La cataracte
- Définition de la cataracte
- Manifestations cliniques de la cataracte
- Aspects biomicroscopiques de la cataracte
- Cataracte et retentissement visuel
- Fausses croyances vis à vis de la cataracte
- Causes de la cataracte
- Symptômes visuels de la cataracte
- Types de cataracte
- Cataracte nucléaire
- Cataracte cortico-nucléaire
- Cataracte sous capsulaire antérieure
- Cataracte sous capsulaire postérieure
- Type de cataracte et symptômes visuels
- Dépistage et diagnostic de la cataracte
Définition de la cataracte
Manifestations cliniques de la cataracte
La cataracte se traduit pour le patient atteint par des symptômes visuels à type de gêne, de voile, d’éblouissements, puis de perte de dixième d’acuité visuelle (ces symptômes peuvent être isolés ou associés selon le stade de la cataracte). L’ophtalmologiste confirme le diagnostic par la visualisation à l’examen à la lampe à fente (biomicroscope) des opacités du cristallin, dont la localisation définit le type de cataracte, et l’importance son stade.
Aspects biomicroscopiques de la cataracte
Une cataracte est caractérisée par la présence d’une opacification du cristallin, qui est une petite lentille normalement claire et transparente de l’œil. Il ne s’agit ni d’une tumeur ni de la formation d’une nouvelle peau sur l’œil, mais plutôt de la formation d’opacités croissantes sur le cristallin proprement dit. Si les symptômes visuels du patient permettent d’évoquer le diagnostic de la cataracte (impression de « voile », de « vision sale », éblouissements dans les formes précoces, etc.), sa confirmation est souvent fournie par l’examen au biomicroscope (ou lampe à fente). Les images suivantes sont des clichés pris à la lampe à fente du segment antérieur d’un oeil atteint d’une cataracte de forme dite « nucléaire ».
Cataracte et retentissement visuel
Fausses croyances vis à vis de la cataracte
Causes de la cataracte
Symptômes visuels de la cataracte
Types de cataracte
En fonction de la zone anatomique opacifiée du cristallin (noyau, cortex, régions situées près des capsules), on distingue plusieurs sortes de cataracte.

Les différentes portions anatomiques du cristallin sont : le noyau, au centre, le cortex, entre le noyau et la capsule, et les régions immédiatement adjacentes aux capsules.
Cataracte nucléaire
Elle est caractérisée par une opacification du noyau du cristallin. Elle peut induire une myopie d’indice, qui est liée à l’augmentation de l’indice de réfraction du noyau du cristallin opacifié (voir: aberrations optiques de la myopie d’indice, cataracte débutante). L’évolution de la cataracte nucléaire provoque une myopisation croissante, et parfois la perception d’images fantomes dédoublées par triplées (triplopie). Elle se rencontre chez les personnes âgées, ou chez les myopes en particulier.
Cataracte cortico-nucléaire
La caratacte cortico nucléaire est une forme fréquente de cataracte sénile. Le noyau et le cortex sont siège de la majorité des opacités.

La cataracte cortico nucléaire est caractérisée par une opacification croissante de la périphérie vers le centre du cristallin.
Cataracte sous capsulaire antérieure
La cataracte sous capsulaire antérieure est définie par la présence d’opacités proches ou immédiatement sous la capsule antérieure du cristallin. Elle se rencontre plus particulièrement chez les patients diabétiques, après traumatisme oculaire, dans certaines formes d’allergies sévères, etc. Elle provoque une gêne visuelle marquée par la présence d’éblouissements fréquents.

La cataracte sous capsulaire antérieure est marquée par la présence d’opacités souvent radiaires, appelées « cavaliers ».
Cataracte sous capsulaire postérieure
La cataracte sous capsulaire postérieure est provoquée par certaines agressions »physiques » comme les ultra violets (expositions solaires répétées sans protection oculaire), ou métaboliques (tabagisme chronique, carences alimentaires, prise répétée de corticoides, etc.). Elle entraîne une gêne visuelle à type de voile, d’éblouissements, qui sont plus marqués en cas de forte luminosité (les symptômes sont atténués dans la pénombre).

La cataracte sous capsulaire postérieure se caractérise par la présence d’opacités situées au contact de la capsule postérieure du cristallin.
Photo prise en rétro illumination au biomicroscope d’une cataracte sous capsulaire postérieure en « médaillon » :
Le cliché suivant montre une autre cataracte sous capsulaire postérieure plus évoluée: l’image en fente lumineuse (à droite) montre la localisation très postérieure des opacités du cristallin.
Type de cataracte et symptômes visuels
L’image suivante résume les principaux symptômes visuels, et le type anatomique de la cataracte qui en est responsable. Ces données sont indicatives, le retentissement visuel subjectif d’une cataracte dépend de nombreux facteurs (degré d’opacité, mode de vie, activité pratiquées, etc.).

Les différentes variantes anatomiques de la cataracte et les symptomes visuels fréquemment associés sont rassemblés sur ce schéma.
Dépistage et diagnostic de la cataracte
Diagnostic objectif de la diffusion lumineuse causée par la cataracte

Patiente présentant une gêne visuelle à type d’éblouissements et de problèmes en contre jour. L’acuité visuelle maximale est de 10/10. A la lampe à fente, la cornée est claire, le cristallin opalescent (1a). En rétro illumination, on remarque de fines opacités situées dans le tiers postérieur du cortex.
La réalisation de l’examen OQAS permet de quantifier l’effet potentiel de ces petites vacuoles sur la qualité de l’image rétinienne.

Examen OQAS (aberrométrie par double passage): l’OSI (Optical Scattering Index pour « Indice de Diffusion Optique ») est 4 fois supérieur à la normale. Le contraste de l’image rétinienne est réduit de moitié. Ce résultat permet d’incriminer la responsabilité des opacités du cristallin dans la gêne visuelle du patient, qui ne présentait pas d’autres anomalies oculaires.
L’intervention de chirurgie de la cataracte est donc proposée. Après sa réalisation, qui consiste à remplacer le cristallin par un implant, l’examen OQAS objective l’amélioration de la qualité de l’image rétinienne et la réduction de la diffusion (diminution de l’OSI), confirmant ainsi le diagnostic initial.

Après chirurgie de la cataracte par phaco émulsification, l’OSI est normalisé, et le contraste de l’image rétinienne restauré.
Choix du type et de la puissance de l’implant
Un implant est systématiquement posé au cours de la chirurgie: si l’on se contentait de ne retirer que la cataracte de l’oeil, celui-ci serait très hypermétrope en postopératoire (un oeil sans cristallin ni implant est appelé « aphake« ), et aurait donc besoin d’une correction (verre de lunette ou lentille) pour voir net. La biocompatibilité du matériau et la durée de vie des implants sont largement suffisants pour qu’ils puissent être posés dans les yeux de tous les patients.
Les implants posés sont « souples », ce qui permet de les introduire au travers d’une petite incision (longueur proche de 2 mm) qui est faite au bord de la cornée au début de l’intervention.

Implant utilisé en chirurgie de la cataracte. A gauche: implant avant insertion: l’optique centrale mesure 6 mm, et est entourée de 4 anses (haptiques) qui permettent de stabiliser l’implant dans le sac capsulaire. La longueur totale de cet implant est proche de 11mm. A droite, l’implant est posé dans le sac capsulaire. Les anneaux de diffraction (qui permettent d’induire 3 foyers : loin, près, intermédiaire) sont bien visibles à la surface de l’implant. Ils ne mesurent que quelques microns de hauteur.
Le calcul de la puissance de l’implant est effectué à partir de mesures oculaires (biométrie) et du souhait du patient en terme de « réfraction » post opératoire. La mesure de la longueur axiale de l’oeil, et de la puissance de la cornée sont utilisées dans une formule de calcul qui fournit la puissance (vergence) de l’implant. Celle-ci s’exprime en dioptrie. En général, la valeur de la puissance de l’implant est en moyenne proche de 22 Dioptries, la gamme des puissances des implants posés dans plus de 95% des cas s’étend de 5 à 30 D (les implants sont moins puissants si l’oeil est myope, et plus puissants si l’oeil est hypermétrope).
Les implants posés peuvent être monofocaux (ils ne corrigent qu’une seule distance : loin ou près) ou multifocaux (les implants bifocaux corrigent la vision de loin et de près, les implants trifocaux corrigent la vision de loin, de près et la vision intermédiaire).
Si le patient souhaite voir simplement de loin sans lunettes, le calcul de la puissance de l’implant monofocal est fait pour l’emmétropie: des lunettes de lecture seront nécessaire pour lire (vision de près). Si le patient souhaite voir de près sans lunettes, le calcul de la puissance de l’implant monofocal est fait pour induire une myopie légère (environ -2.50 D).
Si le patient souhaite ne plus porter de lunettes du tout (ou le moins possible), la pose d’un implant multifocal (bi ou trifocal) pourra être envisagée, en l’absence de contre indications.
En cas d’astigmatisme cornéen prononcé, le choix d’un implant torique permet de corriger l’astigmatisme et réduire le besoin de lunettes en postopératoire (il existe des implants toriques monofocaux: correction de l’astigmatisme en vision de loin, et des implants toriques multifocaux: correction de l’astigmatisme en vision de loin et de près).
Voir également : la chirurgie de la cataracte, images de la technique chirurgicale de la cataracte,







