Monovision

Monovision : définition

Une page du site est consacrée à la monovision – ou bascule.

La monovision est une technique de compensation de la presbytie qui vise à induire une légère myopisation d’un œil pour la vision de près, l’autre œil étant destiné à la vision de loin. La monovision peut être effectuée en sous corrigeant un oeil (correction de la myopie chez le presbyte) ou en surcorrigeant un oeil (correction de l’hypermétropie chez les presbyte).

Généralités sur la monovision

La monovision est une technique particulièrement utile chez les myopes. La monovision se distingue des techniques utilisant la multifocalité: en monovision, chaque oeil bénéficie d’une correction monofocale. Un oeil a une correction pour la vision de loin, l’autre pour la vision de près.

Il existe donc une différence de correction, et de perception des images. En fonction de la distance fixée, un oeil verra net, l’autre moins net, voire flou. Cette différence peut induire une réduction de la perception du relief, car celle-ci requiert que le point de vue de chaque oeil, légèrement différent sur le monde environnant en raison de leur espacement de 65 mm (en moyenne), soit toutefois suffisamment net pour que le cerveau le traduise en sensation de relief (l’utilisation de lunettes spéciales pour la vision en 3D repose justement sur l’induction d’une image légèrement différente sur chaque oeil; dans ce cas, la netteté des images est identique, mais leur « point de vue  » est légèrement différent). La monovision requiert donc une certaine « habituation », afin que le cerveau « sélectionne » automatiquement les images perçues par l’oeil voyant le plus net. La monovision peut être induite en lentilles de contact, ou en chirurgie réfractive (laser) ainsi qu’en chirurgie de la cataracte.

Règles et conditions pour une monovision efficace

La monovision est une technique particulièrement utile pour les sujets presbytes qui souhaitent réduire leur dépendance à la correction optique. Elle présente toutefois certaines limitations, et il faut respecter certaines contre indications.

Monovision : contre indications

- maladies oculaires actives

- strabisme ou déviation oculaire importante

- activités particulières ou fréquentes qui nécessitent une vision binoculaire efficace (conduite, sports de précision, etc.)

L’échec d’un test de monovision en lentilles rend hasardeuse sa réalisation chirurgicale.

Enjeu de la monovision

La monovision ne permet pas forcément de voir de près de manière prolongée et sans fatigue. Elle est plutôt utile pour des activités de lecture ponctuelle (SMS sur téléphone portable, carte de visite, menu de restaurant, prix sur étiquette, etc.). En monovision, un oeil est dédié à la vision de près: la lecture prolongée est plus facile avec deux yeux. Ainsi, un équipement optique est nécessaire pour la lecture prolongée.De même, il peut s’avérer nécessaire de porter une correction pour la vision de loin pour la conduite, les spectacles ou encore certaines activités sportives.

Ecart de correction en monovision

L’écart de correction entre les deux yeux ne doit pas être trop prononcé sous peine d’induire une gêne marquée en vision binoculaire. Classiquement, on considère qu’une différence supérieure à -1.50 D risque d’être mal tolérée par le patient. Un test en lentilles de contact peut être conduit avant la réalisation d’une chirurgie pour vérifier l’accoutumance du patient à une différence de correction. Le plus souvent, l’écart de correction maximum est de 2 D.  Une « myopisation » de 2 D permet à un patient de voir de près à 50 cm en théorie: en pratique, cette distance peut être plus rapprochée en raison de la profondeur de champ de l’oeil humain (0.5 D, portant ainsi la distance minimum de vision nette à 40 cm environ). L’écart de correction peut être programmé à 1.25 D pour permettre à un patient de bénéficier d’une meilleure vision intermédiaire (ordinateur, écran, partition de musique, etc.).

Choix de l’oeil pour la vision de près

Il s’agit d’une étape importante pour le succès de la monovision; classiquement, l’oeil « de près » est l’oeil « non dominant », c’est à dire l’oeil non préféré pour la vision de loin.

Le chirurgien utilise un ou plusieurs  tests pour déterminer l’oeil dominant. Un test classique consiste à demander à un patient d’ »entourer avec un cercle formé par les doigts » (main tendue) une cible éloignée. L’œil utilisé pour voir la cible est l’œil dominant. Un test voisin consiste à remettre au patient un carton perforé, et lui demandé de regarder avec un seul oeil une cible au loin. L’oeil vers lequel le patient porte le carton percé est l’oeil dominant. Enfin, on peut aussi « brouiller » la vision d’un oeil puis l’autre avec un verre de +2D. L’oeil (sensoriellement) dominant est celui qui tolère le moins bien ce « brouillage » visuel. Généralement, l’oeil droit est dominant chez les droitiers, et l’oeil gauche est dominant pour les gauchers, mais les inversions entre main dominante et oeil dominant ne sont pas rares.

Réalisation de la monovision en chirurgie réfractive

Chez le presbyte désireux de bénéficier d’une monovision, la correction de l’œil non dominant sera programmée de manière à rendre cet oeil légèrement myope. Elle sera donc calculée vis à vis de l’éventuelle correction de la vision de loin. Un oeil initialement myope pourra ainsi ne pas être corrigé, l’autre l’étant pour la correction de loin. Chez un hypermétrope, il faut surcorriger l’oeil non dominant. Le LASIK et/ou la PKR peuvent être utilisés pour la réalisation de la monovision.

L’ implant KAMRA (Acufocus) est une technique qui s’apparente à une monovision où la vision de loin de l’oeil non dominant (implanté) sera plus nette que celle d’un oeil simplement myopisé. Elle est intéressante pour les patients qui ne tolèrent pas bien la monovision « brute », et qui ne présentent pas de contre indication à l’insertion d’un implant intra cornéen.

Mis à jour le 12-01-2012