si possible, et s’orienter vers l’adaptation de lentilles rigides qui constitue le meilleure mode de correction optique chez les patients atteints de kératocône.

Enfin, il est logique de proposer que:

Tout enfant allergique chronique devrait bénéficier d’un suivi topographique cornéen, s’il se frotte les yeux.

Il est encourageant de constater qu’une plus jeune génération d’ophtalmologistes français, en particulier ceux dont la formation a été effectuée dans notre service, adoptent le point de vue martelé par l’auteur de ce site depuis de nombreuses années.

Quand le message relatif aux frottements sera plus largement diffusé au niveau du grand public, l’incidence du kératocône et de ses formes graves diminuera. 

Si vous êtes atteint de kératocône et en comprenez l’origine, alors vous pouvez faire passer ce message : ne vous frottez pas les yeux!

N’hésitez pas à communiquer des liens vers cette page, et le site dédié: www.defeatkeratoconus.com

Voir aussi: 

Le kératocône en bref

Justification de l’hypothèse mécanique du kératocône

Réfutation de la théorie classique: le syndrome de Marfan 

Kératocône et topographie cornéenne

Stades et formes cliniques du kératocône

Histologie du kératocône

Correction de la vision et kératocône

Formes suspectes de kératocône

Kératocône infraclinique

Consulter des cas documentés avec suivi de kératocône (en anglais)

Une présentation video justifiant la conjecture « No rub, no cone »:

voir également: astigmatisme irrégulierectasie kératocône frustekératocône suspect –  aberrométrie et kératocônetopographie cornéennevision dédoublée – crosslinking – crosslinking et cicatrisation – controverses sur le crosslinking

Références scientifiques sélectionnées

Travaux scientifiques auxquels Damien Gatinel, MD, PhD a contribué et qui éclairent les notions présentées sur cette page.

424 réponses à « Kératocône »

  1. Dr Damien Gatinel

    Le travail prolongé sur écran, en particulier sur des horaires étendus vers le soir est un facteur de risque pour la survenue de frottements oculaires répétés et excessifs. Il est heureux que vous ayez réalisé qu’il était important de cesser définitivement ces frottements, ce qui vous mettra à l’abri de la progression de la déformation cornéenne (qui définit le kératocône), en soustrayant le dôme cornéen aux stress mécaniques répétés. Le véritable traitement du kératocône débutant correspond en fait à l’éviction des frottements et la prise en charge des causes de frottements (allergie, sécheresse, tics, position de sommeil ventrale ou de côté, etc.). Dans votre cas, il est convient de vérifier que la position de votre écran soit la plus ergonomique possible (écran situé légèrement sous la ligne du regard). Il est conseillé de faire des pauses régulières, en regardant au travers d’une fenêtre toutes les 20 minutes par exemple pour reposer le regard. Les collyres sont nécessaires, bien que vous ayez bien compris qu’ils ne sont pas toujours efficaces pour calmer l’irritation. Certains collyres sont plus « visqueux » et permettent une protection plus efficace. La prise en charge d’une blépharite associée est souvent nécessaire. Un bilan allergologique est indiqué si vous avez des antécédents d’allergie. Pensez aussi au contrôle de l’air ambiant à votre domicile: s’il est trop sec (chauffage éléctrique), essayez de l’humidifier, et aérez régulièrement.

  2. Dr Damien Gatinel

    Le kératocône est défini par la présence d’une déformation cornéenne qui provoque des aberrations optiques comme l’astigmatisme, la myopie, que l’on peut corriger en lunettes, mais également d’un contingent d’aberrations optiques dites de « haut degré » (le terme plus simple d’astigmatisme « irrégulier » recoupe cette notion) que l’on ne peut pas corriger en lunettes. De plus, ces aberrations interfèrent avec la correction de l’astigmatisme, c’est à dire qu’en fonction de divers paramètres comme le diamètre de la pupille, la cible observée, la correction permettant d’obtenir la « meilleure vision » peut fluctuer. L’astigmatisme engendré par le kératocône peut atteindre des valeurs assez importantes, et ceci est également un problème en correction lunettes (déformation de champ vers les bords du verre). Pour résumer, la correction en lunettes d’un « kératocône » n’est pas unique. Les lentilles rigides, qui « moulent » la face antérieure de la cornée, permettent de corriger l’astigmatisme régulier et irrégulier, et ce type de correction doit être privilégié pour la correction du kératocône.

  3. Diallo

    Bonjour docteur, je voudrais savoir si le fais d’avoir un keratocone, agis sur la correction de vue? Pour ma part cela fais quatre fois que je change en l’espace de deux mois, la correction de vue de ma paire de lunettes.A chaque fois au bout d’une heure je commence a avoir des picotements ainsi que des maux de tête.
    Cordialement

  4. philippe

    merci beaucoup docteur

  5. Bonjour docteur ,
    J’ai un kératocône de stade 1 à l’oeil droit et un léger amincissement de la cornée au niveau de l’oeil gauche diagnostic après topographie cornéennes , je les développé durant la confinement en passant plusieurs heures devant mon ordinateur cela m’a provoquer une sécheresse oculaire et j’ai commencé à me frotter excessivement les yeux , ma question est es qu’il a d’autres remède contre la sécheresse oculaire autre que le collyre car étant étudiant je passe l’intégralité de mon temps devant un ordinateur est cella me cause des douleur à la tête sachant que je porte des lunettes anti lumière bleue et corrections de loin pour l’oeil droit

  6. Dr Damien Gatinel

    Il est difficile de répondre à vos interrogations sans examens. Il faudrait éliminer une rotation postopératoire de l’implant torique dans un premier temps, je pense que votre chirurgien a du procéder à cette vérification. La capsulotomie n’est pas dangereuse, même si elle expose à certaines complications (augmentation du risque de décollement de rétine chez les myopes). Toutefois, quand une capsulotomie est nécessaire, elle est la seule technique à même de traiter la cataracte secondaire, et doit être généralement réalisée.

  7. Dr Damien Gatinel

    La topographie cornéenne est rarement présente dans les cabinets d’ophtalmologie de ville, plutôt en milieu spécialisé (service hospitalier, centre pratiquant la chirurgie réfractive). Ce point est regrettable dans le contexte du dépistage du kératocône (repérer tôt les patients qui se frottent beaucoup les yeux et leur expliquer l’intérêt d’arrêter pour enrayer la déformation). Le kératocône ajoute généralement de l’astigmatisme myopique à la myopie préexistante. Le kératocône est la première cause d’apparition et d’évolution de l’astigmatisme. La cataracte peut également produire une variation de l’astigmatisme, mais le contexte clinique est différent. Le kératocône est avant tout une pathologie d’origine mécanique: déformation cornéenne et amincissement provoqués par des frottements oculaires excessifs et répétés dans le temps. Dès qu’une déformation du dôme est suffisamment prononcée, un astigmatisme apparaît. Les astigmatismes en question sont typiquement inverses ou obliques; il sont liés à un aplatissement vertical (la « cassure », c’est à dire la zone de cambrure accentuée est généralement située en inférieur, car c’est là que les frottements s’exercent en général) avec courbure accentuée en latéral; cette augmentation provient du fait que lorsqu’une structure se déforme, il existe certaines contraintes topologiques qui conduisent à maintenir constante la courbure moyenne de la cornée (dit un peu trivialement; toute cambrure accentuée est compensée par une cambrure diminuée à un autre endroit)

  8. philippe

    bonjour docteur
    merci pour votre réponse très rapide et pour la clarté de vos explications
    j ai quelques questions a vous poser
    1/ Comment peut on savoir si le médecin réalise une topographie cornéenne?
    2/ quels sont les conséquences du kératocone si présent avec une si forte myopie ?
    3/ l astigmatisme peut il évoluer sans kératocône?
    Encore merci docteur gatinel
    philippe

  9. Marie Christine Gilli

    Bonjour Docteur
    J’ai été opérée de la cataracte des deux yeux en juillet dernier. J’ai un keratocone à l’oeil gauche
    OD vision de près satisfaisante. c’est ce que je souhaitais pour pouvoir me passer de lunettes au quotidien
    OG (implant torique) vision de loin miraculeuse après l’opération mais qui s’est dégradée dans les jours qui ont suivi . Maintenant je n’y vois avec cet oeil ni de près, ni de loin avec mes nouvelles lunettes prescrites pour la vision de loin.
    Je suis retournée voir mon ophtalmologue qui a diagnostiqué une cataracte secondaire et m’a fait sur le champ une intervention au laser yag.
    Aucune amélioration et je suis très réticente a faire la deuxième séance de laser prévue.

    Mes questions :
    – est il possible que le port de ma lentille rigide ait faussé la prise de mesure sur la cornée le matin de l’opération et en ce cas l’implant peut il être repositionné sans risque ?
    – une capsulotomie présente t elle un danger ? le mieux étant l’ennemi du bien

    Merci infiniment de votre réponse .

  10. Dr Damien Gatinel

    On ne peut exclure la possibilité d’un kératocône, en particulier si votre fils se frotte beaucoup les yeux – le kératocône n’apparaît ni n’évolue spontanément, contrairement à ce qui est écrit ailleurs, de manière illogique d’ailleurs puisque l’on ne voit pas bien comment une telle désorganisation tissulaire pourrait survenir sans l’impact d’un facteur biomécanique (tous les mécanismes biochimiques ou biocellulaires jusqu’ici inovqués sans confirmation ne peuvent pas expliquer l’apparition du tableau typique de kératocône). Répétons que devant toute modification de l’astigmatisme avec myopie chez un enfant ou un adolescent, il est nécessaire de faire pratiquer un examen de topographie cornéenne. Si celle-ci révèle un début d’amincissement avec déformation, il faut alors réaliser une enquête approfondie sur les frottements oculaires et leurs causes (allergies, sécheresse, fatigue avec travail ou jeux sur écran le soir tard, etc etc). Une fois les frottements identifiés, il faut tout mettre en oeuvre pour les faire cesser (ce qui inclut parfois la nécessité de revoir la position de sommeil). Ceci permet de stabiliser la déformation et d’éviter de recourir à des interventions comme le CXL (dont l’effet n’est pas réellement démontré, au delà d’un effet collatéral bénéfique qui est que les patients ne frottent généralement plus l’oeil opéré en raison de la douleur puis de l’inflammation locale générée, et ensuite « grâce » à une désensibilisation liée à l’atteinte neurologique locale).

  11. philippe

    bonsoir et bonne année
    dans le cadre d’un patient jeune prenons par exemple mon fils qui avait un astigmatisme de -2.25 OD en qui est passé à 3.75 en decembre 2020 . il possède également une forte myopie de -7 et de -9?
    est il possible que ce soit un keratocone ?
    bonne journée et encore joyeuse année 2021

  12. Dr Damien Gatinel

    Le plus important est de comprendre que le kératocône n’est pas, contrairement à ce que l’on lit encore un peu partout, une pathologie héréditaire, mais le résultat d’un traumatisme cornéen répété (les frottements oculaires). C’est pour cela qu’il est parfois difficile de poser le diagnostic de kératocône devant des déformations cornéennes mineures (désignées par le terme de « kératocône fruste »). Il est crucial que votre fille cesse de frotter ces yeux, ce qui implique un bilan étiologique destiné à identifier la ou les causes de frottements, et celles-ci incluent souvent l’allergie et l’atopie chez les jeunes. De même, il existe des formes de « kératocône » induites par une position de sommeil inappropriée (sur le ventre ou le côté, avec appui prolongé de l’oeil sur l’oreiller, le bras, etc.). Vous pouvez venir me consulter à la Fondation Rothschild ou l’un de mes assistants spécialisés dans la prise en charge moderne, éthique, et non invasive du kératocône. Votre fille échappera à la réalisation de techniques inutiles comme le cross linking, erronée de principe puisqu’il ne sert à rien de durcir la cornée (le durcissement n’est même pas quantifiable in vivo!), alors qu’il est très important de ne plus traumatiser mécaniquement la cornée. Le port de coques de protection nocturne est souvent indiqué. L’arrêt des frottement permet logiquement de stabiliser la déformation de la cornée; on observe souvent d’ailleurs une petite amélioration après l’arrêt des frottements et de la possible compression nocturne chronique.

  13. Delmolino Alexandra

    Bonjour,

    Je voulais vous remercier de votre retour et des explications fournies avec autant de clarté et de transparence. Votre démarche me semble relativement rare au sein de la profession.
    Cependant, ma fille n’ayant pas encore reçu de diagnostic établi de keratocone par l’ophalmologiste (libéral et reconnu) qui la suit, j’hésite à engager directement une démarche alternative. Peut-être devrais-je attendre 6 mois et la réalisation d’un nouveau test pour aviser en fonction du « verdict ». Cependant, j’aimerai d’ores et déjà vous demander votre contact pour pouvoir fixer une consultation avec vous si jamais le KC est confirmé. Faites-vous partie du centre de compétence KC à la Fondation Rothschild?
    En vous en remerciant
    Bien cordialement

  14. Mghirbi wassim

    Ingénieur Tunisien Age 37 ans je souffre d’un kératocône fruste stable et c’est confirme depuis les topographie cornéenne pendant des années
    j’ai essayé avec les lentille souple et rigide , mes yeux sont un peu sensible
    j’ai consulté plusieurs spécialiste référents en Tunisie, un seul très renommé en tunisie m’a dit que je suis opérable sans risque ( insiste bien sans risque) , sans me donner les détails technique de l’opération.
    les autres par unanimité m’on dit que c’est risqué malgré que le kératocône est fruste (stable) , peut être TRAN PKR mais c’est toujours un peu risqué ( évolutions des année après )
    une TRANS PKR sans contact bien évidement est il toujours pas rassurante pour mon cas
    je suis tes articles et tes publications depuis des années ainsi connu en Tunisie comme une référence dans ce domaine Monsieur , je voudrais avoir ton avis stp
    Voilà mon dernier orbscan :

    OS

    SIM Ks
    Astig -1.5 @ 11°
    Maximum 44,5 D @ 101°
    Minimum 43.0 D @ 11°

    3 mm Zone
    Irre +/- 1.2 D°
    Mean power 43.8 +/- 0.9 D°
    Astig power 2.0 +/- 0.9 D°

    5 mm Zone
    Irre +/- 1.3 D°
    Mean power 43.8 +/- 0.9 D°
    Astig power 2.6 +/- 0.9 D°

    thinnest point 529 Um @(0.4/0.3)
    kappa 3.47° @38.38

    Best fit values
    Astig D/° +2.57/+1.02

    OD

    SIM Ks
    Astig -2.6 @ 10°
    Maximum 44,6 D @ 100°
    Minimum 42.0 D @ 10°

    3 mm Zone
    Irre +/- 1.5 D
    Mean power 43.4 +/- 1.2 D
    Astig power 3.6 +/- 1.0 D

    5 mm Zone
    Irre +/- 1.5 D
    Mean power 43.4 +/- 1.1 D
    Astig power 3.9 +/- 1.1 D

    thinnest point 543 Um @(0.5/1.0)
    kappa 5.11° @175.16

    Best fit values
    Astig D/° +4.04/+95

    je voulais comprendre est ce que je dois oublier l’opération à jamais et revoir les lentilles s’il ya des nouveautés

  15. Dr Damien Gatinel

    Dans mon expérience, l’arrêt des frottements suffit pour stabiliser la déformation cornéenne. Le manque de clarté de diagnostic en matière de KC est surtout lié au manque de clarté dans l’esprit de ceux qui continuent à considérer cette affection comme d’origine primitivement génétique (aucun gène identifié, et des cas de discordances entre jumeaux monozygotes, etc etc..). Le kératocône est la conséquence directe des frottements répétés et excessifs; on observe tous les stades intermédiaires entre cornée régulière (non ou peu frottée) et cornée très déformée (très très très frottée), et il est donc difficile de tracer une ligne déparatagant les malades des sains, alors que l’enjeu est ici de neutraliser le ou les gestes responsables. On note souvent, quand les frottements cessent et que la position de sommeil est modifiée (passage à une position sur le dos sans compression nocturne prolongée) une légère amélioration en matière de topographie cornéenne. Le crosslinking n’a qu’une vertu (mais fait courir des risques de complications, enviroin 15% des cas; retards de cicatrisation, haze, infections, etc.): les patients arrêtent de frotter en raison de l’inflammation générée dans les suites opératoires. Si ce que je vous avançais était erroné j’aurais de graves soucis avec les parents d’adolescents à qui j’ai expliqué ceci alors qu’ils étaient déjà munis d’une indication de CXL émanant d’un autre confrère… Pour l’anedcote, l’un des parents d’un de mes jeunes patient travaille à l’HAS!! Et ne regrette pas de m’avoir confié son fils qui va très bien depuis qu’il a cessé de frotté (il avait lui même reçu une prescription de CXL). Les patients qui ont cessé de frotter, dormi avec des coques oculaires de protection, n’ont pas progressé. Considérer le KC comme une pathologie qui est susceptible d’évoluer spontanément sert les intérêts de ceux qui promeuvent le CXL (cross linking). Nous sommes, dans le service que je dirige, à l’origine de la théorie « no rub, no cone », qui est récente (auparavant les frottements étaient considérés comme de simples « facteurs de risque », un peu comme si on considérait que le brossage des dents trop énergique était un « facteur de risque » de gingivopathie!). Cette proposition est récente (quelques années) mais elle a fait ses preuves et est dorénavant considérée comme très crédible, à tel point qu’un article récent publié dans une revue scientifique de référence par une équipe américaine conduite par un des pionniers de l’exploration cornéenne et du kératocône (Rabinowitz) conclut qu’elle est certainement validée pour de nombreux cas, mais qu’il existe, peut être, aussi des formes de KC « spontanées » (conception classique d’une pathologie d’origine primitivement dégénérative)… même si cela n’est certain selon Rabinowitz, qui a consacré plusieurs décennies à tenter d’isoler un ou des gènes spécifiques à la maladie (en vain). C’est tout son mérite que de remettre en cause ses propre conceptions et d’étudier avec soin une hypothèse alternative. Cela dit, il est souvent très difficile de cesser les frottements, même si l’on peut, en s’attaquant à leur cause (allergie, sécheresse, fatigue visuelle, position de sommeil, etc.) souvent en réduire le besoin. Je peux recevoir votre fille en consultation à votre convenance pour évaluer son cas. Notre protocole est simple: enquête sur les frottements, détermination de leurs causes, explications, et premier contrôle à un mois, puis 3 mois, puis 6 mois, puis un an avec comparaison objective des cartes de topographie et d’épaisseur cornéenne. Si les recommandations sont suivies, une stabilisation voire une légère amélioration est observée. Il est par ailleurs intéressant de constater que les patients qui progressent sont ceux qui n’arrivent pas à cesser les frottements, et ceci valide au passage le bien-fondé de la conjecture « no rub, no cone ».

  16. Delmolino

    Bonjour,

    Ma fille de 18 ans a du réaliser en novembre dernier des tests pour la détection d’un kératocone. Myope depuis ses 11 ans, elle a développé depuis qq années un astigmatisme qui augmente.
    Suite à ces tests (orbscan, aberrométrie…), le diagnostic n’a pas pu être posé clairement par le médecin qui évoque malgré tout des suspicions. Elle doit repasser des tests de cornée d’ici à 6 mois, un an. Je me demandais combien de temps fallait-il attendre pour poser de manière fiable un diagnostic de keratocone (6 mois ou 1 an entre 2 tests?)
    Si le diagnostic s’avère positif, j’ai lu sur une étude de l’HAS que chez les jeunes patients, le Cross linking est la première étape à réaliser pour stabiliser la maladie(avant les anneaux intracornééens) car le risque d’évolution est probable qd la maladie se déclare jeune .Est-ce une méthodologie que vous validez?
    Sinon, vous mettez en avant le fait que d’arrêter de se gratter les yeux permet de stopper l’évolution du Keratocone mais comment ne pas se gratter les yeux. Il me semble que c’est un geste incontrôlable ? Et ensuite sur des jeunes patients, la maladie une fois diagnostiquée pourrait-elle être endiguée uniquement par l’arrêt de ces gestes ou faut-il opter pour des traitements chirurgicaux?

    Enfin, quelles sont les meilleures équipes pour suivre un keratocone à Paris?

    Merci de vos précisions.

  17. Dr Damien Gatinel

    Votre question n’a rien de bête. Mais le recul sur le minoxidil semble aujoud’hui suffisant (cette molécule est ancienne – anti hypertenseur vasodilatateur utilisé dans cette indication capillaire depuis au moins 30 ans; initialement, les patients sous minoxidil oral signalaient une augmentation de leur pilosité! L’indication comme anti chute capillaire est ainsi née de cet « effet indésirable »). Concernant le kératocône, on sait aujourd’hui, au moins dans mon département, une chose: la déformation cornéenne et sa progression dépendent des frottements oculaires. Les stopper (ainsi que toute manoeuvre mécanique intempestive répétée) est suffisant pour contrôler l’évolution de la déformation. A moins que l’utilisation du minoxidil en lotion ne déclenche chez vous de féroces envies de frotter vos yeux, vous ne risquez donc rien.

  18. Kevin

    Bonjour Docteur,
    Tout d’abord merci pour ce site web qui est très enrichissant et rassurant. J’ai été diagnostiqué d’un KC à l’oeil gauche l’année dernière, et depuis je ne touche plus mes yeux par peur d’aggraver la déformation. Ma question est peut être bête, mais j’ai commencé à appliquer de la minoxidil sur mon cuir chevelu pour stopper la chute de mes cheveux, et j’ai lu dans les effets secondaires que cela pouvait provoquer des troubles de la vision. J’aimerai savoir si la minoxidil peut aggraver un KC? Je sais que nous n’avons pas assez de recul ni sur le KC ni sur la minoxidil, mais je demande quand même.
    Merci d’avance

  19. Dr Damien Gatinel

    Tout d’abord, il faut confirmer l’évolution par la réalisation de cartes différentielles et une bonne interprétations de celles-ci; ces cartes doivent être obtenues avec la même machine pour être comparées. De fausses impressions de progression peuvent être liées par des variations instrumentales, surtout en cas de kératocône. J’ai vu des cas où l’arrêt des frottements et la modification de la position de sommeil provoquait une variation de la topographie cornéenne (régularisation légère) qui avait pu être confondue avec une progression. La progression se caractérise par un amincissement cornéen et une augmentation significative de la cambrure cornéenne en regard des zones déjà les plus cambrées. Visuellement, la myopie et/ou l’astigmatisme progressent. La répétabilité des examens topographiques est moindre en cas de kératocône et il convient de répéter éventuellement la topographie en cas de doute.

  20. Denis

    Bonjour Docteur,

    j’ai arrêté les frottements oculaires et modifier ma position de sommeil et pourtant mon kératocone continue d’évoluer.
    Savez-vous quels autres effets mécaniques peuvent participer à la déformation de la cornée.

    Merci pour votre aide.

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