+ +

Chirurgie de la presbytie

 

Chirurgie réfractive • Guide complet

Chirurgie de la presbytie

PresbyLASIK, implants trifocaux FineVision, EDOF : comment retrouver une vision sans lunettes après 45 ans. Techniques, résultats, prix et guide de choix personnalisé.

Mis à jour : mars 2026

DG
Pr Damien Gatinel, MD, PhD
Chef du service Segment Antérieur & Chirurgie Réfractive · Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild, Paris
Co-inventeur du FineVision, première lentille trifocale mondiale · · ASCRS Best Paper · Power List

50 %
de la population française est presbyte (INSEE)
90–97 %
indépendance aux lunettes avec implants trifocaux
15 ans
de recul clinique du FineVision trifocal
30 M
chirurgies du cristallin / an dans le monde

Points clés
Deux voies : cornéenne (PresbyLASIK) avant 60 ans, cristallinienne (implants) après
Deux stratégies : monovision ou multifocalité (profondeur de champ étendue)
FineVision : première lentille trifocale mondiale, co-développée par le Pr Gatinel (2010)
PresbyLASIK READ : approche asphérique développée par le Pr Gatinel (WaveLight EX500)
Test en lentilles recommandé avant toute décision de monovision
Bilan préopératoire essentiel : âge, amétropie, dominance, pupille, cataracte débutante

La chirurgie de la presbytie permet aujourd’hui à la grande majorité des patients de réduire significativement leur dépendance aux lunettes de lecture et aux verres progressifs. Deux voies chirurgicales existent : la chirurgie cornéenne (PresbyLASIK) pour les 45–60 ans, et la chirurgie cristallinienne (implants multifocaux ou trifocaux) pour les plus de 55–60 ans ou en présence d’une cataracte débutante.

Presbytie : rappel physiologique

La presbytie est définie par la perte progressive de la fonction accommodative de l’œil. Le cristallin, qui assure normalement la mise au point de près en se déformant sous l’action du muscle ciliaire, perd sa souplesse avec l’âge — un phénomène analogue à l’autofocus d’un appareil photo qui bloquerait progressivement.

Comprendre la presbytie

La perte du pouvoir accommodatif débute dans la petite enfance, mais ses effets ne sont ressentis qu’à la quarantaine, quand la distance minimale de mise au point dépasse 40 cm — soit la distance de lecture habituelle. La presbytie ne peut pas encore être « réparée » : aucune technique n’est capable de rendre au cristallin sa souplesse d’origine. On peut seulement la compenser.

Lire aussi : L’accommodation

Qui peut être opéré de la presbytie ?

La presbytie peut être opérée quel que soit le défaut visuel associé (myopie, hypermétropie, astigmatisme, ou absence de défaut). L’âge est le premier critère d’orientation : le laser est adapté de 45 à 60 ans, les implants au-delà — ou en présence d’une cataracte débutante à tout âge.

Profil du patient Âge indicatif Technique privilégiée
Myope presbyte 45–60 ans Monovision LASIK
Hypermétrope presbyte 45–60 ans PresbyLASIK READ (multifocalité)
Emmétrope presbyte 45–60 ans Monovision ou multifocalité (test lentilles recommandé)
Presbyte avec cataracte débutante tout âge Implant trifocal FineVision / PanOptix
Presbyte sans cataracte > 55–60 ans Monovision · multifocalité cornéenne (œil non dominant) · ou échange cristallin clair + implant trifocal/EDOF — selon bilan et préférences
Après 60 ans : chirurgie cornéenne ou cristallinienne ?

Après 60 ans, il est fréquent qu’il existe un certain degré d’opacification du cristallin (cataracte débutante), ce qui oriente naturellement vers la chirurgie par implant — solution la plus courante à cet âge. Elle corrige simultanément la presbytie, l’amétropie associée, et supprime l’éventualité d’une chirurgie de la cataracte ultérieure.

Cela dit, la chirurgie cornéenne reste une option légitime après 60 ans lorsque le cristallin est clair : une monovision LASIK chez un myope, ou une multifocalité cornéenne chez un hypermétrope, peut apporter une pleine satisfaction — sans engager les risques, aussi minimes soient-ils, d’une chirurgie endoculaire. Par ailleurs, un LASIK préalable ne complique pas techniquement une future chirurgie de la cataracte : l’intervention reste identique, seul le calcul de l’implant bénéficiera d’une formule adaptée à la cornée opérée.

Enfin, une sécheresse oculaire préexistante significative est un argument supplémentaire en faveur de la chirurgie par implant plutôt que du laser, ce dernier pouvant aggraver temporairement les symptômes de surface oculaire.

Bilan préopératoire

Le bilan préopératoire est essentiel pour choisir la meilleure stratégie. Il inclut :

Réfraction complète

Défaut de loin et addition de près (degré de presbytie)

Topographie + épaisseur cornéenne

Éligibilité au laser ; cornée ≥ 500 µm pour LASIK

Biomicroscopie + OCT

Examen de la transparence du cristallin ; l’OCT du segment antérieur quantifie le degré d’opacification

Mesure de la diffusion lumineuse

HD Analyser (OQAS) : mesure objective de la diffusion intra-oculaire (OSS, Strehl ratio). Permet d’objectiver une opacification cristallinienne débutante — même imperceptible à la lampe à fente — ou de l’éliminer formellement, sécurisant ainsi l’indication entre chirurgie cornéenne et chirurgie par implant

Biométrie oculaire

Mesure de la longueur axiale, des rayons de courbure et de la profondeur de chambre antérieure — indispensable au calcul de l’implant si une chirurgie cristallinienne est envisagée

Dominance oculaire + pupille

Essentielle pour la monovision et le choix du profil d’implant

Calcul de l’implant : formule PEARL DGS

Lorsqu’une chirurgie par implant est indiquée, la précision du calcul de puissance est déterminante pour le résultat réfractif final. Le Pr Damien Gatinel est co-concepteur de la formule PEARL DGS, une formule de dernière génération intégrant l’intelligence artificielle pour optimiser le calcul de l’implant intraoculaire — en particulier pour les yeux atypiques (cornées opérées, yeux courts ou longs).

Accéder au calculateur PEARL DGS — iolsolver.com

Test en lentilles fortement recommandé

Avant toute monovision chirurgicale, un essai en lentilles de contact simule l’effet prévu. Environ 10–15 % des patients ne tolèrent pas la monovision — mieux vaut le découvrir avant l’intervention. Ce test est systématiquement proposé lors du bilan préopératoire à la Fondation Rothschild.

Stratégies optiques de compensation de la presbytie

Aucune technique ne restaure l’accommodation. Deux stratégies permettent de la compenser :

Monovision (« bascule »)

Un œil dédié à la vision de loin (œil dominant), l’autre à la vision de près. Chaque œil conserve une image nette et contrastée dans sa plage de vision. Particulièrement adaptée aux myopes.

Qualité optique maximale par œil
Réversible (retouche possible)
Testable en lentilles
Vision intermédiaire parfois réduite
10–15 % d’intolérance
Multifocalité / profondeur de champ

Deux mécanismes optiques distincts sont utilisés :

  • Modulation de l’aberration sphérique : le centre de la pupille est dédié à la vision de près, la périphérie à la vision de loin (ou inversement). C’est le principe des implants multifocaux réfractifs, de certains implants EDOF, et du PresbyLASIK.
  • Diffraction : un réseau de marches concentriques gravé sur l’optique divise la lumière en plusieurs foyers discrets (loin, intermédiaire, près), indépendamment du diamètre pupillaire. C’est le principe des implants trifocaux (FineVision, PanOptix…).
Vision à toutes distances
Indépendance lunettes 90–97 %
Idéale pour hypermétropes
Partage lumineux
Halos nocturnes possibles (3–5 %)

Lire aussi : Presbytie et multifocalité · Aberration sphérique

PresbyLASIK et chirurgie cornéenne

Le PresbyLASIK est une technique comparable au LASIK classique : la correction consiste à réaliser un profil multifocal en modulant l’asphéricité de la cornée (facteur Q) pour augmenter la profondeur de champ. Elle s’adresse aux patients entre 45 et 60 ans sans cataracte.

Technique Fabricant Principe Indication préférentielle
READ (Custom-Q) Alcon WaveLight EX500 Aberration sphérique négative (ΔC4⁰ = −0,4 µm) par augmentation de l’asphéricité cornéenne Hypermétrope + emmétrope presbytes
PRESBYOND LBV Carl Zeiss Meditec Micro-anisométropie + profil asphérique non linéaire Myopes et emmétropes
Supracor Bausch + Lomb Profil hyperprolate central Hypermétropes presbytes
LASIK Monovision Tous lasers excimer Légère myopie induite sur l’œil non dominant Myopes presbytes (référence)

READ : l’approche développée par le Pr Gatinel (WaveLight EX500)

Le profil READ (Refractive-Enhanced Aspheric Design) a été développé par le Pr Gatinel pour la correction combinée de l’hypermétropie et de la presbytie sur le laser Alcon WaveLight EX500. Le profil d’ablation induit une augmentation contrôlée de l’asphéricité cornéenne négative (ΔQ ≈ −0,6), générant une aberration sphérique négative d’environ Δc4⁰ = −0,4 µm pour une pupille de 6 mm — créant un différentiel de puissance optique centre-périphérie qui produit une multifocalité physiologique.

Résultats publiés : Courtin R, Saad A, Grise-Dulac A, Guilbert E, Gatinel D. J Refract Surg. 2016;32(11):734–741.

Lire aussi : Corrections Custom-Q et multifocalité · Facteur Q

Comment se passe l’opération de la presbytie le jour J ?

Les deux techniques — PresbyLASIK et PRELEX (implant) — se déroulent en ambulatoire, sans hospitalisation. Les protocoles diffèrent selon la voie choisie.

PresbyLASIK
  1. Anesthésie locale par collyres (lidocaïne) — pas d’injection, pas de masque
  2. Découpe du capot cornéen au laser femtoseconde (Intralase, VisuMax)
  3. Photoablation du profil multifocal au laser excimer (WaveLight EX500) — 10–15 secondes
  4. Repositionnement du capot — adhérence naturelle immédiate
  5. Durée totale : 10–15 min pour les deux yeux
  6. Retour à domicile dans l’heure
Récupération : vision floue le soir J, souvent déjà nette le lendemain matin. Reprise professionnelle en 24–48 h.

PRELEX (implant)
  1. Anesthésie locale par collyres + prémédication orale (détendu, conscient)
  2. Incision de 2 mm en cornée transparente
  3. Phacoémulsification : émulsification du cristallin aux ultrasons
  4. Injection de l’implant replié — il se déploie dans le sac capsulaire
  5. Durée : 10–15 min · Un œil à la fois (deuxième œil à J+7–14)
  6. Pansement retiré le lendemain matin
Récupération : vision fonctionnelle dès J1. Stabilisation définitive en 4–8 semaines.

Soins post-opératoires et signes d’alerte
  • Collyres antibiotiques + hydratants pendant 10 jours (PresbyLASIK) ou anti-inflammatoires pendant 4–6 semaines (PRELEX)
  • Éviter : frottements, piscine, jardinage, bricolage pendant 2 semaines
  • Contrôle à J1, J7 puis M1
  • Signe d’alerte : œil rouge, douloureux avec baisse de vision → consultation urgente

Implants multifocaux et trifocaux

La pose d’un implant multifocal nécessite une chirurgie du cristallin identique à la chirurgie de la cataracte : on remplace le cristallin par un implant corrigeant simultanément la presbytie et l’amétropie associée.

Implants trifocaux

Trois foyers distincts (loin, intermédiaire 60–80 cm, près 40 cm) grâce à un profil diffractif bi-bifocal. Meilleure indépendance aux lunettes toutes distances.

90–97 % sans lunettes
Vision intermédiaire (écran, tableau de bord)
Halos légers nocturnes (adaptation 1–3 mois)
Implants EDOF

Profondeur de champ étendue par un foyer allongé plutôt que des foyers discrets. En théorie moins de phénomènes photiques — mais les résultats sont moins consistants et plus individu-dépendants que les trifocaux : la vision de loin peut être affectée en termes de contraste, et la vision de près reste souvent insuffisante pour la lecture prolongée. Un choix à réserver à des indications ciblées.

~ Moins de halos nocturnes en théorie
Contraste de loin parfois réduit
Résultats variables selon les patients
Dépendance fréquente aux lunettes de près

FineVision : la première lentille trifocale mondiale

🏆 Une innovation pionnière co-développée à Paris

En 2010, l’implant FineVision (PhysIOL, Belgique — maintenant BVI) est lancé comme la première lentille intraoculaire trifocale au monde. Co-développé par le Pr Damien Gatinel avec Christophe Pagnoulle (Directeur R&D), il établit un nouveau standard en chirurgie de la cataracte premium. FINE signifie « Far, Intermediate and NEar ».

2010
Lancement mondial
15 ans
Recul clinique
FDA 2025
FineVision HP approuvé

Le design FineVision repose sur le principe « bi-bi » : la combinaison de deux profils diffractifs bifocaux — un avec addition +3,50 D (vision de près) et un avec addition +1,75 D (vision intermédiaire) — dont l’ordre zéro commun est utilisé pour la vision de loin. L’apodisation module l’énergie lumineuse selon le diamètre pupillaire, favorisant la vision de loin en conditions mésopiques.

FineVision HP — Approbation FDA (octobre 2025)

La version hydrophobe de 3e génération du FineVision a obtenu l’approbation de la FDA en octobre 2025, permettant aux patients américains d’accéder à cette technologie de référence mondiale — 15 ans après son lancement européen.

Résultats des implants trifocaux — méta-analyse 2024 (Li et al., BMC Ophthalmology)

28 études randomisées, 2 465 patients :

OR 31–39×
indépendance aux lunettes de près vs monofocaux
−0,35 logMAR
gain vision de près vs monofocaux
3–5 %
halos sévères (contre 0–1 % avec EDOF)
= vision loin
comparable à tous types d’implants

Lire aussi : Implant trifocal FineVision · Implants multifocaux

Prix de la chirurgie de la presbytie

Technique Prix indicatif / œil Ce qui est inclus
PresbyLASIK (READ, PRESBYOND…) 1 200 – 1 800 € Bilan préop, acte chirurgical (laser + honoraires), contrôle postop à 2 mois
PRELEX (implant multifocal / trifocal) 1 500 – 2 000 € Implant, anesthésiologie, clinique, honoraires chirurgien, contrôle J1
Remboursement
  • PresbyLASIK : non remboursé par l’Assurance Maladie. Certaines mutuelles accordent une prise en charge partielle selon votre contrat.
  • PRELEX sur cristallin clair : non remboursé par l’Assurance Maladie — chirurgie réfractive pure.
  • PRELEX en présence d’une cataracte débutante : la chirurgie est alors considérée comme une chirurgie de la cataracte et est remboursée par la Sécurité Sociale sur la base d’un implant monofocal standard. Seul le surcoût lié au choix d’un implant multifocal ou trifocal reste à la charge du patient.

Collyres contre la presbytie : une alternative médicamenteuse limitée

Des collyres à base de pilocarpine à faible dose (ex. : Vuity® aux États-Unis, 1,25 %) sont apparus comme alternative non chirurgicale à la presbytie. Leur mécanisme repose non pas sur la restauration de l’accommodation, mais sur un effet purement mécanique : la réduction du diamètre pupillaire, qui augmente la profondeur de champ — exactement comme le trou sténopéique d’un appareil photo. La vision de près s’améliore, mais sans qu’aucune des causes de la presbytie ne soit traitée.

Limites et effets indésirables fréquents
  • Maux de tête et douleurs frontales : fréquents lors des premières semaines, liés au spasme du muscle ciliaire induit par la pilocarpine
  • Baisse de la vision en conditions mésopiques (soirée, conduite nocturne) : la miosis réduit l’entrée lumineuse et peut gêner dans les environnements sombres
  • Durée d’action limitée : efficacité de 4 à 6 heures seulement, nécessitant des instillations répétées au quotidien
  • Effets variables selon les patients : résultats inconstants selon la taille pupillaire basale et le degré de presbytie
Déconseillés chez les myopes

Ces collyres sont particulièrement déconseillés chez les patients myopes. La réduction pupillaire induite par la pilocarpine, en favorisant la réfraction périphérique de la cornée, peut accentuer la composante myopique de la réfraction — aggravant paradoxalement la vision de loin. Par ailleurs, le myope bénéficie déjà naturellement d’une bonne vision de près sans correction : l’intérêt du collyre dans ce profil est donc doublement limité.

En pratique, ces collyres peuvent représenter une solution d’appoint ponctuelle pour un patient refusant la chirurgie ou n’y étant pas éligible — mais ils ne constituent pas une alternative réelle aux techniques chirurgicales en termes de résultats, de durée d’action et de qualité visuelle.

Autres techniques (historique)

Plusieurs approches innovantes ont été explorées sans déboucher sur un succès clinique durable :

Implant cornéen KAMRA

Anneau percé en son centre (principe du trou sténopéique) inséré dans le stroma. Augmentait la profondeur de champ mais a été largement abandonné au profit des profils laser asphériques.

Intracor (femtoseconde)

Incisions intrastromales circulaires au laser femtoseconde induisant un bombement cornéen central. Résultats inconstants et régressions — technique abandonnée.

Gestes sur le muscle ciliaire

Implants intra-scléraux, incisions, courants électriques : aucune de ces approches n’a fait preuve d’efficacité clinique reproductible.

Ramollissement au laser femtoseconde

Tentatives de ramollissement du cristallin par impacts laser. Résultats accommodatifs modestes avec induction de cataractes — non validé.

Conclusion : guide de choix thérapeutique

Quelle technique selon votre profil ?
Situation clinique Technique recommandée
Myope presbyte, 45–55 ans, cornée normale LASIK Monovision
Hypermétrope presbyte, 45–55 ans PresbyLASIK READ ou monovision multifocale
Emmétrope presbyte avec ambitions élevées Monovision LASIK (test lentilles préalable)
Presbyte avec cataracte débutante Implant trifocal (FineVision, PanOptix…)
Presbyte > 60 ans sans cataracte Monovision · multifocalité cornéenne (œil non dominant) · ou échange cristallin clair + implant trifocal/EDOF
Sensible aux halos / conduite nocturne intensive Implant EDOF ou monovision

La chirurgie de la presbytie suppose une information complète sur les bénéfices attendus et les compromis inhérents à chaque technique. Aucune technique ne restaure l’accommodation naturelle. La grande majorité des presbytes peut cependant atteindre une indépendance significative aux lunettes grâce aux progrès constants des profils laser asphériques (approche READ) et des implants trifocaux de nouvelle génération.

Questions fréquentes sur la chirurgie de la presbytie

Quand doit-on décider d’opérer la presbytie ?

Il n’y a pas de règle fixe. L’opération est indiquée quand la gêne au quotidien devient significative : lunettes de lecture insuffisantes, impossibilité de se passer de verres progressifs, ou souhait d’indépendance totale. Les myopes ressentent souvent la presbytie plus tardivement (bonne vision de près naturelle). Les hypermétropes, dès 40–42 ans parfois.

À partir de quel âge peut-on se faire opérer de la presbytie ?

La chirurgie cornéenne (PresbyLASIK) est indiquée à partir de 45 ans, quand la presbytie est suffisamment installée. Avant 45 ans, la presbytie n’est souvent pas assez stable pour être opérée. La chirurgie par implant (PRELEX) est plutôt envisagée à partir de 55–60 ans, ou plus tôt en présence d’une cataracte débutante.

Quelle est la différence entre PresbyLASIK et PRELEX (implant) ?

Le PresbyLASIK remodèle la cornée au laser (ambulatoire, 15 min, pas de chirurgie intraoculaire) — indiqué 45–60 ans. Le PRELEX remplace le cristallin par un implant multifocal (chirurgie identique à la cataracte) — indiqué après 55–60 ans ou en présence d’une cataracte. L’implant offre une correction définitive et une indépendance aux lunettes plus complète.

La chirurgie de la presbytie est-elle douloureuse ?

Non. Les deux techniques (PresbyLASIK et PRELEX) sont réalisées sous anesthésie locale par collyres, sans injection ni anesthésie générale. L’intervention est indolore. Après un PresbyLASIK, une légère sensation de sable peut exister quelques heures. Après un PRELEX, une légère gêne est possible les premières 24 heures.

Peut-on se faire opérer de la presbytie même si on est myope ?

Oui, et le myope est souvent le meilleur candidat à la monovision : il bénéficie déjà naturellement d’une bonne vision de près sans lunettes. L’opération corrige la myopie de loin sur l’œil dominant et conserve une légère myopie fonctionnelle sur l’œil non dominant pour lire. Les résultats en termes de satisfaction sont excellents chez ce profil.

Les halos après implant trifocal sont-ils permanents ?

Des halos nocturnes légers sont fréquents les premières semaines — ils font partie de l’adaptation neuroadaptative au nouvel implant. Dans 90–95 % des cas, ils s’atténuent significativement en 1 à 3 mois. Des halos gênants persistants sont rapportés chez 3–5 % des patients avec les implants trifocaux ; ce risque est réduit avec les implants EDOF.

La presbytie peut-elle réapparaître après l’opération ?

Après un implant trifocal ou EDOF : non — le cristallin naturel ayant été remplacé par une lentille artificielle, la presbytie ne peut pas progresser davantage. Après un PresbyLASIK : une légère régression est possible à 5–10 ans si la presbytie continue de progresser naturellement (retouche laser possible).

Pourquoi ne pas systématiquement choisir le LASIK plutôt que la PKR pour le presbyLASIK ?

Le LASIK est la technique de référence pour le presbyLASIK : récupération plus rapide, et meilleure précision pour les profils multifocaux ainsi que pour la correction de l’hypermétropie et de la presbytie. La PKR est préférée en cas de cornée fine ou de sécheresse oculaire préexistante significative. Les résultats visuels finaux des deux techniques sont comparables.

Combien de temps dure la convalescence après chirurgie de la presbytie ?

Après un PresbyLASIK : reprise professionnelle possible en 24–48 h, conduite en 48 h, sport à J+10. Après un PRELEX : activité légère dès J1, piscine et sport de contact à éviter 3–4 semaines. La stabilisation visuelle complète (adaptation neuroadaptative à la multifocalité) prend 1–3 mois.

Références scientifiques

  1. Courtin R, Saad A, Grise-Dulac A, Guilbert E, Gatinel D. Changes to corneal aberrations and vision after monovision using a customized aspheric ablation profile. J Refract Surg. 2016;32(11):734–741. PMID: 27824376
  2. Gatinel D, Pagnoulle C, Houbrechts Y, Gobin L. Design and qualification of a diffractive trifocal optical profile for intraocular lenses. J Cataract Refract Surg. 2011;37(11):2060–2067.
  3. Rampat R, Gatinel D. Multifocal and extended depth-of-focus intraocular lenses in 2020. Ophthalmology. 2021;128(11):e164–e185. PMID: 32980397
  4. Li J, Sun B, Zhang Y, et al. Comparative efficacy and safety of all kinds of intraocular lenses in presbyopia-correcting cataract surgery: meta-analysis. BMC Ophthalmol. 2024;24(1):172. PMID: 38627651
  5. Cho JY, Won YK, Park J, et al. Visual outcomes of accommodative, multifocal, EDOF, and monofocal IOLs: Bayesian network meta-analysis. JAMA Ophthalmol. 2022;140(11):1045–1053. PMID: 36136323
  6. Cochener B, Vryghem J, Rozot P, et al. Clinical outcomes with a trifocal intraocular lens: a multicenter study. J Refract Surg. 2014;30(11):762–768.
  7. Vargas V, Alió JL. Corneal compensation of presbyopia — PresbyLASIK: an updated review. Eye Vis. 2017;4:11.
  8. Ganesh S, Sriganesh SS. Laser refractive correction of presbyopia. Indian J Ophthalmol. 2024;72(9):1236–1245. PMID: 39185826
  9. BVI. FineVision HP Gains FDA Approval. Press Release, October 2025.

Dernière mise à jour : Retour à la section Chirurgie Réfractive


 

14 réponses à “Chirurgie de la presbytie”

  1. KADDAOUI dit :

    bjr docteur.J’ai été opéré de l’oeil droit cataracte je vois de loin avec cet oeil .le gauche a un début de cataracte (pas mure) la vision a cet oeil devient floue et je suis devenu presbyte (58ans) comment faire pour avoir la vision de pres sans lunettes et surtout pour pouvoir pecher à l’aise merci.Je vous informe que j’ai un trou maculaire sans tirage à l’oeil gauche et donc on le suit depuis 1 ans pour voir l’evolution ..QUELS SONT VOPS CONSEILLES…MERCI

  2. Dr Damien Gatinel dit :

    Les collyres « contre » la presbytie sont des agents qui réduisent le diamètre de la pupille: en optique, plus l’ouverture est faible (l’ouverture du diaphragme, pour l’oeil il s’agir de la pupille irienne), plus la profondeur de champ, c’est à dire la distance de netteté sans accommodation est élevée. Leur effet est temporaire et ce n’est pas une approche conseillée chez les myopes. Il existe des lentilles toriques multifocales (corrigeant myopie, astigmatisme, et presbytie) qui permettent ainsi de corriger les trois défauts; vous pourriez essayer cette solution. Enfin, la chirurgie au laser est également une option à considérer, selon l’état oculaire, et des cornées en particulier.

  3. Louis dit :

    Bonjour,
    Je suis légèrement myope et astigmate, et désormais presbyte (50 ans), porteur de lentilles depuis 25 ans, et je souhaite éviter les lunettes. J’ai cru comprendre que les lentilles multifocales pour myopie, astigmatisme et presbytie en même temps n’existaient pas. Me conseillez-vous la chirurgie de la presbytie? Et une autre question: les collyres contre la presbytie sont-ils maintenant prescrits en France, et ont-ils fait leurs preuves?

  4. Dr Damien Gatinel dit :

    La correction secondaire de la presbytie après correction initiale de la myopie (LASIK dans votre cas) est généralement possible même en cas de cornée initialement fine, car la correction laser à délivrer épargne le centre de la cornée (zone la plus fine, dont l’épaisseur n’est ainsi pas modifiée après la correction secondaire).

  5. helene dit :

    Puis-je me faire opérer au laser de la presbytie si j’ai déjà eu un LASIK en 2011 (avec vous) pour une forte myopie ? Apparemment ma cornée était très fine. Merci

  6. Dr Damien Gatinel dit :

    Si l’intervention consiste en un LASIK (monovision), il sera possible de réaliser d’éventuelles retouches si la vision de près venait à baisser à nouveau dans le futur.

  7. Sylvie LENFANT dit :

    Docteur,

    Suite à ma demande mon OPHTALMO me propose, compte tenu de ma vision de loin qui ne nécessite pas de correction de m’opérer que l’oeil gauche afin de pourvoir lire sans lunettes. L’oeil droit étant l’oeil directeur. Ma question est comment ce dernier va-t-il évoluer dans le temps. Pourra-t-il continuer à ajuster ma vision dans quelques années.

    Vous remerciant par avance de votre réponse.

    Je vous adresse, mes meilleures salutations.

  8. NORMAND Alain dit :

    Bonjour,

    j’ai 62 ans et ai des lunettes progressives avec les corrections suivantes
    OD : +2.00 (-0.25) 90°
    OG : +2.25 (-0.75) 75 °
    Addition : +2.25

    J’aimerais à minima pouvoir pratiquer des sports, en particulier du golf, sans lunettes.
    Est-ce que la chirurgie réfractive peut être une solution pour moi ?
    Est-il possible de corriger le presbytie en plus de l’hypermétropie sans avoir recours à la monovision ?

    Cordialement

  9. Dr Damien Gatinel dit :

    Si vous n’aviez pas de cataracte et que vous étiez myope, il est probable que votre système visuel n’était peut être pas adapté à la vision avec un implant multifocal; ce type d’implant ne procure pas une vision aussi nette de près que celle qu’occasionne la myopie, et peut également provoquer la perception de halos lumineux. Si vous ne vous adaptez pas à ce type de correction et que tout est normal par ailleurs (pas d’astigmatisme associé, pas d’autre explication au trouble visuel), un remplacement par une lentille monofocale est envisageable. Il faudra alors choisir une stratégie de correction (vision nette de loin sans lunettes des deux yeux, ou monovision: un oeil pour la vision de loin, l’autre pour la vision de près, ceci réussit généralement mieux aux myopes).

  10. Sobota dit :

    Bonjour,
    J’ai 55ans et j’ai été opéré il y a 5 semaines ,avec une semaine de décalage, de la cataracte pour ne plus porter de lunette , j’étais myope astigmate et presbyte , depuis je vois floue de loin et de près ça s’est un peu amélioré mais ce n »est vraiment pas net, la nuit je ne vois que des hallots , la lumières me gêne ma vision et pire qu »avant . Mon ophtalmo me dit qu’ il faut retirer les implants multifocos et en mettre des simples et donc je devrais porter des lunettes de près, n » y a t’il pas une autre solution ??

  11. Dr Damien Gatinel dit :

    Les rendez vous peuvent être pris par le site Doctolib ou en appelant l’instut laser vision Noémie de Rothschild directement.

  12. Garcenot dit :

    bonjour, j’ai 66 ans et je souhaite me faire opérer de la presbytie par vos soins. Comment prendre rdv. Cordialement votre.

  13. Dr Damien Gatinel dit :

    Si vous êtes hypermétrope, presbyte, et ne présentez pas de cataracte, la chirurgie au laser est certainement une option intéressante pour corriger votre presbytie. La réduction de l’hypermétropie est synergique avec l’amélioration envisagée pour la vision de près. Le LASIK, en particulier, est une technique particulièrement adaptée à la correction conjointe de l’hyeprétropie et la presbytie. Cette intervention est moins « invasive » que la chirurgie du cristallin clair, elle peut s’effectuer sous anesthésie locale pure et ne requiert pas le recours à un anesthésiste.

  14. Michele dit :

    bonjour merci pour ces explications très claires sur la chirurgie de de le la presbytie.
    Je suis hypermétrope et presbyte depuis 5 ans, j’ai 55 ans et pas de cataracte. Mon ophtalmologue me parle d’implants et de chirurgie dieu cristallin. J’avoue que je préfèrerais le laser qu’en pensez vous?

Laisser un commentaire

Vous pouvez poser des questions ou commenter ce contenu : pour cela, utilisez le formulaire "commentaires" situé ci-dessous. Seront traitées et publiées les questions et commentaires qui revêtent un intérêt général, et éclairent ou complètent les informations délivrées sur les pages concernées.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *