Pourquoi poser un implant intra oculaire ?
Au cours de la chirurgie de la cataracte, on retire le cristallin qui est opacifié. Les implants monofocaux sont destinés à compenser la forte hypermétropie qui seraient induite si l’on ne compensait pas la réduction de la vergence (pouvoir optique) liée au retrait du cristallin. En effet, le cristallin est une lentille naturelle qui possède (au repos, sans accommodation) une puissance optique proche de 22 D dans l’oeil: toutefois, cette puissance peut varier légèrement d’un patient à l’autre, et tend à augmenter en cas de cataracte.
Un oeil opéré de cataracte sans pose d’implant est un oeil dit « aphake » (aphakie). La puissance optique de la cornée ne suffit pas à faire converger les rayons lumineux incidents sur la rétine: mesurée dans le plan des lunettes (1.2 cm en avant de l’oeil), cette hypermétropie est en moyenne proche de 12 Dioptries.
Calcul de la puissance de l’implant – biométrie oculaire
La puissance optique de l’implant monofocal est choisie selon les résultats du calcul biométrique (biométrie). La biométrie repose sur la mesure de la longueur de l’oeil (longueur axiale), et la mesure de la puissance optique de la cornée (kératométrie). Schématiquement, quand on connait la longueur de l’oeil et la kératométrie, on peut prédire au moyens de formules de calcul (ex: formule SRK-T, formule de Haigis, etc.) la puissance de l’implant qui pourra permettre à l’oeil « emmétrope » (naturellement corrigé pour la vision de loin), si le patient souhaite voir de loin sans lunettes (emmétropisation). Dans ce cas, le calcul de la puissance est réalisé pour qu’une fois l’implant placé dans l’oeil, les rayons lumineux émis par une source lointaine soient focalisées sur la rétine. Pour les patients qui souhaitent lire sans lunettes, on calcule la puissance de l’implant de manière à ce qu’une fois inséré dans l’oeil, il induise une myopisation légère, permettant aux rayons issus d’une source rapprochée (ex : livre) de focaliser sur la rétine.
Optimiser la qualité optique de l’œil opéré est logique quand il s’agit de rendre patient indépendant à une correction optique par lunettes pour la vision de loin, ainsi les implants monofocaux sont aujourd’hui asphériques et génèrent de l’aberration sphérique négative afin de compenser tout ou partie de l’aberration sphérique positive cornéenne. La partie optique des premiers implants pseudophakes (cristallins artificiels) correspondait classiquement à une petite lentille biconvexe (diamètre proche de 6 mm) aux surfaces sphériques, dont la courbure (et l’indice de réfraction) détermine la puissance optique. Cette géométrie sphérique était dictée par des contraintes industrielles mais n’induisait pas de bénéfice en terme fonctionnels. Alors qu’idéalement, l’implant de cristallin artificiel devrait restituer au patient opéré une qualité visuelle équivalente à celle des sujets jeunes, de nombreuses études ont mis en évidence une réduction de la qualité optique des yeux pseudophakes vis à vis des yeux sains et phakes.
La qualité optique du résultat dépend non seulement de l’obtention d’une acuité visuelle supérieure ou égale à 10/10 sans correction de loin, mais au maintien de celle-ci pour des objets faiblement contrastés et/ou en vision nocturne.
Dans le cas d’une emmétropisation des deux yeux, le port d’une correction demeure nécessaire pour la vision fine rapprochée (lecture). Certains patients (initialement myopes) souhaitent conserver une myopie légère afin de pouvoir lire sans lunettes; ils devront alors porter une correction en verres de lunette pour voir de loin.
L’astigmatisme oculaire est majoritairement d’origine cornéenne et sa correction peut être envisagée lors de l’opération de la cataracte par la réalisation d’incisions cornéennes additionnelles, ou l’insertion d’un implant de cristallin artificiel torique. Un implant torique est muni d’une qui génère de l’astigmatisme: quand on positionne l’implant de manière à ce que l’astigmatisme qu’il induit soit orienté à 90° vis à vis de celui de la cornée. Le calcul biométrique de l’implant torique nécessite de prendre en compte l’astigmatisme cornéen. La pose de l’implant torique requiert un soin particulier pendant la chirurgie (positionnement et orientation de l’implant).