LASIK et astigmatisme

Caractéristiques de l’astigmatisme

Un astigmatisme régulier est est défaut optique qui affecte la vision et peut être corrigé par le LASIK  Il est retrouvé dans 90% de la population, et 25% de celle-ci a un astigmatisme supérieur à une dioptrie. Le LASIK est une technique tout à fait appropriée  pour corriger la vision  de l’astigmatisme, qu’il soit pur ou composé (c’est à dire associé à de la myopie ou de l’astigmatisme). L’astigmatisme est un défaut optique particulier, en ce sens qu’il est « orienté »; en effet, l’astigmatisme est défini par sa magnitude et son axe, (ex: -3x 0° où -3 est la magnitude en dioptrie et 0° l’axe en degré) ce qui induit certaines spécificités pour la réalisation du LASIK.

L’astigmatisme possède donc, en plus de la myopie (ou de l’hypermétropie), une composante directionnelle. Le traitement de l’astigmatisme doit être réalisé selon des règles répondant à des principes communs quelque soit le type d’astigmatisme (simple ou composé), afin d’optimiser les résultats et fournir la meilleure vision possible après LASIK.

La correction de l’astigmatisme en LASIK consiste à augmenter et/ou réduire sélectivement la courbure de certains méridiens de la cornée (voir la page dédiée au profil d’ablation du laser excimer pour la correction de l’astigmatisme).

Notation de l’astigmatisme et correction

L’astigmatisme s’exprime comme un chiffre (magnitude en dioptries) et un axe (en degré). Par exemple : (-3×10°).  Plus le premier chiffre est important, plus l’astigmatisme est élevé. L’axe mentionné est celui du méridien de la cornée le plus plat (quand la magnitude est négative) ou le plus cambré (quand la magnitude est positive). Dans tous les cas, il est important de bien aligner le traitement avec l’axe de l’astigmatisme.

Etablir l’origine de l’astigmatisme avant LASIK

L’astigmatisme est surtout induit par un excès de toricité cornéenne ; il existe en général une adéquation entre l’axe du cylindre réfractif et celui des méridiens cornéens principaux. En cas de discordance, il faut s’assurer de la fiabilité des examens réalisés, et choisir l’axe du cylindre réfractif plutôt que cornéen. La présence d’une cataracte débutante peut induire la présence d’un astigmatisme interne (le plus souvent inverse). La présence d’un kératocône peut expliquer l’existence de fluctuations réfractives. . Un examen aberrométrique devra être effectué pour trancher dans les cas difficiles (ex : calcul des aberrations cornéennes et internes).

 

Modalités de l’examen préopératoire avant LASIK pour astigmatisme

Il faut respecter les points suivants :

- en cas de fort astigmatisme et/ou de large diamètre pupillaire, le risque d’imprécision réfractive et de régression, ainsi que et de halos est plus important que pour les corrections sphériques pures.

- les lentilles rigides doivent être retirées au moins un mois avant l’intervention, et si la topographie cornéenne et/ou la réfraction sont instables, il est préférable de prolonger ces délais et réexaminer le patient ultérieurement.

 

Choix du profil d’ablation (laser excimer) délivré en LASIK

La correction de l’astigmatisme vise à restaurer une courbure identique de tous les méridiens de la cornée. En cas d’astigmatisme pur ou myopique composé, il faut réduire la courbure des méridiens les plus cambrés. En cas d’astigmatisme hypermétropique pur ou composé, il faut cambrer les méridiens les moins cambrés. En cas d’astigmatisme mixte, il faut cambrer les méridiens les moins cambrés, et réduire la courbure des méridiens les plus cambrés (traitement bitorique).

Lasik et astigmatisme : points clés de la technique opératoire

Le traitement de l’astigmatisme en LASIK doit respecter les points suivants :

-vérifier les valeurs de la réfraction programmées dans le laser pour éliminer toute erreur de saisie, en particulier en cas de transposition des formules réfractives sphéro-cylindriques de l’expression en cylindre négatif à celle en cylindre positif  (ceci concerne surtout les astigmatismes composés ou mixtes).

- s’assurer de l’alignement correct du patient sous le laser, et éviter d’induire une rotation de la tête. Un marquage préalable de la cornée sur le méridien horizontal permet de corriger une cyclotorsion du globe au moment de la fixation L’utilisation d’un eye-tracker performant est conseillée. L’utilisation de technologies comme la reconnaissance de l’iris trouve ici une application très intéressante: elle permet d’aligner le traitement avec précision, même en cas de mouvements de rotation de l’oeil quand le patient est allongé sous le laser (correction de la cyclotorsion).

- choisir un capot de dimensions adaptées. La charnière doit être placée théoriquement dans l’axe du méridien initialement le plus cambré afin d’offrir au traitement photoablatif le plus de surface stromale possible après découpe; en effet, la zone d’ablation d’un traitement cylindrique est ovale avec un grand axe parallèle au méridien initialement le plus plat. Ainsi, en cas d’astigmatisme direct, il est préférable d’obtenir un capot à charnière horizontale supérieure, alors qu’en cas d’astigmatisme inverse, un capot à charnière verticale nasale constitue un choix intéressant. Cela permet de réduire les risques de tirs sur la charnière, surtout en cas de capot de petit diamètre. L’utilisation du laser femtoseconde permet d’obtenir de larges capots dont il est possible de positionner et dimensionner la charnière avec précision ; certains lasers (Alcon Wavelight FS 200) permettent même la réalisation de capots ovales, épousant ainsi le périmètre de la correction délivrée par le laser excimer.

Mis à jour le 01-05-2012