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La PKR (laser de surface)

Résumé pratique. La PKR est une chirurgie réfractive de surface : l’épithélium est retiré, puis le laser excimer remodèle le stroma cornéen sans créer de volet. Nous pratiquons deux variantes, la PKR conventionnelle avec retrait contrôlé de l’épithélium (« epi-off ») et la PKR transépithéliale. Dans notre pratique, l’epi-off conventionnelle est privilégiée pour sa précision et le contrôle direct de la surface stromale ; la trans-PKR reste utile dans certaines indications sélectionnées. L’identification puis l’arrêt durable des frottements oculaires et des compressions mécaniques sont essentiels avant l’intervention comme après celle-ci.

Auteur et révision. Damien Gatinel, MD, PhD — dernière révision médicale : 19 août 2026.

Publications de référence.

Ces informations générales ne remplacent pas une consultation ni un avis médical individualisé.

La PKR, ou photokératectomie réfractive, utilise le laser excimer pour modifier la courbure de la cornée. Elle corrige principalement la myopie et l’astigmatisme myopique. Elle ne comporte ni découpe d’un volet cornéen ni geste intraoculaire.

La PKR est parfois présentée comme une technique ancienne. C’est inexact : le principe de l’ablation de surface est historique, mais le traitement correcteur bénéficie des mêmes progrès que le LASIK — profils asphériques ou personnalisés, eye-tracker, compensation de la cyclotorsion, reconnaissance irienne et contrôle du centrage.

Comment fonctionne la PKR ?

La cornée comprend un épithélium superficiel qui se renouvelle et un stroma collagénique représentant l’essentiel de son épaisseur. Pour que la correction soit durable, la photoablation doit remodeler le stroma et non le seul épithélium : celui-ci repousserait en effaçant rapidement une modification limitée à sa surface.

  1. Retrait de l’épithélium. Il est effectué manuellement après préparation de la surface, ou par le laser excimer dans la variante transépithéliale.
  2. Photoablation stromale. Le laser excimer délivre le profil correcteur à la surface du stroma, sous le contrôle du suivi oculaire.
  3. Protection de la surface. Une lentille pansement est posée pendant la repousse de l’épithélium, habituellement achevée en quelques jours.
Anatomie de la cornée et principe de la PKR avec photoablation stromale de surface
En PKR, l’épithélium est retiré avant l’application du profil correcteur sur le stroma antérieur.

Deux approches : epi-off conventionnelle et trans-PKR

Dans cette page, l’expression PKR epi-off désigne la PKR conventionnelle dans laquelle le chirurgien retire l’épithélium avant la photoablation correctrice. Techniquement, la trans-PKR retire elle aussi l’épithélium ; sa particularité est de l’enlever au laser, généralement au cours d’une séquence continue précédant l’ablation stromale.

ÉlémentPKR epi-off conventionnellePKR transépithéliale
Retrait épithélialContrôlé directement par le chirurgien, après préparation douce de la surfacePhotoablation épithéliale programmée par le laser excimer
Surface avant correctionLe chirurgien vérifie visuellement l’exposition complète et homogène du stromaElle dépend de la correspondance entre le profil programmé et l’épaisseur épithéliale réelle
Énergie laserRéservée au profil stromal correcteurUtilisée successivement pour retirer l’épithélium puis remodeler le stroma
Durée opératoireUn peu plus de manipulationsSéquence plus rapide et sans contact instrumental central
Confort et cicatrisationInconfort et réépithélialisation variables selon le protocolePlusieurs études rapportent une cicatrisation initiale plus rapide ou un inconfort moindre
PrécisionMéthode de référence dans notre pratique, notamment lorsque l’épithélium est irrégulier ou la correction plus exigeanteExcellents résultats dans les indications adaptées ; la précision peut dépendre du modèle épithélial et de la plateforme
Les deux méthodes sont efficaces. Notre préférence pour l’epi-off conventionnelle relève du contrôle chirurgical et de la reproductibilité observée dans notre pratique.

Notre préférence : l’epi-off conventionnelle

Nous privilégions le plus souvent la PKR epi-off conventionnelle. Après le retrait de l’épithélium, le chirurgien contrôle directement que la surface stromale est entièrement et régulièrement exposée avant de lancer le traitement correcteur. Dans notre expérience, cette séparation nette entre le temps épithélial et le temps stromal améliore la reproductibilité et la précision réfractive.

La trans-PKR doit modéliser une épaisseur épithéliale qui n’est pas identique chez tous les patients et peut varier selon la zone cornéenne. L’épithélium peut aussi masquer ou compenser une irrégularité stromale. Cette variabilité est particulièrement pertinente lorsque la cartographie épithéliale est asymétrique, lorsque l’astigmatisme doit être traité avec une grande précision ou lorsque le profil d’ablation est plus important.

Les études comparatives ne démontrent toutefois pas une supériorité universelle. Une méta-analyse de 20 études et 10 204 yeux ne retrouve pas de différence statistiquement significative d’efficacité, de sécurité ou de prédictibilité entre trans-PKR et PKR conventionnelle. Dans un essai randomisé controlatéral publié en 2025, l’erreur prédictive absolue moyenne était de 0,26 D après PKR conventionnelle et 0,34 D après trans-PKR, sans différence statistiquement significative. Notre choix doit donc être présenté comme une préférence clinique fondée sur le contrôle opératoire et notre expérience, et non comme une règle imposable à toutes les plateformes.

Quand utilisons-nous la trans-PKR ?

La trans-PKR peut être choisie pour une petite myopie, une cartographie épithéliale régulière et une procédure où la rapidité et l’absence de contact constituent un avantage. Les plateformes récentes permettent d’ajuster l’épaisseur épithéliale programmée ; l’OCT épithélial peut contribuer à cette planification. Une étude randomisée avec StreamLight n’a cependant pas retrouvé de différence réfractive significative entre un profil épithélial standard et un profil ajusté dans une population dont l’épaisseur moyenne était proche de la valeur par défaut.

Le bilan préopératoire

Le choix d’une PKR ne repose pas uniquement sur l’épaisseur centrale de la cornée. Le bilan préopératoire doit vérifier :

  • la stabilité de la réfraction et de l’acuité visuelle ;
  • la topographie et la tomographie cornéennes ;
  • la pachymétrie et la distribution de l’épaisseur stromale ;
  • la cartographie de l’épithélium lorsqu’elle est utile ;
  • la régularité de l’astigmatisme, son axe et sa concordance avec les mesures ;
  • la surface oculaire, les paupières et les glandes de Meibomius ;
  • la pupille, l’axe visuel, la rétine et le cristallin ;
  • les habitudes de frottement, la position de sommeil, les activités et les attentes.

Une cornée fine peut orienter vers une chirurgie de surface plutôt que vers un LASIK, car l’absence de volet préserve davantage de stroma fonctionnel. En revanche, une topographie franchement suspecte, un kératocône avéré ou une ectasie objectivement évolutive ne deviennent pas « opérables » simplement parce que la PKR est réalisée sans volet. Toute anomalie doit être expliquée, surveillée et intégrée à l’évaluation du risque.

Frottements oculaires, irrégularités topographiques et PKR

Certaines cornées examinées avant une PKR présentent des irrégularités topographiques discrètes, focales ou asymétriques. Dans notre approche, une telle carte ne doit pas être automatiquement assimilée à une dystrophie cornéenne intrinsèque et progressive. L’interrogatoire recherche d’abord les contraintes mécaniques susceptibles d’expliquer ou d’entretenir la déformation : frottements vigoureux ou répétés, appui nocturne de l’œil contre l’oreiller ou la main, position de sommeil, prurit allergique, blépharite et sécheresse oculaire.

La première mesure est l’arrêt complet des frottements et des appuis directs sur l’œil, associé au traitement des causes de démangeaison. La topographie et la tomographie sont ensuite comparées au cours du temps. Dans une cohorte de 153 yeux suivis en moyenne 53 mois, aucune variation significative globale de Kmax, Kmean ou de l’épaisseur minimale n’a été observée après conseil d’arrêt ; parmi les 26 yeux présentant au moins un critère de progression, 25 étaient associés à la poursuite des frottements ou d’autres comportements mécaniques à risque. Une étude cas-témoins a également retrouvé une association marquée entre l’asymétrie du kératocône, le côté frotté et l’appui nocturne.

Point de vue de l’auteur : la conjecture « No rub, no cone »

La proposition « No rub, no cone », formulée par Damien Gatinel, considère le traumatisme mécanique répété comme un élément causal central du kératocône plutôt que comme un simple facteur associé. Il s’agit d’une conjecture mécaniste et d’un cadre clinique de travail, non d’un consensus universel ni de la preuve définitive que les frottements constituent l’unique cause. Son intérêt est d’être directement testable, préventive et sans risque : identifier les comportements mécaniques, les supprimer strictement, puis vérifier objectivement la stabilité sur des cartes successives.

Une PKR réfractive sur une cornée légèrement irrégulière ne peut être discutée qu’après arrêt durable des frottements, traitement du prurit ou de l’inflammation de surface et documentation d’une stabilité suffisante. Un kératocône avéré ou une ectasie qui continue à progresser reste en dehors d’une indication réfractive ordinaire.

Indications et limites

Situations où la PKR peut être particulièrement pertinente

  • myopie faible à moyenne, avec ou sans astigmatisme régulier ;
  • cornée ne permettant pas de créer un volet de LASIK dans de bonnes conditions ;
  • profession ou sport exposant à des traumatismes oculaires directs ;
  • anomalie épithéliale superficielle ou dystrophie de la membrane basale, selon le contexte ;
  • retouche après une chirurgie réfractive antérieure lorsque l’ablation de surface est préférable ;
  • préférence éclairée pour une technique sans volet, après discussion de la récupération.

Situations imposant de différer ou d’éviter une PKR réfractive

  • réfraction instable, grossesse ou allaitement ;
  • sécheresse oculaire, blépharite ou inflammation non contrôlée ;
  • kératocône avéré ou ectasie objectivement évolutive ; topographie inexpliquée tant que sa cause et sa stabilité ne sont pas établies ;
  • épaisseur stromale ou profondeur d’ablation incompatibles avec une marge de sécurité suffisante ;
  • cicatrisation anormale, maladie auto-immune active ou traitement pouvant la perturber ;
  • pathologie du cristallin, de la rétine ou du nerf optique limitant le bénéfice attendu ;
  • attentes incompatibles avec les limites optiques et la durée de récupération.

La limite en dioptries n’est donc pas fixe. Plus la myopie, le diamètre optique et la profondeur d’ablation augmentent, plus la quantité de tissu retiré, le risque de régression et le risque de haze doivent être considérés. Pour une myopie élevée, le LASIK ou un implant phaque peut parfois constituer une stratégie plus adaptée.

Personnalisation, centrage et astigmatisme

L’epi-off conventionnelle ne signifie pas traitement standardisé. Une fois le stroma exposé, le profil excimer peut être optimisé par le front d’onde, guidé par la topographie ou planifié selon l’asphéricité et les objectifs optiques. Le système de suivi oculaire contrôle les mouvements pendant la photoablation.

Pour l’astigmatisme, la reconnaissance irienne et la compensation de la cyclotorsion permettent d’aligner le traitement sur l’axe mesuré en position assise malgré la rotation de l’œil en position allongée. Le principe est expliqué dans le dossier eye-tracker, centrage et cyclotorsion.

Laser excimer réalisant la photoablation stromale pendant une PKR
Le laser excimer sculpte la surface stromale selon le profil optique programmé.

Déroulement d’une PKR epi-off

L’intervention est réalisée sous anesthésie locale par collyre. Après désinfection et mise en place d’un écarteur, l’épithélium central est préparé puis retiré de façon contrôlée. Le chirurgien vérifie l’exposition stromale, le centrage et la qualité de la fixation avant de délivrer la photoablation.

Selon la correction et le risque de cicatrisation, une application brève de mitomycine C peut être décidée pour réduire le risque de haze. La surface est rincée, puis une lentille pansement est posée. Des collyres antibiotiques et anti-inflammatoires ainsi qu’un traitement antalgique sont prescrits. Les deux yeux peuvent être opérés le même jour lorsque l’indication et l’organisation postopératoire le permettent.

Résultats et stabilité

Les résultats modernes de la PKR sont généralement proches de ceux du LASIK pour les myopies faibles à moyennes correctement sélectionnées. La différence la plus perceptible concerne les premiers jours : le LASIK récupère plus rapidement, tandis que l’acuité et la qualité visuelle après PKR progressent avec la fermeture épithéliale puis le remodelage de la surface.

Une étude avec huit à dix ans de recul retrouve un équivalent sphérique moyen de −0,12 ± 0,25 D, des indices de sécurité, d’efficacité et de prédictibilité respectivement de 1,00, 0,95 et 0,97. La régression myopique était associée à la myopie initiale et à la profondeur d’ablation : ces données rappellent que les résultats d’une faible myopie ne doivent pas être extrapolés à une forte correction.

La PKR transépithéliale obtient elle aussi d’excellents résultats. L’intérêt de la comparaison avec l’epi-off n’est donc pas de nier son efficacité, mais de choisir la méthode qui offre le meilleur contrôle pour l’œil traité et le protocole utilisé.

Récupération et suites opératoires

Une gêne, un larmoiement, une photophobie et une douleur sont possibles lorsque l’effet anesthésique disparaît. Ils culminent habituellement pendant les premières 24 à 48 heures puis diminuent à mesure que l’épithélium se referme. La lentille pansement protège la surface ; elle est retirée lorsque la cicatrisation est suffisante.

  • Premiers jours : vision fluctuante, sensibilité à la lumière et difficultés de lecture possibles.
  • Première semaine : amélioration fonctionnelle progressive ; le travail sur écran peut rester inconfortable.
  • Semaines suivantes : stabilisation de la réfraction et de la qualité optique, parfois plus lente pour les corrections importantes.
  • Protection : ne jamais frotter l’œil, respecter les collyres, les contrôles et la protection solaire prescrite.

Consigne essentielle : ne jamais frotter les yeux après une PKR

L’interdiction de frotter est absolue pendant la cicatrisation épithéliale et doit rester une règle durable. Dans les premiers jours, un frottement peut déplacer la lentille pansement, traumatiser l’épithélium en cours de fermeture et favoriser une complication. À plus long terme, les contraintes mécaniques répétées peuvent contribuer à des irrégularités topographiques ou à une déformation ectatique d’une cornée vulnérable.

En cas de démangeaison, il faut éviter tout massage de l’œil : utiliser les traitements lubrifiants ou antiallergiques prescrits, appliquer si besoin une compresse fraîche sur les paupières fermées sans pression et contacter l’équipe si le prurit persiste. Les coques de protection nocturne sont portées selon les consignes données.

Le protocole antalgique est individualisé. Les lentilles pansements et différents traitements locaux ou généraux peuvent réduire la douleur ; les anti-inflammatoires topiques doivent être utilisés selon la prescription, car certains peuvent ralentir la réépithélialisation. Le déroulement chronologique est détaillé dans les suites opératoires après PKR.

Consulter rapidement en cas de douleur croissante après une amélioration, baisse visuelle brutale, rougeur importante, écoulement, déplacement de la lentille pansement ou traumatisme. Une infection de la surface cornéenne est rare mais doit être traitée sans délai.

Risques, effets indésirables et haze

  • douleur, photophobie, larmoiement et sécheresse pendant la cicatrisation ;
  • récupération visuelle lente ou fluctuante ;
  • sous-correction, sur-correction, astigmatisme résiduel ou régression ;
  • halos, éblouissements, réduction temporaire du contraste ;
  • retard de cicatrisation épithéliale ou érosion récidivante ;
  • infection, inflammation ou cicatrice ;
  • haze sous-épithélial, le plus souvent discret et régressif, mais parfois gênant ;
  • perte de lignes de meilleure acuité corrigée ou ectasie : complications rares mais possibles.

Le haze correspond à une réaction cicatricielle du stroma antérieur. Son risque augmente notamment avec la profondeur d’ablation, certaines corrections élevées, l’exposition aux ultraviolets et les réponses cicatricielles individuelles. La mitomycine C n’est pas systématique dans tous les cas, mais une méta-analyse de 3 536 yeux confirme qu’elle réduit le haze précoce et tardif lorsqu’elle est indiquée.

PKR ou LASIK : comment choisir ?

CritèrePKRLASIK
Site du traitementSurface stromale après retrait épithélialStroma sous un volet femtoseconde
Volet cornéenAbsentPrésent
Récupération initialePlus lente et plus inconfortableHabituellement rapide et peu douloureuse
Préservation biomécaniqueGénéralement meilleure à correction équivalenteLe volet ne contribue plus pleinement à la résistance du stroma
Surface oculaireCicatrisation épithéliale nécessaireDénervation plus importante et sécheresse parfois plus marquée
Risque spécifiqueHaze, douleur, retard épithélialComplications du volet et de l’interface
RetoucheNouvelle ablation de surface selon les conditionsSoulèvement du volet ou ablation de surface selon le délai et le bilan

La PKR n’est pas automatiquement préférable dès qu’une cornée est fine, et le LASIK n’est pas automatiquement préférable parce qu’il récupère plus vite. Le calcul du tissu modifié, la géométrie cornéenne, la surface oculaire, la correction et le mode de vie doivent être considérés ensemble. Consulter la page choix entre LASIK, PKR et autres techniques ainsi que le dossier LASIK.

Quelle place pour le cross-linking (CXL) ?

Notre approche : corriger d’abord les contraintes mécaniques

Dans notre pratique, le CXL n’est pas ajouté de façon systématique à une PKR et l’association PKR–CXL n’est pas une stratégie de routine. Devant une irrégularité topographique ou un kératocône, la priorité est d’identifier puis de supprimer strictement les frottements et les compressions nocturnes, de traiter l’allergie, le prurit ou la maladie de surface qui les favorisent, puis de documenter l’évolution par des examens comparables.

Le cross-linking existe et peut être proposé dans d’autres pratiques lorsqu’une progression est objectivement documentée. Sur ce site, il n’est pas présenté comme un réflexe thérapeutique ni comme un substitut à l’arrêt des comportements mécaniques. Si une progression mesurable persiste malgré une cessation vérifiée et une surveillance rigoureuse, sa discussion relève d’une évaluation spécialisée et individualisée.

CXL prophylactique ajouté à une PKR réfractive

Nous n’ajoutons pas de CXL prophylactique à une PKR réalisée sur une cornée jugée apte à la chirurgie réfractive. Le CXL ne compense pas un bilan insuffisant et ne transforme pas une cornée à risque en candidate ordinaire. Une méta-analyse de 2 820 yeux ne montre pas d’avantage clinique justifiant son emploi de routine ; certains indices rapportés étaient même moins favorables avec l’association.

PKR topoguidée associée au CXL dans le kératocône

Une PKR topoguidée limitée associée au CXL a été décrite pour régulariser partiellement une cornée kératocônique. Cette situation ne correspond pas à une PKR réfractive standard et nous ne la présentons pas comme notre approche préférentielle. Une méta-analyse de 2025 rapporte des résultats visuels favorables par rapport au CXL seul, mais toutes les études incluses étaient non randomisées et exposées à des biais. Son existence mérite d’être connue ; son indication éventuelle doit rester exceptionnelle et distincte du traitement d’une myopie sur cornée saine.

Vidéos et pages du dossier PKR

PKR epi-off conventionnelle en vidéo

Cette séquence montre une PKR bilatérale avec retrait contrôlé de l’épithélium, reconnaissance irienne et traitement excimer optimisé.

PKR transépithéliale en vidéo

La phase initiale photoablate l’épithélium selon l’épaisseur programmée ; le traitement stromal correcteur est ensuite délivré. Voir aussi la page dédiée : vidéo de PKR transépithéliale StreamLight.

Pour approfondirPage
Visualiser chaque temps d’une chirurgie de surfaceLa PKR par étapes
Connaître l’évolution heure par heure et jour par jourSuites opératoires après PKR
Lire une synthèse destinée au patientFiche patient : PKR pour myopie
Comprendre la technique concurrente avec voletLASIK : principe, indications et risques
Évaluer le tissu cornéen modifiéSimulateur de variation de l’épaisseur cornéenne

Questions fréquentes

La PKR est-elle moins précise que le LASIK ?

Non lorsqu’elle est bien indiquée. Pour les myopies faibles à moyennes, les résultats finaux peuvent être comparables. La récupération est simplement plus lente et la cicatrisation épithéliale ajoute une source de variabilité initiale.

Pourquoi préférer l’epi-off si la trans-PKR est plus rapide ?

La rapidité opératoire n’est pas le seul critère. L’epi-off permet au chirurgien de vérifier directement l’exposition complète du stroma et évite que la photoablation correctrice dépende d’une estimation de l’épaisseur épithéliale. Dans notre pratique, ce contrôle apporte une meilleure reproductibilité.

La trans-PKR est-elle une mauvaise technique ?

Non. Elle est efficace, rapide et peut faciliter la cicatrisation initiale dans certaines séries. Nous l’utilisons de façon sélectionnée, notamment lorsque l’épithélium est régulier et la correction adaptée au protocole.

Combien de temps faut-il pour voir correctement ?

La vision utile revient progressivement après la fermeture épithéliale, mais sa netteté peut fluctuer pendant plusieurs semaines. La conduite, le travail et les écrans doivent être repris selon l’acuité, le confort et les recommandations données lors des contrôles.

Peut-on corriger une forte myopie par PKR ?

Techniquement certaines corrections élevées sont possibles, mais la profondeur d’ablation, le haze et la régression deviennent plus préoccupants. La décision doit comparer la PKR au LASIK et aux implants phaques plutôt que s’appuyer sur une limite universelle en dioptries.

Une future chirurgie de la cataracte reste-t-elle possible ?

Oui. Comme après LASIK, il faudra signaler l’antécédent de chirurgie réfractive et conserver si possible la réfraction préopératoire et le compte rendu du laser, car la modification cornéenne doit être prise en compte dans le calcul de l’implant.

Références scientifiques

Faire évaluer une indication de PKR

Le bilan permet de déterminer si une PKR est indiquée, quelle méthode de retrait épithélial paraît la plus adaptée et si le LASIK ou une autre solution offrirait un meilleur rapport bénéfices–risques.

  • Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild : consultations en secteur 1.
  • Clinique Noémie de Rothschild, 79 avenue Simon Bolivar, Paris 19e : consultations en secteurs 1 et 2.
  • Rendez-vous : prendre rendez-vous sur Doctolib.
  • Consultation privée, secteur 2 : Me Evelyne Barbosa — ebarbosa@for.paris.

178 réponses à « La PKR (laser de surface) »

  1. Dr Damien Gatinel

    A priori il est nettement préférable d’opter pour la PKR, si la correction est accessible à cette technique. Le débat « kératocône » ou « pas de kératocône », ou « kératocône fruste » découle du fait qu’il existe un continuum entre cornée « normale » (peu ou pas frottée), et cornée très déformée (ayant été trop frottée). Il existe tous les stades intermédiaires, ce qui fait qu’il est difficile de tracer une ligne arbitraire. Le kératocône n’est pas une pathologie binaire, mais la conséquence d’un stress mécanique cornéen répété. Le degré de déformation dépend du stress mécanique. Si le kératocône est jugé « fruste », il est probable que l’astigmatisme engendré est accessible à une correction en PKR.

  2. Bonjour docteur Damien.

    Je pourrais vous expliquer mon problème et avoir un avis là dessus s’il vous plait ? J’ai un léger problème de cornée sur l’oeil gauche -probablement dû au fait que je me frotte beaucoup l’oeil-, les ophtamologues que j’ai consulté ne sont pas sûr que c’est un kératocone mais me disent que c’est suspect sur l’oeil gauche et ne veulent pas opérer au lastik. Ils m’ont proposé soit PKR soit l’implant de lentilles Artiflex tonique et ont beaucoup plus insisté sur l’implant des lentilles. Je préfère me faire opérer au PKR dû à la différence de prix… Il ya plus de risques par rapport aux lentilles Artiflex ? A part la douleur du PKR, ils ne m’ont rien dit de spécial mais lorsque j’ai vu le prix des lentilles Artiflex, je veux bien assumer quelques jours de douleurs dû au PKR…

    Un grand merci d’avance.

  3. Dr Damien Gatinel

    Une épaisseur supérieure à 490 microns parait préférable dans votre cas, afin de réduire le risque de haze; en PKR, une légère sous correction est possible en raison de votre degré de correction (il faut additionner la valeur de la myopie et de l’astigmatisme; soit environ 7 et 8 D de correcion; le risque de sous correction augmente surtout après 6 D de correction myopique en PKR.

  4. Dr Damien Gatinel

    A priori, si la vision est bonne, et la correction symétrique entre les deux yeux, il est peu probable que les vertiges soient directement liés à l’intervention de trans PKR.

  5. Ninette

    Docteur j’ai été opérer en mai 2022 par la trans pkr aujourd’hui je vois très bien mais c’est 2 dernier mois j’ai des sensations de vertiges est ce qu’ils sont lié à la correction visuelle que j’ai fait même si je vois bien ???

  6. Chloé

    Bonjour docteur,
    Vous expliquez que la PKR est la technique de chirurgie réfractive la plus appropriée pour les cornées fines et irrégulières. J’aimerais savoir quelles sont les valeurs limites de pachymétrie pour lesquelles cette technique est réalisable ?
    Je suis myope et astigmate : – 5 ( – 2 à 175⁰) OD
    – 5,75 ( – 1,75 à 170⁰) OG
    J’aimerais avoir votre avis sur la question avant d’envisager les implants phaques.
    Je vous remercie par avance pour votre réponse.

  7. Dr Damien Gatinel

    Il est difficile de vous donner une réponse éclairée en l’absence d’examen direct. Le SMILE occasionne une récupération plus lente que le LASIK, et peut exposer à des complications comme l’invasion épithéliale qui peuvent être un peu plus difficile à gérer qu’en LASIK. Il est probable que vous présentiez une inflammation de l’interface, qui peut être causée par l’invasion et/ou un retrait plus laborieux du lenticule pré découpé par le laser. Votre chirurgien pourrait vous donner plus d’explications à ce sujet.

  8. Dr Damien Gatinel

    Il faut bien plus que la simple pression des paupières pour induire un kératocône; la pression des mains ou des doigts est probablement 100 à 1000 fois plus élevée. La PKR peut occasionner de la gêne persistante au cours des premières semaines après la chirurgie; il est important de rester patient et bien poursuivre le traitement. Ce délai est lié à la cicatrisation épithéliale;, et le fait que le retrait de l’épithélium (avant correction) met à nu des irrégularités préexistantes qui prennent ensuite du temps à être « relissées » par la repousse épithéliale. Le LASIK est cependant une technique de très faible risque quand l’indication est bien posée.

  9. MARTIN

    Bonjour Docteur,

    Je me suis fait opérer il y a bientôt 3 semaines par la PKR mon chirurgien ne pratiquant que cette technique et me l’ayant « vendue » comme moins risquée que le Lasik. Je vois toujours flou, le travail sur écran est extrêmement inconfortable. Je suis retourné voir mon chirurgien étant inquiet, il y a 3 jours il a fait un contrôle me disant que « ça suivait son cours » et que l’astigmatisme/myopie résiduels vont se corriger mais la vision n’a pas évolué depuis 10 jours et cela m’inquiète…

    De plus, est-il dangereux de fermer les yeux fermement en « serrant » afin de produire des larmes pour lubrifier mes yeux secs ? En particulier peut il en résulter une déformation de cornée type keratocone ?

    Merci

  10. Bonjour Docteur,

    J’ai été opérée par technique SMILE d’une myopie modérée il y a 10 jours.
    Je garde un flou visuel sur l’oeil droit et mon chirurgien m’a dit que cela correspondait à un voile de cicatrisation, ma vision spontanée étant évaluée à 6/10. J’ai notion d’une migration de cellules épithéliales, d’oedème et d’inflammation, en dehors de la zone de vision.
    Le traitement préconisé est du TOBRADEX (aminoside + corticoides) 1 goutte 2 fois par jour selon le chirurgien qui m’a opérée mais 6 fois par jour selon un second avis. A noter que j’ai 28 ans et que j’ai bénéficié d’un traitement par Roaccutane il y a 1 an 1/2.
    … Que dois je faire exactement (posologie) ? Faut il que je fasse des lavages oculaires ?
    En combien de temps puis-je espérer avoir une récupération totale ?

    Par avance, je vous remercie grandement pour vos réponses.
    Cordialement

  11. Dr Damien Gatinel

    Les suites opératoires après PKR peuvent effectivement être sujettes à des flous et fluctuations persistantes même après une semaine; l’épithélium de la cornée, qui repousse après la réalisation de la technique, peut mettre un certain temps à se régulariser. Le contrôle postopératoire du premier mois sera plus pertinent pour juger du résultat.

  12. Yasmine

    Hello !

    Je me suis faite opérée avec la technique PKR il y’a une semaine tout pile.
    Est-ce normal que je vois encore flou ? J’étais faiblement astigmate (0,25 et 0,75) et myope (-2.75 et -3.25) . Mon soucis c’est que je vois encore flou de près comme de loin et mes yeux sont super secs. Ils l’étaient déjà avant l’opération mais ça s’est empiré. Je mets du vismed mais je ne sais pas s’il y’a un lubrifiant plus puissant pour la sécheresse oculaire ?
    Sinon pour la vue c’est flou et c’est assez bizarre, j’ai une impression de vision trouble. Et j’ai l’impression que mon œil droit voit mieux que mon œil gauche alors qu’avant l’opération mon œil droit était le plus myope.
    Mes yeux sont très vite fatigués par la lumière et sensibles (notamment la lumière des écrans) je n’arrive pas à rester longtemps sur mon téléphone ou ordi sans avoir des maux de tête.

    Et concernant la vision, au bout de combien de temps peut-on voir à nouveau parfaitement comme avec des lunettes ?
    Ça me désespère ????

    Merci d’avance de prendre le temps de lire mon message et d’y répondre

  13. louis

    Bonjour , est il possible de porter des lentilles apres une transpkr il y a 8 mois, pas de danger ? merci

  14. Bonjour,
    Je me suis faite opéré en TransPKR pour ma myopie il y a environ 5mois.
    Correction appliquée: OG -3.25 (-0.25) et OD -3.4 (astigmatisme non corrigé)
    Je portais en lunettes -3.25 sur les 2 yeux et l
    astigmatisme -0.5 jamais corrigé car pas gênant.
    Après l’opération j’ai toujours ressentie une petite gêne a l’OD, certainement oeil plus sec. J’ai toujours lubrifié et suivi le régime gouttes.
    Au bout de 3-4 mois mon OD voit un peu flou et développe une sécheresse et donc une gêne plus importante , on me met un bouchon et me remet sous Flucon pour 1mois sur OD car inflammation.
    Je me rends compte que l’OD voit légèrement flou depuis le 3e mois et je vois moins bien que l’œil gauche, je ne sais pas pourquoi. Mais je me rends compte que je vois beaucoup mieux en corrigeant l’astigmatisme à -0.5×170 sur l’OD, alors qu’avant je n’aimais pas quand on me corrigeait donc on n’a pas corrigé en laser.

    Aujourd’hui en réfraction :
    OG 0 x (-0.25×20) acuité 16/10
    OD entre 0 et +0.25 x (-0.5×170) acuité 10/10

    – Est ce normal d’avoir ce flou et de voir bien mieux en corrigeant l’astigmatisme sur OD maintenant, et surtout avec si peu de correction, alors qu’avant je préférais sans?
    – A quoi cela peut être du?
    – Conseillez vous de faire une retouche ou peut on espérer une amélioration avec le temps ?

    Merci pour vos conseils !

  15. Dr Damien Gatinel

    La mesure objective (par la machine) n’est pas forcément équivalente à la correction subjective (celle qui vous donne satisfaction visuellement), notamment pour une si faible magnitude de correction.

  16. Dr Damien Gatinel

    Il est possible qu’il existe des discordances entre les mesures objectives et les mesures subjectives de la correction, avant ou après chirurgie réfractive, mais pas plus particulièrement après transPKR.

  17. louis

    Bonjour docteur,

    j’aimerais savoir si une operation en transpkr peut fausser l’auto refractomètre en astigmatie, car l’appareil detecte mon ancien astigmatie d avant -0.5 que je n ai plus du tout ?

    Avec mes remerciements

  18. Arnaud

    Bonjour docteur,

    Merci pour votre réponse cela me rassure.

    J ai une autre question je me suis fait opere en trans pkr il y a 8 mois mais à l œil gauche l autorefractometre detecte +0.25 et astigmatie -0.25(150), seulement je vois moins bien avec la correction de l astigmatie, je vois mieux avec seulement +0.25,

    es que l appareil se trompe , je n ai pas d astigmatie ?

    Merci

  19. el fekih

    je suis exactement dans le même cas de Damien, j’ai touché mon oeil de manière excessive pendant quelques jours afin de voir la différence entre les deux yeux un léger astigmatisme s’est créer, j’avoue que ce la me gêne un peu.

    la retouche comporte elle des risques avec une correction aussi faible ? une sur correction peut elle apparaître ?

  20. Omrane

    Bonjour, je crois je viens de réaliser une erreur, depuis 10 jours je restais quelques jours à analyser la différence entre l œil droit et l œil gauche , sans me rendre compte 3 jours après , un léger astigmatisme est apparu sur l œil droit alors qu il était parfait. Le même sur l œil gauche. Est ce grave ?

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