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Myopie et presbytie

Dans le dossier presbytie. Le myope presbyte conserve souvent une vision de près sans correction, ce qui rend la cible opératoire particulière. Voir la page centrale sur la chirurgie de la presbytie, l’explication du phénomène et le principe de la monovision.

Myopie et presbytie : liens, différences et solutions

La presbytie affecte la vision de près des myopes de plus de 45 ans : myopie et presbytie peuvent faire l’objet d’une opération de chirurgie réfractive. Comprendre les liens et différences entre ces deux conditions est essentiel pour choisir la meilleure stratégie de correction.

Dernière mise à jour : janvier 2025

Points clés : Myopie et presbytie

Idée reçue : la myopie ne protège PAS de la presbytie — tout myope de plus de 45 ans est presbyte

Avantage relatif : le myope non corrigé peut lire de près sans effort (à une distance dépendant de sa myopie)

Myopies « utiles » : entre −2 D et −3,50 D permettent une lecture confortable (30-50 cm)

Paradoxe : quand le myope met ses lunettes ou lentilles pour voir de loin, sa presbytie se « démasque »

Solutions : verres progressifs, monovision (lentilles ou LASIK), chirurgie réfractive combinée

Taux de satisfaction monovision : 85-97 % après LASIK

Myopie et presbytie : liens et différences

Contrairement à une croyance répandue, la myopie ne protège pas de la presbytie : tout myope âgé de plus de 45 ans est presbyte. Cette idée reçue provient probablement du fait que la myopie facilite la vision de près… à condition de ne pas porter ou de retirer sa correction de loin.

La presbytie est la perte progressive de la capacité d’accommodation du cristallin avec l’âge. Elle est principalement due au durcissement progressif du noyau cristallinien, qui devient de moins en moins déformable sous l’action du muscle ciliaire. Ce phénomène est universel et affecte toutes les personnes, quelle que soit leur amétropie initiale.

La myopie, quant à elle, est un défaut de réfraction où l’image d’un objet lointain se forme en avant de la rétine. L’œil myope non corrigé voit net spontanément à une distance rapprochée, sans avoir besoin d’accommoder.

La myopie « compense »-t-elle la presbytie ?

Dans certaines circonstances, la myopie peut aider à compenser la presbytie, mais à condition que le myope devenu presbyte :

— ne porte pas sa correction de myope ;

— n’ait donc pas besoin de voir de loin quand il a retiré sa correction (auquel cas le fait de remettre les lunettes ou les lentilles correctrices « démasquerait » à nouveau la presbytie) ;

— ait une myopie ni trop faible (inférieure à −2 D, elle ne compense pas suffisamment la presbytie) ni trop forte (supérieure à −3,50 D ou −4 D, elle impose une distance de lecture trop rapprochée).

Myopie et presbytie ne se compensent donc pas véritablement.

Le punctum remotum : distance de vision nette du myope

Le chiffre de myopie (ex. : −3 D) correspond à l’inverse de la distance à laquelle l’œil myope voit net sans effort. Cette distance est appelée « punctum remotum ».

Myopie Punctum remotum Confort de lecture
−1 D 100 cm Trop loin — compense peu la presbytie
−2 D 50 cm ✓ Distance de lecture acceptable
−3 D 33 cm ✓ Distance de lecture confortable
−4 D 25 cm Limite — distance un peu courte
−8 D 12,5 cm ✗ Trop près — inconfortable

Les myopies les plus « utiles » pour compenser la presbytie sont comprises entre −2 D et −3,50 D.

Il existe une petite plage de netteté de part et d’autre de la distance du punctum remotum (profondeur de champ), ce qui permet au myope moyen de lire sans effort. En revanche, une myopie de −8 D ne permet pas de lire confortablement, à moins d’approcher l’ouvrage autour de 12,5 cm, ce qui est certainement trop près de l’œil pour être confortable ou compatible avec la lecture sur écran.

Vision du myope presbyte

Pour comprendre et comparer la vision du myope presbyte avec celle d’un emmétrope presbyte (un emmétrope est un patient qui voit bien de loin sans effort), on peut faire les remarques suivantes :

Un myope de −3 D (prescription de lunettes : −3 D) voit de loin sans ses lunettes comme un emmétrope qui porterait ses verres d’addition +3 D pour la vision de près mais regarderait à travers eux au loin.

Un myope de −3 D est donc « comme » un emmétrope qui porterait en permanence une correction pour la vision de près de +3 D. Il peut lire sans lunettes, mais voit flou de loin. Quand le myope devenu presbyte met ses lunettes ou lentilles pour voir de loin, il voit alors flou de près… s’il ne porte pas une addition supplémentaire pour corriger sa presbytie (ex. : verres double foyers, verres progressifs, lunettes de lecture en plus des lentilles).

Verres progressifs chez le myope presbyte

Pour éviter de jongler avec des lunettes pour le loin et pour le près, le port de verres progressifs chez un myope de −3 D est envisageable. Dans la portion du verre dédiée à la vision de loin (en haut), la puissance (vergence) est négative (−3 D) pour corriger la myopie, afin que le myope puisse voir net de loin. Dans la partie inférieure du verre, la puissance comporte une addition.

Chez un presbyte n’ayant plus du tout d’accommodation, l’addition est de +3 D. La puissance du verre progressif est alors nulle dans la partie inférieure du verre de lunettes (mais la myopie du patient lui permet de lire sans effort d’accommodation). Certains verres de lunettes pour myopes presbytes sont d’ailleurs en forme de demi-lune inversée : la portion inférieure du verre est retirée.

Signalons au passage que chez un hypermétrope presbyte, l’addition de près s’ajoute à la correction de loin : en vertu de cette addition, les verres sont particulièrement « grossissants », surtout dans leur partie inférieure.

Solutions réfractives pour la myopie et la presbytie

En pratique, de nombreux myopes consultent en vue d’une chirurgie réfractive de la myopie au moment où ils deviennent presbytes. Ceci peut sembler paradoxal, mais le myope de la quarantaine habitué à une correction en lentilles de contact ne peut facilement retirer et remettre ses lentilles au cours de la journée pour voir « ponctuellement » de près. Ceci est plus facile en lunettes… mais le myope habitué à vivre et apparaître sans lunettes n’est pas forcément ravi de remettre celles-ci.

Ainsi, pour un myope moyen (entre −2 et −3,50 D) qui ne veut pas porter de lunettes pour la vision de loin, l’arrivée de la presbytie le contraint à faire un choix entre plusieurs options :

Monovision

La monovision (ou « bascule ») consiste à réduire la correction du côté de l’œil non dominant pour bénéficier d’une myopie légère résiduelle de ce côté (généralement entre −1 D et −1,50 D), permettant de lire plus facilement. L’œil dominant est corrigé pour la vision de loin (emmétropie), tandis que l’œil non dominant reste légèrement myope pour la vision de près.

La monovision : principe et résultats

Principe : corriger un œil pour la vision de loin et l’autre pour la vision de près, en s’appuyant sur la suppression interoculaire et la fusion cérébrale.

Test préalable recommandé : essai en lentilles de contact pendant 1-2 semaines pour valider la tolérance avant toute chirurgie.

Résultats du LASIK monovision :

• Taux de satisfaction : 85-97 % selon les études

• 79 % des patients atteignent ≥ 6/7,5 en vision de loin binoculaire sans correction

• 97 % atteignent J2 ou mieux en vision de près binoculaire sans correction

• Taux de réversion (demande d’annulation de la monovision) : 2-4 %

Inconvénients potentiels : légère réduction de la stéréoacuité et de la sensibilité aux contrastes, adaptation nécessaire (quelques semaines).

Une monovision peut être testée en lentilles de contact afin de permettre au myope de tester l’effet d’une sous-correction d’un œil avant d’envisager une solution chirurgicale définitive. Les études montrent que les patients ayant effectué un essai préalable en lentilles ont un taux de satisfaction plus élevé après chirurgie.

Lentilles multifocales

Les lentilles multifocales (lentilles de presbyte) corrigent simultanément la myopie et la presbytie grâce à des zones optiques concentriques ou progressives. La multifocalité est souvent moins bien tolérée par les myopes, qui ont du mal à s’habituer au léger flou de loin qu’elle impose (en particulier en vision de nuit), et considèrent leur vision de près comme inférieure à celle qu’ils connaissent quand ils retirent toute correction de loin.

Chirurgie réfractive

Il apparaît souvent que la correction de la vision de loin simplifie le schéma de correction du myope presbyte. Il est ainsi possible de proposer une opération pour le myope presbyte selon plusieurs stratégies :

1. LASIK ou PKR avec monovision : l’œil dominant est corrigé pour l’emmétropie (vision de loin) et l’œil non dominant conserve une myopie résiduelle de −1 D à −1,50 D pour la vision de près. Les taux de satisfaction sont élevés (85-97 %) et cette technique a le plus long recul clinique.

2. PresbyLASIK ou profils d’ablation multifocaux : création d’une cornée multifocale avec une zone centrale pour le près et une zone périphérique pour le loin (ou l’inverse). Les résultats sont plus variables et cette technique est moins utilisée aujourd’hui.

3. LASIK avec augmentation de la profondeur de champ : modulation de l’asphéricité cornéenne pour induire une aberration sphérique négative contrôlée, augmentant la profondeur de champ. Cette technique, notamment développée sous le nom de Laser Blended Vision (LBV), offre de bons résultats avec une tolérance supérieure à la monovision classique (95 % vs 60-70 %).

4. Chirurgie du cristallin clair avec implant multifocal ou EDOF : chez les patients de plus de 55-60 ans ou en cas de cataracte débutante, le remplacement du cristallin par un implant multifocal, trifocal ou à profondeur de champ étendue (EDOF) permet de corriger simultanément la myopie et la presbytie.

Comment choisir la stratégie ?

Âge < 50 ans : LASIK monovision ou LBV — préserve le cristallin

Âge 50-60 ans : LASIK monovision, LBV ou chirurgie cristallinienne selon la transparence du cristallin

Âge > 60 ans ou cataracte débutante : chirurgie du cristallin avec implant multifocal/trifocal/EDOF

Test préalable indispensable : essai en lentilles de contact pour simuler la monovision

Attentes du patient : discuter le compromis vision de loin / vision de près / vision intermédiaire

Voir : Chirurgie de la myopie, Chirurgie de la presbytie

Vidéo : La presbytie et ses moyens de correction (émission Allô Docteurs, 16 octobre 2012)

Références

  1. Rahmania N, Salah I, Rampat R, Gatinel D. Clinical Effectiveness of Laser-Induced Increased Depth of Field for the Simultaneous Correction of Hyperopia and Presbyopia. J Refract Surg. 2021;37(2):100-107. PMID: 33432991
  2. Gatinel D. Presbyopia surgery. Rev Prat. 2008;58(10):1049-1054. PMID: 18700030
  3. Ang M, Mehta JS, Chan C, Tan D, Wallerstein A, Yuen LH, Gatinel D, Reinstein DZ. Refractive surgery beyond 2020. Eye (Lond). 2021;35(2):362-382. PMC8027012
  4. Braun EH, Lee J, Steinert RF. Monovision in LASIK. Ophthalmology. 2008;115(7):1196-1202. PMID: 18061266
  5. Goldberg DB. Laser in situ keratomileusis monovision. J Cataract Refract Surg. 2001;27(9):1449-1455. PMID: 11566531
  6. Jain S, Ou R, Azar DT. Monovision outcomes in presbyopic individuals after refractive surgery. Ophthalmology. 2001;108(8):1430-1433. PMID: 11470696
  7. Garcia-Gonzalez M, Teus MA, Hernandez-Verdejo JL. Visual outcomes of LASIK-induced monovision in myopic patients with presbyopia. Am J Ophthalmol. 2010;150(3):381-386. PMID: 20542487
  8. Levinger E, Geyer O, Baltinsky Y, Levinger S. Binocular function and patient satisfaction after monovision induced by laser in situ keratomileusis (LASIK). Harefuah. 2006;145(3):186-190. PMID: 16599313
  9. Wright KW, Guemes A, Kapadia MS, Wilson SE. Binocular function and patient satisfaction after monovision induced by myopic photorefractive keratectomy. J Cataract Refract Surg. 1999;25(2):177-182. PMID: 9951661
  10. Evans BJW. Monovision: a review. Ophthalmic Physiol Opt. 2007;27(5):417-439. PMID: 17718882
  11. Strenk SA, Strenk LM, Koretz JF. The mechanism of presbyopia. Prog Retin Eye Res. 2005;24(3):379-393. PMID: 15708834
  12. Charman WN. Developments in the correction of presbyopia I: spectacle and contact lenses. Ophthalmic Physiol Opt. 2014;34(1):8-29. PMID: 24205890

120 réponses à « Myopie et presbytie »

  1. Dr Damien Gatinel

    En ce qui concerne votre latéralisation oeil de loin/non dominant, oeil de près/dominant: si cette combinaison vous convient, il n’est pas forcément utile de la contrarier. L’opération (sur l’oeil non dominant) visera à corriger sa myopie. L’autre oeil (le dominant) demeurera myope. Si cette myopie est égale ou supérieure à -2 Dioptries, elle suffira à pallier la presbytie présente et à venir. Les suites opératoires varient d’un patient à l’autre: en général, on observe des suites simples, résolutives en quelques jours (sensation de « gêne » localement, vision un peu fluctuante, etc.). Un traitement d’un mois (collyres antibiotiques et antiinflammatoires) est prescrit le jour de l’intervention. J’opère et consulte à l’Institut Noémie de Rothschild, au 44 avenue Mathurin Moreau, dans le 19e, à côté du batiment principal de la Fondation Rothschild.

  2. YanGil

    Bonjour,
    Merci pour toutes ces explications et réponses aux questions.
    Myope depuis une trentaine d’années, j’en ai 56, j’utilise la « monovision » depuis 18 mois en n’utilisant qu’une lentille de -2,75D.
    Je travaille sur ordinateur et lis beaucoup (métier/loisir), et ce procédé est également adapté pour déchiffrer la signalétique dans la rue et dans le métro.
    Je souhaite maintenant subir une chirurgie réfractive pour arrêter définitivement de porter lentille le jour et lunettes le soir.
    Mais à la lecture de ce qui précède, un problème semble se poser, car c’est mon œil non dominant que je corrige avec une lentille pour voir de loin, laissant mon œil dominant (le gauche) sans correction, et je m’y suis bien habituée, n’éprouvant rien d’autre que des picotements à l’œil qui porte cette lentille.
    Question 1 : dois-je changer de stratégie en vue de me faire opérer de l’œil dominant pour voir de loin en posant la lentille sur mon œil gauche (dominant) ? J’ai essayé aujourd’hui et une céphalée persistante s’est déclenchée en moins d’une heure.
    Question 2 : combien d’années plus tard (en moyenne) faudra-t-il se faire réopérer (myopie + presbytie sur un œil), c.-à-d., quelle est la durée moyenne du bénéfice d’une telle intervention à la cinquantaine (sinon, j’attends encore quelques années) ?
    Question 3 : d’après la vidéo de l’émission de santé, la patiente témoin opérée une semaine plus tôt a retrouvé une bonne vision sans aucun désagrément (douleurs, gênes, pas de flou, etc.) Or sur le site Internet de la clinique de la vision où vous officiez (et où je compte m’adresser), il me semble que les témoignages disent quasiment tous qu’il a fallu du temps (en mois) pour retrouver une vision parfaitement stable et pour en finir avec le moindre des désagréments précités : pouvez-vous « m’éclairer » ?
    Merci infiniment par avance.

  3. Dr Damien Gatinel

    Votre ophtalmologiste a raison, car une opération de la presbytie chez un patient parfaitement emmétrope (excellente vision de loin sans correction) se solde immanquablement par une réduction de la qualité de cette vision (en échange bien entendu d’un gain en vision de près). C’est pour cette raison que dans certains cas, on n’opère qu’un oeil (le « non dominant ») car certains patients tolèrent relativement bien la différence de correction entre les deux yeux. En vision de loin, l’oeil dominant (non opéré) fournit les information visuelles nécessaires, et en vision de près, c’est l’inverse, l’oeil non dominant (rendu totalement ou « partiellement » myope) fournit une netteté suffisante pour la vision de près. Ce type de correction peut être simulé en lentilles de contact avant l’intervention, et correspond à la monovision (ou « bascule » dans un langage plus courant). Il n’est pas recommandé, dans un contexte professionnel tel que le votre, de recourir à ce genre de chirurgie, bien qu’en théorie, un maintient de l’aptitude est possible, puisqu’en vision de loin, il serait possible, après une telle intervention, d’utiliser des lunettes pour corriger la vision de loin du côté de l’oeil opéré (avec un verre neutre sur l’oeil dominant).

  4. Bonjour Docteur Gatinel,

    j’ai 47 ans, je suis pilote de ligne et vous avez opéré mon épouse de la myopie il y a quelques années, elle en est toujours absolument ravie.

    A titre personnel j’ai la chance d’avoir toujours une très bonne vision de loin, en revanche ma presbytie augmente depuis 2 ans et je suis de plus en plus gêné, surtout par lumière un peu basse. L’ophtalmo qui me fait passer la visite médicale de licence me déconseille fortement l’opération à cause des risques sur mon « outil de travail » – êtes-vous de cet avis ? qu’en pensez-vous et avez-vous déjà opéré uniquement sur presbytie ? Quels sont les risques et les avantages ? Merci de votre réponse.

  5. Dr Damien Gatinel

    Tout dépend de vos ambitions visuelles. Certains myopes presbytes trouvent compliqué de porter des lentilles de loin, des lunettes en plus pour la vision de près, et souhaitent simplifier leur correction en corrigeant la myopie en totalité des deux côtés. Il est certain que dans ce cas, la vision de près requiert des lunettes (la disparition de la myopie ne permet plus de compenser la presbytie). Il est aussi possible de corriger toute la myopie sur l’oeil dominant, et partiellement sur l’oeil non dominant pour permettre une vision de près sans lunettes (technique dite de monovision ou « bascule »). Ces considérations peuvent être modulées en fonction de votre degré de myopie, etc.

  6. Dr Damien Gatinel

    Concernant la vision de très près (15 cm), celle -ci n’est pas physiologique chez l’adulte: elle était possible chez vous grâce à la myopie. Pour la vision de lecture ou d’ordinateur, si vous êtes gênée, il serait effectivement envisageable de bénéficier d’une retouche.

  7. Verena

    Bonjour,

    j’ai 40 ans et cela fait 3 semaines que j’ai subi la chirurgie réfractive pour une myopie (-5,5 des deux yeux) incluant une anticipation de la presbytie. cependant, bien que je vois très bien de loin maintenant , j’ai du mal à me faire à la monovision surtout pour la vue de près ( lecture et ordi). Par ailleurs, je ne vois plus de très près (-15 cm) alors que ma vue était impeccable avant l’intervention… du coup, je me demande comment cela se passera lorsque la presbytie arrivera vraiment.
    Ma question est : puis-je recourir à une nouvelle correction uniquement de la myopie et non la presbytie puisque le retour aux lunettes sera de toute évidence inévitable. Par la même, vais-je retrouver ma vision de très près ?

  8. Stéphanie

    Bonsoir, j’ai une myopie qui a évolué longtemps… Elle est aujourd’hui stable à -5 de chaque côté… Je vais avoir 40 ans, mon ophtalmologiste me déconseille une opération de ma myopie, en raison d’une possible presbytie dans les années à venir… Je porte des lentilles depuis 23 ans, les lunettes, même affinées sont difficilement portables (très flou tout autour, confort de vision bien moindre)… Que me conseillez vous ? D’avance merci…

  9. Dr Damien Gatinel

    En général, l’addition la plus faible (low) est destinée à l’oeil « dominant ». L’oeil dominant est majoritairement le droit dans la population, mais cela peut bien sûr être l’inverse. Il est préférable de vous procurer un double de l’ordonnance auprès de votre praticien.

  10. SIROTTEAU

    Bonjour Docteur,
    J’ai une très forte myopie depuis toujours (50 ans auj) : -9,50 OD et -9 OG et porte des lentilles depuis 30 ans
    Avec l’apparition de la presbytie j’utilise des lentilles multifocales mais les low ne sont pas assez puissantes et les med trop…. Du coup mon ophtalmo m’a prescrit un low pour un oeil et un med pour l’autre… sauf que je ne retrouve plus l’ordonnance… Doit-on prendre le low avec la plus forte correction myopie (OD pour moi ?) ou le contraire ?
    Merci à vous

  11. Dr Damien Gatinel

    Il n’est pas rare d’observer une légère réduction de la myopie lors de l’installation de la presbytie. Les mécanismes à l’origine de cette variation de sont pas bien élucidés. Sachez qu’il n’existe pas une correction « unique » pour un oeil myope fort. En effet, en fonction du diamètre de la pupille, et des conditions d’examens, voire de préférence subjectives, un myope dit de -7.50 pourra être plus à l’aise avec un verre de -7.75D pour la conduite de nuit, et un verre de -7D pour travailler sur un écran bien illuminé. Pour déterminer l’éligibilité à une chirurgie, il faut effectuer un bilan ophtalmologique orienté (bilan préopératoire de chirurgie réfractive).

  12. Bonjour Dr. Damien,

    J’ai une myopie de -7,50 et presbytie de +1,50 oeil droit et gauche depuis le dernier examen de la vue en 2016. Et je porte des lunettes juste avec la correction de la myopie, cependant, je veux ajouter ma presbytie à ma prochaine paire de lunette ou peut-être une chirurgie.
    Selon mon dernier examen de la vue en date du 30 août 2018, ma myopie se saurait amélioré de -0,50 et ma presbytie a augmenté de +0,25, donc myopie à -7,00 et presbytie à +1,75.
    La question que je me pose est comment est-ce possible que ma myopie se soit amélioré ??? et que je vois très très bien de loin à du -7,50 avec mes lunettes de 2016 sans la presbytie ???? Éventuellement je vais acheter une nouvelle paire de lunettes et ajouter ma presbytie de +1,75, est-ce que je dois garder ma prescription de myopie à du -7,50 ou du -7,00 ??? Et une autre petite question, est-ce que je serais une bonne candidate pour une chirurgie ???

    Merci énormément pour les réponses, bonne journée !

  13. Dr Damien Gatinel

    Il est légitime d’envisager une chirurgie de la cataracte dans votre cas. Une correction différenciée (réduction totale ou quasitotale de la myopie sur l’oeil dominant et une sous correction légère sur l’oeil non dominant pour la vision intermédiaire ou de près) pourra minimiser le recours aux lunettes en postopératoire. Des lunettes d’appoint (non progresssives) pourront vous être prescrites pour les activités qui sollicitent beaucoup la vision de loin (conduite, spectacles) ou de près (lecture prolongée de petits caractères). Vous pouvez consulter un ophtalmologiste qui pratique la chirurgie de la cataracte.

  14. Lecherbonnier

    Monsieur,
    Merci pour cet article fort intéressant et ces échanges enrichissants.
    J’ai pour ma part développé une myopie héréditaire à l’âge de 6 ans et j’en ai à présent 50.
    Je porte des lentilles souples hydrophiles depuis 1985 (hydron Z6 durant quelques années, puis baush et lomb purevision et maintenant purevision 2).
    j’ai une correction des yeux assez importante :
    – 6.75 OD et OG
    J’ai aussi un suivi annuel en raison d’une toxoplasmose congénitale déclarée il y a 20 ans et cicatricielle depuis.
    J’ai souhaité me faire opérer de ma myopie il y a 10 ans maintenant, mais cela a été refusé en raison d’un tout début de cataracte au niveau de l’œil droit (œil également le plus touché par la toxo.).
    Depuis environ 1 an, après refus de l’ophtalmologiste consulté alors pour un port de lentilles bifocales, je porte des lentilles traditionnelles (pour vue de loin) et j’ai des lunettes à verres progressifs (peu efficace, je cout et lis à environ 15 cm sinon, je vois flou).
    La cataracte continue aussi son chemin et attaque aussi l’œil gauche à présent.
    Y-aurait-il une possibilité de chirurgie qui me permettrait de mieux voir, même si je dois porter des lunettes de correction pour la presbytie.
    Je vous avoue être perdu et je ne sais plus où ni avec qui prendre rendez-vous.
    Un rendez-vous avec un chirurgien est-il plus judicieux qu’un ophtalmologiste seul ?
    Je vous remercie par avance de l’attention que vous voudrez bien porter à ce message et de la réponse que vous voudrez bien y apporter.
    GLL

  15. Dr Damien Gatinel

    Il est parfois difficile de corriger la myopie et la presbytie, car les myopes sont assez exigeants en vision de loin et de près (cette dernière étant généralement excellente sans correction – du fait de la myopie). Si on favorise trop la vision de près en lentilles multifocales, on pénalise alors la vision de loin… Un compromis est généralement nécessaire, commme dans votre cas, et il faut parfois une correction lunettes additionnelles pour la vision de près confortable.

  16. Dr Damien Gatinel

    Il faut que vous essayiez les différents types de correction (tous possibles a priori) pour décider. Rien ne remplace le vécu personnel avec les verres progressifs, les lentilles multifocales, ou la monovision (sous correction d’un oeil pour la vision de près, l’autre oeil étant totalement corrigé pour la vision de loin).

  17. Faïla

    J’ai un myopie de -4 et une presbytie de +2, pouvez me conseiller qu’est ce qui serait préférable dans mon cas, comme verres ou lentilles pour ma prescription afin de pouvoir lire, travailler sur ordinateur et voir de loin, merci.

  18. Pascale Petitrenaud

    Bonjour
    Je suis très myope depuis très longtemps je porte des lentilles multifocales correction
    OG-4,5 high
    OD-7.5 médium
    Il a fallut de multiples essais avant de trouver le bon compromis sans zone flou.
    Je vois bien dans l’absolu mais suis obligée de porter des lunettes correctrice de p près malgré tout. Que puis je faire ? Que pensez vous des lentilles à porter la nuit et retirer le jour qui corrigent la myopie ? Dernière question peut on se procurer en France les gouttes correctrices dont il est question dans certains articles.
    Merci de vos réponses j’ai l’impression de vivre de plus en plus dans le flou et le sombre.

  19. Dr Damien Gatinel

    Il est possible de corriger la vision de loin et la vision de près avec des verres progressifs, à condition que ceux ci soient bien tolérés par les patients.

  20. Dr Damien Gatinel

    Tout dépend de ce que l’on entend par « corriger la presbytie ». D’un point de vue anatomo-fonctionnel, corriger la presbytie reviendrait à restaurer la fonction accommodative (liée à la souplesse du cristallin, qui se réduit avec le temps et est la cause primitive de la presbytie). Cependant, il est vrai qu’un myope faible (entre -1.50 D et -3.50 D) et devenu presbyte peut « compenser » sa presbytie en retirant ses lunettes. La myopie est définie par l’existence d’une vision nette de près pour un oeil non accommodant (cf la position du punctum remotum qui n’est pas à l’infini mais à une distance plus rapprochée). Un punctum remotum situé à 40 cm (soit 1/0.4 m = 2.5 D de myopie) permet une lecture très confortable sans effort. Pour autant, la presbytie existe: ce même myope éprouvera des difficultés à la lecture s’il porte ses lentilles correctrices.

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