Examen aberrométrique (aberrométrie)
Définition
Intérêt clinique
Indications
Causes HOA
Caractérisation
Corrections laser
Références
L’examen aberrométrique permet l’étude objective de la qualité optique de l’œil. Il permet le recueil du front d’onde et d’étudier les aberrations optiques qui le déforment, en fonction du diamètre de la pupille.
Aberrométrie : définition
L’aberrométrie regroupe les techniques d’analyse optique qui ont été initialement utilisées dans des disciplines non médicales comme l’astronomie afin de mieux comprendre et corriger les imperfections optiques des télescopes. La réduction du coût des composants opto-électroniques a permis de développer au cours des dernières décennies des aberromètres faciles d’utilisation et abordables pour l’étude des propriétés optiques de l’œil.
L’aberromètre est un instrument de mesure qui, appliqué à l’œil, permet d’en mesurer la qualité optique en analysant les déformations du front d’onde par rapport à un front d’onde idéal (sphérique).

Intérêt de la mesure par aberrométrie
En ophtalmologie, l’aberromètre permet de détecter et quantifier certains défauts optiques dont l’œil est entaché même quand on le corrige au mieux avec des lunettes ou des lentilles de contact. Non mesurables et quantifiables avant l’apparition de l’aberrométrie, ces défauts optiques étaient regroupés sous le vocable d’« astigmatisme irrégulier ».
Leur présence était suspectée quand un patient se plaignait de « voir flou », en particulier dans certaines circonstances, malgré une correction optimale en lunettes de son défaut réfractif (ex : myopie et astigmatisme). L’examen aberrométrique permet de corréler certains symptômes visuels (comme une vision double en monoculaire) avec une anomalie optique particulière (ex : coma).
Corrigibles en lunettes : défocus (myopie/hypermétropie) et astigmatisme régulier. Modes de Zernike d’ordre ≤ 2.
Non corrigibles en lunettes : coma, trefoil, aberration sphérique, etc. Modes de Zernike d’ordre ≥ 3.
- Qualifier les aberrations de haut degré (identifier leur type : coma, trefoil, aberration sphérique…)
- Quantifier les aberrations de haut degré (mesurer leur amplitude en microns RMS)
Indications de l’aberrométrie
L’aberrométrie est indiquée pour explorer les causes de réduction de la qualité de vision. Elle permet d’explorer l’étape optique de la vision, qui débute avec la pénétration cornéenne de la lumière émise par l’objet observé et se termine avec son interaction au niveau des pigments rétiniens photosensibles. Les symptômes d’appel sont liés à la dégradation de la qualité optique de l’œil corrigé au mieux pour le défaut réfractif. Leur cause peut émaner de la cornée ou du cristallin.
Les défauts optiques non corrigibles en lunettes sont essentiellement perçus lors de certaines conditions de vision, notamment en vision mésopique (vision dans la pénombre). Ils induisent :
- Halos autour des sources lumineuses
- Spicules lumineux (starbursts) autour des lumières vives
- Images fantômes (ghosting) — ex : une ligne de sous-titre de film en VO est perçue comme dédoublée
- Diplopie monoculaire — vision double d’un seul œil
Ces symptômes augmentent quand la pupille se dilate (la nuit, dans une pièce peu éclairée, etc.).
Causes d’aberrations de haut degré
Les déformations acquises de la cornée sont une source classique d’aberrations de haut degré :
- Kératocône
- Kératotomie radiaire (ancienne technique)
- Traumatisme cornéen
- Greffe de cornée
- LASIK décentré ou zone optique étroite
Les aberrations peuvent également provenir du cristallin :
- Cataracte nucléaire (aberration sphérique négative, trefoil)
- Opacités cristalliniennes
- Subluxation du cristallin
- Implant décentré ou incliné
L’aberrométrie conventionnelle est fondée sur l’étude du front d’onde oculaire total. Les instruments couplés avec un topographe (ex : OPD SCAN, Nidek) permettent de calculer séparément la contribution de la cornée aux aberrations optiques de haut degré.
Caractérisation des aberrations de haut degré
Les aberrations optiques de haut degré sont quantifiées par un taux dit RMS (Root Mean Square). Ce chiffre est calculé à partir du déphasage résiduel du front d’onde oculaire quand la meilleure correction lunette (correction du défocus sphéro-cylindrique) est obtenue.
- RMS = 0 (théorique) : l’œil est dépourvu d’aberrations de haut degré ; il n’y a pas d’astigmatisme irrégulier. La qualité optique n’est limitée que par la diffraction. Cette situation n’arrive jamais en pratique.
- RMS > 0 : présence d’astigmatisme irrégulier. Ce taux dépend du diamètre pupillaire auquel il a été enregistré. Il tend à augmenter avec ce diamètre, puisque la dilatation pupillaire démasque les anomalies réfractives présentes à la périphérie de la pupille.

La présence d’aberrations de haut degré correspond en pratique à l’existence d’une focalisation de la lumière imparfaite, et ce même en cas de correction optimale de la myopie et de l’astigmatisme régulier. L’effet de ces aberrations apparaît surtout en cas de dilatation pupillaire. L’aberration sphérique positive induit par exemple une dégradation de la qualité de l’image rétinienne qui résulte en l’induction de « halos » visuels.

Aberrométrie et corrections laser personnalisées
La réalisation d’un traitement laser photoablatif (ex : LASIK myopique conventionnel) sur une zone optique de taille trop réduite et/ou décentrée peut être à l’origine d’un taux accru d’aberrations optiques de haut degré. Les procédures LASIK effectuées il y a une dizaine d’années ne bénéficiaient pas du même degré de sécurité passive qu’aujourd’hui et étaient souvent délivrées sur des zones optiques plus étroites. À l’époque, il existait peu d’aberromètres permettant de réaliser des mesures courantes en pratique clinique.
Aujourd’hui, la mesure de la pupille irienne est effectuée avec précision par l’aberromètre, ainsi que le taux des aberrations optiques non corrigibles en lunettes (c’est-à-dire les aberrations de haut degré) dès la consultation préopératoire.
Quand les aberrations de haut degré ont un taux supérieur à la normale et/ou sont responsables d’une gêne importante perçue par le patient, un traitement dit « personnalisé » peut être proposé. Il est effectué afin de traiter ces aberrations optiques préexistantes en plus de l’erreur de réfraction initiale (myopie, astigmatisme, etc.).
Dans tous les cas, le traitement — même non personnalisé — vise à limiter au maximum l’induction des aberrations de haut degré : centrage optimal, choix de la zone optique la plus adaptée à la pupille et à la profondeur d’ablation du traitement laser. L’utilisation de l’aberrométrie permet cependant d’accroître ce niveau de personnalisation et de corriger les aberrations optiques de haut degré préexistantes.
Reconnaissance irienne et eye-tracking
La réalisation d’une cartographie de l’iris permet d’accéder à la photoablation avec reconnaissance irienne (ex : système Zyoptix). Cette technologie est particulièrement intéressante pour le traitement des forts astigmatismes. L’empreinte de l’iris est numérisée, puis transmise au laser. Celui-ci utilise la carte de l’iris pour aligner et centrer le traitement lors de l’intervention, pour une précision encore accrue.
Actuellement, il est possible de compenser en temps réel les mouvements oculaires de translation et de rotation (cyclotorsion) enregistrés durant la phase de correction laser, grâce aux systèmes d’eye-tracking à haute fréquence.
Publications et références
L’aberrométrie et l’analyse du front d’onde ont fait l’objet de nombreuses publications scientifiques. Voici une sélection de références.
L’aberrométrie mesure les défauts optiques non corrigibles en lunettes (aberrations de haut degré).
Le taux RMS quantifie l’amplitude des aberrations — il dépend du diamètre pupillaire.
Les symptômes (halos, images fantômes) apparaissent surtout en vision mésopique.
Les causes sont cornéennes (kératocône, chirurgie) ou cristalliniennes (cataracte).
Les traitements laser personnalisés peuvent corriger les aberrations de haut degré préexistantes.
Des exemples cliniques illustrant l’intérêt de l’aberrométrie en ophtalmologie sont disponibles sur ce lien : aberrométrie exemples
Dernière mise à jour : Janvier 2025 — Retour à la section Chirurgie Réfractive
Est-ce utile de faire ce genre d examen après enucléation (mélanome uvéal) et apparition d image s fantomes (tache noire, lumière) au niveau de l’oeil sain? Merci.
Cela est possible dans les centres de chirurgie réfractive et probablement au CHU de Montpellier.
Bonjour,
Où peux-t-on passer un examen aberrométrique ?
Possible en PACA ?
Merci de votre réponse rapide.
Cordialement
Cet examen est effectivement indiqué, car vos symptômes évoquent la possibilité d’une cataracte débutante, ou du moins la présence d’opacité sources de diffusion lumineuse au sein des milieux oculaires. L’OQAS permettra d’en savoir plus.
Venu au 15/20 en septembre en consultation . Pathologie non découverte.
Le médecin consilté me propose une Oqas lors d une prochaine ausculation possible en janvier
Symptômes :
Halos et photosensible+++
Lumière forte: fait rayons comme » étoile »
Et en plus : plus de deux images en monoculaires pour chacun des yeux
Depuis juin 2015 cette multiplopie va de la terre à la lune…
Je pratique professionnellement la peinture artistique ! Voyez ma gène
Merci de votre réponse